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France : Marceline Loridan-Ivens, portrait

Documentary film

mercredi 17 octobre 2018, par siawi3

Source : Programme TV

Marceline, une femme, un siècle

Documentaire de Cordelia Dvorak

Le 18 septembre Marceline Loridan-Ivens a rejoint Simone Veil, sa meilleure amie, au Paradis, après avoir vécu ensemble l’enfer das camps de concentration.
Récit intime sur ’une vieille dame ’ de 90 ans, écrivain, cinéaste engagée qui n’a jamais renoncé à la volonté de vivre.

LUNDI 22 OCTOBRE 2018 sur France 3 à 23h05

°

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Marceline_Loridan-Ivens

Marceline Loridan-Ivens, née Rozenberg, est une cinéaste française née le 19 mars 1928 à Épinal et morte le 18 septembre 2018 à Paris1.

Elle est notamment connue pour avoir été la compagne de déportation de Simone Veil, pour le monologue qu’elle tient place de la Concorde à Paris dans le film documentaire de Jean Rouch et Edgar Morin, Chronique d’un été (1961), qui est l’un des premiers témoignages filmés de la déportation durant la Seconde Guerre mondiale, et pour son essai autobiographique Et tu n’es pas revenu (Grasset, 2015) .

Biographie

Marceline Rozenberg est née de parents juifs polonais émigrés en France depuis 1919. Au début de la Seconde Guerre mondiale, sa famille s’installe dans le Vaucluse. Leur dernière adresse est : Domaine de Gourdon à Bollène dans le Vaucluse2. C’est là qu’elle entre dans la Résistance. Capturée par la Gestapo avec son père, Szlama Rozenberg3,4, elle est déportée à Auschwitz-Birkenau par le convoi 71 du 13 avril 1944, le même que celui de son père5, Simone Veil6,7, avec laquelle la liera une amitié « indéfectible8 » et Anne-Lise Stern, puis à Bergen-Belsen, et finalement au camp de concentration de Theresienstadt. Elle recouvre la liberté à la libération du camp, le 10 mai 19459 par l’Armée rouge.

Elle épouse Francis Loridan, jeune ingénieur en travaux publics, engagé sur des chantiers lointains. Des années plus tard ils divorcent mais Francis autorise Marceline à conserver son nom10.

Elle adhère au Parti communiste français en 1955 et le quitte un an plus tard. Elle croise alors des « déviationnistes », comme le philosophe Henri Lefebvre ou le sociologue Edgar Morin11, tape des manuscrits pour des intellectuels, travaille au service reprographie d’un institut de sondage, est « porteuse de valises » pour le FLN et fréquente les nuits parisiennes de Saint-Germain-des-Prés12.

En 1961, Edgar Morin lui fait découvrir le tournage du film Chronique d’un été ; elle entre ainsi dans le monde du cinéma. En 1963, elle rencontre et épouse le réalisateur de documentaires Joris Ivens, de trente ans son aîné. Elle l’assiste dans son travail et coréalise certains de ses films comme Le 17e parallèle en 196813. Ils partent ensemble pour le Vietnam, où ils sont reçus par Hô Chi Minh12.

De 1972 à 1976, pendant la révolution culturelle déclenchée par Mao Zedong, Joris Ivens et Marceline Loridan travaillent en Chine et réalisent la série de douze films Comment Yukong déplaça les montagnes14. Critiqués par Jiang Qing, la femme de Mao, ils doivent quitter précipitamment la Chine15.

En 2003, elle réalise un film de fiction, La Petite Prairie aux bouleaux, avec Anouk Aimée, très inspiré de son parcours dans les camps (le titre est la traduction du nom polonais Brzezinka, germanisé en Birkenau).

Jusqu’à la fin de sa vie, elle donne des conférences et témoigne dans les collèges et les lycées sur la Shoah12.

À ses obsèques, le 21 septembre 2018, au cimetière Montparnasse à Paris, Delphine Horvilleur prononce son oraison funèbre16.

Notes et références :
1 ↑ « L’écrivaine et cinéaste Marceline Loridan-Ivens, ancienne déportée à Auschwitz, est morte » [archive], sur abonnes.lemonde.fr, 18 septembre 2018
2 ↑ Voir Klarsfeld 2012.
3 ↑ Né le 7 mars 1901 à Slupia. Voir Klarsfeld 2012.
4 ↑ Voir (en) Steven Erlanger. Books. Jewish Deportee on Persecution, Past and Present. The New York Times, January 1, 2016. [archive]
5 ↑ Voir Klarsfeld 2012.
6 ↑ Voir Klarsfeld 1978.
7 ↑ Catherine Durand, « Marceline Loridan-Ivens : Simone Veil, ma jumelle contradictoire », Marie Claire [archive].
8 ↑ « Mort de la cinéaste et écrivaine Marceline Loridan-Ivens, une vie pour témoigner » [archive], sur Franceinfo, 20 septembre 2018.
9 Interview de Marceline Loridan-Ivens [archive] dans l’émission le Grand Entretien sur France Inter du 18 avril 2012.
10 ↑ Loridan, Marceline, 1928-, Ma vie balagan, Laffont, 2008 (ISBN 9782221106587, OCLC 262426758, lire en ligne [archive]), page 171.
11 ↑ « La clé des camps » [archive], Libération, 11 novembre 2003.
12 ↑ a, b et c Jacqueline Remy, « La vie est belle », Vanity Fair n° 56, avril 2018, p. 78-85.
13 ↑ « Marceline la tornade » [archive], Le Monde, 25 juillet 2005.
14 ↑ CANNES CLASSICS — « —, regards sur la Chine en mutation » [archive], 21 mai 2014.
15 ↑ Marceline Loridan a filmé la Chine de Mao « Je fus dupée par mon époque » [archive], Rue89, 15 juin 2014.
16 ↑ Hommage à MDI [archive]/

Réalisatrice :
1962 : Algérie, année zéro — Documentaire coréalisé avec Jean-Pierre Sergent
1968 : Le 17e parallèle — Documentaire coréalisé avec Joris Ivens
1976 : Comment Yukong déplaça les montagnes — Série de documentaires coréalisés avec Joris Ivens
1976 : Une histoire de ballon, lycée n° 31 Pékin — Court-métrage (19 min) de la série, coréalisé avec Joris Ivens
1977 : Les Kazaks — Documentaire coréalisé avec Joris Ivens
1977 : Les Ouigours — Documentaire coréalisé avec Joris Ivens
1988 : Une histoire de vent — Documentaire-fiction coréalisé avec Joris Ivens
2003 : La Petite Prairie aux bouleaux

Publications :
17e parallèle : la guerre du peuple : deux mois sous la terre, écrit avec Joris Ivens, Paris, les Éditeurs français réunis, 1969 (44 illustrations)
Ma vie balagan, récit écrit avec la journaliste Élisabeth D. Inandiak, Robert Laffont, 2008 (ISBN 978-2-221-10658-7)
Témoignage dans Traces de l’enfer, collectif, Larousse, 2015
Et tu n’es pas revenu, récit écrit avec Judith Perrignon, Grasset, 2015 (ISBN 978-2-246-85391-6) prix Jean-Jacques-Rousseau 2015
L’amour après, récit écrit avec Judith Perrignon, Grasset, 2018, 162 p.