Subscribe to SIAWI content updates by Email
Accueil > impact on women / resistance > Julian Assange : le premier héros subversif du XXIe siècle

Julian Assange : le premier héros subversif du XXIe siècle

mercredi 14 novembre 2018, par siawi3

Source : https://yetiblog.org/julian-assange-le-premier-heros-du-xxie-siecle/

Julian Assange : le premier héros subversif du XXIe siècle

11 novembre 2018

Pierrick Tillet

Quand l’Occident a pris la mesure de la dangerosité d’un Julian Assange à son encontre, il était trop tard ! Et la persécution dont est victime le fondateur de Wikileaks n’illustre plus guère que la méchanceté des vaincus.

Julian Assange est un héros. Le premier de ce XXIe siècle dont on perçoit qu’il sera celui de l’effondrement de la domination américaine dans le monde.

Sans Julian Assange et son Wikileaks, nous ne saurions rien des moult méfaits commis par “l’Empire du Bien”. L’empire fatigué ne fonctionnait plus que sur l’image factice qu’il parvenait à préserver et à imposer à ses vassaux. En révélant crûment les méfaits de l’armée US, mais aussi les viles saloperies des institutions judiciaires et politiques américaines, Julian Assange et Wikileaks ont fait voler en éclats ces masques d’hypocrisie et miné mortellement les fondations et l’autorité de l’empire.

Aujourd’hui, l’empire est parvenu à neutraliser l’individu Julian Assange, embastillé dans l’ambassade d’Équateur à Londres, interdit de contact, sans liaison Internet, privé de soin… Mais trop tard ! Quand un empire se mobilise à ce niveau contre un individu, s’en prend avec autant de violence et de mesquinerie méchante à un être humain privé de tout droits humains, il est toujours trop tard : l’individu subversif a accompli sa tâche salutaire de subversion.

Reprendre massivement le flambeau de Julian Assange et de son exemplaire combat

Aujourd’hui, la mère de Julian Assange appelle à l’aide pour sauver son fils :
Voir ici :

C’est le réflexe naturel d’une mère de voler au secours de son enfant en souffrances. Mais nous savons bien, nous, qu’il est peine perdue d’en appeler à la compassion des chiens quand ils ont eu le dessous. Vaincus, les chiens n’ont de cesse que de vouloir déchiqueter leur prédateur.

Aujourd’hui, la notoriété de Julian Assange dans l’opinion publique occidentale est telle que les chiens n’ont pas encore osé s’en emparer pour le faire disparaître. Sa seule et unique mince chance est que nous, ses amis, le maintenions coûte que coûte sous les projecteurs de l’actualité. Nous ne serons jamais assez gré à Julian Assange de l’œuvre subversive qu’il a accomplie.

L’autre magnifique hommage que nous pourrions rendre au prisonnier de l’ambassade d’Équateur à Londres, ce héros, serait de reprendre massivement, sans peur, ni atermoiement, le flambeau de son exemplaire combat.

°°°

Source : https://florevasseur.com/files/press_59_file.pdf

UNDERGROUND

De Julian Assange et Suelette Dreyfus Editions des Equateurs, 348 pages, 20 euros Sortie 24 février 2011

Préface de Flore Vasseur

Il y a une quinzaine d’années, Suelette Dreyfus croise la route de Julian Assange à Melbourne. Fascinée, elle écoute son histoire. Journaliste, elle flaire le scoop. Elle se lance avec lui dans un incroyable travail d’enquête. Visionnaire, elle déniche la pépite avant tout le monde. C’est Underground, publié en 1997 en Australie.

Aujourd’hui Julian Assange envahit nos écrans. Il affole les chancelleries et les rédactions, réveille les foules. Ses fans le suivent minute par minute sur Twitter. Les plus grands analystes politiques dissèquent les détails de sa vie très intime. Ses mémoires s’arrachent à prix d’or. Il s’habille comme une star de rock anglais, manie la teinture de cheveux comme Lady Gaga. Il veut faire tomber les têtes, parle sans crainte, subjugue par son sang-froid.

