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Comment des lois contre des discours fascistes peuvent tre utilises contre la gauche Retour sur lhistoire des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne

mercredi 19 septembre 2018, par siawi3

Source : http://alencontre.org/ameriques/americnord/usa/grande-bretagne-etats-unis-debat-des-interdictions-contre-les-discours-fascistes-et-leurs-repercussions-contre-la-gauche.html

Comment des lois contre des discours fascistes peuvent tre utilises contre la gauche Retour sur lhistoire des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne

mardi 14 aot 2018,

par Branko MARCETIC

Sommaire :
Le Public Order Act
Le Brown Scare
Les vritables perdants

La rsurgence des mouvements dextrme droite lre de Trump a relanc linterminable dbat sur la libert dexpression et ses limites. Alors que cette question tait particulirement sensible dans le sillage de la violence de lanne dernire Charlottesville, lorsque lACLU [American Civil Liberties Union] a t fortement critique pour dfendre le droit la libert dexpression des nazis et dautres extrmistes, la question est toujours examine par des universitaires et les appels demandant lEtat de faire quelque chose contre les paroles de haine, mais parfaitement lgales, de racistes dpassent lincident de 2017.

Il convient de mettre les choses en perspective : alors quil est certain que la grande majorit de la violence politique est luvre de la droite dans son sens large, lorganisation de suprmacistes blancs est bien des gards faible en comparaison avec les annes 1980 ou les annes 1920 et 1930 lorsque 50000 membres du KKK dfilaient dans les rues de la capitale fdrale ou lorsque le German American Bund pro-nazi rassemblait (en fvrier 1939) 20000 personnes dans le stade Madison Square Garden New York. Bien que le terrorisme dextrme droite doive tre pris au srieux, il nest pas vident que ce dernier nous donne plus de raisons de paniquer que les actes de terrorisme islamiques.

Plus spcifiquement, il y a de bonnes raisons historiques pour que la gauche refuse de soutenir des mesures gouvernementales liberticides au nom de la lutte contre le fascisme. Ainsi que le montrent le Public Order Act en Grande-Bretagne et le Brown Scare aux Etats-Unis, une fois dploys contre les groupes qui fomentent la haine, les instruments de rpression sont ensuite invitablement tourns contre la gauche.
Le Public Order Act

La dcennie 1930 tait une priode florissante pour les fascistes en Grande-Bretagne, lorsque la British Union of Fascists (BUF) dOswald Mosley se vantait davoir 34000 membres, une centaine de candidats pour les lections au parlement et alors que les fascistes dfilaient rgulirement dans les rues et se battaient avec des contre-manifestants dans tout le pays.

La rponse a t le Public Order Act de 1936. Outre certaines clauses destines placer hors la loi les activits de type paramilitaire du BUF, la loi attribuait aux autorits de larges pouvoirs lui permettant de restreindre et de contrler toutes les manifestations publiques par exemple dimposer le parcours et le moment dune marche si une manifestation peut provoquer un dsordre public srieux . Les manifestations pouvaient mme tre entirement interdites dans une zone dtermine pour une priode allant jusqu trois mois. Cette mesure tait vue comme ncessaire en raison des dsordres publics frquents engendrs par les marches fascistes.

La loi navait pas exclusivement t conue pour faire face aux fascistes. Il sagissait aussi dune rponse aux proccupations des autorits envers les communistes et le National Unemployed Workers Movement (NUWM) [Mouvement national des travailleurs au chmage], un groupe lanc une dcennie plus tt par des membres du Parti communiste de Grande-Bretagne capable de rassembler 100000 manifestants en 1934 Hyde Park.

Cependant, cest la menace imminente des Blackshirts [chemises noires] qui a conduit de manire directe la promulgation de la loi par le gouvernement national. Lopposition travailliste stait oppose aux lgislations antrieures destines contrer linfluence communiste. Mais, tandis que les fascistes sengageaient dsormais rgulirement dans des actes de violence urbaine, les travaillistes ont apport leur bndiction la nouvelle lgislation.

