Subscribe to Secularism is a Womens Issue

Secularism is a Women’s Issue

Accueil > impact on women / resistance > Une refugiée filme son éprouvant périple de la Syrie àl’Autriche

Une refugiée filme son éprouvant périple de la Syrie àl’Autriche

vendredi 4 août 2017, par siawi3

Source : http://www.lexpress.fr/actualite/monde/video-une-refugiee-filme-son-eprouvant-periple-de-la-syrie-a-l-autriche_1933209.html

VIDÉO. Une refugiée filme son éprouvant périple de la Syrie àl’Autriche

Par LEXPRESS.fr

publié le 04/08/2017 à18:14 , mis àjour à18:39

Capture d’écran de la vidéo filmée par Rania Mustafa Ali et publiée par The Guardian.
The Guardian

Rania Mustafa Ali, une Syrienne de 20 ans, a filmé sa fuite de Kobane vers l’Europe. Son périple, relayé par The Guardian, illustre celui de milliers d’autres réfugiés.

« J’ai 20 ans, je veux un futur ». Quand son film commence, Rania Mustafa Ali, 20 ans, est àKobane, en Syrie. Elle s’y est rendue après avoir fui Raqqa, le fief de l’organisation terroriste État islamique. Mais plus rien ne la retient dans son pays, ravagé par la guerre. Elle veut rejoindre l’Europe avec son ami Ayman al Hussen et tenter une nouvelle vie. « Même si le voyage en mer fait peur, la vie ici fait encore plus peur », expliquent-ils face caméra.

Ils se rendent d’abord en Turquie, grâce àun passeur payé 300 euros. Puis ils prennent un bateau pneumatique pour traverser la Méditerranée. « Comme d’habitude, le passeur est un enfoiré. Nous sommes 52 sur un bateau prévu pour 15 », enrage son ami pendant qu’il filme tous les enfants en pleurs.

L’embarcation, précaire, prend l’eau. C’est la panique. « Nous avons presque coulé, mais un bateau nous a récupérés », expliquent-ils après avoir débarqué en Grèce. De là, ils veulent se rendre en Macédoine. Mais leurs tickets de bus, payés 50 euros pièce àdes passeurs, sont faux. « C’était une arnaque et le problème, c’est qu’il ne nous reste plus que 600 euros », alors que leur périple n’en est qu’àla moitié, s’inquiète Rania Mustafa Alia.

LIRE AUSSI >> Mes trois mois en mer àsecourir des migrants avec SOS Méditerranée

La jeune syrienne évoque alors sa détresse, sa peur de ne pas pouvoir passer les frontières, de devoir dormir dehors, de manquer de nourriture. Elle se rend avec des amis àla frontière macédonienne, mais seulement pour constater qu’elle est bloquée. Ils doivent rester dans un camp, où les familles s’entassent dans de toutes petites tentes. Ils veulent àtout prix traverser.
Gaz lacrymogène, faux passeport et demande d’asile

Leur première tentative consiste àcontourner les barrages en coupant par les champs et les rivières. La longue marche aux côtés de dizaines de réfugiés, dont certains en chaise roulante, est éprouvante, mais se déroule dans la bonne humeur. Ils arrivent àtraverser, l’espoir est là. Jusqu’àce que la police macédonienne les accueille àcoups de bâton. Le retour en Grèce est brutal. La deuxième tentative n’est pas plus fructueuse. Cette fois, les forces de l’ordre, retranchées derrière des murs de fils barbelés, utilisent du gaz lacrymogène.

Rania et son ami sont désespérés. Mais « en mai 2016, ils empruntent 7000 euros », indique The Guardian. Ils achètent de fausses identités bulgares et des billets d’avion Athènes-Vienne et se font passer pour des touristes. Contre toute attente, ils arrivent àembarquer. Les dernières images les montrent dans le couloir d’embarquement, alors qu’ils contiennent difficilement leur joie. Une fois en Autriche, ils sont pourtant arrêtés par la police des frontières, précise le quotidien britannique, mais réussissent àeffectuer leur demande d’asile.