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Attentats de Christchurch : Abdul Aziz, l’homme qui a stoppé la tuerie dans la seconde mosquée

mardi 19 mars 2019, par siawi3

Source : https://www.20minutes.fr/monde/2474819-20190317-attentats-christchurch-abdul-aziz-homme-stoppe-tuerie-seconde-mosquee

Attentats de Christchurch : Abdul Aziz, l’homme qui a stoppé la tuerie dans la seconde mosquée

HEROS Ce réfugié afghan priait dans sa mosquée, comme chaque vendredi, quand le terroriste d’extrême droite est arrivé

20 Minutes avec AFP

Publié le 17/03/19 à16h58 — Mis àjour le 17/03/19 à17h06

Photo : Abdul Aziz est un réfugié afghan de 48 ans qui habite àChristchurch. — AFP

Quand Abdul Aziz, un réfugié afghan, a vu un homme brandir une arme àl’extérieur de sa mosquée àChristchurch, en Nouvelle-Zélande, il s’est rué vers lui en s’emparant de la première chose qu’il pouvait trouver : une machine àcarte bancaire.

Sept personnes ont été tuées vendredi dans l’attaque de la mosquée de Linwood àChristchurch par un suprémaciste blanc. Mais le bilan aurait sans doute été plus lourd sans l’action héroïque d’Abdul Aziz, un homme de 48 ans ayant acquis la nationalité australienne, qui s’est efforcé de faire fuir le tireur.

« Vous agissez, c’est tout  »

« Vous n’avez pas beaucoup de temps pour réfléchir (…) vous agissez, c’est tout  », raconte-t-il, refusant le terme de « héros  » dont il est qualifié depuis l’attaque. « Je voulais juste sauver autant de vies que possible, quitte àperdre la mienne  ».

Ce vendredi, Abdul Aziz et ses quatre fils prient àla mosquée quand ils entendent des coups de feu àl’extérieur du bâtiment. Le père de famille se précipite alors dehors, en s’emparant comme seule « arme  » d’une machine àcarte bancaire qui se trouvait àsa portée.

« Viens par ici !  »

Il a alors la surprise de se retrouver face àun homme armé, vêtu d’un treillis militaire. Il jette alors la machine dans sa direction et se met àl’abri entre des voitures garées, tandis que le tireur lâche une rafale contre lui. Il entend un de ses fils lui crier : « Papa, s’il te plaît, reviens àl’intérieur !  »

Indemne, il s’empare d’une arme vide laissée derrière lui par le tireur et lui hurle : « Viens par ici !  » plusieurs fois pour détourner son attention de ses fils et des autres fidèles. « Quand il a vu l’arme dans mes mains, je ne sais pas ce qui s’est passé, il a lâché la sienne et je l’ai pourchassé avec la mienne… J’ai réussi àbalancer l’arme sur sa voiture et àbriser la vitre, et j’ai vu qu’il était un peu effrayé  ».

La police le prend pour un tireur

Abdul Aziz continue àcourir après le tueur qui s’enfuit en voiture. Brenton Tarrant est interpellé peu après.

Mais Abdul Aziz vit une nouvelle épreuve quand la police, pensant qu’il peut être le tireur puisqu’il a été vu avec une arme, lui bloque l’accès àla mosquée. « Pendant un long moment, je n’ai pas su si mes enfants étaient vivants ou morts, ou blessés parce que je ne pouvais pas entrer dans la mosquée  ». Il découvre ensuite que tous ses fils ont survécu àl’attentat.

Arrivé quand il était enfant en Australie, réfugié venant d’Afghanistan, il a habité àSydney pendant près de trois décennies avant de s’installer àChristchurch il y a deux ans et demi. Il se dit bouleversé par l’ampleur du soutien reçu depuis l’attaque : « Quand je suis rentré àla maison la nuit dernière, ma femme m’a raconté que tous les voisins avaient envoyé des fleurs, des cartes, de la nourriture, des gâteaux  », dit-il, touché par « cet amour et ce respect  ».