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Une campagne contre les mariages forcés qui ne se fait pas « main dans la main »

Communiqué de presse

lundi 2 juin 2008, par siawi

Communiqué de presse

Une campagne contre les mariages forcés qui ne se fait pas « main dans la main »

Depuis plus de dix ans, nous, les associations ASFAD, GAMS, Elélé, MFPF, le Réseau "Agir avec elles" et Voix de femmes, luttons contre les mariages forcés.

Nous accueillons et accompagnons les femmes ou hommes contraint-es à de douloureuses ruptures familiales pour échapper à cette violence. Ce travail est fait dans le strict respect des opinions et des choix des personnes.

C’est fortuitement et avec surprise que nous avons appris l’existence de la « Campagne Européenne « Main dans la Main contre les mariages forcés » (étape à Paris le 23 mai prochain) campagne menée par SPIOR (organisme coordonnant les associations musulmanes de Rotterdam aux Pays-Bas) qui ignore superbement le travail de terrain effectué par les associations françaises et probablement aussi celui d’associations d’autres pays d’Europe. Le travail de partenariat nous parait pourtant essentiel et devient incontournable sur des questions de société aussi sensibles.

Nous avons interrogé l’organisation SPIOR sur la non référence aux violences psychologiques, physiques et sexuelles inhérentes à cette pratique dans la présentation de leur campagne. Ces violences sont pourtant la première réalité des mariages forcés, les femmes que nous recevons à nos permanences en témoignent chaque jour. Il nous a été répondu que « le texte d’appel n’y fait pas référence, mais c’est dans le but d’insister sur le fait que nous avons privilégié l’argumentaire religieux comme axe de travail, puisqu’il est question avant tout d’associations musulmanes. ».

Pourquoi des associations musulmanes ne pourraient-elles pas considérer que les mariages forcés sont une des nombreuses formes de violences sexistes, générées par les rapports de domination femmes/hommes ? N’utiliser que des arguments religieux pour s’adresser aux publics de ces associations nous semble paternaliste et vouloir les cantonner à une réflexion réductrice du problème.

Il est certes indéniable que l’Islam interdit les mariages forcés. Mais les lois des différents pays européens où cette campagne va se dérouler l’interdisent aussi clairement tout comme le droit international et les lois des pays d’origine de certaines familles concernées. L’absence de cette référence aux législations en vigueur dans la campagne « Main dans la main » nous interroge tout particulièrement et nous inquiète.

Il est, pour nous, inadmissible que dans un pays laïque, qui ¦uvre pour l’égalité entre femmes et les hommes dans sa législation comme au sein des instances internationales, des personnes s’autorisent et privilégient la norme religieuse devant la loi pour gérer des problèmes de société, en particulier celui des violences faites aux femmes et aux filles. Il en va de leur dignité, de leur intégrité et de leur liberté, non seulement de choisir sans contrainte leur époux, mais aussi de leur choix de se marier ou pas.

Les associations signataires :

ASFAD-Association de Solidarité avec les Femmes Algériennes Démocrates, GAMS-Groupe d’Action Contre les Mutilations Sexuelles, Elélé Migrations et Cultures de Turquie, MFPF - Mouvement Français pour le Planning Familial, Réseau "Agir avec Elle" et Voix de femmes.

Paris, le 21 mai 2008

ASFAD - GAMS - Elélé - MFPF - le Réseau « Agir avec elles » - Voix de femmes

Contacts :
-ASFAD : Louisa Touati, 01 53 79 18 73
- GAMS : Isabelle Gillette-Faye, 01 43 48 10 87
- Elélé : Gaye Petek, 01 43 57 76 28
- MFPF : Marie-Pierre Martinet, 01 48 07 29 10
- Voix de femmes : Sarah Jama, 01 30 31 55 76
- Réseau « Agir avec Elle »