Le raisonnement du dput travailliste Herbert Morrison tait le suivant : Une organisation politique dont le but est de dtruire la libert daction et la libert dorganisation politique ne peut offrir un plaidoyer pour la libert de faire exactement ce quelle veut. Selon cet argument, les fascistes veulent dtruire les liberts politiques fondamentales, ils ne mritent donc pas la protection de ces liberts mmes.

La cinquime section de la loi, qui a reu peu dattention lpoque, deviendra clbre au cours des dcennies suivantes. La section faisait des comportements ou des paroles menaantes, injurieuses ou abusives dans lespace public un dlit, une mesure qui, aux yeux du dirigeant travailliste John Robert Clynes, permettrait de combattre les hurlements racistes. La loi est entre en vigueur en dpit des objectifs des dfenseurs des liberts publiques et des proccupations de certains dputs travaillistes.

La loi a, en effet, t utilise par les autorits pour saper le BUF et maintenu les Blackshirts hors des rues. Elle sera, en outre, utilise rgulirement dans les dcennies suivantes contre dautres groupes racistes, en particulier lors de leur rsurgence au cours des annes 1970.

Le Public Order Act a toutefois largement survcu le pic dactivit de sa cible prsume. Le fascisme britannique reculant sans cesse de son sommet de lpoque de la grande dpression, la puissance de la loi sest tourne contre lautre ct du spectre politique en particulier sa section cinq. Comme lont crit par la suite les professeurs de droit Keith Ewing et Conor Geraty, lhistoire ultrieure de la section a montr son utilisation frquente contre les protestations de gauche .

Par exemple, le commissaire de la police mtropolitaine [de Londres] a ordonn une interdiction de manifestation pour trois mois dans le quartier de St Pancras lors de la grve des loyers de 1960, au cours de laquelle des milliers de locataires se sont opposs une hausse importante des loyers ainsi qu des expulsions de logement, aboutissant une marche en direction de lhtel de ville du quartier.

Lassociation locale de locataires a alors qualifi linterdiction de loi martiale , tandis que le Parti travailliste qui avait facilit ladoption de la loi dsormais utilise pour faire taire les locataires a affirm sa consternation devant cette action non dmocratique .

La grve des loyers de St Pancras est un exemple ancien et connu de lemploi du Public Order Act, mais il y en aura bien dautres dans les dcennies suivantes. On peut mentionner :

Linculpation, en application de la section cinq, de sept hommes protestant, en 1961, contre lassassinat soutenu par lOccident de Patrice Lumumba, le premier dirigeant lu de la Rpublique dmocratique du Congo.

Linterdiction, par la police mtropolitaine, dune manifestation prvue au centre de Londres en septembre 1961 pour le dsarmement nuclaire (12000 personnes ont ignor lordre, plus dun millier dentre elles ont t arrtes).

Linculpation de 42 personnes participant une manifestation devant lambassade grecque de Londres contre le coup dEtat militaire de 1967.

Linculpation de six manifestants contre la sgrgation Oxford cette mme anne.

Linculpation dun manifestant contre lapartheid pour avoir couru sur le court de tennis Wimbledon en 1972.

Larrestation de dix journalistes tenant un piquet devant les bureaux des journaux la suite du licenciement de 200 employs.

Linculpation [en 1978] de manifestants protestant contre une visite de la premire ministre dInde, Indira Gandhi, laquelle venait de jeter des centaines dopposants politiques en prison.

Linculpation de membres dun groupe communiste pro-IRA, qui protestaient contre les brutalits policires lorsque la police les avait subitement attaqus.

Lutilisation la plus large de la loi pour punir des manifestants non fascistes a eu lieu lors de la grve de 1984-86 des mineurs, lorsque le gouvernement Thatcher a lanc une rpression sans prcdent contre les grvistes, arrtant et envoyant devant les tribunaux des milliers dentre eux. Jamais au cours du sicle la puissance coercitive de lEtat navait t utilise sur une telle chelle contre un groupe clairement identifi dindividus, si lon excepte la communaut nationaliste dIrlande du Nord , crivait en 1985 les sociologues Janie Percy-Smith et Paddy Hillyard.

