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« Sea-Watch 3 » : « C’est maintenant qu’il faut inverser la destruction du droit et de l’humanité »

Saturday 20 July 2019, by siawi3

Source: https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/06/27/sea-watch-3-c-est-maintenant-qu-il-faut-inverser-la-destruction-du-droit-et-de-l-humanite_5482328_3232.html

« Sea-Watch 3 » : « C’est maintenant qu’il faut inverser la destruction du droit et de l’humanité »

Le Monde. Publié le 27 juin 2019 à 17h52 - Mis à jour le 27 juin 2019 à 18h03,

par Collectif

Dans une tribune au « Monde », plus de 700 personnalités appellent à défendre le bateau humanitaire contre les menaces de Matteo Salvini.

« Nous appelons le gouvernement italien à changer de politique et à laisser le Sea Watch 3 arriver à bon port, puis à continuer sa mission en sûreté »

Voici 14 jours – quatorze jours ! – que le Sea-Watch 3, le dernier des bateaux qui, pour le compte d’ONG humanitaires, opéraient en Méditerranée afin de sauver les passagers d’embarcations qui fuient l’enfer de Libye et cherchent à échapper aux griffes de ses garde-côtes, tournait au large de Lampedusa avec 42 hommes, femmes et enfants à bord, à la recherche d’un port de débarquement.

La capitaine Carola Rackete a lancé tous les appels de détresse. Elle a attendu le résultat de sa requête auprès de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, qui s’est défaussée sur les gouvernements, qui se sont cachés les uns derrière les autres. La situation devenait intenable et son devoir était clair : elle vient de décider d’entrer dans les eaux italiennes et de rejoindre Lampedusa, où toute une population continue de faire preuve d’une constance admirable dans l’hospitalité.

Les autorités italiennes qui se mettent hors-la-loi

En jargon maritime cela s’appelle « forcer le blocus ». Mais qu’on ne s’y trompe pas : la loi internationale, les principes fondamentaux du droit humanitaire, et la tradition des gens de mer sont avec elle. Ce sont les autorités italiennes qui se mettent hors-la-loi. Cependant, le ministre Matteo Salvini, véritable détenteur du pouvoir aujourd’hui en Italie, fulmine et menace : ayant passé un décret qui interdit l’abord des côtes italiennes, traîné en justice les élus et les associations qui sauvaient les vies et recensaient les disparus, bloqué dans les ports les bateaux affrétés par les humanitaires (comme le fait aussi la France), il menace de repousser par la force le Sea-Watch 3 ou de le confisquer.

Il ameute l’opinion de son pays contre les « illégaux »… Il faut le faire reculer, en joignant nos forces à celles des militants et des militantes qui, derrière l’association « Mediterranea » et d’autres, avec les paroissiens de Lampedusa, avec l’ex-maire de Riace, Mimmo Lucano, et d’autres, résistent à la barbarie et à l’abus de pouvoir de leur gouvernement.

Mais M. Salvini n’est pas seul et l’Italie fait partie d’un ensemble. Les autres pays de l’Union européenne et la Commission ont les moyens de le faire reculer au nom du droit des gens et des principes fondateurs de l’Union, ou de prendre des sanctions comme ils le font sur d’autres sujets. Ils ont les moyens de partager les charges (bien modestes) de l’accueil des réfugiés et de changer les règlements qui interdisent l’organisation des secours tout en alimentant les rumeurs absurdes d’invasion et de menace contre la sécurité de leurs citoyens.

Ils ont les moyens, immédiatement, de rétablir les opérations de sauvetage en mer par des équipages de marins et de volontaires. Au lieu de quoi nous assistons au concours le plus ignoble des lâchetés, des hypocrisies et des refus d’assistance qui sont autant de crimes dont l’histoire nous rendra responsables.

C’est maintenant qu’il faut inverser la destruction du droit et de l’humanité qui nous concerne tous. Nous appelons le gouvernement italien à changer de politique et à laisser le Sea-Watch 3 arriver à bon port, puis à continuer sa mission en sûreté. Nous appelons solennellement les gouvernements européens – dont le gouvernement français qui se targue d’être à l’avant-garde du combat contre le « nationalisme » et le « populisme » - à faire individuellement et collectivement le nécessaire pour qu’on cesse de mourir en masse dans ces eaux couleur de vin, que nous aimons à célébrer comme l’origine de notre civilisation. Honte à eux, honte à nous tous si, une fois de plus, l’humanité devait sombrer devant notre port.

