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France : Une photo géante de Nasrin Sotoudeh sur l’immeuble du Conseil National des Barreaux àParis

dimanche 31 mars 2019, par siawi3

Source : https://www.facebook.com/Change.orgFrance/videos/396719441141602/

Affiche géante de Nasrin Sotoudeh : Partagez le direct de l’opération autour de vous

Video ici

Change.org était en direct.
28 mars, 01:03 ·

[LIVE] #FreeNasrin ⚖︠: Plus de 200 000 signatures et toujours aucune réaction d’Emmanuel Macron !

Dans quelques minutes, le CNB Conseil National des Barreaux qui demande la libération de l’avocate et militante iranienne Nasrin Sotoudeh a preÌ vu de deÌ rouler une baÌ‚che sur la façade de leur immeuble ​situeÌ dans le 8eÌ€me arrondissement de Paris.
📢 Cette opeÌ ration a pour objectif d’alerter les pouvoirs publics et plus particulieÌ€rement Emmanuel Macron, afin d’obtenir un soutien et un engagement officiel de la France face aÌ€ la lourde condamnation de 33 ans de prison et 148 coups de fouet de l’avocate pour les droits humains.
âœ ï¸ change.org/LiberezNasrin ✠ï¸
2,7 K vues

Source : https://www.franceculture.fr/societe/nasrin-sotoudeh-une-vie-de-combats

Actualités
Nasrin Sotoudeh, une vie de combats

17/03/2019 (mis àjour le 18/03/2019 à16:20)

Par La Rédaction (pseud.)

Portrait | L’avocate iranienne militante des droits humains a été condamnée en début de semaine à10 ans de prison et 148 coups de fouet pour « incitation àla débauche ». À 55 ans, récompensée par plusieurs prix et soutenue dans le monde entier, Nasrin Sotoudeh continue de se battre pour la démocratie en Iran.

Photo : L’avocate Nasrin Sotoudeh, ici en 2013, est notamment connue pour son soutien aux Iraniennes qui se battent contre l’obligation àporter le voile en Iran. Elle a été plusieurs fois primée àl’étranger• Crédits : Stringer - Maxppp

Nasrin Sotoudeh est une avocate iranienne et défenseuse des droits humains, notamment connue pour son soutien envers les femmes qui manifestent contre le port du voile obligatoire dans son pays. Jugée pour « incitation àla débauche », elle a été condamnée lundi à10 ans de prison, la peine maximale, ainsi que 148 coups de fouet. Le juge avait la possibilité d’alourdir sa sentence et l’a portée à12 ans de prison, a expliqué son mari Reza Khandan àl’AFP. L’avocate a décidé qu’elle ne ferait pas appel de cette condamnation estimant son procès « injuste » et que « protester de la sorte ne servira àrien ».

Depuis l’annonce de ce jugement, des associations se mobilisent dans le monde entier, alors que l’Iran siège au Comité des Nations unies des Droits des femmes !

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« Tout comme vous, je sais que le chemin vers la démocratie est long et difficile ». C’est l’une des phrases que Nasrin Sotoudeh avait écrites pour la remise du prix Sakharov, qui lui a été décerné en 2012. Alors détenue dans la prison d’Evin (Téhéran), c’est sa collègue et mentor, la première femme juge iranienne, Shirin Ebadi, qui s’était chargée de lire sa lettre.
Nasrin Sotoudeh a été récompensée en 2012 par le prix Sakharov, attribué par le Parlement européen pour la lutte en faveur des droits de l’Homme
Nasrin Sotoudeh a été récompensée en 2012 par le prix Sakharov, attribué par le Parlement européen pour la lutte en faveur des droits de l’Homme• Crédits : Valérie Crova - Radio France

De nombreuses années en prison

Nasrin Sotoudeh a déjàété condamnée à11 ans de prison en 2011 pour « propagande contre le régime ». Les autorités avaient estimé qu’elle avait agi contre la sécurité nationale en défendant des opposants arrêtés en 2009 lors des manifestations contre la réélection de l’ancien président Mahmoud Ahmadinejad. Lors de son emprisonnement, pour protester contre les pressions judiciaires sur sa famille, elle a suivi une grève de la faim pendant sept semaines. Après trois années derrière les barreaux, elle obtient sa libération conditionnelle en septembre 2013.

[( Ils font du monde entier une prison pour vous. Vous quittez une prison seulement pour entrer dans une plus grande - Nasrin Sotoudeh àpropos des prisonniers politiques en Iran)]

Depuis le 15 juin 2018, Nasrin Sotoudeh est ànouveau incarcérée àla prison d’Evin. Cette fois, les autorités lui reprochent d’avoir assuré la défense de jeunes femmes qui ont bravé l’interdiction d’enlever leur voile en public. C’est finalement pour espionnage qu’elle est condamnée àcinq ans de prison.

