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Mali : au moins 95 morts dans l’attaque d’un village dogon dans le centre du pays

lundi 10 juin 2019, par siawi3

Source : https://information.tv5monde.com/afrique/mali-au-moins-95-morts-dans-l-attaque-d-un-village-dogon-dans-le-centre-du-pays-305341

Le Mali en proie à ses divisions
Mali : au moins 95 morts dans l’attaque d’un village dogon dans le centre du pays

Carte : Le village dogon de Sobane-Kou près de Sangha a été la cible d’une attaque faisant au moins 95 morts et 19 disparus.

10 juin 2019 Mise à jour 10.06.2019 à 16:09

par TV5MONDE

Une attaque dans un village dogon, près de la ville de Sangha dans le centre du pays, a fait au moins 95 morts dans la nuit de dimanche à lundi, d’après le ministère de la Défense malien.

Une attaque dans le village dogon de Sobane-Kou dans le centre du pays, près de Sangha, a fait au moins 95 morts dans la nuit de dimanche à lundi, d’après le ministère de la Défense malien. 19 personnes seraient disparues. Des chiffres également confirmés par le maire de la ville de Sangha.

« C’est un village dogon [de quelque 300 habitants, ndlr] qui a été quasiment rasé », a indiqué à l’AFP une source sécuritaire malienne sur place.

« Les corps sont calcinés, nous continuons de chercher des corps », a déclaré sous couvert d’anonymat un élu de la commune de Koundou (cercle de Koro), là où se situe le village ciblé. Selon cette même source, des civils auraient indiqué que « ce sont des hommes armés qui sont venus tirer, piller et brûler ».

Le Nord du Mali était tombé en 2012 sous la coupe de groupes jihadistes, en grande partie dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, qui se poursuit.

Aujourd’hui, des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU, malgré la signature en 2015 d’un accord de paix censé isoler définitivement les jihadistes, dont l’application accumule les retards.

Spirale inquiétante de tueries intercommunautaires

Depuis 2015, ces violences se sont propagées du Nord au centre du pays, voire parfois au Sud. C’est surtout au centre que les conflits intercommunautaires se concentrent.

Elles ont culminé le 23 mars 2019 avec le massacre à Ogossagou, près de la frontière burkinabè. Quelque 160 villageois peuls ont été tués par des membres présumés de groupes de chasseurs dogons.

Depuis janvier 2018, la division des droits de l’homme et de la protection de la Mission de l’ONU au Mali (Minusma) a documenté 91 violations des droits de l’homme commises par des chasseurs traditionnels contre des membres civils de la population peule, dans les régions de Mopti et de Ségou, ayant fait au moins 488 morts et 110 blessés, a indiqué le 16 mai 2019la Minusma lors d’un point de presse.

Inversement, des groupes armés d’autodéfense de la communauté peule ont commis 67 violations des droits de l’homme contre la population civile de la région de Mopti dans la même période, ayant causé 63 morts et 19 blessés, selon la Minusma.

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Source : https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/06/10/au-mali-un-village-dogon-quasiment-rase-par-des-hommes-armes_5474208_3212.html

Au Mali, un village dogon « quasiment rasé » par des hommes armés

Au moins 95 personnes ont été tuées dans un village dogon du centre du Mali. Les autorités locales cherchent d’autres corps.

Le Monde avec AFP et Reuters

Publié aujourd’hui 10.06.2019 à 14h45, mis à jour à 15h45

Photo : Un soldat marche au milieu du village d’Ogossagou, où plus de 150 habitants, essentiellement des Peuls, ont été massacrés le 25 mars. HANDOUT / AFP

Le village a « quasiment été rasé », selon une source sécuritaire malienne. Au moins 95 habitants du village dogon de Sobane-Kou, dans le centre du Mali, ont été tués dans la nuit de dimanche à lundi 10 juin par des hommes armés. « Les corps sont calcinés, nous continuons de chercher des corps », a déclaré, sous le couvert de l’anonymat, un élu de la commune de Koundou (cercle de Koro), où se trouve ce village de quelque 300 habitants. « Selon les civils, ce sont des hommes armés qui sont venus tirer, piller et brûler. C’est vraiment la désolation », a-t-il ajouté.

Lire aussi Dans le village peul attaqué au Mali : « Ils ont tout brûlé et tué tout ce qui bougeait encore »

Le nord du Mali était tombé, en mars-avril 2012, sous la coupe de groupes djihadistes, en grande partie dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, qui se poursuit. Mais des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU, malgré la signature, en 2015, d’un accord de paix censé isoler définitivement les djihadistes, dont l’application accumule les retards. Depuis 2015, ces violences se sont propagées du nord au centre du pays, voire parfois au sud. Elles se concentrent surtout dans le centre, se mêlant très souvent à des conflits intercommunautaires, un phénomène que connaissent également le Burkina Faso et le Niger voisins.

Les violences entre membres de l’ethnie dogon, pratiquant majoritairement l’agriculture, et les Peuls, traditionnellement éleveurs, ont fait des centaines de morts depuis le début de l’année. Le massacre de plus de 150 Peuls à la fin mars non loin de la ville de Bankass (centre), l’attaque la plus meurtrière dans l’histoire récente du Mali, a entraîné en avril la démission du gouvernement de Soumeylou Boubèye Maiga.
Lire aussi « Le massacre d’Ogossagou est la conséquence de la perte de contrôle de l’Etat malien sur les milices »