Premiers signataires : Michel Agier, anthropologue (France) ; Pouria Amirshahi, éditeur de presse (France) ; Etienne Balibar, philosophe (France) ; Ludivine Bantigny, historienne (France) ; Marie-Laure Basilien-Gainche, professeur de droit (France) ; Manuela Bojadzijev, sociologue (Allemagne) ; Petar Bojanic, philosophe (Serbie) ; Saïd Bouamama, sociologue (France) ; Alima Boumediene Thiery, (avocate France) ; Claude Calame, historien anthropologue (France) ; Isolde Charim, philosophe (Autriche) ; Monique Chemillier-Gendreau, juriste (France) ; Dimitris Christopoulos, président de la Fédération internationale pour les droits humains (Grèce) ; Marie Cosnay, autrice (France) ; Edouard Delruelle, philosophe (Belgique) ; Daho Djerbal, historien (Algérie) ; Jean-Pierre Dubois, président d’honneur de la Ligue des droits de l’homme France) ; Mustapha El Miri, sociologue (France) ; Mireille Fanon-Mendes, Fondation Frantz Fanon, ex-experte de l’ONU (France) ; Eric Fassin, sociologue (France) ; Jean-Marc Ferry, philosophe (France) ; Geneviève Fraisse, philosophe (France) ; Ulrike Guerot, politiste (Allemagne) ; François Héran, démographe et sociologue (France) ; Srecko Horvath, philosophe (Croatie) ; Michel Husson, économiste (France) ; Ahmet Insel, politiste (Turquie) ; Rada Iveković, philosophe (France) ; François Julien-Laferrière, professeur de droit (France) ; Michal Kozlowski, philosophe, (Pologne) ; L’1consolable, rappeur (France) ; Justine Lacroix, politiste (Belgique) ; Christian Laval, sociologue (France) ; Geneviève Legay, militante associative (France) ; Jean-Marc Levy-Leblond, physicien (France) ; Pierre Macherey, philosophe (France) ; Gilles Manceron, historien (France) ; Philippe Mangeot, enseignant (France) ; Patrice Maniglier, philosophe (France) ; Giacomo Marramao, philosophe (Italie) ; Gustave Massiah, économiste (France) ; Stephane Maugendre, avocat (France) ; Sandro Mezzadra, politiste (Italie) ; Richard Moyon, militant RESF (France) ; Jean-Luc Nancy, philosophe (France) ; Antonio Negri, philosophe (Italie) ; Kalypso Nicolaidis, politiste (Royaume-Uni) ; Stefan Nowotny, philosophe (Royaume-Uni) ; Pablo Pillaud-Vivien, responsable éditorial de la revue Regards (France) ; Mathieu Potte-Bonneville, philosophe (France) ; Annie Pourre, militante associative France ; Teresa Pullano, politologue (Suisse) ; Jean-François Quantin, coprésident du MRAP (France) ; Josep Ramoneda, philosophe et journaliste (Espagne) ; Roshdi Rashed, philosophe, historien des sciences (France) ; Judith Revel, philosophe (France) ; Monique de Saint-Martin, sociologue (France) ; Isabelle Saint-Saens, militante associative (France) ; Luca Salza, maître de conférences à l’université de Lille (France) ; Diogo Sardinha, philosophe (France, Portugal) ; Peter Schöttler, historien (Allemagne) ; Vicky Skoumbi, rédactrice en chef de la revue Aletheia (Grèce) ; Barbara Spinelli, ancienne députée européenne (Italie) ; Ann Stoler, anthropologue (Etas-Unis) ; Philippe Tancelin, poète-philosophe-universitaire (France) ; Nadia Tazi, philosophe (Maroc) ; Rémy Toulouse, éditeur (France) ; Michel Tubiana, président d’honneur de la Ligue des droits de l’homme (France) ; Marie-Christine Vergiat, ancienne députée européenne (France) ; Frieder-Otto Wolf, philosophe (Allemagne)

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La liste complète des signataires est accessible en cliquant sur ce lien :
https://docs.google.com/document/d/1_XNKUvAtrmyCzMaMRRIqnC6NEL2W1begBwyX2frFcss/edit

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Source: https://www.lemonde.fr/international/article/2019/07/02/la-capitaine-du-navire-humanitaire-sea-watch-3-declaree-libre-par-la-justice-italienne_5484494_3210.html

Italie : La capitaine du « Sea-Watch 3 », Carola Rackete, a été libérée

Publié le 02 juillet 2019 à 21h20, mis à jour le 3 juillet à 09h53 :

par Jérôme GAUTHERET
Correspondant Rome

Le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, a aussitôt dénoncé l’attitude des juges, et annoncé que l’Allemande serait bientôt expulsée.

Les actions de la capitaine du Sea-Watch 3, Carola Rackete, entrée sans autorisation dans les eaux italiennes, puis dans le port de Lampedusa, samedi 29 juin, avec à son bord une quarantaine de migrants, relevaient donc de « l’accomplissement d’un devoir », celui de sauver des vies humaines. Cela justifie sa désobéissance aux ordres des autorités italiennes, après dix-sept jours d’errance en mer.

