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Algérie : Quand la contre-révolution se manifeste dans un sujet du BAC

jeudi 20 juin 2019, par siawi3

Source : https://www.algerie-focus.com/2019/06/quand-la-contre-revolution-se-manifeste-dans-un-sujet-du-bac/

Quand la contre-révolution se manifeste dans un sujet du BAC

Massinissa Mansour

17 juin 201918

Le sujet de langue arabe distribué hier aux candidats du BAC des filières scientifique, mathématique, gestion et technique, n’a pas manqué de susciter la controverse sur les réseaux sociaux. Ce n’est pas tant le contenu qui pose problème, mais la volonté suspecte de ceux qui ont en fait le choix. Il ne s’agit donc pas d’un sujet de BAC, mais d’un texte aux visées politiques machiavéliques.

Le texte distribué hier aux candidats est signé : Fodil el Ouartilani, de son vrai nom, Ibrahim Ben Mustapha El-Djazaïri. Il aborde la question de la langue arabe dans un contexte national marqué par le colonialisme. Le texte en question est extrait d’une contribution publiée le 13 octobre 1955 dans les journaux : Beyrouth el Massa et El Manar (Syrie). Il aborde la question de l’identité, en plaçant l’Algérie au cÅ“ur du monde arabe. Le texte défend l’idée selon laquelle la langue arabe (qualifiée de sacrée) est la langue des Algériens, constituant leur identité unique et exclusive. « La langue arabe n’est pas exclusivement celle des Algériens, car elle est également celle de la nation arabe. C’est la manifestation de son existence et de sa dignité  ». Soutenait-il àl’époque.

Beaucoup d’auteurs de cette période abordaient la question de l’identité en partant de cet angle-là. Beaucoup, mais pas tous et pourtant, c’est ce texte qu’on a choisi pour les candidats du BAC. Est-ce innocent ?

Ibrahim Ben Mustapha El-Djazaïri faisait partie de ceux qui pensaient que l’identité des Algériens se résumait àl’arabité et que l’Algérie faisait partie d’un tout désigné sous le nom de « monde arabe  ». Une appellation somme toute chimérique, si l’on prend en considération la situation qui y prévaut aujourd’hui.

Certains de nos lecteurs seraient tentés de nous accuser de vouloir entretenir la polémique, mais ce n’est pas le cas. Le texte en lui-même est captif d’une conjoncture qui lui est propre. Un contexte historique ayant favorisé l’apparition et le développement du panarabisme. Il ne faut pas négliger le fait que l’auteur (Ibrahim Ben Mustapha El-Djazaïri 1906 – 1959) est un pur produit de cette idéologie. L’homme était également un proche d’Abdelhamid Ben Badis, quelle coïncidence, diraient d’aucuns ! Tous ces faits nous éloignent de l’Algérie du 21e siècle, ainsi que des réalités d’aujourd’hui, une Algérie différant de celle qu’avait connu l’auteur.

Ibrahim Ben Mustapha El-Djazaïri était également membre de la confrérie des Frères musulmans. Cette puissante organisation lui avait permis de pénétrer les milieux politiques au Yémen et dans plusieurs autres pays arabes comme l’Égypte, la Palestine, la Syrie et l’Irak. Vers la fin de sa vie, il avait participé àorchestrer un coup d’État au Yémen. L’homme était très proche des grandes figures politiques et religieuses du Machrik avec lesquelles il partageait des intérêts certains.

Le but n’est pas de faire le procès d’un lettré qui avait choisi son chemin dans un contexte très compliqué, mais de souligner l’absurdité d’un choix. Le choix d’un sujet de baccalauréat qui sent la manipulation.

Le problème ne réside donc pas dans le texte ni dans son contenu, mais dans la volonté manifeste des autorités de susciter des tensions dans une Algérie qui vit une révolution unique dans son genre et dont les réalités sont diamétralement opposées àcelles des années 1950.

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