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Algérie : Remettre vraiment en cause le système

mercredi 26 juin 2019, par siawi3

Source : https://npa2009.org/idees/international/algerie-nous-nous-voulons-pas-le-consensus-nous-voulons-le-depart-de-tout-le

mercredi 18 juin 2019,

par Kamal AÃ SSAT

Algérie : Nous nous voulons pas le consensus, nous voulons le départ de tout le système

Une « conférence de la société civile  » a eu lieu samedi 15 juin. Elle propose une feuille de route pour la sortie de crise, en se voulant une réponse au mouvement populaire. Mais il n’y a pas de sortie crise possible dans le cadre du système.

La conférence est la rencontre de deux composantes principales : les syndicats autonomes comme la CSA, et des organisations comme La ligue des droits de l’homme, des associations. Mais elles sont intervenues sans concertation avec le monde du travail, dans les écoles, les hôpitaux, les lieux qu’elles sont censées représenter.

Une conférence pas liée au mouvement réel

Il y a des associations variées, d’agitation, des associations de victimes du terrorisme, de femmes. Une soixantaine d’associations, mais ce sont beaucoup plus de sigles que des organisations avec une implantation et une influence réelles dans le mouvement, qui n’est pas structuré par les organisations. D’ailleurs, une bonne partie d’entre elles ne participent pas aux mobilisations du vendredi.

Il y a deux courants essentiels : le premier se projette dans une élection présidentielle, le second est plutôt favorable àune Constituante. Mais, comme elles n’ont pas trouvé de consensus, elles se sont mises d’accord pour un gouvernement transitoire, et une instance indépendante pour organiser des élections. On parle aussi d’un présidium de trois personnes.

Il y en a déjàeu des démarches de ce genre, qui péchaient par le même défaut : elles s’adressent au régime pour proposer un dialogue, une issue àsa crise. La conférence propose d’ailleurs une « initiative consensuelle  ». Elle ne reprend pas le mot d’ordre que le peuple se donne chaque vendredi : le départ du système tout entier.

Il s’agit de fait de proposer une porte de sortie au système, avec une élection présidentielle plus transparente, ignorant le fait que le peuple est ruiné, que les pauvres s’appauvrissent et que les riches s’enrichissent.

Dans le même temps, des grèves sont réprimées, des détenus d’opinion sont retenus depuis janvier, dont beaucoup de jeunes, sans réaction des organisations qui proposent une transition. Aucun dialogue n’est possible avec ce régime qui bafoue les libertés démocratiques… C’est pour cela qu’un collectif contre la répression a été mis en place. Il se développe dans les Wilayas. Mais ses banderoles ont été confisquées vendredi, au nom d’un pseudo droit du contrôle de la police sur le contenu des banderoles, les confisque parce qu’elles porteraient atteinte àune institution républicaine comme la police ou l’armée !

Remettre vraiment en cause le système

Nous devons transformer la majorité sociale actuellement en mouvement en majorité politique. Il s’agit de remettre en cause les racines du système, le régime néolibéral qui est àl’origine de la corruption. Celle-ci est issue de la privatisation du secteur public, de la politique de soumission aux multinationales. La revendication essentielle du mouvement, c’est la souveraineté populaire, sur les richesses, sur les politiques économiques et sociales.

Toute initiative qui ne s’inscrit pas dans un processus constituant, basé sur l’auto-organisation des masses pour contrôler ce processus, ne peut être une rupture avec le système.

La démarche de la conférence, c’est une issue électorale, par une présidentielle, sans toucher aux politiques libérales qui sont àl’origine de la dérive monarchique de Bouteflika. Il ne peut pas y avoir de démocratie dans un pays comme l’Algérie si le pouvoir économique est aux mains de la bourgeoisie : le libéralisme dans les pays du sud ne peut en effet s’imposer que par la dictature, par la remise en cause des droits démocratiques, syndicaux, d’organisation que le peuple peut utiliser pour résister àla misère sociale.
En finir avec les symboles du système pour poursuivre le mouvement

Le mouvement ne se laissera pas piéger par ce type d’initiatives, elles sont tellement détachées de la radicalité du mouvement populaire qu’elles n’auront pas de légitimité pour le contenir, en tous cas beaucoup moins que la chaleur de l’été qui suit ce mois de Ramadan !