Le 12 mars, la justice la condamne àdix années de prison supplémentaires et 148 coups de fouet, notamment pour « incitation àla débauche » [une peine finalement alourdie à12 ans de prison]. Selon son mari, Reza Khandan, la défenseuse des droits humains était poursuivie pour sept chefs d’accusation et a été condamnée au total à38 années de prison, mais seule la peine la plus lourde s’applique, en l’occurrence celle de 10 ans de prison.

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Ses combats

Depuis le début de sa carrière, l’avocate n’a cessé de se battre. Issue d’une famille traditionnelle de la classe moyenne iranienne, c’est àla faculté de droit de Téhéran que lui vient cette volonté de militer en faveur de l’égalité, de la justice et contre les violations des droits humains. Elle a dà» attendre huit ans pour obtenir l’autorisation d’exercer en tant qu’avocate. À l’époque déjà, elle est surveillée de près par les services de renseignements qui la jugent bien trop impliquée dans l’opposition.

Ses premiers dossiers sont ceux de jeunes condamnés àmort pour des faits commis alors qu’ils étaient mineurs. Durant sa carrière, Nasrin Sotoudeh défend aussi les femmes victimes d’attaque àl’acide, les minorités religieuses et différentes campagnes en faveur des droits humains, dont celle pour la fin de la peine de mort. C’est pour avoir défendu des manifestantes contre le port obligatoire du voile que les autorités l’ont une nouvelle fois arrêtée en juin 2018. Écoutez la interrogée par Valérie Crova :

Écouter 2 min
Nasrin Sotoudeh se confie sur la défense des manifestantes contre le port du voile en Iran
Depuis que j’ai accepté de représenter ces filles [les manifestantes contre le port du voile], il m’arrive souvent dans la rue de rencontrer des gens qui me remercient pour mon travail et me disent qu’ils soutiennent ces filles - Nasrin Sotoudeh

La militante s’est aussi battue pour pouvoir continuer d’exercer son métier. Lors de sa première condamnation en 2011, la pratique du droit lui a été interdite pour 10 ans. C’est après plusieurs mois de manifestation quotidienne, accompagnée par de nombreux militant.es et victimes de violations des droits humains, que sa peine a été réduite àneuf mois d’interdiction. En juin 2015, elle arrête sa mobilisation et peut se consacrer ànouveau àla défense des opposants du régime.

Les prix

En 2012, Nasrin Sotoudeh reçoit le prix Sakharov décerné par le Parlement européen. Créé en 1988, il récompense celles et ceux qui luttent pour les droits humains et la liberté de pensée. En juin 2018, les barreaux européens lui décernent le prix Ludovic-Trarieux, du nom du fondateur de la Ligue des droits de l’homme, en faveur des avocat.es qui illustrent par leur Å“uvre, leur activité ou leurs souffrances, la défense du respect des droits de l’homme. Le jury a retenu « la détermination et l’engagement » de Nasrin Sotoudeh, notamment auprès des femmes.

En février dernier, le Président Macron a invité l’avocate àparticiper au conseil consultatif sur l’égalité femmes-hommes du G7. En symbole, une chaise vide a été laissée lors de son installation.
Une ovation de soutien àl’Assemblée nationale en France

Depuis l’annonce de sa condamnation, la communauté internationale multiplie les appels pour la libération de Nasrin Sotoudeh. Paris a appelé l’Iran « Ã respecter ses engagements internationaux » en matière de liberté d’opinion et d’expression et au droit au procès équitable.

Les députés français ont salué l’avocate par une ovation àl’Assemblée nationale. Le député LREM François Cormier-Bouligeon a lancé cette semaine lors des questions au gouvernement « un cri de colère, d’indignation, d’horreur » dénonçant sa condamnation au terme d’un procès « injuste ». Des députés de tout bord se sont alors levés pour applaudir la militante.

Les États-Unis ont évoqué une décision de justice « qui va au-delàde la barbarie ». L’Union européenne souhaite un « réexamen immédiat de la condamnation ».

L’ONG Amnesty international dénonce également la peine infligée àl’avocate et demande àla communauté internationale, en particulier l’Union européenne, d’agir.

« Il faut que que les pays qui jouissent d’une influence sur l’Iran prenne fermement et publiquement position contre cette condamnation honteuse de Nasrin Sotoudeh et plus généralement contre ce tour de vis àl’encontre de la société civile en Iran », confie àFrance Culture Katya Roux, d’Amnesty international France.

Le Conseil national des barreaux français a aussi lancé une pétition en ligne qui a déjàrecueilli plus de 50 000 signatures. Avec l’appui de l’Observatoire International des Avocats en danger, le CNB dénonce « le châtiment indigne auquel Nasrin Sotoudeh vient d’être condamnée ».