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Algérie : Les conspirateurs de l’ombre toujours actifs

La révolution du peuple dans l’impasse ?

mercredi 1er mai 2019, par siawi3

Source : https://www.elwatan.com/chronique-de-a-merad/la-chronique-de-a-merad-les-conspirateurs-de-lombre-toujours-actifs-18-04-2019

La chronique de A. Merad : Les conspirateurs de l’ombre toujours actifs

A. M.

18 avril 2019 à9 h 00 min

Alors que les choses semblent s’accélérer plutôt favorablement pour le mouvement citoyen contestataire, avec d’une part le départ forcé d’un « baron » du système de Bouteflika, Tayeb Belaïz en l’occurrence, l’une des figures symboles dont la tête était fortement réclamée, et d’autre part, le rapprochement un peu plus prononcé du chef d’état-major de l’armée des thèses affirmées par la mobilisation populaire, nombreux sont les manifestants qui se posent encore cette question cruciale : faut-il signer un chèque en blanc àGaïd Salah ?

Le peuple algérien, qui exige depuis deux mois sans interruption la chute du régime corrompu, a été tellement échaudé par des engagements factices de sa part qu’il en est venu àdouter de tous ses effets d’annonce aux relents parfois populistes qui affleurent sans être suivis,ou alors rarement, de mesures concrètes allant dans le sens de ses légitimes revendications.

Le chef d’état-major vient une nouvelle fois de hausser le ton pour faire part, avec davantage de conviction encore, de son adhésion inflexible àla ligne de changement exprimée par le mouvement citoyen, tout en adressant des menaces àpeine voilées aux manipulateurs de l’ombre, qui chercheraient àentraver la marche de la Révolution pacifique, àla détourner de son objectif, àporter en somme atteinte àla souveraineté populaire, mais est-ce suffisant pour crédibiliser son engagement et lever les doutes sur la fiabilité de ses intentions ?

A-t-il enfin saisi la portée profonde du message politique délivré par le hirak après avoir longtemps considéré son projet comme un peu trop surréaliste, impliquant en tous cas, selon ses propres aveux, des « concessions impossibles àsatisfaire » ? Il faut dire que le nouvel homme fort du régime n’a pas pris de gants pour mettre en garde les adversaires (les ennemis) de cette Révolution non violente, comme pour signifier aux millions d’Algériens qui attendaient de lui un déclic que sa position – et celle bien entendu de l’armée vis-à-vis de la mobilisation citoyenne – est désormais claire et irréversible.
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En se proclamant premier défenseur de cette mobilisation impressionnante qui reste fermement attachée àson idéal et au combat pour la dignité qu’elle mène pour transformer radicalement le destin de notre société, en faisant publiquement le serment que l’armée ne fera couler aucune goutte de sang d’un Algérien, Gaïd Salah a envoyé un signe fort qui fera certainement date comme un tournant d’une importance capitale dans la nouvelle histoire que l’Algérie s’apprête àécrire.

Cependant, si de discours en discours, sa volonté d’accompagner le mouvement citoyen se libère en théorie, il en est parmi les Algeriens engagés corps et âme dans la lutte pour l’instauration d’un état démocratique, qui constatent avec une réelle amertume que dans la globalité de sa configuration le système, honni avec pratiquement ses principaux acteurs, demeure bien en place. Actif et médiatiquement présent, alors qu’il devrait s’effacer devant la pression de la rue.

La manifestation la plus révoltante de cette résilience – qui ressemble àun pied de nez adressé aussi bien au mouvement citoyen qu’àl’institution militaire – est donnée par la persistance des clans maffieux et autres cercles occultes relevant d’un fantomatique cabinet noir, dont l’influence sur le fonctionnement des institutions et les rouages sensibles de l’Etat reste intacte.

Les allusions du chef d’état-major sur leurs agissements et leurs tentatives de semer la confusion et la division ont été bien perçues, mais force est de reconnaître que pour l’heure trop de liberté de manœuvre sournoise et pernicieuse est laissée àces clans pour ne pas s’inquiéter des dangers de déstabilisation qu’ils peuvent encore produire.

Si Gaïd Salah a violemment rappelé àl’ordre l’ancien patron du défunt DRS, versé, d’après ses informations, dans la complotite pour créer des troubles àla Révolution du peuple, il ne réserve pas pour autant un traitement similaire aux frères du Président déchu qui ne sont pas moins impliqués dans la même conspiration.