Daprs leur analyse des chiffres du Home Office [ministre de lIntrieur], 4107 des inculps (39%) lont t en vertu de la section cinq du Public Order Act. Et sur ce nombre seulement 32,4% ont t acquitts, un chiffre figurant dans le bas de la liste des diverses accusations. Des lments indiquent que les accusations en vertu de la section cinq taient souvent arbitraires, sans rapport avec le comportement rel des personnes arrtes , ont-ils remarqu.

Il sagit dun exemple frappant de la manire dont des mesures destines combattre des discours lgaux, bien quinacceptables, finissent presque invitablement tre dtournes par les autorits. Pratique qui ne se limite pas au Royaume-Uni.
Le Brown Scare

Aucune loi similaire au Public Order Act na t adopte aux Etats-Unis, grce la protection singulirement robuste de la libert dexpression inscrite dans le premier amendement de la Constitution [1]. Un scnario similaire sest toutefois mis en place : des tactiques initialement utilises contre des fascistes se sont retournes contre ceux-l mme qui les ont acclams.

Ledit Brown Scare [ la peur des bruns ] des annes 1930 est peu connu aujourdhui, mais les historiens considrent quil a contribu institutionnaliser les poursuites pour actes de sdition ainsi qu enraciner lEtat scuritaire, deux dimensions qui cibleront la gauche en temps voulu.

Le gouvernement a, bien sr, cibl les militants radicaux avant les annes 1930, en particulier pendant la priode du Red Scare [ la peur des rouges ] lorsquil a dport des centaines de personnes [2]. Le Brown Scare lui-mme sest accompagn dune rpression simultane des militants de la gauche radicale. La peur du fascisme a jou un rle important dans des dveloppements qui se rvleront dangereux pour la gauche.

A linstar de ce qui sest pass en Grande-Bretagne, la gauche a jou un rle central en nourrissant la panique contre la (bien relle) menace fasciste. Des crivains de gauche ont publi des exposs dramatiques amplifiant linfluence et ltendue de la subversion fasciste ; les spculations abondaient quant une cinquime colonne sur sol amricain, le journaliste George Britt affirmant que les rangs fascistes atteignaient le million.

Max Lerner, lditorialiste liberal et partisan du New Deal, a lanc un appel pour la constitution dun groupe dexperts auprs du gouvernement pour quil contrle les contenus et interdise le matriel empoisonn et infond . The Friends of Democracy, une agence de propagande anti-totalitaire diffusant un bulletin rgulier prs de 11000 adhrents comptant dans ses rangs John Dewey et Thomas Mann, a encourag ses partisans insister auprs du ministre de la Justice pour quil engage une enqute contre des membres de lextrme droite. L. M. Birkhead, le fondateur de lassociation, a demand au gouvernement fdral de surveiller officiellement lisolationniste America First Committee, quil considrait comme tant un front nazi (en 1950, Birkhead insistera auprs du ministre de la Justice pour quil engage une action judiciaire, en vertu du Smith Act, contre un ditorialiste de droite pour avoir critiqu lintervention militaire amricaine en Core).

Cest dans lobjectif dradiquer le fascisme local dans les annes 1930 que J. Edgar Hoover [directeur du FBI Federal Bureau of Investigation de 1935 1972] a reu les pouvoirs qui le rendront ensuite clbre. Franklin Roosevelt, soucieux de combattre le fascisme local, a autoris linculpation et la poursuite des membres de lextrme droite ainsi que la surveillance de groupes pro-nazis (et, plus tard, communistes).

Lhistorien Leo P. Ribuffo estime que la dcision de Roosevelt de lancer le FBI et Hoover contre lextrme droite reprsente la dcision du Brown scare qui a eu le plus de consquences . Elle a permis au Bureau de sortir de ce que le journaliste Sanford Ungar a appel linoffensive obscurit de la dcennie prcdente ainsi que dabroger linterdiction despionnage faite en 1924 (bien que celle-ci nait pas entirement t respecte), accroissant le pouvoir de lagence tout en le canalisant vers la surveillance politique.