Mardi 2 juillet au soir, la juge Alessandra Vella, chargée des enquêtes préliminaires au tribunal d’Agrigente (Sicile), a tranché : après quatre jours aux arrêts domiciliaires et malgré les réquisitions du procureur, qui demandait la confirmation de cette mesure ainsi qu’une interdiction de séjour dans la province, la magistrate a décidé de rendre sa liberté à Carola Rackete.

Dans sa décision, la juge en a profité pour rappeler une évidence, qui s’était un peu perdue, ces derniers jours, dans le tourbillon de haine qui s’est abattu sur la jeune volontaire de l’organisation non gouvernementale (ONG) Sea Watch : le choix de débarquer les naufragés à bord de son navire à Lampedusa, dans la nuit de vendredi à samedi, allait de soi, la Libye et la Tunisie n’étant pas, aux yeux du droit de la mer, considérés comme des pays offrant des « ports sûrs ». Bref, Carola Rackete a certes désobéi, mais c’était dans le but de respecter le droit international, et les conventions signées par l’Italie.

La veille, durant trois heures, l’Allemande avait été entendue par les magistrats, au sujet des conditions de son entrée dans le port de Lampedusa. Accusée d’avoir violemment éperonné un bateau de garde-côte qui s’était placé sur le quai de façon à l’empêcher d’apponter, mettant ainsi en péril la vie de ses occupants – une accusation que les images elles-mêmes incitent à relativiser –, la capitaine s’est excusée et a plaidé l’erreur de manœuvre, due à l’inertie du navire.

« Grande victoire pour la solidarité »

Une heure après l’annonce de sa libération, le ministre italien de l’intérieur, Matteo Salvini, qui depuis des jours réclamait la prison pour la « criminelle » allemande, a diffusé une vidéo d’une durée très inhabituelle (près de vingt minutes) dans laquelle il semble peiner à contenir sa colère contre les juges. « Pour la magistrature italienne, ignorer les lois et éperonner une vedette de la guardia di finanza ne suffisent pas pour aller en prison », a-t-il dénoncé, avant de promettre pour la capitaine du navire humanitaire une expulsion à brève échéance vers l’Allemagne en raison de sa « dangerosité pour la sécurité nationale ».

Dans la soirée, la préfecture de Sicile a fait savoir que la mesure d’éloignement avait été préparée et signée, mais que dans tous les cas, celle-ci ne surviendra pas avant le 9 juillet, date d’une nouvelle audition par des magistrats dans le cadre d’une enquête pour « incitation à l’immigration clandestine » qui continue à peser sur Carola Rackete.

Plus loin dans son monologue, le ministre de l’intérieur et chef de file de la Ligue (extrême droite) poursuit ses attaques : « Elle retournera dans son Allemagne, où ils ne seraient pas aussi tolérants avec une Italienne si elle devait attenter à la vie de policiers allemands. (…) L’Italie a relevé la tête : nous sommes fiers de défendre notre pays et d’être différents des autres petits dirigeants européens qui pensent pouvoir encore nous traiter comme leur colonie. »

Dans un message diffusé sur les réseaux sociaux par l’ONG Sea Watch, la jeune Allemande a salué une « grande victoire pour la solidarité » et contre « la criminalisation de ceux qui aident, dans de nombreux pays d’Europe ». Victime d’insultes racistes et sexistes à son arrivée à Lampedusa, elle avait reçu, ces derniers jours, des marques de solidarité venues de toute l’Europe. Le ministre des affaires étrangères allemand, Heiko Mass, avait appelé à sa libération et réaffirmé son opposition à « la criminalisation du sauvetage en mer ».

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Source: https://www.lemonde.fr/international/article/2019/06/29/qui-est-carola-rackete-capitaine-du-bateau-humanitaire-sea-watch-3_5483290_3210.html

Portrait : Qui est Carola Rackete, la capitaine du bateau humanitaire « Sea-Watch 3 » ?

Publié le 29 juin 2019 à 22h22 - Mis à jour le 02 juillet 2019 à 16h11

par Jérôme GAUTHERET , Julia PASCUAL

Elle a été arrêtée pour avoir forcé le blocus imposé par le ministre d’extrême droite Matteo Salvini aux navires humanitaires secourant des migrants en Méditerranée.

Carola Rackete, capitaine du Sea-Watch 3, doit être présentée mardi 2 juillet devant les magistrats d’Agrigente (Sicile), pour la confirmation de sa mise aux arrêts domiciliaires (un contrôle judiciaire sous forme d’assignation à résidence), après avoir forcé le barrage du navire des douanes italiennes qui occupait le quai pour l’empêcher d’accoster dans la nuit de vendredi à samedi, après dix-sept jours d’errance en mer, au large de l’île de Lampedusa.