Gaïd Salah va intervenir lundi, il n’est pas intervenu depuis 20 jours. Il est acculé, car tout le monde sait qu’il était un pilier du régime Bouteflika.

Les manifestations de vendredi montrent une mobilisation maintenue, avec des centaines de milliers àAlger, des dizaines de milliers àBejaïa et dans toutes les Wilayas, y compris dans le Sud, malgré la chaleur, malgré les arrestations. Le pouvoir continue d’arrêter des généraux, des politiciens pour cause de corruption, mais la mobilisation se poursuit. Le mot d’ordre de Constituante a pris beaucoup de poids dans les manifestations. En février mars, nous étions les seuls àla porter, mais c’est maintenant repris par des forces réformistes comme le FFS et beaucoup de banderoles de quartiers, aux quatre coins de l’Algérie, reprennent de telles banderoles. Ce mot d’ordre a réellement avancé. Mais nous sommes toujours dans la première phase du mouvement qui réclame toujours le départ des symboles du régime Bensalah, Bedoui. La deuxième phase, avec la Constituante, ne pourra commencer réellement que quand ils seront partis. Le mot d’ordre d’auto-organisation est très populaire mais il ne se cristallise pas comme nous le voudrions. Il se retranscrit par la multiplicité de réunions, de débats dans de nombreux villages, mais pratiquement pas dans les lieux de travail malheureusement pour le moment. C’est plutôt la bataille dans l’UGTA qui est le point d’appui pour l’auto-organisation dans la classe ouvrière. Il y a aura peut-être un virage si Sidi Saïd est arrêté comme cela semble possible.

En tous cas, le mouvement est fort, mobilisé, déterminé àcontinuer.

Kamel Aïssat, Parti socialiste des travailleurs

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Source : https://www.elwatan.com/edition/actualite/said-salhi-vice-president-de-la-ligue-algerienne-pour-la-defense-des-droits-de-lhomme-laddh-la-conference-du-15-juin-nest-pas-notre-objectif-cest-une-etape-dans-10-06-2019

Algérie : « La conférence du 15 juin n’est pas notre objectif, c’est une étape dans un processus  »

lundi 10 juin 2019,

par Saïd SALHI

Interview de Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH).

MOKRANE AIT OUARABI- Comment évaluez-vous la 4e rencontre de la société civile qui reste ouverte en raison du non-aboutissement àun consensus sur une feuille de route commune de sortie de crise ?

Saïd Salhi - Il s’agit d’une réunion de préparation pour la Conférence nationale prévue pour le 15 juin 2019, cruciale et importante. Bien avant cette réunion, nous avons mis en place un groupe de travail mixte, qui est chargé de rapprocher les trois feuilles de route des trois dynamiques pour aller vers une seule proposition àprésenter lors de la conférence.

Les trois dynamiques sont celles de notre Collectif de la société civile pour une transition démocratique, la Confédération des syndicats avec le collectif El Amel et l’association des Ouléma musulmans, le Forum civil, chacune àsa propre feuille de route. La nôtre, on l’a rendue publique le 18 mai 2019, un mois après la création du collectif, le 27 février 2019.

Depuis, nous avons lancé des consultations avec les autres acteurs de la société civile mais aussi des partis politiques de l’opposition, nous avons mis comme seul préalable pour ces consultations : la rupture pacifique avec le système et l’adhésion aux revendications légitimes du mouvement populaire, hirak. Nous voulions être en phase et en totale symbiose avec le mouvement qui a réussi àconstruire un front commun dans l’union, dans un consensus, contre le système.

C’est ce consensus construit dans la rue, qui se manifeste chaque vendredi, que nous voulions traduire en un message politique, un consensus fort, basé sur le vivre-ensemble dans la paix, la démocratie et la diversité.

En tant que société civile, conscients de notre responsabilité historique et partant de notre mandat de force de propositions et de médiation, nous avons mis àdébat notre proposition de feuille de route qui est restée ouverte, on l’a dit, car nous voulions aller vers un large consensus pour l’édification de l’Algérie de demain, celle de tous nos espoirs communs.

Un Etat civil, démocratique et social autour des valeurs de liberté, d’égalité, des droits humains… Au-delàde ce premier round de consultations avec la majorité des acteurs, des sensibilités qui traversent la société, nous avons lancé le 27 avril 2019 l’idée de la Conférence nationale qui sera l’espace de convergence de toutes les propositions.

