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France : Holocauste, Rosa Parks, liberté d’expression… Ces mots qu’on assassine

mardi 9 juillet 2019, par siawi3

Source : https://www.revuedesdeuxmondes.fr/holocauste-rosa-parks-liberte-dexpression-ces-mots-quon-assassine/

L’édito
Holocauste, Rosa Parks, liberté d’expression… Ces mots qu’on assassine

par Valérie Toranian

8 juillet 2019

Mal nommer les choses, disait Albert Camus, « c’est rajouter au malheur du monde ». Mal nommer les choses est devenu la grande spécialité des tenants du relativisme culturel qui, non contents de vouloir imposer à la République un changement de règles pour les mettre en conformité avec la culture et les traditions de certaines ethnies ou religions, veulent aussi transformer les définitions du dictionnaire. Certaines tentatives peuvent prêter à sourire. D’autres moins. Toutes ces initiatives visent à nous pousser dans nos retranchements, à nous mettre au pied du mur de nos principes en nous obligeant, au nom de la « liberté » et du combat « antiraciste », à défendre les ennemis de la liberté et de l’égalité. L’actualité récente nous a fourni quelques tristes exemples de ce retournement sémantique.

Le plus odieux : holocauste

Dans un post sur Facebook (retiré depuis), Zakia Meziani, présidente de l’association « féministe et antiraciste » Identité plurielle, s’est insurgée contre l’interdiction du burkini dans les piscines municipales. Elle a comparé cette mesure à la déportation et l’extermination des juifs. Voici ce qu’elle écrit  : « Sinon, pour en finir et arrêter de tourner autour du pot : 1) Faut-il une loi pour rouvrir Dachau et y interner les femmes musulmanes “voilées” de France ? 2) Faut-il une loi pour exterminer les femmes musulmanes “voilées” de France ? (Solution finale) » L’indécence est telle qu’on hésite à en rajouter en commentant à son tour le commentaire : les réseaux sociaux regorgent d’égarés et d’abrutis. On relève pourtant l’incident pour deux raisons.

1/ Zakia Meziani n’est pas une absurde internaute anonyme. Elle fut candidate d’Europe écologie – Les Verts (EELV) aux élections cantonales en 2015. Katy Vuylsteker, porte-parole d’EELV à Tourcoing, s’est d’ailleurs aussitôt fendu d’un post sur Facebook pour relativiser l’affaire en écrivant : « qui n’a pas un jour prononcé une phrase malheureuse ? ». Et pour s’indigner non pas des propos de Zakia Mesiani mais des messages violents qu’avait suscités sa comparaison. Les Français qui ont voté Verts aux européennes et s’apprêtent à récidiver pour accompagner cette vertueuse et morale vague écologique, connaissent-ils bien le fonds de sauce idéologique de cette formation attrape-tout ? Les prochaines municipales et les alliances qui risquent de s’y commettre devront être surveillées de près.

2/ Faire des musulmans les Juifs du XXIe siècle et retourner la culpabilité de l’occident contre les Juifs en culpabilité contre le traitement actuel des musulmans a été pensé, théorisé et appliqué, avec un certain succès hélas, par les Frères musulmans. Les islamo-gauchistes, dont certains comme Edwy Plenel, ont largement propagé ce discours. Non seulement les musulmans subiraient discriminations et persécutions comme les Juifs dans les années 1930, mais les Juifs eux-mêmes seraient désormais les nouveaux nazis car ils persécutent les arabes musulmans palestiniens. Il n’y a qu’à lire la prose raciste et antisémite (sous couvert d’antisionisme) de nombreux sites pour constater que la victimisation et la comparaison obsessionnelle avec les Juifs est un fer de lance du discours de l’islam politique. On a même vu apparaître sur la poitrine de militants islamistes des étoiles jaunes avec le mot musulman. Abject.

Le paradoxe est que sur les réseaux sociaux, ceux qui comparent les crimes « islamophobes » aux crimes contre l’humanité du régime nazi sont ceux-là mêmes qui affirment que la Shoah est une invention du sionisme international ! On touche le fond.

