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Afrique : #MeToo dans le cinéma africain : des actrices lancent une pétition contre un réalisateur burkinabè

vendredi 1er mars 2019, par siawi3

Source : https://www.liberation.fr/planete/2019/03/01/metoo-dans-le-cinema-africain-des-actrices-lancent-une-petition-contre-un-realisateur-burkinabe_1712360

Fespaco
#MeToo dans le cinéma africain : des actrices lancent une pétition contre un réalisateur burkinabè

Par LIBERATION, avec AFP

1 mars 2019 à15:17

L’actrice burkinabè Azata Soro le 28 février au Fespaco. Elle affirme avoir été agressée par le réalisateur Tahirou Tasséré Ouedraogo durant le tournage de la série « Le Trône ». AFP
Une polémique enfle depuis le début du festival Fespaco de Ouagadougou sur la place des femmes dans le cinéma africain, alors qu’une actrice a dénoncé l’agression dont elle a été victime sur le tournage de la série « Le Trône », en compétition.

#MeToo dans le cinéma africain : des actrices lancent une pétition contre un réalisateur burkinabè

Une pétition a été mise en ligne jeudi soir contre la série Le Trône, en compétition au Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) et dont le réalisateur Tahirou Tasséré Ouedraogo a été condamné par la justice pour avoir agressé et défiguré une de ses assistantes sur le tournage.

Lancée par les collectifs de femmes « Cinéastes non-alignées » et « Noire n’est pas mon métier », la pétition intitulée « Détrôner le Trône », appelle àce que la série télévisée soit « exclue de la compétition » du festival, qui se déroule tous les deux ans dans la capitale du Burkina Faso.

« Pour des raisons éthiques, il est inadmissible que ce film ait été sélectionné par le Fespaco dans le cadre du cinquantenaire du festival », écrivent les auteures de la pétition. Elle appellent « la direction du Festival et l’ensemble de la profession » àmarquer « par un geste fort et solidaire le soutien contre les violences, le harcèlement et les abus sexuels subis par les femmes dans l’industrie du cinéma africain ».

Comédienne et réalisatrice burkinabè de 32 ans, Azata Soro a témoigné au Fespaco sur son agression en 2017, lors du tournage de la série, par Tahirou Tasséré Ouedraogo (frère du cinéaste Idrissa Ouedraogo, décédé l’an dernier), qui lui a lacéré le visage avec un tesson de bouteille. Elle reste aujourd’hui avec le visage balafré. Elle affirme qu’auparavant, il l’avait harcelée sexuellement pendant six ans lors de plusieurs productions.

Au procès pour l’agression avec le tesson de bouteille, l’homme avait reconnu les faits, demandé pardon, et été condamné par la justice àune peine de prison avec sursis, selon un journaliste de l’AFP présent àl’audience. Il n’a jamais versé de dommages et intérêts àl’actrice, selon elle. Joint au téléphone par l’AFP, le réalisateur s’est refusé àtout commentaire.

#Memepaspeur

Inspirées par le mouvement #MeToo, Azata Soro et l’actrice française Nadège Beausson-Diagne ont témoigné devant les médias sur le harcèlement sexuel et les agressions dont elles ont été victimes lors de productions africaines.

Sur le modèle de #MeToo et #Balancetonporc, un nouveau mouvement a été lancé, #Memepaspeur, pour « libérer la parole des femmes » en Afrique, selon Nadège Beausson-Diagne, populaire pour ses rôles dans la série Plus belle la vie et le film Bienvenue chez les Ch’tis. « Il y a eu #MeToo en Amérique, #Balancetonporc en France ; en Afrique personne n’en a encore parlé, mais ce n’est pas parce que ça n’existe pas. C’est làpartout, contre les actrices, mais aussi les réalisatrices, les scénaristes, les techniciennes, qui vivent le harcèlement, des agressions sexuelles, des viols », affirme la comédienne de 46 ans, qui explique avoir été victime de harcèlement et d’agressions lors de deux tournages en Afrique, après s’être fait connaître dans un film sélectionné au Fespaco en 2001.

La polémique enfle depuis le début du festival sur la place des femmes dans le cinéma africain, aucune femme n’ayant reçu l’Etalon d’Or de Yennenga en 50 ans de festival, et des témoignages commençant àémerger sur les abus sexuels dont elles sont victimes dans le milieu. Prévue jeudi après-midi, la cérémonie de remise des prix du Fespaco pour les séries télé a été reportée àsamedi, sans explication.

Le délégué général du Fespaco Ardiouma Soma n’a pas pu être joint dans l’immédiat par l’AFP, ni Orange Studio, qui a produit la série Le Trône.