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CPI : le Malien Ahmad al-Mahdi condamné à9 ans de prison pour la destruction de mausolées àTombouctou

samedi 21 octobre 2017, par siawi3

Source : http://www.jeuneafrique.com/360603/societe/cpi-malien-ahmad-al-mahdi-juge-coupable-de-destruction-de-mausolees-a-tombouctou/

CPI : le Malien Ahmad al-Mahdi condamné à9 ans de prison pour la destruction de mausolées àTombouctou

27 septembre 2016 à12h21 — Mis àjour le 27 septembre 2016 à14h07

Par Jeune Afrique avec AFP

Ahmad al-Faqi al-Mahdi a été jugé mardi coupable de la destruction de mausolées àTombouctou par la Cour pénale internationale (CPI), àLa Haye. Il a été condamné àneuf ans d’emprisonnement.

« M. Al Mahdi, le crime pour lequel vous avez été reconnu coupable est très grave  », a affirmé le juge Raul Pangalangan, ajoutant : « la chambre vous condamne àneuf années de détention  ». Un peu plus tôt, les juges avaient conclu que l’accusé était coupable de la destruction de mausolées dans la ville malienne de Tombouctou, étant donné « sa participation directe àde nombreux incidents et son rôle en tant que porte-parole pour justifier les attaques dans les médias  ».

L’accusé, en costume gris, chemise blanche et cravate rayée, a écouté la lecture du jugement de manière concentrée, hochant de temps en temps la tête. En se rasseyant après la lecture de la sentence, il a mis une main sur son cœur.

Un procès historique

Son procès s’était ouvert le 22 aoà»t devant la CPI. L’ancien fonctionnaire de l’Éducation nationale devenu le responsable de la brigade islamique des mÅ“urs avait rapidement reconnu les faits, demandant pardon au peuple malien pour la destruction de mausolées classés au Patrimoine mondial de l’humanité àTombouctou. Il avait alors assuré être « plein de remords et de regrets  », disant avoir été àl’époque « sous l’emprise  » de groupes jihadistes. Et il avait appelé les musulmans du monde entier àrésister « Ã ce genre d’actions  ». La Cour avait requis une peine allant de neuf àonze ans de prison, et la défense s’était engagée àne pas interjeter appel si la peine décidée par les juges se trouvait effectivement au sein de cette échelle.

Ce procès avait été qualifié d’historique : c’était en effet le premier procès de la CPI pour destruction de biens culturels, mais c’était aussi la première fois que la CPI jugeait un jihadiste présumé, le premier lié au conflit malien. Ahmad Al Faqi Al Mahdi est également le premier accusé àavoir reconnu sa culpabilité.

Chef de la Hisbah

La procureure affirme que l’accusé, né vers 1975, était un membre d’Ansar Eddine, l’un des groupes jihadistes liés àAl-Qaïda qui ont contrôlé le nord du Mali pendant environ dix mois en 2012, avant d’être en grande partie chassés par une intervention internationale déclenchée en janvier 2013 par la France.

En tant que chef de la Hisbah, la brigade islamique des mœurs, il aurait ordonné et participé aux attaques contre les mausolées, détruits àcoup de pioche, de houe et de burin. Cette brigade est accusée par des organisations des droits de l’Homme de s’être livrée àdes crimes contre l’humanité, incluant des crimes de torture, des viols et la mise en esclavage sexuel de femmes de Tombouctou. Au début du procès, ces organisations avaient regretté que les charges contre Al Madhi ne soient pas élargies pour inclure ces crimes.

Pour ses avocats, l’accusé est pourtant « un homme honnête  » qui, àun moment donné, « s’est trompé  ». « C’est un homme qui voulait construire quelque chose de mieux  », avait affirmé l’un d’eux, Jean-Louis Gilissen, lors de sa plaidoirie.

Circonstances atténuantes

Les juges ont retenu plusieurs circonstances atténuantes, dont son admission de culpabilité, sa coopération, son empathie pour les victimes et ses remords ainsi que sa « réticence initiale àcommettre les crimes  ».

Dans un communiqué diffusé dans la foulée du verdict, la Minusma a salué le jugement de la CPI. « La MINUSMA souligne que ce jugement constitue une avancée dans la lutte contre l’impunité. Toutefois, il importe que la justice pour d’autres crimes graves soit rendue afin que de nombreuses victimes puissent avoir droit àla vérité, àla justice et àla réparation  », a déclaré la mission onusienne du maintien de la paix au Mali.