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France : « Je regrette que M. Macron ait donné le sentiment de s’adresser à l’Eglise en croyant »

Un président de la République a pour devoir de ne reconnaître aucun culte

dimanche 15 avril 2018, par siawi3

Source : http://www.laicite-republique.org/j-p-sakoun-je-regrette-que-m-macron-ait-donne-le-sentiment-de-s-adresser-a-l.html

J.-P. Sakoun : « Je regrette que M. Macron ait donné le sentiment de s’adresser à l’Eglise en croyant » (LCI, 10 av. 18)

Jean-Pierre Sakoun,
président du Comité Laïcité République.

13 avril 2018

"Le mag du 16.00", "E. Macron et les catholiques : opération séduction ? "

Avec Pascale Tournier, rédactrice en chef adjointe à "La Vie" ;
Renaud Pila (LCI) ;
Matthieu Rougé, curé de Saint-Ferdinand-des-Ternes, ancien aumônier des parlementaires ;
Jean-Pierre Sakoun, président du Comité Laïcité République.

VIDEO ici 31:05

Jean-Pierre Sakoun : "[...] Le lien entre la République et l’Eglise, mais de quoi parlons-nous ? Il a été rompu il y a 113 ans ! [...]

Le président de la République ne s’adresse pas à des segments de la population, en fonction de leur religion, en fonction de leur foi, en fonction de leur philosophie. Il s’adresse à des citoyens. La laïcité, c’est le moyen de l’indétermination. C’est le moyen pour que nous soyons tous ensemble les citoyens d’un même pays. [...]

La République n’est pas l’interconvictionnalité. Il ne s’agit pas de faire coexister les religions. Il s’agit de l’émancipation des individus, en dehors de tout ce qui peut être leur volonté de croire ou de ne pas croire. [...]

Ce que nous avons entendu hier, c’est un discours communautaire tendant à segmenter la population en une série de cibles. [...]

Il y a une morale laïque, il y a même une spiritualité laïque. [...]

M. Macron a donné le sentiment de s’adresser à l’Eglise en croyant. Ses choix confessionnels personnels le regardent. Mais il est le président de la République. Et quand ça vient juste après le cadeau fait à l’école catholique sous la forme du fait de rendre obligatoire l’école maternelle [...] Tant que ce n’est pas obligatoire, les maternelles ne sont pas subventionnées [1]... [...]"

Note

[1] Lire Réforme du bac, maternelle obligatoire : "Fructueuse chasse aux œufs pour l’enseignement catholique" (Creal 76, 29 mars 18), "La maternelle obligatoire, une bonne nouvelle pour l’école privée" (la-croix.com , 28 mars 18) (note du CLR).
Post scriptum

Voir aussi Jean-Pierre Sakoun, président du CLR, sur LCI (LCI, 10 av. 18, 16h15), Un président de la République a pour devoir de ne reconnaître aucun culte (CLR, 10 av. 18), le discours de Macron aux évêques (9 av. 18) : “Le lien entre l’Eglise et l’Etat s’est abîmé, il nous importe à vous comme à moi de le réparer” (la-croix.com , 10 av. 18), dans la Revue de presse la rubrique Macron chez les évêques de France (9 avril 2018), H. Peña-Ruiz : "M. Macron, les "fainéants" et les philosophes" (Le Monde, 26 sep. 17) (note du CLR).

°°°

Source : http://www.laicite-republique.org/un-president-de-la-republique-a-pour-devoir-de-ne-reconnaitre-aucun-culte-clr.html

Communiqué du Comité Laïcité République sur le discours du président devant les évèques

Un président de la République a pour devoir de ne reconnaître aucun culte (CLR, 10 av. 18)

14 avril 2018

« Vous êtes le président de tous les Français et non des seuls catholiques »
Georges Clemenceau à Raymond Poincaré, 11 novembre 1918.

Le Comité Laïcité République réaffirme, avec la plus grande force, que la morale républicaine est seule guide de l’éthique républicaine. Les croyances diverses de tel ou tel groupe religieux ne peuvent tenir lieu de morale publique, a fortiori pour les autorités de notre pays.

La France est laïque, par sa longue histoire, par la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen, par l’article premier de la Constitution et par la Loi de séparation des Églises et de l’État. Ces trois piliers garantissent la liberté absolue de conscience et le droit à la singularité de chaque citoyen. Notre pays, notamment marqué par la mémoire des déchirements religieux et du joug de l’Église catholique sur les « sujets » de la monarchie, sait trop ce que signifie l’irruption des religions dans les affaires publiques. Les entrepreneurs de séparatisme communautaire et de concurrence religieuse ne s’y trompent d’ailleurs pas, qui dès le 9 avril au soir, réclamaient à M. Macron les mêmes ouvertures que celles faites aux catholiques.

Le président de la République a affirmé que « le lien entre l’Église et l’État est abîmé et qu’il nous importe à vous comme à moi de le réparer. » Nous lui rappelons que le lien entre les Églises et l’État ne peut être abîmé, puisqu’il n’a pas d’existence institutionnelle.

Il a encore dit : « Un président de la République prétendant se désintéresser de l’Église et des catholiques manquerait à son devoir. » Oublie-t-il qu’un président de la République a pour devoir de ne reconnaître aucun culte ? C’est à tous les citoyens dans leur indifférenciation, sans distinction de croyance ou de philosophie, qu’il doit s’intéresser.

Il a affirmé enfin que « la République attend très précisément que les catholiques lui fassent trois dons : le don de [leur] sagesse, le don de [leur] engagement, le don de [leur] liberté ». La République attend en fait très précisément que les catholiques comme tous les autres citoyens lui fassent le don de leur neutralité et, quelles que soient leurs croyances, qu’ils agissent avec sagesse, avec engagement, et en toute liberté pour le bien public.

Le Comité Laïcité République demande, avec l’immense majorité des Français attachés au principe de laïcité et à l’émancipation de chaque citoyen, que le président de la République assure leur liberté de conscience, en ne mêlant pas la religion aux affaires de la Cité.

Comité Laïcité République
le 10 avril 2018