Le plus sournois : culturel

À l’approche des élections municipales, les mairies font leurs comptes et espèrent bien gagner les votes communautaires. Pour les contenter, rien de tel qu’un beau projet culturel et cultuel. La France étant tatillonne avec la notion de laïcité, difficile de financer un centre communautaire religieux. Donc on les rebaptise centre culturel et cultuel. Et le tour est joué. Ainsi le centre culturel et cultuel islamique At Taqwa, boulevard du Portugal, à Rennes, vient d’être rénové. La mairie, propriétaire des lieux, y a consacré un budget de 430 000 euros. Nathalie Appéré est venue inaugurer les locaux dimanche 7 juillet louant cette contribution au « bien vivre ensemble ». Sur les photos des réjouissances, largement diffusées, on peut voir de très jeunes fillettes voilées, d’autres pas. Elles font partie des « 120 élèves, âgés de 5 à 14 ans, inscrits aux cours d’arabe proposés le samedi et le dimanche. » Après le voilement, le projet culturel/cultuel est le deuxième fer de lance de l’islam politique, son autre « marquage » territorial. Ce terme désigne en fait la plupart du temps un établissement religieux, financé sur des fonds publics. Il y en a beaucoup et cela suscite peu de commentaires. Mais le projet rennais passe mal. 430 000 euros pour l’éducation islamique de fillettes au pays de la loi de 1905 qui exprime clairement que l’État protège d’abord la liberté de conscience (avant la liberté religieuse) ? 430 000 euros versés à une association qui prône aux fillettes soumission et respectabilité donc voilement… ?

Aurore Bergé est une des rares députés de LREM qui s’indigne publiquement de ce genre de scandale. Elle l’a fait de nouveau et il faut s’en féliciter. Elle est souvent bien seule dans la grande famille des marcheurs… Ghaleb Bencheikh a trouvé les mots justes sur son compte Twitter. « Faire porter le voile à des fillettes innocentes revient à érotiser leur corps. Comment cautionner de telles pratiques ? Au nom de quelle injonction coranique ? Tout cela relève de la maltraitance. » Les féministes, si promptes à dénoncer les violences et la maltraitance faites aux femmes, devaient s’émouvoir de ces pratiques au même titre que des violences conjugales…

Le plus pervers : Rosa Parks

Ceux qui prônent le séparatisme sexuel n’ont peur de rien. Ils ont osé comparer la lutte des femmes pour se baigner tout habillées dans les piscines avec le combat de Rosa Parks. Icône de la lutte pour les droits civiques des Noirs aux États-Unis, Rosa Parks est devenue célèbre pour avoir refusé de céder sa place à un homme blanc s’opposant ainsi au système ségrégationniste en vigueur dans les bus de la ville de Montgomery. Rosa Parks se battait pour l’égalité des droits. Les mêmes pour tous, quelles que soient la couleur de peau, la race, la religion. L’inverse même de ce que demandent les « burkinistas » de Grenoble ou ailleurs qui instrumentalisent et manipulent les combats pour l’égalité.

Celles qui, aujourd’hui, ivres de leur « bon droit », se comparent à Rosa Parks, instrumentalisent la juste lutte pour les droits civiques et l’égalité au profit d’un projet ségrégationniste ! Qui enferme les musulmanes dans un essentialisme fondamentaliste dont l’aboutissement sera la mise en place d’horaires séparés entre hommes et femmes. Pauvre Rosa Parks…

Le plus honteux : liberté d’expression…

Zohra Bitan est une militante laïque, féministe, universaliste. Grande gueule dans la vie et sur RMC. Elle a une parole libre et courageuse. Ses prises de position lui valent régulièrement des menaces et des propos haineux sur les réseaux sociaux. Cette fois-ci c’est un journaliste qui, au mépris de toutes les règles déontologiques, non seulement l’a copieusement insultée mais a divulgué son adresse sur Twitter « pour lui donner une leçon ». Lorsqu’on sait que la fachosphère islamiste regorge de déments prêts à passer à l’acte sur un coup de sang, c’est une véritable incitation au meurtre. L’auteur de cet acte honteux est bien connu du monde médiatique. Militant engagé, proche de la France insoumise, Taha Bouhafs est à l’origine de la vidéo de la contrescarpe qui a déclenché l’affaire Benalla. Il est aussi l’auteur de la célèbre fake news de Tolbiac en avril 2018, lorsqu’il avait twitté la mort d’un étudiant par les forces de l’ordre « qui faisaient disparaître le sang pour ne laisser aucune trace. »

Il s’est récemment fait interpeller lors d’une manifestation de sans-papiers à Alfortville et s’est fait confisquer son portable qui est, de fait, son outil de travail. Cela lui vaut le soutien de près de 23 sociétés de journalistes et d’Amnesty International. Taha Bouhafs est-il devenu un intouchable ? C’est ce qu’on est en droit de penser au regard du communiqué la SNJ-CGT. Le syndicat des journalistes lui assure son total soutien malgré son comportement à l’encontre de Zohra Bitan. Au nom de la liberté d’expression. « C’est une question de principe, écrit le syndicat. Nous défendons le droit d’exercer librement le métier de journaliste en France. »

Taha Bouhafs n’est pas qu’un journaliste. Il a un agenda militant et des cibles. Mais au nom de la liberté d’expression, il a tous les droits. Ce serait dommage qu’un des grands pourfendeurs de la « dictature » macronienne soit entravé dans son travail pour l’information dont le peuple est si cruellement privé… Fake news, menaces, insultes, divulgation d’adresses. Le nouveau journalisme est en marche ?