Hoover a demand au Bureau dtablir un tableau gnral de la subversion fond sur la directive Roosevelt. Les agents ont constitu des dossiers sur au moins 100000 personnes et, la fin de la dcennie, Hoover est devenu un interlocuteur privilgi, accdant la position de pouvoir quil occupera jusqu sa mort.

Il en est all de mme avec le tristement clbre House Un-American Activities Committee (HUAC) [ Commission parlementaire sur les activits anti-amricaines ]. Bien que lHUAC ait de nombreux anctres avant le milieu des annes 1930, lun des fondateurs cls du comit dans la forme quil a prise est le dput Samuel Dickstein, un New Deal liberal de New York.

Inquiet devant la monte des nazis, Samuel Dickstein a plaid, en mars 1934, en faveur de la rsolution 198 de la Chambre des reprsentants, laquelle chargeait un comit spcial denquter sur ltendue, le caractre et les objectifs des activits de propagande nazies aux Etats-Unis , ainsi que dautres formes de propagande trangre subversive . Bien que la part du lion du travail de ce qui sera connu sous le nom de comit McCormack-Dickstein ciblait les fascistes locaux, il sest aussi consacr la surveillance des activits communistes suspectes. (Il apparatra plus tard qu cette poque Dickstein a commenc communiquer, contre de largent, des informations au NKVD sur les fascistes, il sagissait plus, en pratique, dune extorsion que dun espionnage rel.)

Dickstein na pas mnag ses efforts dans le battage sur lampleur de la menace du fascisme sur sol amricain. Il a, tout dabord, affirm possder une liste de noms despions fascistes, dont la longueur changeait en permanence, et accus, au parlement, des personnes prcises, des entreprises et des organisations dtre des sympathisants fascistes conduisant six personnes mentionnes signer des dclarations sous serment rfutant laccusation. Dickstein a rpliqu que si sur les centaines de noms que jai pingls comme tant fascistes et nazis, ou peu importe comment je les ai appels, seulement six ont dpos une plainte, jai fait plutt un bon job . Il ne fait pas de doute que Joseph McCarthy [le snateur du Wisconsin, entre 1950-1954, anima la chasse aux sorcires contre tous ceux et celles souponns dtre communistes, de sympathiser avec eux, etc.] tendait dj loreille.

En mai 1938, sous linsistance de Dickstein et avec le soutien de dputs liberals impatients de soumettre les soutiens nazis une enqute, le comit spcial a t refondu, bien quil sagisse dun lger lifting. Sa mission enquter sur les activits de propagande anti-amricaines tait dsormais plus tendue ; malgr le rle central jou par Dickstein dans sa relance, il na pas t intgr au comit. Son prsident sera finalement Martin Dies, un Dmocrate du Sud anti-immigrant, conservateur et oppos au New Deal.

Sous la prsidence de Dies, le comit a tourn son attention presque entirement contre le communisme plutt que le fascisme, dans une tentative consciente daffaiblir le New Deal et le mouvement ouvrier en pleine expansion. Selon Ted Morgan, il est devenu la premire commission parlementaire tirant pleinement parti de son pouvoir de punition en usant dassignation comparatre et de citation pour outrage et mme de nuire par insinuations et publicit . Les citations pour outrage, par exemple, peuvent conduire des peines de prison. Cest cette version du comit qui sest par la suite transforme en HUAC et semballera au cours des annes 1950 [soit un instrument central dudit maccarthysme].

De mme, les dputs liberals ont soutenu le Smith Act de 1940, connu aussi sous le nom dAlien Registration Act, rendant illgaux les discours appelant renverser le gouvernement des Etats-Unis ou lappartenance un groupe le prnant. Dickstein tait convaincu que la loi pourrait tre employe contre lextrme droite. Les premires poursuites sous cette nouvelle loi ont toutefois t engages contre 23 membres de la section du Minnesota du Socialist Workers Party [3].