La rencontre de samedi était très animée…

Effectivement, cette rencontre était très animée. On le savait et on était conscients du défi, car composée de toutes les sensibilités, qui n’ont jamais eu l’occasion auparavant de se rencontrer et de travailler ensemble. Il y avait des syndicats, des associations des droits humains, des jeunes, des femmes, des proches de disparus, des étudiants, des représentants du secteur de la culture, des religieux. C’était vraiment une participation arc-en-ciel.

Il y a forcément des divergences et des approches différentes. Notre objectif n’est pas de les taire ou de les niveler. Bien au contraire, les exprimer en les assumant en toute liberté et franchise.

Le défi est d’acter les convergences : en matière d’appréciation de l’actualité, de la sortie de crise, mais aussi au sujet de l’Algérie de demain. Un exercice ardu, malgré tout, les participants étaient tous animés par cette envie d’arriver àun consensus, car notre initiative reste la seule qui ait suscité, jusque-là, de l’attente et de l’espoir, sa force, sa légitimité et sa crédibilité résident justement dans sa composante, sa pluralité et sa représentativité. On n’a pas le droit de décevoir la rue et de nourrir les tenants du chaos et de la division.

Le peuple nous a montré la voie, il nous a devancé, ànous d’être àl’écoute et àla hauteur de ses aspirations face àun système qui n’a ménagé aucun effort pour diviser les Algériens. La société civile peut donc relever le défi de la médiation, car elle n’est pas animée par les enjeux de prise de pouvoir qui sont le rôle des partis politiques.

Quels sont les points de divergence entre les trois dynamiques qui participent àcette concertation, àsavoir le Collectif de la société civile pour la transition démocratique, le Forum civil pour le changement et la confédération des syndicats algériens ?

Le groupe mixte, qui regroupe des représentants des trois dynamiques, s’est attelé àtravailler pendant une semaine lors de réunions interminables. Nous avons avancé sur plusieurs points : l’exigence de rester en phase avec le mouvement populaire, qui est l’arbitre, le dernier mot lui revient. On ne prétend pas àle représenter.

On s’est entendu sur la nécessité d’une transition politique pacifique et consensuelle pour acter la rupture avec le système et aller vers un nouveau. On s’est aussi entendu sur les institutions de transition.

Nous avons également discuté au sujet du dialogue, comme une vertu et une valeur pour toute résolution de conflits, juste qu’il faudra qu’il soit balisé avec des préalables et doit permettre le changement du système, objectif premier du mouvement.

Un premier projet de feuille de route a été présenté.

Il n’a pas eu l’adhésion de tous les participants, des divergences sont soulevées autour des points importants, àsavoir la question des valeurs et principes qui doivent être introduits dans le préambule, la question des préalables àtout dialogue avec le système et la question des élections.

Le plus important pour nous est d’aller vers une période de transition avec des institutions fortes qui permettront de réunir toutes les conditions et garanties avant tout retour aux élections.

Et tout cela dans le but de permettre au peuple algérien d’exercer réellement et librement sa volonté. Je ne pourrais pas dire plus, sauf cette détermination de l’ensemble des présents àpoursuivre le travail et àlaisser la réunion ouverte pour approfondir les discussions et débats afin d’aboutir àun compromis. Des propositions ont été faites. Il faudra se donner le temps pour maturer tout cela et laisser prendre.

Pensez-vous que les divergences puissent être dépassées et que le consensus recherché puisse se dégager avant le 15 juin, date prévue pour la Conférence nationale de la société civile ?

Oui, la réunion d’hier est laissée ouverte avec l’engagement de tous de poursuivre les discussions avant d’aller àcette conférence. A rappeler que la conférence n’est pas notre objectif, c’est une étape, une station dans un processus. C’est un moyen de consolidation du consensus, nous voulons, àtravers elle, présenter la feuille de route consensuelle et aller, dans une deuxième étape, vers les autres acteurs politiques.

Dans son dernier discours, le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, relance son appel au dialogue. Mais quel dialogue faut-il pour faire sortir le pays de l’impasse actuelle ?

