Subscribe to SIAWI content updates by Email
Accueil > Announcements > France : l’Universalisme est-il ringard ?

France : l’Universalisme est-il ringard ?

Paris : 01/06/2018

jeudi 24 mai 2018, par siawi3

Source : email 24 mai 18

Cycle l’Universalisme est-il ringard ?

RDV 01/06/2018

VENDREDI 1 ER JUIN A 18 H 30

BOURSE DU TRAVAIL

Annexe Varlin

85 RUE CHARLOT - 75003 PARIS

Salle commission 3 – rez de chaussée

Comment s’y rendre : Metro Ligne 8 – Station Filles du Calvaire

Inscription obligatoire : clcs combat-laique-social.org

Presentation de la rencontre 1er juin.

La montée du fondamentalisme et de l’extrémisme, sous leurs diverses formes, et leurs graves conséquences pour l’exercice des droits culturels représentent une grave menace pour les droits humains partout dans le monde et posent des problèmes croissants auxquels il faut répondre d’urgence, selon une approche fondée sur les droits humains. Karima BENNOUNE montre en quoi ces menaces compromettent gravement l’exercice des droits culturels, ont en commun un état d’esprit qui repose sur l’intolérance pour la différence et le pluralisme et tentent d’éradiquer la diversité culturelle et la contestation. Elle souligne le rôle central des droits culturels dans la lutte contre le fondamentalisme et l’extrémisme, affirmant
que les arts, l’éducation, les sciences et la culture sont indispensables pour ouvrir d’autres perspectives, donner un espace à la contestation pacifique, promouvoir l’intégration, et protéger les jeunes de la radicalisation.

Elle a approfondi cette question en se concentrant sur les impacts du
fondamentalisme et de l’extrémisme sur les droits culturels des femmes. Elle
souligne que, pour contrer le fondamentalisme et l’extrémisme, il faut adopter une approche basée sur les droits humains qui soit sensible à la dimension de genre, accorde une place centrale aux droits culturels et à l’égalité des femmes, et qui défende le principe de l’universalité. La Rapporteuse spéciale insiste en particulier sur le fait que les droits fondamentaux des femmes, notamment leurs droits culturels, constituent un élément essentiel de la lutte contre le fondamentalisme et l’extrémisme, sans lequel elle ne pourra aboutir.

Karima BENNOUNE a été nommée Rapporteuse spéciale des Nations Unies dans le domaine des droits culturels en octobre 2015.
Elle est professeure de droit et chercheuse pour le programme Martin Luther King, à la faculté de droit Davis de l’Université de Californie (USA).

Elle a reçu le prix Dayton de littérature pour la paix (2014) pour son ouvrage intitulé « Your Fatwa Does Not Apply Here », traduit en 2017, éditions Temps présent : « VOTRE FATWA NE S’APPLIQUE PAS ICI »

L’UNIVERSALISME EST – IL RINGARD ?

2ème partie :

La place centrale de la Résistance contre les fondamentalismes et l’intégrisme

Notre cycle de conférence se poursuit avec

Karima BENNOUNE, écrivaine

VOTRE FATWA NE S’APPLIQUE PAS ICI

Hommage de Wole Soyinka, prix Nobel de littérature 1986 :
’Jamais, depuis
l’apartheid, notre humanité n’a subi de telles pressions et n’a eu à relever des défis aussi intenses et persistants. L’histoire se répète.
Encore une fois, une minorité d’assassins se prétend supérieure à tous les autres, s’arroge le pouvoir de dicter aux autres son mode de vie, décide qui pourra vivre et qui devra mourir, ou qui fera la loi et qui devra s’y soumettre.

L’islam, la religion dans laquelle [les terroristes] se drapent, n’est qu’une couverture. Le vrai problème réside, comme toujours, dans le pouvoir et la soumission, avec ici comme instrument le terrorisme. Regardons avec objectivité la vraie nature de la domination qu’ils cherchent à nous imposer, nous qui vivons prétendument dans des “lieux de vice et de débauche, d’impureté et de décadence”....
Leur modèle consiste donc à instaurer l’exclusion. Mais aussi l’irrationalité et les restrictions dans la vie quotidienne. Le mépris de la culture et du pluralisme. L’établissement d’un apartheid sexiste. La diabolisation de la
différence. C’est le règne de la peur....
Réaffirmons notre refus, sur notre continent, que la religion soit établie comme une seconde nature humaine, indiquée sur nos documents d’identité, et de laquelle déprendrait notre nationalité, mais également le droit même
d’exister sur la planète."