Ces leaders de la sédition – comme semble les qualifier le premier responsable militaire que l’ex-président Liamine Zeroual a dénoncés implicitement – ne sont pas placés en résidence surveillée comme annoncé par une certaine presse, mais jouissent en toute quiétude de leur liberté d’action, alors qu’ ils ont des comptes àrendre.

Sont-ils protégés par un quelconque deal passé avec l’ancien Président ? La non-neutralisation des activistes tapis soit dans l’antre de la Présidence soit dans celui des Services laisse penser que Gaïd Salah n’a pas encore réglé le problème de la guerre des clans qui mine le pays et empêche de trouver une solution juste et durable àla crise.

Cette situation de conflit latent, nourri en permanence par les cercles occultes alors que les manipulateurs sont identifiables, pourrait donner un aperçu sur les trafics d’influence que le chef de l’armée ne peut encore maîtriser pour différentes raisons. C’est précisément ce manque de détermination qui s’apparente àune marque de faiblesse qui étonne alors que ce dernier a pris le soin de se doter de tous les moyens de décision et d’intervention. Et qui par conséquent ne dérange pas les résidus du système qui sont toujours actifs.

Comment expliquer dans ce cas qu’un magistrat, connu pour avoir été l’un des bras les plus répressifs contre les jeunes contestataires en Kabylie lors du Printemps berbère, jetant en prison lycéens et étudiants sans le moindre scrupule dans des conditions de détention atroce, un homme traînant une sinistre réputation de zélateur impénitent de l’ordre autocratique puisse se retrouver àla tête du Conseil constitutionnel, au moment où le peuple algérien exige des personnes intègres et propres, aux valeurs démocratiques intrinsèques pour conduire le processus d’alternance.

Comment expliquer encore que malgré les rappels àl’ordre du commandant suprême de l’armée aux services de police, on continue d’assister àdes exactions scandaleuses contre les manifestants, notamment contre la jeunesse estudiantine. Qui sont ces responsables qui donnent les consignes pour réprimer les manifestations pacifiques et qui apparemment bénéficient d’une certaine impunité ?

S’il y a un pré-bilan àfaire du hirak, il apparaîtrait très maigre par rapport àl’extraordinaire mobilisation qui l’a soutenu, et qui n’a abouti finalement qu’au dégagisme d’un despote en fin de règne et de l’arrêt de son farfelu 5e mandat. Toutes les ramifications de son système légué comme un champ de mines restent productives d’une manière ou d’une autre.

Le FLN et le RND, les deux grosses machines de propagande et viviers de l’affairisme véreux, sont plus que jamais àla manœuvre souterraine, non sans une certaine arrogance, alors que l’un doit retourner au musée et l’autre disparaître àjamais de la scène pour avoir dévoyé la politique.

Sidi Saïd continue de narguer les travailleurs, alors que la télé publique a toujours peur de se démocratiser. Le défi démocratique s’avère immense avec des excroissances aussi nuisibles contre lesquelles le pouvoir militaire semble désarmé. De lààentrevoir une transmission de ce pouvoir aux civils….

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Source : https://www.elwatan.com/chronique-de-a-merad/la-revolution-du-peuple-dans-limpasse-25-04-2019

La révolution du peuple dans l’impasse ?

A. Merad

25 avril 2019 à8 h 24 min

Quand Omar El Bechir a été destitué, la première mesure annoncée au Soudan par le nouvel homme fort du régime a été l’engagement pris devant le peuple de remettre le pouvoir aux civils àla fin de la période de transition, en passant par l’ouverture d’un dialogue avec la société civile.

On ne sait pas si ce chef putschiste ira jusqu’au bout de ses promesses, sachant que l’ex-Président évincé avait lui-même tenu pareil serment lorsqu’il avait mis àexécution son coup d’Etat.

Mais toujours est-il que dans le projet politique appelé àreconfigurer le régime despotique soudanais, l’intention d’abolir, àmoyenne échéance, la prédominance de l’armée sur les affaires du pays est exprimée clairement comme une priorité devant conditionner la revendication fondamentale du peuple.

