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Global/France : Marche du 24-25 novembre : Journée Internationale pour l’Elimination de la Violence à l’égard des Femmes.

Quid des violences liées aux intégrismes religieux ?

mercredi 14 novembre 2018, par siawi3

Source : https://vigilantes2015.wordpress.com/2018/11/14/25-novembre-nimitons-pas-les-usa/

25 novembre, n’imitons pas les USA !

par lesvigilantes15

#NousToutes ET #NousAussi, comme aux USA ?

Le 25 novembre, est la Journée Internationale pour l’Elimination de la Violence à l’égard des Femmes.

Dans le contexte provoqué par « l’onde de choc » #MeToo, une marche #NousToutes est appelée en France le 24 novembre, sur le modèle de la Women’s March qui avait rassemblé des centaines de milliers de femmes aux Etats Unis contre les propos sexistes et anti immigrés de Donald Trump.

Or, s’il est évident qu’il est indispensable de nous rassembler contre les violences sexistes et sexuelles, il est aussi évident qu’il nous faut être claires sur ce que sont les violences contre les femmes, et leurs causes.

Déjà aux Etats Unis, des voix s’élèvent, dont celle d’Alyssa Milano, pour dire qu’elles boycotteront la Women’s March si Tamika Mallory et Linda Sarsour, deux des quatre co-présidentes de la Marche, ne condamnaient pas les propos antisémites et homophobes de leur ami Louis Farrakhan, leader islamiste.

En France, des associations féministes sont toujours en discussion, voire ont refusé de signer l’Appel à la manifestation du 24 novembre organisé par #NousToutes. D’autres appellent même à boycotter cette manifestation, notant qu’il est impensable de manifester derrière certaines personnalités promues sur l’affiche d’Appel de #NousToutes, et que le texte de l’Appel gomme certaines violences contre les femmes, notamment les violences liées aux intégrismes religieux et à la prostitution.

Chacune fera comme elle l’entend, après avoir évalué les risques à plus ou moins long terme que font peser ces dérives sur les femmes et le féminisme. Les VigilantEs approuvent totalement le texte (*1) de Christine Le Doaré, féministe universaliste et laïque, et rappellent que de nombreux événements, colloques, expositions, se tiendront partout en France et dans le monde autour du 25 novembre.

*1. Texte de Christine Le Doaré : 25/11/2018 #NousToutes OU #NousAussi ?

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Source : https://christineld75.wordpress.com/2018/11/08/25-11-2018-noustoutes-ou-nousaussi/

25/11/2018 #NousToutes OU #NousAussi ?

Christine Le Doaré

Published 08/11/2018

Le 25 novembre c’est la Journée Mondiale de Lutte contre les violences faites aux femmes. Après la Women’s March de janvier 2017 et la lame de fond #MeToo, est prévue le 24 novembre 2018 à Paris, une marche #NousToutes pour ne pas laisser retomber la mobilisation. Les organisatrices de l’évènement rappèlent qu’en « Argentine, Chili, Espagne, Inde… Partout dans le monde, des voix se lèvent contre les violences. Et en France ? ». C’est vrai, la mobilisation mondiale est enfin à la hauteur des violences sexistes et sexuelles que subissent les femmes du monde entier, et ce n’est pas le moment de baisser les bras.

Alors, fortes des précédents succès mondiaux, les organisatrices, Caroline De Haas et le CNDF (Comité National des Droits des Femmes) en tête, annoncent « une déferlante féministe pour en finir avec les violences sexistes et sexuelles ». Qui peut dire : je ne suis pas d’accord avec cet objectif ? Toute féministe l’espère, tout être humain digne de ce nom aussi. Seuls de réactionnaires partisans de la domination masculine et bien entendu les prédateurs sexuels peuvent s’y opposer. Qu’ils osent le dire !

En finir avec les violences sexistes et sexuelles est fédérateur. Sous la pression, les pouvoirs publics devront agir jusqu’à ce que les violences faites aux femmes, ne soient plus que résiduelles.

Annoncer un « ras-de-marée » est toujours risqué mais tout était réuni cette année, pour que la mobilisation du 24 novembre soit très suivie. Dans ces conditions, je me demande pour quelles raisons, les organisatrices se prêtent à des alliances douteuses pour assurer son succès ?

affiche 25 novembre Sur le visuel appelant à la Marche, je trouve choquante la mise en avant de femmes, symboles de « féminismes » pour le moins controversés. Contrairement à l’universalisme, le relativiste culturel adapte le « féminisme différentialiste » aux traditions et règles propres à chaque culture, ethnie, communauté, religion… Toute aussi cynique est la présence dans le groupe organisateur, de figures du « féminisme pute » (comme il aime à se nommer) qui consent que des femmes soient réduites à des commodités sexuelles.

Quelle est d’ailleurs la raison d’une affiche exposant des femmes plutôt que d’autres puisque #NousToutes est sensé représenter toutes les femmes, anonymes comprises, qui condamnent les violences sexistes et sexuelles. Concession au star-système ? Volonté de démontrer que toutEs peuvent dépasser leurs désaccords et se rassembler. Même s’il s’agit de désaccords insurpassables ? Cette stratégie écarte délibérément des féministes qui se refusent à cautionner de tels compromis.

