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Censure en Algérie : le patron de la télé publique limogé

mardi 26 mars 2019, par siawi3

Source : http://www.leparisien.fr/international/algerie-le-patron-de-la-tele-publique-limoge-26-03-2019-8039775.php

Algérie : le patron de la télé publique limogé

Ph.L. avec AFP

26 mars 2019, 7h43 |

Photo : Les journalistes de la télévision publique ont manifesté devant son siège lundi, se masquant symboliquement la bouche pour dénoncer la censure dans la couverture des manifestations.REUTERS/Ramzi Boudina

Les journalistes de la télévision nationale algérienne protestent contre la « censure  » dans la couverture des manifestations réclamant le départ de Bouteflika.

Le limogeage du directeur général de la télévision nationale algérienne, Toufik Khelladi, a été annoncé lundi par l’agence de presse officielle APS et confirmé àl’AFP par un cadre de la télévision nationale. Il occupait ce poste depuis 2012, après avoir dirigé la radio nationale.

Depuis près d’un mois, Toufik Khelladi faisait face àune fronde sans précédent de ses salariés. Les journalistes, notamment, dénoncent la « censure  » sur les chaînes nationales, apparue au grand jour avec la couverture des manifestations contre le président Bouteflika, déclenchées le 22 février.

Lundi, pour la troisième semaine de suite, plusieurs dizaines de salariés de la télévision nationale ont manifesté devant son siège àAlger. Ils ont observé une minute de silence, la main symboliquement posée sur la bouche pour dénoncer les entraves àleur métier. Réclamant une télévision « libre et démocratique  », ils scandaient « Y’en a marre de la censure !  ».

Des « pressions  » de la hiérarchie

Comme ceux de la radio nationale, les salariés de la télévision publique dénoncent des « pressions  » de leur hiérarchie. Celle-ci les a d’abord contraints àpasser sous silence ces manifestations inédites, puis àen faire état mais en atténuant les mots d’ordre.

Leurs protestations sont inédites. Jusqu’àprésent, les manifestations de mécontentement au sein des établissements publics étaient essentiellement liées àdes revendications salariales ou aux conditions de travail. Une rédactrice en chef de la radio nationale et une présentatrice du journal de la télévision publique ont quitté leurs fonctions depuis le début des manifestations.

Outre les défilés monstres chaque vendredi àtravers l’Algérie, de multiples manifestations catégorielles d’ampleur diverses ont lieu régulièrement depuis le 22 février dans la capitale algérienne. Après les avocats samedi, les architectes, les vétérinaires, des employés communaux et des magistrats de la Cour des comptes ont également manifesté lundi àAlger. De nouveaux rassemblements étudiants sont attendus ce mardi.