Il bataille avec les médias, met le Politique à genoux. Julian Assange est un ovni, un héros pour des générations en mal de combat. Il touche, séduit, affole. Il donne de sa personne. A la tête de WikiLeaks, il fait travailler des centaines de volontaires, compte sur d’indéfectibles soutiens. Pourtant, son combat est celui d’un homme seul. Et qui le reste.

Jusqu’à l’été 2010, le fondateur de WikiLeaks manie l’ombre à la perfection. Il change de numéro de téléphone tous les mois, évite de se servir d’une carte de crédit, travaille incognito, derrière des pseudos et des serveurs, accroché à ses ordinateurs. Il verrouille la moindre donnée d’un mot de passe impossible, inspecte une pièce pour vérifier qu’elle est dépourvue de micro ou caméra. Il dort et vit chez des inconnus, au gré des sites de partage de canapé comme « couchsurfing.com ». Ultra connecté, toujours présent, il n’est jamais nulle part. Ancien hacker, il sait effacer ses traces. Cela semble être une question de vie ou de mort depuis toujours. Pourtant, il laisse une série d’indices derrière lui : des profils sur les réseaux sociaux, un essai politique lancé comme une bouteille à la mer sur Internet, un blog où se mêlent poèmes, photos d’enfant, analyses politiques et réflexions sur le rapport entre intelligence et tristesse. Il y a surtout ce livre, Underground. Julian Assange a longtemps préféré l’ombre. Suractif, jamais satisfait, obsédé par sa quête, il a constamment semé derrière lui. Julian Assange est un Petit Poucet d’un mètre quatre-vingt-six. Underground est l’un des gros cailloux de ce Petit Poucet.

Quand avec Suelette Dreyfus il entame l’enquête d’Underground, Assange a 22 ans. Nous sommes en 1994 et il erre alors entre cursus universitaire et programmation informatique. Il démarre, pour les arrêter, des études de physique, de mathématique, de philosophie. Il a plusieurs vies derrière lui. Il se trouve au seuil de l’adolescence, pourtant son destin est scellé. Tout est déjà là, génie et fêlures, fragilité ontologique et désir de toute puissance. À 22 ans, il a commis ses principaux actes de hacking. D’après le New Yorker, Julian Assange est bien Mendax, un hacker talentueux dont ce livre (chapitres 2, 8 et 9) détaille les exploits 1. Il a décroché du hacking, sombré, remonté la pente. Avec Underground, c’est la vie de Mendax, son avatar présumé, qu’il enterre : le pirate, l’adolescent, l’amateur. L’enfant et l’homme marié aussi. À 22 ans, Julian Assange a été condamné pour hacking, évitant de justesse la prison. Il est aussi jeune père et divorcé. Sa femme – rencontrée à l’âge de 16 ans dans un cours pour surdoués - l’a quitté pour un autre, emmenant son fils. Vacharde, l’histoire se répète : ses parents se sont séparés quand il avait un an. Son père ne s’est jamais battu pour sa garde. Julian Assange ne lâchera pas cet enfant-là. Avec sa propre mère qu’il admire, il crée une association de protection de l’enfance, se cogne aux services sociaux. Il obtient gain de cause à l’arraché, mais perd quelque chose de lui-même. Coiffant son visage de poupon, subitement, ses cheveux sont devenus blancs. C’est cette histoire-là qu’il va, en partie et parmi d’autres, avec Suelette Dreyfus, raconter. Méthodique, argumenté, précis, Assange façonne ce manuscrit comme on range un placard. Il y passe trois années. Trois années à remettre sa propre histoire en ordre. Le travail sur ce manuscrit, c’est la tentative d’assemblage d’une personne poussée seule, le cœur pulvérisé sur la route, cherchant un exutoire à son exigence, à son mépris pour la normalité.

