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France : Moi, Elias Ben Amar, 35 ans, ex-musulman

mercredi 17 juillet 2013, par siawi3

Source : http://www.h24info.ma/monde/europe/moi-elias-ben-amar-35-ans-ex-musulman

9 juillet 2013

Ils sont nés musulmans et sont devenus athées. Une poignée d’apostats ont fondé un Conseil des ex-musulmans en France. Un Marocain explique ses motivations.

Les athées aussi ont leur martyr. Le 1er juillet 1766, à Abbeville dans le Nord de la France, le Chevalier de la Barre, était décapité. Son crime ? Avoir refusé de s’agenouiller et d’enlever son chap...eau au passage d’une procession religieuse. Sa cause aura pourtant été défendue par les philosophes des Lumières, Voltaire en tête. En vain. Mais le chevalier de la Barre, réhabilité par la révolution, est aujourd’hui devenu un symbole.

247 ans plus tard, ce sont des ex-musulmans qui se réclament du Chevalier : « Aujourd’hui, d’innombrables Jean-François Lefebvre de la Barre sont menacés, torturés, emprisonnés, mis à mort pour apostasie, blasphème, hérésie et pour refus de se plier aux diktats islamistes », déclarent les fondateurs du CEMF, le conseil des ex-musulmans de France.

« Nous sommes un groupe d’athées et d’incroyants qui avons, de ce fait, fait face à des menaces et à des restrictions dans nos vies personnelles, plusieurs d’entre nous ont été arrêtés pour blasphème », affirment-ils.

La trentaine de membres du Conseil ont répondu à un appel du Palestinien Waleed Al-Husseini. Ce blogueur de 28 ans, réfugié en France, avait été emprisonné plusieurs mois en 2010 en Cisjordanie, pour des commentaires blasphématoires envers le Prophète.

« Nous voulons porter en France la voix des ex-musulmans qui dénoncent le mensonge selon lequel tout musulman l’est toujours alors que ce n’est pas vrai », a expliqué à l’AFP l’un de ses membres Atika Samrah. Cette Marocaine installée en France depuis cinq ans affirme n’avoir jamais pu se dire athée dans son pays. Et il est vrai que les ennuis du jeune Imad Iddine Habib qui a tenté de créer un Conseil des ex-musulmans au Maroc et qui a été poursuivi pour athéisme n’incite guère à dévoiler ses convictions dans le Royaume.

En France, le CEMF a donné sa première conférence de presse ce week-end et a lancé dans la foulée un groupe Facebook qui compte au moment de la mise en ligne de cet article, plus de 700 membres. H24info a pu joindre un des fondateurs du Conseil, Elias Ben Amar, 35 ans. Ce Français d’origine marocaine vit en France depuis 17 ans où il est formateur professionnel d’adultes. Et il n’est pas qu’ex-musulman : « Je m’intéresse à la littérature islamique et je partage mes conclusions avec ceux qui le veulent sans faire de prosélytisme », précise-t-il. Dans cette interview, Elias Ben Amar explique ses motivations et délivre un message de tolérance.

H24info : Comment devient-on un ex-musulman ?

Elias Ben Amar : Si votre question concerne les ex-musulmans d’une manière générale, j’ai envie de vous répondre qu’il y a autant de façons de le devenir qu’il y a d’ex-musulmans, pour ma part je n’ai jamais réellement cru. Et je suis devenu membre du CEMF comme on le fait dans n’importe quelle autre association, on propose un projet ou on participe à un projet déjà existant.

Avez-vous des liens avec Imad Iddine Habib, le fondateur du Conseil des ex-musulmans du Maroc ?

Beaucoup d’ex-musulmans communiquent par le biais des réseaux sociaux, et échangent leurs idées, je ne peux pas vous dire « non il est inconnu chez nous », ça serait mentir. Nous savons qu’il avait un projet similaire au notre, et qu’il est recherché par la police marocaine. Nous partageons sa souffrance, et c’est pour abolir ces pratiques que nous avons fondé le CEMF.

Créer un Conseil des ex-musulmans à la veille du ramadan, n’est-ce pas une surenchère de provocation ?

Je vous avoue que votre qualification des membres du CEMF de provocateurs ne me laisse pas insensible. Je ne vois pas en quoi réclamer le droit de vivre son athéisme est une provocation.
Le choix de la date est lié à plusieurs paramètres, la disponibilité des participants était l’élément décisif et non pour « provoquer les musulmans ». Je pense qu’il y a des moyens plus subtils et efficaces pour jouer à ce jeu crapuleux dans lequel nous refusons de nous lancer et que nous rejetons pour diverses raisons : l’une d’entre elles est que les musulmans sont nos parents, frères, sœurs, amis… Dans mon cas, mon épouse est croyante et je refuse d’adhérer à une organisation de gens qui haïssent mes proches.