L’union fait la force certes, mais combien de temps et de quelle manière si les principes fondamentaux sont bafoués dés le départ ? Faut-il rappeler aux organisatrices que l’enjeu de la Women’s March aux USA était avant tout de résister à Donald Trump ? Quel sens peut bien avoir en France, une « union sacrée » avec des figures de l’indigénisme, c’est à dire des identitaires essentialistes, différentialistes et racialistes (*1) ou encore avec des figures du « féminisme putes » qui défendent le système prostitueur (*2) ? Si ce n’est pas un comble d’appeler à une Marche contre les violences sexistes et sexuelles sans condamner aussi la prostitution, la plus violente exploitation sexuelle patriarcale qui soit ! Pourquoi ne pas s’allier aussi aux figures du « féminisme intégral » essentialiste et conservateur, à Eugénie Bastié par exemple, tant qu’on y est ? Tant qu’à ratisser large, pourquoi se contenter de l’extrême gauche ? Toutes les forces sont bonnes à prendre, non ?

A quels compromis se soumettent les organisatrices pour nouer de telles alliances ? Nous l’avons vu, pas de réaffirmation de l’abolition de la prostitution ni de demande d’une meilleure application de la loi ; rien sur le harcèlement de rue, les limitations de liberté dans l’espace public que s’imposent les femmes afin de ne pas risquer d’être agressées, violées… ; rien non plus sur la solidarité internationale, ne serait-ce que le soutien aux iraniennes qui se dévoilent au péril de leur liberté ; et surtout absolument rien sur toutes les violences sexistes et sexuelles inhérentes à l’emprise du communautarisme, des traditions et du religieux. Des accommodements coupables.

Nous vivons décidément une époque formidable, les islamo-gauchistes et faux-nez du féminisme en tous genres peuvent oublier leurs stratégies d’entrisme, désormais ce sont les mouvements sociaux qui facilitent leur inclusion. D’ailleurs, des groupuscules comme Lallab, le STRASS, le Witch bloc… ne s’y trompent pas et exigent des organisatrices une visibilité spécifique dans la Marche car elles subiraient des violences sexuelles « marquées par l’expression quotidienne du racisme, de l’islamophobie et de la négrophobie » ; car « les femmes musulmanes subiraient des discriminations légales » ; car les « travailleuses du sexe » sont l’objet d’un harcèlement policier ; et puis les Trans, et puis les grosses, et puis… (Tribune Médiapart 30/10/2018).
Une surenchère de victimisation pour le moins douteuse car il n’est pas du tout prouvé que les non-musulmanes ou les « blanches » (Pantone numéro combien déjà ?) subissent moins de violences sexistes et sexuelles que les autres. L’art de diviser les femmes quand elles pourraient s’unir contre la domination masculine ! L’art de mentir aussi car la loi d’abolition de la prostitution a pour effet de ne plus importuner les prostituées, seulement les clients ; car il n’y a aucune discrimination légale contre les musulmanes en France (s’il est fait référence à la burqa dans l’espace public ou le port du voile dans les administrations, il ne s’agit pas de discrimination mais de mesures de sécurité dans un cas et de neutralité de la fonction publique dans l’autre). Et pour couronner le tout, l’art du chantage. Elles/Ils ne sont pas #NousToutes mais #NousAussi comme si aussi n’était pas compris dans toutes ! Mieux se singulariser, mieux s’exclure pour mieux se mettre en avant ; une redoutable perversité quand on y pense.

Je suis de celles que ces détestables compromis désolent. Que les organisatrices s’inspirent de la Women’s March autant qu’elles le veulent, mais qu’elles laissent les Linda Sarsour (*3) françaises au vestiaire. Lutter contre les violences faites aux femmes en légitimant des groupes animés par des idéologies indigénistes ségrégationnistes ou qui revendiquent l’exploitation et les violences sexuelles de la prostitution, groupes aux antipodes du féminisme universaliste et de l’émancipation réelle et inconditionnelle des femmes, est une impasse. La domination masculine s’arrange du féminisme intersectionnel qui tente de faire converger des intérêts souvent antagonistes (comme émancipation des femmes et revendications communautaires ou religieuses) et l’égratigne à peine.

Les féministes universalistes, sont misEs devant le fait accompli : le dilemme est une fois de plus de choisir entre participer à cette Marche parce que les violences contre les femmes sont accablantes et inacceptables ou attendre, organiser d’autres évènements afin de ne pas cautionner l’insupportable opportunisme des unes et la cynique récupération des autres.

