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France : Un projet présumé d’attaques terroristes simultanées « déjoué  »

lundi 21 novembre 2016, par siawi3

Source : http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2016/11/21/un-projet-d-attaques-terroristes-simultanees-dejoue-en-france_5035421_1653578.html#lO7CmQLaePwVfe1M.99

Le ministre de l’intérieur a annoncé une série d’arrestations àStrasbourg et Marseille d’individus qui projetaient des attentats d’une complexité comparable àceux de novembre 2015.

LE MONDE | 21.11.2016 à18h36 • Mis àjour le 21.11.2016 à18h45

Par Elise Vincent

image : http://s2.lemde.fr/image/2016/11/21/534x0/5035420_6_0b0f_conference-de-presse-de-bernard-cazeneuve_35398cf0e3423d93b262dfa05e0e732d.jpg

Conférence de presse de Bernard Cazeneuve, lundi 21 novembre àParis. BERTRAND GUAY / AFP
Ce sont des projets d’attentat d’une ampleur et d’une complexité potentiellement comparables àceux du 13 novembre 2015, àParis, il y a un an, qui ont été stoppés par la vague d’interpellations menées àStrasbourg et àMarseille, dans la nuit du samedi 19 novembre au dimanche 20 novembre, a-t-on appris de sources proches de l’enquête ce lundi 21 novembre. Une série d’arrestations annoncées en personne par le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, et qui s’ajoute àla vingtaine d’attentats « déjoués  » depuis le début de l’année 2016, selon la Place Beauvau.

Les attentats envisagés, soupçonnent les enquêteurs, étaient des attaques de type « simultanées  », et elles visaient, selon nos informations, Paris et Marseille – mais pas Strasbourg. Sept personnes au total ont été interpellées dans le cadre de cette vaste opération conduite par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Parmi elles, aucune n’était fichée pour « radicalisation  », mais trois avaient des casiers judiciaires pour des affaires de droit commun (deux àStrasbourg, une àMarseille), et deux sont des « returnees  », soit des jeunes gens dont il a été établi qu’ils avaient effectué un séjour en Syrie. Mais ces derniers n’auraient pas été repérés dans leurs allers et retours par les services de renseignement.

La particularité de l’enquête tient àsa difficulté, sa durée et au recours assumé au service interministériel d’assistance technique (SIAT), qui gère les agents infiltrés. C’est notamment grâce àdes agents en contact avec les individus qui étaient prêts àpasser àl’acte que le projet d’attaques multiples a en partie pu être mis àmal, selon nos informations. Un « piège  » leur a été tendu, en essayant de les attirer vers une fausse cache d’armes. Les quatre hommes interpellés àStrasbourg sont deux Français, un Franco-Tunisien et un Franco-Marocain. Les trois individus de Marseille sont un Afghan de 29 ans, un Marocain de 36 ans qui n’avait pas de lieu de résidence en France, et un troisième homme dont l’âge et la nationalité n’ont pas été dévoilés.

Parmi les interpellés de Strasbourg, il y avait un employé d’une école primaire de la ville. C’est chez lui qu’ont été retrouvés deux pistolets automatiques. Selon nos informations, sa date d’embauche remonterait àavant le début de l’enquête. Lors des perquisitions menées àStrasbourg, de la documentation très explicite, « prônant le martyr et l’appel àcommettre des actes terroristes  » a été retrouvée, a précisé une source proche de l’enquête.

Une partie du réseau découverte en juin

Deux enquêtes préliminaires distinctes ont en tout cas été ouvertes pour ces interpellations. Celle concernant Strasbourg a été ouverte le 14 novembre, celle pour Marseille, trois jours plus tard, le 17 novembre.

L’ensemble de ces arrestations est le fruit d’investigations qui ont démarré au mois de février et avaient conduit àune première série de cinq arrestations en juin, quelques jours après le début de l’Euro de football et au lendemain de l’assassinat d’un policier et de sa compagne àMagnanville (Yvelines). A l’époque, on avait seulement pu établir que les individus visés réalisaient de nombreux prêts àla consommation troubles et qu’ils étaient en lien avec un commanditaire installé en Syrie. Ces cinq hommes étaient originaires de Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne et de Paris. Trois ont été relâchés sans poursuites, mais deux d’entre eux ont été mis en examen et placés en détention provisoire : un homme de 38 ans originaire de Moselle, et un autre de 40 ans, un Franco-Malien né àParis. Des investigations sont encore en cours, mais cette première vague correspondrait au volet « financier  » du projet d’attentat finalement « déjoué  » ce week-end.

Les interpellations menées durant ce week-end de novembre concernaient, en revanche, selon les derniers développements de l’enquête, plutôt la partie « opérationnelle  » et les hommes qui auraient pu passer àl’acte. Le démantèlement présumé, en juin, d’une partie du réseau n’avait pas entravé leur détermination. Tous sont actuellement en garde àvue dans les locaux de la DGSI àNanterre (Hauts-de-Seine). Malgré l’essor d’un djihad « low cost  », comme cela a été le cas, le 26 juillet, avec l’attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), ces arrestations montrent que des réseaux très structurés sont toujours dormants en France.

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