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France : Expulsion d’un idéologue intégriste connu

lundi 10 avril 2017, par siawi3

Source : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/04/09/01016-20170409ARTFIG00071-l-islamologue-suisse-controverse-hani-ramadan-expulse-de-france.php

L’islamologue controversé Hani Ramadan reconduit à la frontière suisse

Par Caroline Piquet

Mis à jour le 09/04/2017 à 19:52 Publié le 09/04/2017 à 13:13

Le frère de Tariq Ramadan a été reconduit samedi à la frontière suisse, à la suite de ses propos « faisant peser une menace grave sur l’ordre public », a annoncé le ministre de l’Intérieur dans un communiqué. Hani Ramadan annonce qu’il « fera opposition à cette décision ».

L’islamologue suisse controversé Hani Ramadan, frère aîné de Tariq Ramadan, a été reconduit samedi soir vers la Suisse, a annoncé le ministre de l’Intérieur dans un communiqué. « M. Hani Ramadan est connu pour avoir dans le passé adopté un comportement et tenu des propos faisant peser une menace grave sur l’ordre public sur le sol français », a avancé Matthias Fekl pour jutifier cette décision.

Depuis le 7 avril 2017, cet homme de 57 ans faisait l’object d’une interdiction administrative du territoire. Etant toujours en France à la date du 8, Hani Ramadan a été interpellé samedi à 18h30 à Colmar, à l’occasion d’une conférence à laquelle il participait. Il a été raccompagné en voiture sous escorte de police à la frontière franco-suisse, glisse-t-on place Beauvau, tout en précisant qu’il ne s’agit pas d’une expulsion mais d’un renvoi à la frontière.

« L’arrêté que présente le ministre de l’Intérieur comprend des erreurs et une approche réductrices de mes vraies opinions », s’est défendu dimanche Hani Ramadan dans un communiqué, dans lequel il annonce qu’il va « faire opposition à cette décision » ». Il réfute notamment avoir prononcé des « paroles ’discriminatoires à l’égard des femmes’ », manifesté une hostilité à Israël ou encore légitimé « le djihad comme moyen de résistance ». Il conteste également que ses propos aient contribué « à provoquer la haine, voire la violence ».

Ces derniers mois, plusieurs conférences d’Hani Ramadan ont été annulées en France. Il faut dire que l’homme est un adepte des provocations. La dernière polémique remonte à juin 2016. Invité à s’exprimer devant des collégiens, il avait comparé une femme non-voilée à des pièces de monnaie qui passent d’une poche à l’autre. Ce que le principal intéressé a démenti dans la foulée. Reste que l’islamologue a déjà fait cette comparaison par le passé. Associant la femme voilée à une « perle précieuse », Hani Ramadan expliquait au début des années 2000 que « la pudeur favoris(ait) un réel épanouissement sur le plan sexuel, qui n’a rien à voir avec la morne lassitude de gens gavés par le grand déballage de l’érotisme contemporain ». À l’inverse, la femme non-voilée était comparée à « une pièce de cent sous » qu’on « exhibe », « sans trop y songer ». « Elle passe de mains en mains et l’on finit par n’en ressentir aucune gêne », écrivait-il alors en 2001.

« N’y a-t-il pas là une forme de manipulation ? »

Un an plus tard, en septembre 2002, Hani Ramadan faisait scandale en défendant dans une tribune publiée dans le quotidien Le Monde l’application de la charia et la lapidation des femmes adultères, qui « constitue une punition, mais aussi une forme de purification ». Il avait ensuite été licencié de son poste d’enseignant de français par le gouvernement genevois pour propos « contraires aux valeurs démocratiques et aux objectifs de l’école publique ».

Celui qui se présente comme le directeur du Centre islamique de Genève frise parfois avec les thèses complotistes. Au moment de l’attentat avorté du Thalys en 2015, Hani Ramadan s’en était pris aux médias et à ses « héros » qui devaient recevoir la légion d’honneur. Dans la Tribune de Genève, il avait évoqué « une mise en scène » destinée à « rehausser le prestige des militaires américains » et dénoncé un traitement médiatique partial : « Pourquoi l’actualité nous est-elle présentée de façon si superficielle ? », interrogeait-il. « Pourquoi nous oriente-t-elle à considérer désormais que tout ’maghrébin’, en apparence innocent et gentil garçon, peut cacher un monstrueux terroriste ? N’y a-t-il pas là une forme de manipulation qui domine largement la presse et les médias occidentaux, nous conduisant à des raccourcis pervers, qui cachent des drames humains autrement plus conséquents ? » La critique ne s’arrête pas là. Sur son blog, plus récemment, il fustigeait aussi les « manipulations médiatiques sionistes », présentant Laurence Haïm et sa consoeur Ruth Elkrief comme des « journalistes sionistes ».

116 individus expulsés depuis 2012

Dans un communiqué, Matthias Fekl a rappelé que « le ministère de l’Intérieur et les forces de l’ordre » étaient « pleinement mobilisés » et continuaient « de lutter sans relâche contre l’extrémisme et la radicalisation ». Selon des chiffres transmis par le ministère de l’Intérieur au Figaro au cours de la semaine dernière, 115 mesures d’expulsion ont été prises depuis mai 2012 à l’encontre d’individus liés au terrorisme ou à l’islamisme radical et 26 mosquées ont été fermées depuis la mise en place de l’État d’urgence, fin 2015. Dernière en date, la mosquée de Sète, qui a dû fermer ses portes mercredi dernier. Son responsable y « prônait une idéologie radicale appelant à la discrimination, à la haine, ainsi qu’à l’animosité à l’égard des autres », selon le ministère de l’Intérieur.