Notes :

(*1) Rokhaya Diallo et d’autres, présentes sur le visuel #NousToutes, défendent des thèses identitaires indigénistes, différentialistes, essentialistes et racialistes, décoloniales « anti-blancs », un « féminisme intersectionnel » qui favorise d’autres agendas au détriment des luttes contre le système patriarcal, Rokhaya Diallo a fondé les Indivisibles et créé les Y’Bon Awards, a signé l’appel « Pour la défense de la liberté d’expression, contre le soutien à Charlie Hebdo », a déclaré « Il n’y a pas lieu de s’apitoyer sur les journalistes de Charlie Hebdo »…

(*2) Morgan Merteuil (pseudo) présente dans le groupe organisateur et d’autres, présentes sur le visuel, défendent le système prostitueur, les clients, sachant pertinemment que ce sont toujours soit les clients soit les macs/réseaux qui mettent en danger et tuent les prostituées.
Si Morgane Merteuil, ancienne Secrétaire générale et porte-parole du STRASS – https://sousleparapluierouge.wordpress.com/2013/03/26/anatomie-dun-lobby-pro-prostitution-etude-de-cas-le-strass-en-france/ – omniprésente dans l’équipe d’organisation #NousToutes, si elle n’est plus porte-parole du STRASS, se vante sur les réseaux sociaux d’avoir réussi à imposer « le féminisme pro-putes, pro-Trans et anti-islamophobe » (rien que ça !) dans le mouvement féministe à l’occasion notamment de cette Marche :
@MorganeMerteuil
Reconstituer nos rangs, c’est aussi reconstituer des espaces de débats, de réflexion stratégique, et l’occasion de constater que malgré notre faiblesse, notre conception du féminisme comme anti-islamophobe, pro-putes, pro-trans, pèse désormais dans le rapport de force.

(* 3) Linda Sarsour
Porter un hijab pour lutter contre le machisme de Donald Trump ?
http://www.ikhwan.whoswho/blog/archives/10982

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Source : http://www.ikhwan.whoswho/blog/archives/10982

Porter un Hijab pour lutter contre le machisme de Donald Trump ?

27.01.2017

Fiammetta Venner

Image de la marche

C’était une belle marche. Une marche essentielle, alors que le nouveau président des Etats-Unis s’apprête à supprimer les subventions au Planning familial.

C’était surtout censé être une Marche Féministe... Sauf quand certains ont essayé de convertir cette belle Résistance dans une opportunité de légitimer l’oppression des femmes, de banaliser le voile comme un symbole de résistance, amalgamant musulmans et islamistes.

La Amplifier Fondation a proposé aux manifestants de diffuser une image de femme en hijab pendant la marche avec pour slogan : « Nous le peuple ». Un bus repeint avec cette affiche les distribuait d’ailleurs pendant la manifestation.

De nombreux musulmans libéraux se sont sentis très mal à l’aise. En effet la présence de cette affiche excluait de fait le combat des femmes musulmanes ne portant pas le voile. Mona Eltahawy, écrivain égyptien-américain d’ailleurs exprimé son malaise.
« Je suis une musulmane égypto-américaine qui a combattu pendant 8 ans pour arrêter de porter le hijab »
Capture d’écran 2017-01-22 à 10.39.28

D’autres ont été très choqués par l’invitation faite par la Marche des Femmes à CAIR. CAIR est une organisation très controversée et qui a été placée sur la listes des organisations terroristes par les Emirats Arabes Unis. CAIR défend l’islam politique et n’hésite pas à recourir à des campagnes de diffamation contre ceux qui questionneraient leurs méthodes. Zahra Billoo, directrice exécutive de CAIR San Francisco a pris la parole lors de la Marche des Femmes sur Washington, dans la capitale du pays. Elle a expliqué sans la moindre honte que les Noirs assassinés par la Police, les homosexuels harcelés ou les enquêtes du FBI sur les « musulmans » relevaient du même processus.

Zahra Billoo n’était pas la seul oratrice problématique. Linda Sarsour, directrice de l’Association arabe américaine de New York (AAANY) était également présente. Membre des organisatrices de la Marche des femmes, Linda Sarsour estime que des enfants musulmans sont « exécutés » aux Etats-Unis et la CIA est derrière un terroriste islamiste : « Underwear bomber était le #CIA tout le long. Pourquoi le savais-je déjà ? »
Capture d’écran 2017-01-22 à 10.47.17

Capture d’écran

Elle a plusieurs fois défendu le régime de la Charia sur les réseaux sociaux :

Dans un autre tweet, elle exprime le désir de retirer le vagin d’une opposante politique. Ayaan Hirsi Ali, exisée, victime d’une fatwa et opposante de longue date aux islamistes.
Capture d’écran 2017-01-27 à 08.49.34

Rien de très surprenant puisque la famille de Linda Sarsour est liée au Hamas.

Autre élément de la tragique naïveté d’une certaine gauche américaine, certaines militantes ont suggéré que des marcheuses portent le voile, comme si c’était un jeu.
Video ici
Beaucoup de féministes musulmanes ont réagi en disant que cette vidéo leur retournait le coeur.

Il faut espérer que la gauche américaine se réveillera rapidement. L’exotisme n’empêchera pas de résister à Trump, il aidera juste les fanatiques... Et Donald Trump.

Fiammetta Venner est politologue (PHD SC PO), réalisatrice et spécialisée depuis 1990 dans l’étude des radicalismes politiques et intégristes. Elle publié de nombreux ouvrage, dont « OPA sur l’Islam de France : les ambitions de l’UOIF » (2005).