Subscribe to Secularism is a Womens Issue

Secularism is a Women’s Issue

Accueil > impact on women / resistance > U.S.A : Les « nones » : Les « sans religion » gagnent du terrain aux (...)

U.S.A : Les « nones » : Les « sans religion » gagnent du terrain aux USA.

vendredi 28 juin 2019, par siawi3

Source : http://www.creal76.fr/medias/files/combat-laique-73-juin-s--1.pdf#page=14

Combat Laïque 76 N° 73 -Juin 2019 -page 18

U.S.A : Les « nones »1 - Les « sans religion » gagnent du terrain aux USA.

En 2016, ce courant de pensée multiforme bien évidemment avait dépassé les catholiques (autour de 20 %)2et les protestants traditionnels en constante perte de vitesse (10 %). Les « nones » -comprendre « sans religion » -talonnent maintenant les évangéliques (25 %).
Les athées, les agnostiques et les sans affiliation religieuse que la General Social Survey désigne dans ses enquêtes sous le label « nones » constituaient 8 % de la population étatsunienne en 1990, 15 % en 1998 pour atteindre 22 % en 2016 et pourraient approcher le quart de la population en 2019.Le poids de l’histoire.

La période du maccarthysme a laissé des traces et il semble que les Étatsuniens soient réticents àrépondre aux enquêteurs leur demandant s’ils sont athées, ce qui encore aujourd’hui équivaut àse déclarer communiste. Aussi ne répondaient-ils positivement qu’à3 % en 2014 selon le Pew Research Center alors que lorsqu’on leur demande s’ils croient en Dieu, ils répondent à11% par la négative. Cette attitude conduit des chercheurs américains àpenser qu’aujourd’hui près de 25% de leurs concitoyens seraient non-croyants ou agnostiques, soit plus de64millions d’adultes. Les statistiques ethniques autorisées aux USA permettant d’affiner cette enquête, il apparaît que les Blancs non hispaniques (62% de la population globale) formeraient 68% de ces « nones ».

Une jeunesse de plus en plus incrédule

Le Public Religion Research Institute a observé dans une récente enquête que 40 % des 18/25 ans ne craignent pas de se déclarer « none » soit quatre fois plus qu’en 1980. Plus le niveau d’étude s’élève, plus cette propension au scepticisme religieux semble se confirmer. Le sociologue Phil Zuckermann, professeur au Pitzer College en Californie et auteur de Society without God (New York University press) ou Living the Secular Life (Penguin press) livre ce commentaire : « Cela ne concerne d’ailleurs pas que les études scientifiques, mais aussi l’histoire, la psychologie, la sociologie... Ces disciplines érodent la croyance des étudiants. Une fois que vous avez été familiarisé àl’histoire des religions ou àla psychologie des croyances, cela est plus difficile de conserver sa foi. L’université, et le fait de développer des amitiés avec des personnes d’un autre milieu que le vôtre, renforcent le scepticisme ».

Changer de regard ?

Devrons-nous bientôt changer de regard sur nos amis d’Outre-Atlantique ? Rappelons d’abord que l’image que nous avons des États-Unis relève plus de traditions qui se sont installées au fil du temps que d’institutions établies. Pas d’Être suprême dans la Constitution pas plus que de religion d’État. Jefferson n’avait pas envisagé de serment sur la Bible et avait même expurgé les Évangiles de tout ce qui relevait du miracle ou de la transcendance. La devise nationale officielle des États-Unis « In God We Trust » n’a été adoptée par le Congrès qu’en 1956. Elle a remplacé « E Pluribus Unum », (« De plusieurs, un »), qui apparait sur le grand sceau des Etats-Unis mais qui n’a cependant pas été abolie. C’est au XIXe siècle que la tradition puritaine s’est développée, courant religieux auquel Trump doit son élection : plus de 80% des évangéliques ont voté pour lui. Cette évolution du partage confessionnel de la population étatsunienne aura-t-elle des conséquences politiques ? Habituellement les grands courants religieux ne manquent pas de mobiliser leurs fidèles lors des diverses élections. On peut penser que cette émergence des « nones » embarrassera les états-majors politiques toujours attentifs àne pas offenser les croyants.

Notes :

1 et non pas « nonnes » !

2 confrontés aux scandales de pédophilie mais dont le niveau se maintient grâce àl’immigration hispanique.Source : Le Point.fr du 19/01/2019