Si le peuple soudanais est sorti en masse dans la rue pour exiger le départ d’un dictateur qui a ruiné le pays, ce n’est pas pour retomber dans les griffes d’un autre oppresseur portant l’uniforme. Cela, les militaires « Ã©clairés », qui ont pris en main depuis peu les destinées soudanaises, semblent, a priori, l’avoir saisi.

Tel n’est pas le cas chez nous, où la position de l’institution militaire vis-à-vis des exigences du mouvement populaire reste immuable et ne donne pas en tout cas l’impression de comprendre l’enjeu et la nature de la mutation du système réclamé par les manifestants.

Pas une seule fois le chef d’état-major, propulsé depuis la chute de Bouteflika au sommet de la responsabilité nationale, n’a fait part, même en termes sibyllins, de la volonté de la hiérarchie militaire de franchir le pas pour engager le processus de mise en place du concept d’« Etat civil », qui commencerait àprendre forme une fois la phase de transition achevée.

Nous n’en sommes pas encore là, mais tout indique, àtravers cette démarche musclée entreprise par Gaïd Salah pour gérer les effets du hirak, que la donne est quelque peu brouillée du côté de l’armée. Les discours du premier responsable de l’institution se suivent mais ne font aucune allusion àcette perspective de substitution du pouvoir, pourtant inscrite dans l’ordre des choses.

D’aucuns parmi les différentes franges de la société civile, intellectuels, universitaires, chercheurs, politologues, sociologues associés aux réflexions émises par les partis démocrates, les associations et les syndicats autonomes qui se sont mobilisés pour une Algérie nouvelle sont amenés alors àse poser légitimement la question de savoir àquoi servirait de changer le système si la tutelle militaire reste omniprésente.

La deuxième République, comme on l’envisage dans les rangs des contestataires, ne serait-elle qu’une façade trompeuse pour un régime qui fait tout pour se reproduire sous une autre combinaison àl’intérieur de la coquille ? La persistance manifestée par le chef d’état-major àmaintenir de façon rigide et sans aucune concession son programme pour la période transitoire renseigne sur les arrière-pensées politiques qui sous-tendent la planification de sa feuille de route.

Un plan qui apparaît de plus en plus clairement comme étant une consigne sacrée léguée par le Président déchu pour protéger le système dans ses représentations et ses manifestations.

Il n’y a pratiquement aucun secret dans cette application. La lecture des événements que nous subissons est àla portée de chacun. Qu’on en juge : le gouvernement nommé par Bouteflika, avec Bédoui comme Premier ministre, est toujours aux affaires, malgré un rejet épidermique de la part de la population. Il ne sert pratiquement pas àgrand-chose, mais il s’obstine àvouloir nous faire croire que le fonctionnement de l’Etat reste imperturbable.

Pourtant, le numéro un de l’Exécutif est devenu invisible, et des ministères dits « régaliens », comme ceux de l’Intérieur et de la Justice, se sont complètement effacés devant le patron de la hiérarchie militaire. Bensalah, pour sa part, a été désigné comme prévu chef d’Etat intérimaire, alors que lui aussi, en tant que cacique du système, est littéralement contesté.

Avec une telle désignation, on est entré dans une chronique de l’absurde, où un « Président » de substitution ne parle qu’àlui-même. Dans son for intérieur, il doit maudire le jour où il se retrouva, par la magie du cooptage, président du Sénat, titre qui le met aujourd’hui dans une posture très critique. La conférence nationale pour préparer la transition avec les représentants des partis d’opposition et de la société civile est maintenue vaille que vaille. Les consultations préliminaires àsa tenue n’ont été qu’un mauvais scénario, et la première tentative a tourné carrément au ridicule.

Que faut-il attendre d’une telle concertation, quand le chef de l’Etat lui-même n’y assiste pas, alors qu’il l’a initiée, et que des partis de l’alliance présidentielle refusent d’apporter leur caution àce qui ressemble àune mascarade. Mais qu’àcela ne tienne, Gaïd Salah ne rentre pas dans ces considérations. Il s’en est tenu àl’article 102 de la Constitution, et cette couverture lui donne le droit de poursuivre sa mission sans regarder dans le rétroviseur. Mieux, il veut que cette phase transitoire fantôme aboutisse d’ici trois mois àl’élection du nouveau président de la République.

