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France : il faut encore rappeler que le blasphème n’existe pas en France…

lundi 15 avril 2019, par siawi3

Source : https://mail.google.com/mail/u/0/#inbox/FMfcgxwCgCVwWzKKRwscsnWhXjjnPgKl

Fous de Dieu
#JeSoutiensHugo : on est en 2019 et il faut encore rappeler que le blasphème n’existe pas en France…

Par Louis Nadau

Publié le 15/04/2019 à 11:44

Hugo, 15 ans, est menacé depuis samedi pour une blague postée sur Twitter, comparant la kaaba de La Mecque à la boîte noire d’« In Ze Boite », un jeu télé. Sous les hashtags #JeSoutiensHugo et #JeSuisHugo, intellectuels et politiques en sont réduits à rappeler aux fous qui visent l’adolescent que la France est une République laïque.

« La France est une République laïque où chacun peut critiquer et se moquer des religions sans être menacé de mort pour cela ! ». Nous sommes en 2019 et ce dimanche 14 avril, la secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, a dû s’employer à rappeler publiquement un principe de base de notre République laïque : « Le blasphème n’existe pas » en France. Et ce, car depuis la veille, un adolescent de 15 ans prénommé Hugo, auteur d’une blague potache sur Twitter à propos du pèlerinage musulman de La Mecque, reçoit insultes et menaces de mort. Une campagne de soutien, #JeSoutiensHugo, a été lancée sur le même réseau social et relayée par de nombreux représentants politiques afin de défendre la victime.

« Laissez-moi en vie »

Le crime du jeune homme ? Avoir publié une photo du lieu saint de l’islam en Arabie saoudite assortie de ce commentaire « ptdr y’a du monde à InZeBoite » - une référence à un jeu télévisé de la chaîne Gulli, dont l’épreuve finale se déroule dans une boîte noire, ici comparée à la kaaba, la pierre noire sacrée de La Mecque. Une plaisanterie perçue comme une insulte à la religion musulmane, de sorte que cette saillie a valu à Hugo rien de moins que des messages appelant à sa décapitation.

L’adresse du lycée dans lequel l’adolescent est scolarisé a même été dévoilée sur Twitter. Effrayé, Hugo a posté un message d’excuse dimanche matin. « Pour toutes les personnes qui ont vu mon tweet, excusez-moi, je ne savais pas que ça allait prendre autant d’ampleur », a tweeté le lycéen, implorant même : « Laissez-moi en vie ». « Je n’ai jamais voulu offenser quelqu’un dans ce tweet arrêtez de vouloir la violence pour rien , il y’a bien pire dans ce monde et sur Twitter », a-t-il ajouté.

Comme Marlène Schiappa, le nouveau secrétaire d’Etat chargé du Numérique, Cédric O, a condamné la campagne haineuse dont est victime Hugo. « La foi des intégristes est bien fragile pour se sentir menacée par l’ironie d’un adolescent », a-t-il réagi sur Twitter. Un message faisant écho à celui de Raphaël Enthoven : « Combien faut-il ne pas croire en Dieu pour croire qu’Il/Elle est susceptible ! Et mépriser Sa puissance pour vouloir Le/La défendre ! », s’est indigné l’intellectuel. « Le problème des intégristes n’est pas la foi, mais l’impiété. S’ils croyaient vraiment en Dieu, ils se moqueraient des rires. »

Signalement à la police

Le président des Patriotes, Florian Philippot, s’est quant à lui emparé de l’affaire pour dénoncer « l’islamisme qui gangrène une partie de notre pays », « étalant tranquillement son obscurantisme et sa folie ». Plus terre à terre, la députée (LREM) des Yvelines, Aurore Bergé, a rappelé que le cyber harcèlement était un délit, contrairement au blasphème. « A bon entendeur », a tweeté la macroniste.

La police nationale a d’ailleurs annoncé dimanche, toujours sur Twitter, que les menaces reçues par Hugo avaient été signalées à la plateforme Pharos, chargée de la lutte contre le cyber-harcèlement.