Le cas le plus connu, avant la guerre froide, engag en vertu du Smith Act nimpliquait pas la gauche. Il ciblait de prtendus sympathisants nazis et deviendra le procs pour sdition le plus important de lhistoire des Etats-Unis. Ce procs, connu sous le nom de United States vs. McWilliams, a t le thtre de lutilisation daccusations vagues et peu convaincantes de conspiration ainsi que de preuves faibles, dans ce cas contre un groupe dantismites de droite. Le procs sest rapidement transform en farce et les accusations ont finalement t abandonnes en 1946.

A quelques exceptions prs, la gauche soit sest tue, soit a applaudi les procureurs. Des personnalits de gauche tels que George Seldes et Michael Sayers ont soutenu le procs et le Daily Worker [lorgane du PC amricain] encourageait les procureurs se montrer plus durs. Dans le New Republic, Heinz Eulau crivait que laffaire serait un des procs les plus sensationnels, mais salutaires, de lhistoire des liberts publiques amricaines . LACLU a refus dtre implique, malgr les objections vhmentes de son directeur excutif.

Nonobstant cet chec, laffaire est devenue un modle de poursuites futures contre les communistes lors du deuxime Red Scare maccarthyste. Bien que svanouissant de la mmoire du public, le souvenir du procs en tant que test na pas quitt lesprit du ministre de la Justice entre 1946, lorsque laccusation a t abandonne, et 1948 lorsque des dirigeants du Parti communiste, lors du cas en 1952 Dennis versus United States [Eugene Dennis, tait secrtaire gnral du PC des Etats-Unis], ont t accuss de sdition par la mme loi et avec le mme type de preuves. Dans ce cas, des condamnations et des peines demprisonnement ont t prononces , crivent les sociologues Gary Alan Fine et Terence McDonnell.
Les vritables perdants

Des lois bien intentionnes octroyant aux autorits un pouvoir leur permettant de nettoyer les discours qui ne nous plaisent pas peuvent se retourner contre nous. Les lois ciblant les discours de haine dans le monde sont utilises pour criminaliser des critiques et contestations lgitimes. Les mesures contre les fake news ont, dans de nombreux cas, fait taire des voix marginales, mme celles qui combattent lextrmisme.

Et, le plus souvent, les voix rduites au silence sont celles de la gauche. Cela fait sens, aprs tout, les opinions et lactivisme de gauche tendent tre contre les autorits et des structures de pouvoir bien installes, ce qui en fait des cibles claires pour la rpression.

Le fascisme et lextrmisme sont hideux, violents et, dans les pires situations, meurtriers. Mais octroyer un plus grand pouvoir aux autorits afin de rprimer ces mouvements aujourdhui assure que, demain, ce pouvoir sera utilis contre la gauche.

Branko Marcetic
P.-S.

Article publi sur le site Jacobinmag.com le 14 aot 2018 ; traduction A LEncontre publie le 16 aot 2018 :

Notes

[1] En voici le texte : Le Congrs nadoptera aucune loi relative ltablissement dune religion, ou linterdiction de son libre exercice ; ou pour limiter la libert dexpression, de la presse ou le droit des citoyens de se runir pacifiquement ou dadresser au Gouvernement des ptitions pour obtenir rparations des torts subis.

[2] Des militants trangers, ou considrs comme tels ; lpisode le plus connu a t lexpulsion de 249 trangers parmi eux la libertaire Emma Goldman, dont la nationalit amricaine a t rvoque in extremis en dcembre 1919 sur le navire Buford, rebaptis sarcastiquement dans la presse sous le nom de Soviet Ark (Arche sovitique) ou Red Ark. (Rd. A lEncontre)

[3] SWP, de tendance trotskyste ; cette section du SWP a t la principale animatrice de la grve des camionneurs de Minneapolis en 1934 ; parmi ses militants de relief on peut citer entre autres : Farrell Dobbs, Carl Skoglund et les frres Dunne