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France : La mobilisation des immigrés pour la décolonisation , 1930-1970

Les ouvriers de Renault Billancourt, le documentaire de Camille Pochon

mardi 17 avril 2018, par siawi3

Source : http://www.generiques.org/la-mobilisation-des-immigres-pour-la-decolonisation-france-1930-1970-2/

La mobilisation des immigrés pour la décolonisation France, 1930-1970

Génériques – Faire connaître l’histoire et la mémoire de l’immigration
Faire connaître l’histoire et la mémoire de l’immigration
N°39

Ce numéro de Migrance s’intéresse aux immigrés qui se sont organisés et ont fondé ou rejoint des organisations (politiques, syndicales…) pour dénoncer le colonialisme français. Il démontre le rôle important des travailleurs, étudiants, syndicalistes ou intellectuels immigrés qui se sont mobilisés et se sont battus pour l’indépendance de leur pays entre 1930 et 1970. Il fait ainsi apparaitre l’immigration comme une des bases essentielles du grand mouvement anticolonial qui conduira à l’indépendance politique des anciennes colonies et à la période dite de décolonisation.

La première partie de ce numéro est consacrée aux étudiants et aux travailleurs indochinois qui se sont mobilisés pour l’indépendance du Vietnam (1930-1952). La seconde partie traite de l’anticolonialisme dans l’immigration algérienne entre 1937 et 1964. La dernière partie revient sur l’anticolonialisme et le néocolonialisme dans l’immigration africaine (1945-1970).

Introduction
Louisa Zanoun

Les étudiants et les travailleurs pour l’indépendance de l’Indochine, 1930-1952

 : : L’identité indochinoise en question : idéalisme français et dissidences à la Cité Universitaire de Paris dans l’entre-deux-guerres
Jehnie REIS
>> Télécharger l’article en anglais

 : : L’engagement des travailleurs indochinois en France en faveur de l’indépendance du Vietnam (1943-1952)
Pierre DAUM

L’anticolonialisme dans l’immigration algérienne, 1937-1964

 : : Diasporas et nationalisme, le cas du Front de libération nationale (FLN)
Moula BOUAZIZ

 : : La Voix du travailleur algérien, une source en ligne pour l’histoire du syndicalisme immigré et de la guerre d’Algérie
Tifenn HAMONIC

 : : La CGT et l’immigration algérienne : les tâches nouvelles pour l’organisation syndicale en 1964 en relation avec l’Amicale générale des travailleurs algériens (AGTA) et de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA)
Louis CARDIN

 : : Du PPA au PPA : construction d’une mémoire immigrée en situation (post)coloniale
Nedjib SIDI MOUSSA

Anticolonialisme et néocolonialisme dans l’immigration africaine, 1945-1970

 : : Cosmopolitisme et anticolionalisme dans quelques poèmes de Léopold Sédar Senghor pendant la Seconde Guerre mondiale
Babacar M’BAYE
>> Télécharger l’article en anglais

 : : Sally N’Dongo, immigration africaine et aspects politiques du néocolonialisme en Afrique de l’Ouest et en France
Gillian GLAES
>> Télécharger l’article en anglais

 : : Migrations intellectuelles, « Indépendance Inachevée » et 1968 à Dakar et à Tunis
Burleigh HENDRICKSON
>> Télécharger l’article en anglais

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Source : http://www.elwatan.com/hebdo/france/une-page-de-l-immigration-algerienne-10-04-2018-366033_155.php

Renault Billancourt
Une page de l’immigration algérienne

le 10.04.18 | 12h00

Les ouvriers de Renault Billancourt, le documentaire de Camille Pochon

Walid Mebarek

Le film documentaire de Camille Pochon sur les ouvriers de Renault Billancourt est présenté en avant-première aujourd’hui à la Maison des auteurs à Paris.

Il le sera ensuite le 17 avril à 21h50 (heure algérienne) sur la Chaîne 2 de France Télévision, qui trouve là un biais pour faire le lien avec les conflits sociaux de Mai 1968 dont on célèbre le cinquantième anniversaire. La diffusion sera suivie d’un débat animé par la journaliste Marie Drucker.

L’île Séguin, en plein Paris, fut l’un des cœurs battants de l’industrie française, et, au XXe siècle, surtout après la Seconde Guerre mondiale, nombreux furent les immigrés qui y ont trouvé un emploi.

Pendant la période de développement économique, entre 1950 et 1980, les Algériens surtout travaillèrent en ce lieu, où la Société nationale des automobiles Renault avait élu domicile depuis sa création en 1929 par Louis Renault, le fondateur de l’entreprise devenue multinationale.

La réalisatrice a puisé dans des archives inédites pour faire remonter à la surface cette histoire passionnante d’une usine légendaire.
L’écrivain et réalisateur, Mehdi Lallaoui, avait déjà produit en 2004 un documentaire intitulé Retour à l’île Seguin, alors que l’usine, fermée depuis 1992, commençait son démantèlement. Sur le vaste espace disponible, le richissime François Pinault a aménagé un coûteux lieu artistique et culturel qui a commencé à fonctionner en 2017.

Dans la présentation du film, on peut lire : « Mars 1992. L’usine Renault de Billancourt ferme ses portes définitivement. Une décision qui clôt un laboratoire de luttes sociales. »

Car ‘‘le paquebot’’ fut régulièrement le théâtre de mouvements contestataires, à tel point que Maurice Bokanowski, ministre de la IIIe République, affirma : « Quand Billancourt éternue, la France s’enrhume. »

Plus tard, l’expression « Il ne faut pas désespérer Billancourt » s’élargit à toute mesure ou situation sociale dont feraient les frais les catégories les plus faibles qui se révolteraient pour réclamer leur dû.

« A la fin des années 1960, la Régie nationale Renault, la plus grande usine de France, compte près de 36 000 employés, dont 12 000 étrangers. Qui sont les travailleurs qui ont fait vivre cette ‘forteresse ouvrière’ » ?

Comment se sont-ils battus jusqu’à devenir la vitrine de la contestation sociale en France ? Pour le savoir, la réalisatrice, Caroline Pochon, a choisi de leur donner la parole. Ils s’appellent Henri, Giovanni, Arezki, Michel, Mustapha, Samba ou encore Patrick. Ils étaient ouvriers, chefs d’atelier, directeurs ou syndicalistes. Ils sont la dernière génération à avoir travaillé à la Régie nationale des usines Renault.

Ainsi, ce documentaire fait raconter « le bruit des lignes de fabrication et d’assemblage sur l’île Séguin, l’enfer de la forge et de la fonderie, la précarité des travailleurs étrangers, le racisme, mais aussi la solidarité entre ouvriers et les mouvements sociaux.

Ils reviennent sur la grève de Mai 68 qui paralysa l’usine, bastion du syndicalisme, pendant trente-trois jours, la prédication des militants maoïstes, la revendication des ouvriers immigrés, les moins qualifiés, dans les années 1970, qui n’ont aucune perspective d’évolution professionnelle et salariale, le déclin des années 1980 ».