Si Julian Assange est bien Mendax, alors ce livre apporte un éclairage sur son enfance de troubadour. Dans le sillage d’une mère aimante, il est biberonné à la contestation (anti-guerre du Vietnam, anti-nucléaire). Entre communautés hippies et théâtre expérimental, il vit au gré de la vie amoureuse de sa maman. Ensemble, ils traversent l’Australie cherchant le soleil, l’amour. L’un de ses compagnons se révèle violent. Elle le quitte et se cache avec ses enfants. Julian Assange est adolescent. Il connaissait la vie bohème, l’errance. Il découvre la clandestinité. Il aurait changé trente-sept fois d’établissement scolaire pour finalement ne plus y aller du tout. Il fuit les formatages, école comme famille, les autres. Il préfère piocher dans les livres, apprendre seul. Il dévore La Ferme des Animaux d’Orwell, Le Zéro et l’Infini d’Arthur Koestler, Abattoir 5 de Kurt Vonnegut. Et aussi Soljenitsyne, Camus, Saint- Exupéry, Shakespeare, Sophocle, Euripide et Horace auquel il aurait emprunté son pseudo Mendax. Il cultive sa distance aux autres, à la réalité tout en cherchant un soulagement à sa solitude. Cette solitude justement, ce recours à l’auto-stimulation permanente et cette non- structuration sculptent sa personnalité et ses combats futurs. L’informatique arrive à point nommé comme échappatoire pas trop destructrice à cet enfant désocialisé. Surdoué, hors norme et hors tout, Julian Assange a le profil type de l’apprenti hacker.

Dans Underground, la trajectoire de Mendax-le-hacker téléscope celle de Julian le jeune adulte pour donner naissance à l’homme de WikiLeaks. Le livre détaille sa découverte de l’informatique dans la banlieue de Melbourne, sa passion pour les commutateurs de téléphone, ses bidouillages pour se faire remarquer par la communauté du hacking de l’époque. Mendax progresse vite et forme The International Subversives, la rébellion internationale, la crème du hacking mondial. Le groupe est tellement élitiste que seules trois personnes accèdent à ses publications. Mendax est rédacteur en chef. Julian Assange garde, déjà, la main sur ses informations et ses lecteurs. Quand d’autres rêvent de surf, les International Subversives n’ont qu’un plaisir : infiltrer les ordinateurs de l’armée américaine. Sur l’ancêtre de l’Internet, Mendax, alias Julian Assange, cumule les exploits. Il est reconnu pour sa discrétion, sa maîtrise du code, sa créativité. Il va de plus en plus loin, sait qu’il joue avec le feu. Il passe son temps à imaginer la descente des fédéraux. Il prévoit tout, sait ce qu’il dira, comment il niera. Le jour où les services secrets débarquent, il est prostré dans sa maison, bercé par le son hypnotique d’un modem branché sur haut-parleur, en recherche de connexion. Les disquettes étalées sur la table du salon, il s’exclame : « Je n’y crois pas : ma femme vient de me quitter. Vous ne pouvez pas revenir plus tard ? ». Julian Assange maîtrise tout. Sauf son cœur. Se trouver dans le monde des doubles ne résout pas tout. Mais cela l’aide à vivre. C’est écrit : le stakhanoviste du code, le pirate redouté, l’homme-armure bataillera toujours avec son âme, son démon.

Pour lui, tout se joue durant ses années de hacking : son rapport à l’autorité, aux contre- pouvoirs et à l’Amérique. Mendax excelle, mêlant culot et tâtonnement politique. Cette vie-là se solde par une première rencontre avec les services secrets, la découverte des tribunaux et de la dépression. Elles décupleront sa méfiance à l’égard de la justice et des médias. Elles annoncent la suite : sa vie de fugitif, les prémices de WikiLeaks, la conviction même qu’un jour lui qui se sent en sécurité dans l’ombre, s’exposera. Mendax est mort, mais Julian Assange l’homme sait déjà qu’il ira beaucoup plus loin. On repère ici et là ses fêlures intimes, les graines de son combat pour la transparence et la liberté. L’écriture d’Underground tout comme son expérience de pirate sont les années de construction de Julian l’activiste et de WikiLeaks, le puzzle... ou la bombe.

