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Algérie : les islamistes en embuscade

mardi 26 mars 2019, par siawi3

Source : https://www.marianne.net/monde/algerie-les-islamistes-en-embuscade

Algérie : les islamistes en embuscade

Par Atmane Tazaghart

Publié le 22/03/2019 à13:00

Les anciens du Front islamique du salut (FIS) et les Frères musulmans sont sortis du bois et tentent de surfer sur le mouvement, avec l’aide de prédicateurs basés àLondres et àAnkara.

Durant trois semaines, les islamistes ont fait profil bas. Mais, dès que le pouvoir a laissé paraître les premiers signes de fléchissement, on les a vus réapparaître. Ce retour espéré par les anciens du FIS a été révélé par une photo volée, prise en marge d’une réunion de l’opposition, au siège de campagne d’Ali Benflis, ancien Premier ministre de Bouteflika devenu son rival. On y voit les principaux représentants de cette opposition faire la prière du vendredi, conduite par un imam improvisé qui n’est autre que l’ex-numéro trois du FIS, Kamel Guemazi. Ali Djeddi, un autre ancien membre de la choura du FIS (le comité directeur du parti d’Abbassi Madani et d’Ali Belhadj) était aussi de la partie.

CHASSES DES CORTEGES

L’image choquante de ces figures prosternées derrière un ancien chef du FIS embrase les réseaux sociaux. Benflis est chassé par un groupe de jeunes manifestants lors de la marche du 8 mars àAlger. Le 15 mars, ce sera au tour d’Abdallah Djaballah, le chef de file du Front de la justice et du développement (affilié aux Frères musulmans), d’être viré des cortèges. Ce rejet populaire n’a en rien dissuadé les relais des islamistes algériens àLondres, en Turquie et en Jordanie. Depuis la capitale britannique, la chaîne de télévision El-Magharibiya appartenant àOussama, le fils aîné d’Abbassi Madani, généreusement financée par le Qatar, sert de tribune àLarbi Zitout et Mourad Dhina. Ces animateurs du mouvement Rachad, issu du FIS, y multiplient les appels àla « désobéissance civile  ».

Et depuis Ankara, où il a trouvé refuge après la chute de l’ex-président islamiste Mohammed Morsi en Egypte, Wajdi Ghoneim, l’un des plus venimeux prédicateurs des Frères musulmans, publie une vidéo incendiaire. Il s’y attaque aux manifestants algériens qui « revendiquent la démocratie au lieu de se battre pour instaurer la charia  », incite ceux qu’il appelle ses « héroïques frères algériens  » àne pas laisser faire les ilmaniyyin (les laïques) et insulte l’héroïne de la bataille d’Alger Djamila Bouhired, qui ne doit, selon lui, pas être suivie par les manifestants, car, « Ã son âge, elle ne porte toujours pas le voile  » !

La vidéo soulève un tollé. Inspirés par une précédente opération, qui a provoqué une avalanche d’appels téléphoniques saturant le standard de l’hôpital de Genève où Bouteflika était hospitalisé, de jeunes activistes publient le numéro de téléphone de Wajdi Ghoneim. Il est aussitôt assailli des centaines d’appels redoublant d’humour et d’ingéniosité que les auteurs prennent un malin plaisir àenregistrer et àpublier sur les réseaux sociaux, pour dire leur refus de toute ingérence des Frères musulmans dans leur soulèvement.

Le sort réservé àGhoneim n’a pourtant pas dissuadé un autre prédicateur extrémiste de faire àson tour un sermon àdestination des manifestants algériens. Il s’agit d’Abou Qatada, l’ancien mollah du « Londonistan  », qui avait jadis émis une fatwa autorisant les Groupes islamiques armés (les GIA) àmassacrer femmes et enfants en Algérie. Depuis son nouveau fief jordanien, il se rappelle au bon souvenir du « peuple algérien révolté  », lui conseillant un homme qu’il considère comme le seul apte àguider son soulèvement : Ali Belhadj, le sinistre prédicateur des années de sang.