(http://www.courrierdesafriques.net/2015/01/wole-soyinkavotre-fatwa-ne-sappliquera-jamais-ici)

°°°

CONGRES DE FEMMES SOLIDAIRES

octobre 2017 : Notre époque est marquée par la montée conjointe des fondamentalismes religieux et des extrémismes politiques ou idéologiques partout dans le monde. Elle rappelle que les termes ne peuvent se substituer l’un à l’autre. « La notion de fondamentalisme renvoie dans présent rapport
aux acteurs qui utilisent un discours supposés religieux et celle d’extrémisme aux mouvement sur d’autres bases ». « Des fondamentalistes
de tendance diverses adoptent une tactique commune au niveau international pour contrarier les progrès réalisés dans la protection des droits fondamentaux, en particulier les droits des femmes. »

La nécessité de lutter conjointement contre les fondamentalismes et les extrémismes est renforcée tant par leur dangerosité commune que par leur projet de société qu’ils défendent.
Ils visent en effet, les uns et les autres, à « remodeler la culture à partir de conceptions monolithiques du monde, centrées sur la « pureté » et sur l’inimité envers « l’autre », la surveillance des comportements au nom de
« l’honneur » et de la « modestie », la revendication d’une supériorité culturelle et morale, l’imposition d’une prétendue « vraie religion » ou « culture authentique » et « monolithique ». Par ailleurs, ils s’attaquent de manière obsessionnelle aux droits des femmes, des personnes LGBT et de tous lesgroupes minorisés.

Dans son rapport Karima BENNOUNE souligne « qu’il n’y a pas de choc des
civilisations. De plus en plus, cependant, il y a bien un choc au sein de chaque civilisation entre ceux qui défendent l’égalité humaine et les droits de l’Homme universels et ceux qui ne le font pas, par fois en raison d’une idéologie fondamentaliste ou extrémiste ». Elle définit l’universalité des droits comme « l’un des outils les plus importants dans la lutte contre les effets pernicieux du fondamentalisme et de l’extrémisme » et rappelle que le relativisme culturel a été explicitement rejeté par le droit international concernant les droits humains.

Karima BENNOUNE souligne ce que ne seront jamais les droits culturels :
« Les droits culturels n’équivalent pas au relativisme culturel. Ils n’excusent pas la violation d’autres droits humains et ne justifient pas les
discriminations ou violences. Ils n’imposent pas l’obligation d’identité ou de pratique à des personnes en violation de ces droits internationaux. Il sont ancrés dans le cadre universel des droits humains ».

°°°

CLARA MAGAZINE – Nov/Déc 2017 N°164

"Votre Fatwa ne s’applique pas ici " , Karima BENNOUNE Éditions Temps Présent 424 pages – 25 euros Paru le 24 octobre 2017

Du Pakistan à l’Algérie, de l’Afghanistan à l'Egypte, des Iles Fidji à la Tchétchénie, Karima Bennoune a parcouru une trentaine de pays pour y
rencontrer des opposants aux fondamentalistes islamistes. Elle nous raconte leur quotidien et décrit leurs motivations. La plupart sont des femmes.
Musulmanes ou athées. Beaucoup ont été surveillées, emprisonnées, agressées.

Depuis la première parution du livre, aux Etats-Unis, l’une d’elles a été assassinée, au Pakistan.

A travers ces rencontres et ces portraits, Karima Bennoune nous parle aussi des pays où ces personnes exceptionnelles vivent et travaillent. Et de leur solitude, renforcée par le peu de soutien qu’elles ressentent de la part des
Occidentaux. Ce livre est donc aussi un ’coup de gueule’ de Karima Bennoune contre une partie de son camp, celui des progressistes laïques, qui a parfois tendance à ignorer ou minimiser la montée de l’islamisme fondamentaliste et l’étendue de ses massacres.

Cette critique, Karima Bennoune se sent d’autant plus légitime à la porter qu’elle dénonce dans un même élan les discriminations subies par les musulmans depuis le 11 septembre 2001.