Underground décrit de l’intérieur la naissance, la gloire et la décadence du milieu du hacking à la fin des années 80, en Australie notamment. C’est sa jeunesse, ses tout premiers compagnons de route, leur culture. Ses années de formation. En toile de fond, il y a l’Australie, îlot occidental en Asie, pays barré, empêtré dans son désir d’exister face aux Etats-Unis d’une part et sa tentation isolationniste de l’autre. Un pays persuadé d’être exceptionnel mais vivant à côté de tout. Un peu comme Assange.

Au delà du parcours de Julian Assange et grâce à l’incroyable travail d’enquête mené par Suelette Dreyfus on suit l’itinéraire de ces pionniers du hacking : l’exubérance, les rites et les raids, l’exploit et les procès. Il y a des histoires d’amour, des enquêtes du FBI et des infiltrations dans un satellite espion tueur. On retrouve les méandres de l’adolescence à la fin des années 80, au rythme de Midnight Oil et des Pixies, entre Rainbow Warrior et Commodore 64. C’est la vie d’ado au temps du programme de Guerre des étoiles de Ronald Reagan, avant l’Internet et la Chute du Mur. Par, Phoenix, Electron, Prime Suspect, Pad, Gandalf et Mendax bataillent avec leur identité, leur mélancolie. Surdoués grandis dans des familles modestes, ils sont les premiers « nerds » : asociaux, ils trouvent dans l’informatique des amis, un terrain d’expression. Une raison à leur existence. Le code est un puits sans fond, hypnotique. L’angoisse suinte à la lisière du code. Accablés par l’idée de n’être rien dans la vie, ils aspirent à la toute puissance sur les réseaux.
Underground raconte leurs principaux exploits, de la NASA à Citibank en passant par l’armée américaine. Il décrit leur haine pour les Telecom, leur camaraderie virtuelle et les trahisons bien réelles, l’émulation et la compétition. La technologie est un terrain de jeu, la nouvelle frontière, l’expérience interdite. Bidouillés, modem et lignes de téléphone sont des portes ouvertes à toutes les transgressions. On les prend pour des voyous. Ils se vivent comme des explorateurs. Ce livre offre une plongée dans le hacking à ses débuts : les outils, ancêtres des portails, chats et réseaux sociaux sont poussifs, la pensée politique pauvre. La défiance sert de prétexte à l’aventure. Ces adolescents cherchent l’estime de leurs pairs en trouvant la faille d’un système dit imprenable. Ils y entrent, regardent, jubilent. Ils s’en moquent parfois et puis s’en vont. Les hackers s’entraident pour forcer la porte de sites citadelles. Mais eux ne se connaissent pas. Ensemble, ils défient les chasses gardées, découvrent la cyberguerre. Ils écoutent le FBI les écouter, jouent aux cowboys et aux Indiens avec les services secrets. Une hiérarchie s’impose selon la difficulté de la tâche et la noblesse des actes : carding (piratage des cartes de crédit), phreaking (piratage des lignes de téléphone), hacking (intrusion sur des systèmes informatiques). Les meilleurs d’entre eux ont une éthique, une élégance (montrer la vulnérabilité d’un système sans en profiter) et pas mal d’humour. Quand ils s’arrêtent, c’est qu’on les arrête. À l’aube si possible, au bout d’une nuit d’aventure face à leur écran dans leur chambre d’enfant. Enlevez-leur leur machine et ils sombrent tous. Underground décrit leur chute, jusqu’à la prison ou l’hôpital psychiatrique. Le hacking est un rite initiatique. Jeunesse se passe, mais aucun des personnages du livre n’en sort indemne. Drogue, dépression, état limite... Mendax, alias Julian Assange probablement, se réfugie dans les bois de Sherbrooke autour de Melbourne. Il reviendra des bois, de cette vie-là, la dépassera. Il est bien le meilleur d’entre eux.

