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Vers une résolution du cas de Julian Assange ?

lundi 15 janvier 2018, par siawi3

Source : http://www.lefigaro.fr/international/2018/01/11/01003-20180111ARTFIG00304-ce-que-la-nationalite-equatorienne-peut-changer-pour-julian-assange.php

Par Yohan Blavignat

Mis à jour le 11/01/2018 à 19:37 Publié le 11/01/2018 à 19:21

Ce que la nationalité équatorienne peut changer pour Julian Assange

L’Équateur a annoncé, ce jeudi, avoir naturalisé, en décembre dernier, le créateur de WikiLeaks, réfugié dans son ambassade de Londres depuis 2012. L’Australien craint toujours d’être arrêté et extradé vers les États-Unis pour la publication de documents secrets en 2010.

Julian Assange se tient reclus depuis cinq ans dans les 150 m² de l’ambassade d’Équateur à Londres. Déjà protégé par l’asile diplomatique depuis le 16 août 2012, le cofondateur de WikiLeaks a obtenu la nationalité équatorienne le 12 décembre dernier, a annoncé, ce jeudi, la cheffe de la diplomatie de ce pays d’Amérique centrale, Maria Fernanda Espinosa, lors d’une conférence de presse. Quito a ensuite demandé à Londres d’accorder un statut diplomatique à l’Australien, premier pas vers l’immunité diplomatique, ce qui a été refusé par le gouvernement britannique.

Craignant une extradition vers la Suède pour un viol présumé qu’il nie, Julian Assange, 46 ans, a trouvé asile en 2012 à l’ambassade d’Équateur à Londres. Depuis, le parquet suédois a classé l’affaire mais l’Australien craint d’être arrêté s’il sort de l’ambassade, puis extradé et jugé aux États-Unis pour la publication par WikiLeaks de secrets militaires et de documents diplomatiques américains en 2010.

● Qu’est-ce que l’immunité diplomatique ?

Depuis qu’il vit reclus à l’ambassade d’Équateur, nombre de ses partisans souhaitent que Julian Assange se voit accorder la nationalité équatorienne et qu’il soit embauché par l’ambassade, ce qui lui garantirait l’immunité diplomatique. Il s’agit d’une protection offerte par tout État aux diplomates qui le représentent à l’étranger, ainsi qu’à leur famille. Selon ce droit, Julian Assange ne pourrait plus, en théorie, être arrêté par Scotland Yard. Seulement, ce statut doit être reconnu par le pays hôte.

 » LIRE AUSSI - Cinq questions pour comprendre l’immunité diplomatique

Ce jeudi, la ministre équatorienne des Affaires étrangères a précisé avoir demandé, le 20 décembre, à Londres « d’accréditer M. Assange en tant qu’agent diplomatique » membre de la délégation équatorienne au Royaume Uni. « Cette demande a été rejetée le 21 décembre. Par respect pour les bonnes relations que nous avons avec le Royaume-Uni, nous avons abandonné cette option », afin de ne pas nuire aux « possibilités de protection » future d’Assange. Un peu plus tôt, Londres s’était exprimé sur ce dossier brûlant. « Le Royaume-Uni n’a pas accédé à cette demande, et nous ne sommes pas en discussions avec l’Équateur sur cette question », avait indiqué un porte-parole du ministère britannique des Affaires étrangères.

● Le refus britannique met-il fin aux espoirs d’Assange ?

La situation devient « intenable pour le Royaume-Uni »
Juan Branco, conseiller juridique d’Assange

Joint par Le Figaro, Juan Branco, un des conseillers juridiques de Julian Assange, juge que la situation devient « intenable pour le Royaume-Uni ». Scotland Yard a annoncé dépenser 65.000 euros par jour pour surveiller le pâté de maison. Cinquante hommes et deux camionnettes en gardent les sorties 24h/24. Un chiffre que dénoncent de plus en plus de citoyens, notamment en raison de l’arrêt des procédures en Suède et en Australie.

« Une des options est maintenant de saisir la Cour de justice internationale pour contester le refus de Londres, explique Juan Branco. Selon la règle, en cas de refus d’un agent diplomatique sur son sol, le pays hôte doit l’expulser dans un délai raisonnable. Or, c’est ce que nous voulons. Londres va donc essayer de faire valoir son droit de ne pas accorder le statut diplomatique à Julian Assange, sans pour autant l’expulser. » En cas de condamnation par la Cour internationale de justice, le Royaume-Uni devra mettre en conformité ses textes internes avec le droit international.

 » LIRE AUSSI - Pourquoi l’Équateur aide Assange

Mais, selon Juan Branco, l’Équateur pourrait également donner à Julian Assange un statut diplomatique « hors sol ». Autrement dit, il serait en mission pour le compte de l’État équatorien dans un pays tiers et obtenir ainsi un laisser passer. Dans ce cas-là, Londres n’aurait pas son mot à dire. « Seulement, il y a peu de chances que le Royaume-Uni et les États-Unis laissent faire cela. L’Équateur est quand même un petit pays. »

● Pourquoi ne pas se rendre aux autorités londoniennes ?

« L’Équateur sait que la manière de résoudre ce problème est que Julian Assange quitte l’ambassade pour se soumettre à la justice »

Porte-parole de la diplomatie britannique

« L’Équateur sait que la manière de résoudre ce problème est que Julian Assange quitte l’ambassade pour se soumettre à la justice », a souligné le porte-parole de la diplomatie britannique ce jeudi. La police britannique a indiqué qu’elle arrêterait l’Australien s’il sortait de l’ambassade car il n’a pas respecté en 2012 les conditions de sa liberté sous caution.

Selon Juan Branco, Julian Assange serait « certainement » libéré par les cours anglaises, mais la procédure d’extradition vers les États-Unis prendrait immédiatement le relais afin de le maintenir en détention. « On ne peut donc pas se rendre car Londres joue un rôle d’intermédiaire dans le face-à-face entre Washington et Assange », poursuit-il, précisant que le créateur de WikiLeaks n’encourt que « trois mois de détention alors qu’il est bloqué depuis cinq ans ».

● La France a-t-elle un rôle à jouer ?

La fille et la compagne de Julian Assange vivent en France et ont la nationalité française. Il a également créé WikiLeaks en France, en 2006. « Julian Assange a un lien spécial avec notre pays. Il avait suggéréà François Hollande de lui donner l’asile en 2015. Je pense que la France a, pour des raisons humanitaires et dans la lancée de la politique étrangère menée par Emmanuel Macron, intérêt à jouer un rôle de médiateur ou d’accueillir Julian Assange », juge Juan Branco, qui était aux côtés de l’Australien en début de semaine.

« L’Équateur est un petit pays, sans grands alliés, par rapport à la France. Et je ne veux pas croire que la France ne puisse pas jouer un rôle dans ce dossier si l’Équateur en est capable », poursuit l’avocat.

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Yohan Blavignat
Journaliste -