En somme, le pouvoir militaire qu’il dirige veut boucler au pas de charge un plan de sortie de crise dicté par le seul souci de mettre rapidement fin aux contestations populaires, mais sans trop penser aux conséquences négatives qui pourraient en découler fatalement. L’après-Bouteflika, dans lequel les deux frères se retrouvent avec une certaine « immunité présidentielle », est mis en boîte, et sa finalité, selon Gaïd, ne doit souffrir d’aucune équivoque, si ce n’est celle de conspirer pour saboter le projet de règlement de la crise imposé par l’armée.

Le plus important àretenir dans cette démarche par trop irréaliste par sa perspective incertaine et aléatoire, c’est le refus, d’une part, de prendre en compte les vraies revendications du mouvement, et, d’autre part, de laisser les acteurs hors système s’occuper des modalités du changement. Ce ne sont pas les propositions qui manquent àce sujet, ni les personnalités crédibles qui requièrent la confiance du peuple.

Mais si dans les messages redondants du chef d’état-major il est fait mention de la conviction de répondre aux exigences populaires avec une volonté affirmée de s’ouvrir àtoutes les solutions et toutes les initiatives, dans les faits il y a un rigorisme manifeste qui empêche le hirak de sortir de l’ornière, après plus de deux mois de démonstration de mobilisation pacifique qui ont étonné le monde.

Des démonstrations qui, finalement, ont ébranlé le régime, sans pouvoir le déloger, en raison de la position de l’armée, qui reste ferme sur sa ligne de démarcation. Le pouvoir civil dans une République démocratique reste-t-il un simple mirage pour la Révolution du peuple ?

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Source : https://www.elwatan.com/edition/actualite/gaid-salah-tente-deviter-un-changement-radical-du-systeme-30-04-2019

Gaïd Salah tente d’éviter un changement radical du système

Ahmed Gaid Salah àBiskra. Photo : MDN

Farouk Djouadi

30 avril 2019 à17 h 16 min

Le chef d’état-major de l’armée, Ahmed Gaïd Salah, a affirmé, mardi àBiskra, que les priorités de l’ANP restent l’organisation de l’élection présidentielle et le traitement par la justice des dossiers de corruption. Des priorités opposées àcelles des Algériens qui revendiquent « le changement radical du système  ».

Comme attendu, Ahmed Gaïd Salah s’est exprimé, aujourd’hui, sur la situation politique du pays. Fidèle àson style, alternant assurances, accusations et menaces, il a déclaré : « dans le respect de la Constitution et des institutions de l’Etat, il nous incombe d’œuvrer àréunir les conditions idoines pour l’organisation des élections présidentielles le plutôt possible, du fait qu’elles constituent la solution idéale pour sortir de la crise (…)  ». Il a ajouté, en guise de justification, que « L’attachement profond du Commandement de l’Armée Nationale Populaire àla Constitution, cautionnée par le peuple àtravers ses représentants au Parlement, émane du fait que tout changement ou amendement de ses dispositions ne relève pas des prérogatives de l’Armée Nationale Populaire, mais de celles du Président qui sera élu conformément àla volonté du peuple  ».

L’autre priorité concerne les dossiers de corruption soumis àla justice. « Le Commandement de l’Armée Nationale Populaire a donné les garanties suffisantes et s’est engagé àaccompagner la justice dans l’accomplissement de ses missions nobles et sensibles, après s’être affranchie de toutes les contraintes, pressions et diktats, loin de toute démarche sélective et conjoncturelle, sans exclure aucun dossier et en se gardant de toute mesures arbitraire ou de règlement de comptes  », dit-il.

Gaïd Salah s’est montré pressé de clore ce chapitre : « Nous insistons également sur la nécessité d’éviter tout retard dans le traitement de ces dossiers, sous le prétexte de révision des procédures légales, laquelle requière beaucoup de temps, ce qui donne la possibilité àcertains àéchapper àla justice  ».

Il faut rappeler, en somme, que les positions politiques exprimées par Ahmed Gaïd Salah vont àl’opposé de ce qui est réclamé par des pans entiers de la société qui revendiquent le « départ de tous les symboles du régime  ». Ces mêmes symboles, décriés dans les manifestations, seront chargés d’organiser des élections, dans les règles de (l’ancien) système.