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Afghanistan : Une mère passe un examen avec son bébé : la photo qui a ému la planète

jeudi 12 avril 2018, par siawi3

Source : http://www.sudouest.fr/2018/03/26/une-mere-passe-un-examen-avec-son-bebe-la-photo-qui-a-emu-la-planete-4315968-4803.php

Une mère passe un examen avec son bébé : la photo qui a ému la planète

Publié le 26/03/2018 à15h02. Mis àjour à15h19

par SudOuest.fr avec AFP.

Une mère passe un examen avec son bébé : la photo qui a ému la planète
La photo de Jahantab passant l’examen avec son bébé. AFP

En Afghanistan, cette jeune mère n’a eu d’autre choix que de se rendre àl’examen accompagnée de sa fille malade. Sa photo et son histoire ont suscité de vives émotions.

Assise par terre, son bébé sur les genoux, Jahantab Ahmadi, passe un examen, entourée d’étudiants bà»chant sur des pupitres : la photo, expressive, a suscité une forte émotion en Afghanistan, où nombre de femmes sont illettrées.

11 heures de trajet pour passer le test

Le contraste est saisissant entre l’inconfort de la jeune mère, concentrée sous son voile bleu, un crayon àpapier àla main, et le reste des inscrits, studieux sur leurs chaises parfaitement alignées, pour les tests d’entrée de l’université privée de Nasir Khusraw, dans le centre du pays.

"Je ne veux pas être privée de mes études", affirme Jahantab Ahmadi, 25 ans, dont c’est le troisième enfant. Elle qui vient d’un petit village de la province du Daikundi, où le blé, le maïs et les patates assurent de maigres revenus, veut "travailler hors de (sa) maison". "Je veux devenir doctoresse, quelqu’un qui sert les femmes de ma communauté ou de ma société", assure-t-elle.

Pour pouvoir passer cet examen d’entrée mi-mars, Jahantab Ahmadi a d’abord dà» marcher deux heures dans les montagnes. Puis elle a pris les transports en commun, arrivant neuf heures de cahots plus tard àla capitale provinciale Nili.

VIDEO ici 1:24

La photo de Jahantab émeut internet

Au début du test, qui se déroulait en extérieur, elle s’est comme les autres candidats, assise àun pupitre. Mais sa fille Khizran, âgée de quelques mois, souffrait d’une oreille et ne cessait de crier. Pour la calmer, et ne pas déranger ses voisins, Jahantab raconte s’être mise àterre, derrière un autre candidat. "Je devais me concentrer sur le bébé et passer le test."

Un enseignant de l’université privée la prend alors en photo. Son cliché fait le tour de la toile afghane, sans même qu’elle en soit consciente.

"Mes amis au village m’ont dit : « tu as été photographiée  ». Je leur ai dit : « comment ai-je pu ne pas savoir qu’on me photographiait  ?  » et ils m’ont répondu : « tu étais concentrée sur l’examen  »", se souvient-elle, timide.

La jeune mère pourrait étudier àKaboul

Les réseaux sociaux s’emparent de son cas. L’Association de la jeunesse afghane lance une campagne de financement en ligne pour Jahantab Ahmadi et récolte 14 000 dollars, une fortune dans un pays où 39% de la population vit dans la pauvreté.

Zahra Yagana a été impressionnée. Cette défenseure des droits des femmes a contacté Jahantab Ahmadi et l’a convaincue de venir àKaboul pour y étudier. Elle l’aide actuellement àentrer dans une université privée de la capitale afghane. Et héberge la jeune mère, son mari et ses trois enfants.

"Si elle devait étudier au Daikundi, ce serait dur pour elle", explique la militante. Là-bas, "le niveau d’éducation est bas. Il n’y a pas de résidence universitaire et elle devrait vivre dans une location", poursuit-elle.

Jahantab Ahmadi Crédit photo : AFP

L’alphabétisation des Afghanes est très faible

Et d’assurer : "nous lui trouverons un logement (àKaboul). Beaucoup d’amis ici ont promis de l’aider. Nous essayons de trouver un travail pour son mari et aussi de lever des fonds pour permettre àses enfants d’aller àl’école."

Une solution idéale pour Jahantab Ahmadi, dont "le but dans la vie était d’être admise àl’université", remarque-t-elle. "Mais du fait de notre pauvreté, je n’ai pas pu me permettre d’étudier pendant trois ou quatre ans", regrette celle qui a fini le lycée après son mariage àl’âge de 18 ans.

Le taux d’alphabétisation en Afghanistan est parmi les plus bas au monde : environ 36% selon les chiffres officiels, bien moindre encore pour les femmes. "Moi, je ne veux pas être laissée de côté", lance-t-elle.