Le seul dialogue possible, c’est celui qui amorcera un processus qui permettra au peuple de reprendre sa souveraineté. C’est celui qui permettra au pays de se doter d’institutions fortes, légitimes, d’un Etat en phase avec le peuple, qui traduit ses aspirations, qui permet àtous les Algériens de vivre dans la diversité, la dignité et les libertés.

Le dialogue doit être sincère. Il doit être précédé par des signaux forts, àsavoir la levée des restrictions sur les champs d’exercice des libertés démocratiques, l’arrêt des poursuites judiciaires contre les activistes et la libération de tous les détenus d’opinion.

Le dialogue ne doit pas être exclusif, autour d’un ordre du jour imposé et piloté par des figures rejetées par la rue. Le système appelle àun dialogue autour de sa feuille de route rejetée massivement lors de la marche du 16e vendredi.

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Source : https://www.facebook.com/abderezak.adel/posts/1292044047621977

Abderezak Adel

15 juin, 01:01 ·

Le sens des mots ! Point de vue !

LA rencontre nationale de la SOCIETE CIVILE ce samedi 15 juin àAlger regroupant le collectif de la société civile, l’intersyndicale des syndicats autonomes et le forum civil. Objectif : formuler une proposition CONSENSUELLE pour une transition pacifique et démocratique.

Disons le clairement, chaque organisation ou regroupement d’organisations ont le droit de se réunir, de proposer et de s’affirmer comme un courant d’opinion dans ce mouvement populaire. C’est la règle démocratique ! Ils ont le droit de proposer et de se battre pour leur proposition, d’autant que pour certains, les parcours militants et de luttes sont réels et pas superficiels.
Mais les mots ont un sens ! Ils traduisent ce qu’on exprime et ce qu’on exprime pas !

Parler de « LA » rencontre nationale au lieu d’ « une » rencontre, parler de « LA SOCIÉTÉ CIVILE » au lieu « d’un collectif d’associations » , représentatives ou pas(c’est une autre affaire), mettre en avant des « DYNAMIQUES » formelles et pas vraiment réeles comme l’intersyndicale des syndicats autonomes (au même titre que d’autres d’ailleurs) qui est plus dans l’existence institutionnelle que dans un activisme réel impactant la révolution populaire, sans parler d’associations qui se greffent au mouvement et qui ne représentent pas grand chose ! Je partage plutôt la préoccupation de créer une dynamique d’éveil politique, de conscientisation et d’auto-organisation autour et dans le hirak qui manque énormément !

Doit on chercher un« CONSENSUS » àtout prix ? Une feuille de route consensuelle qui sera validée par tout le monde ?. Ça n’existe pas et ça sera une énergie dispersée. Le seul point consensuel est de préserver, renforcer et durabiliser cette révolution populaire ! Après, il est souhaitable d’avoir des lectures, des positionnements et des identités politiques claires y compris partisanes ( présentes mais pas visibles dans cette rencontre) pour que ceux et celles impliquées dans le mouvement populaire puissent y voir clair. Les vrais acteurs du Hirak...ne sont pas institutionnels, rappelons le !

Rechercher « LE DIALOGUE » avec le pouvoir réel ou « l’Etat profond » ne peut être interpréter que comme une bouée de sauvetage pour le systême et Gaid Salah.Depuis le 22 février, la révolution du vendredi, confortée par celle du mardi universitaire est le seul lieu de légitimation et d’expression de la souveraineté populaire. Confuse, contradictoire et parfois très ambiguë , cette expression populaire est l’expression des rapports de forces établis sur le terrain par tout ce qui manifestent, qui animent, qui orientent cette parole libérée vers une visibilité plus politique !

On ne dialogue pas, on négocie en s’appuyant sur les rapports de forces construits sur le terrain par ce mouvement populaire.

L’impératif est de lancer les débats, de formuler des alternatives, de les confronter et de les assumer avec son identité politique, sociale ou idéologique.

Les regroupements fourre-tout, inter-classistes oà» tous les intérêts idéologiques, économiques, sociaux ou de classe se mélangent comme si de rien n’était, n’iront pas loin ! La révolution démocratique se construit par les décantations et les confrontations(silmiya, silmiya bien sur) au même titre que les révolutions sociales. Nous somme tous des algériens mais nous ne sommes pas tous des fréres !