Quand il travaille sur ce livre avec Suelette Dreyfus, il est au pic de sa créativité d’informaticien. À 22 ans, l’ex-hacker, ex-mari, nouveau père et repris de justice a choisi son camp, celui des ONG et des associations. Et il a commis ses premières fuites. Avec Suelette Dreyfus, il va aussi créer le Rubberhose File System, un logiciel de cryptage des données pour les défenseurs des droits de l’homme. La technologie qui protège les sources de WikiLeaks en utilise probablement une version très aboutie. D’ailleurs, il déposera le site leaks.com en 1999, après la publication du livre.

Underground va au-delà de Julian Assange, de l’Australie et des années 80. Il éclaire cette fascinante contre-culture du hacking. Elle mélange revendications identitaires, candeur anarchiste et maîtrise redoutable et redoutée des outils. Elle cristallise les haines contre tout ce qui représente l’autorité, l’état, les entreprises, vécu comme autant d’oligarchies. Les hackers ont toujours eu, technologiquement, un temps d’avance. Jusqu’à présent, la faiblesse de leur organisation et de leurs moyens les a condamnés. Ils ont été piégé par tout ce qu’ils ne maitrisent pas : leur orgueil, leur mal-être. Ces membres de l’Underground sont les grands frères des « hacktivistes » qui aujourd’hui soutiennent, concurrencent ou prolongent l’action de WikiLeaks. Ces bloggeurs, programmeurs, artistes qui se cachent dans le collectif Anonymous ou s’exposent dans le Pirate Party suédois. Ces anciens pirates recrutés par les gouvernements pour lutter contre le cyberterrorisme. Ces militants des droits de l’Homme qui, en Tunisie, Egypte, Russie ou Chine se servent de l’Internet pour organiser une contestation ou simplement, contredire la vérité d’Etat. Et la faire tomber.

Les personnages de l’Underground de Suelette Dreyfus et de Julian Assange sont les pionniers de cette contestation qui s’organise aujourd’hui pour défendre transparence et liberté d’expression. Comme leurs ainés ils sont doués, créatifs. Beaucoup plus nombreux, ils amplifient un sursaut contestataire qui arrive à maturité. Surtout, ils sont rendus tout puissants par une technologie que les autorités ne maîtrisent plus. Depuis octobre dernier l’administration américaine, chantre de l’Internet libre, sait bien qu’elle est ridicule : pour arrêter WikiLeaks elle n’a plus qu’à débrancher le réseau des réseaux.

Avant de quitter un site de Telecom sur lequel il s’est introduit, Mendax envoie un dernier message au responsable de la sécurité qui vient de le repérer :
« J’ai pris le contrôle.
Pendant des années, je me suis débattu dans la grisaille. Maintenant, je vois la lumière ».

Il aura fallu plus de vingt ans, beaucoup d’errance, de lignes de code et de canapés inconnus pour que cette phrase prenne tout son sens. Pour que son collectif de trois pirates, les International Subversives, les rebelles internationaux, se transforme en mouvement de fond. Julian Assange est le vagabond du XXIe siècle, le tout premier rebelle du monde globalisé.

Plus intelligent qu’eux, le Petit Poucet voulait sauver ses frères en semant des cailloux sur son chemin. Julian Assange a longtemps préféré l’ombre. Mais il a semé derrière lui. Il ne sauvera peut être pas ses pairs mais il leur a déjà légué son héritage. Les hacktivistes n’ont jamais été aussi puissants, subversifs. Reste à savoir qu’en faire.

























































 1
. Note
des
auteurs
 :
cette 
information
 sur 
l’identité
 réelle
 de 
Mendax
 n’a 
jamais
 confirmée
 ni 
démentie 
par
 Suelette
 Dreyfus
 ou
 Julian
Assange.