Le procureur d’Agrigente a qualifié son geste de « violence inadmissible », et placé la capitaine du navire humanitaire aux arrêts domiciliaires, avant le lancement d’une procédure de flagrant délit. Un qualificatif qui paraît assez exagéré au vu des images, mais cela n’a pas empêché le ministre italien de l’intérieur, Matteo Salvini, d’aller encore plus loin dans l’hyperbole, assurant que Carola Rackete a « risqué de tuer » dans sa manœuvre les forces de l’ordre, assimilant son geste à « un acte criminel, un acte de guerre ».

Dans un entretien publié dimanche par le Corriere della Sera, l’Allemande de 31 ans a affirmé avoir tout de suite présenté ses excuses pour avoir fait « une erreur » dans la manœuvre d’entrée dans le port, affirmant avoir agi ainsi en raison de la dégradation des conditions pour les 40 migrants à bord du navire, et plaidant l’erreur d’appréciation.

Sur le quai, la capitaine du Sea-Watch 3 avait été accueillie par une vingtaine de policiers qui l’ont aussitôt interpellée, et embarquée à bord d’une voiture. Elle a été saluée par des applaudissements nourris, mais aussi les insultes d’une poignée de militants d’extrême droite, conduits par l’ancienne sénatrice (Ligue du Nord) Angela Maraventano, qui hurlaient « les menottes ! », la traitaient de « cocue », de « criminelle » ou lui promettaient qu’elle serait « violée par ces Noirs ».

Depuis son arrestation, les manifestations de solidarité se sont multipliées en Italie et dans toute l’Europe. Dimanche, l’ONG Sea-Watch annonçait déjà avoir recueilli plus de 1 million d’euros, et les dons continuent à affluer.

Carola Rackete participe à des opérations de sauvetage en Méditerranée centrale depuis mai 2016. Elle a suivi la façon dont les ONG sont passées du statut de partenaires – des navires militaires européens – à celui d’indésirables, à mesure que la responsabilité des secours en mer était transférée aux garde-côtes libyens, à grand renfort de financements de l’Union européenne (UE).

La jeune Allemande s’est principalement engagée auprès de Sea-Watch mais elle a aussi œuvré pour l’ONG française Pilotes volontaires, dont le petit aéronef, le Colibri, réalise des opérations de recherche de canots de migrants en détresse au large de la Libye.

« Nos relations sont restées très professionnelles et j’ai pu voir que c’est quelqu’un de très compétent et de posé », se souvient Benoit Micolon, pilote français qui a fait plusieurs missions d’observation avec Carola Rackete. A l’automne 2018, Le Monde avait d’ailleurs suivi l’une d’elles.

Courageuse pour les uns, délinquante pour les autres

La jeune femme expliquait à l’époque qu’en tant qu’Allemande, elle avait un « rapport particulier à la frontière », des propos tenus quelques jours avant l’anniversaire de la chute du mur de Berlin. « Beaucoup d’Allemands ont disparu en essayant de traverser le mur », rappelait-elle.

Carola Rackete faisait aussi part de son envie de se réorienter vers des projets liés à la protection de l’environnement, ce qui correspond davantage à son parcours. Avant de remonter à bord du Sea-Watch 3, en juin, elle avait d’ailleurs été volontaire pour l’association française Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) et avait entamé une recherche sur la préservation de la nature dans des régions « post-soviétiques et polaires ».

Après avoir grandi à Hambühren (Basse-Saxe), la jeune femme a suivi un bachelor de sciences nautiques à l’université de Jade entre 2007 et 2011, à l’issue duquel elle a rejoint pendant plus de deux ans, comme officier de navigation, l’Institut allemand Alfred-Wegener pour la recherche polaire et marine.

Outre quelques missions pour une société de croisières de luxe, elle s’est rendue en Arctique avec un navire océanographique de l’ONG Greenpeace et a réalisé un service volontaire européen dans le parc naturel des volcans du Kamtchatka en Russie.

En 2015, elle reprend des études en Angleterre, à l’université Edge Hill, où elle obtient un master en management environnemental et rédige une thèse sur les albatros et les otaries en Géorgie du Sud. Après avoir travaillé pour l’opérateur national britannique en Antarctique (British Antarctic Survey), et quelques mois comme guide dans le Haut-Arctique pour un voyagiste spécialisé dans les expéditions polaires, elle a rejoint la Méditerranée en 2016, devenue la voie migratoire la plus dangereuse du monde.

Désormais, à la faveur d’un duel mis en scène par le ministre d’extrême droite Matteo Salvini, qui l’a désignée comme une femme se sentant coupable d’être « riche, blanche, allemande » et qui ferait mieux « d’aider chez elle les personnes âgées et les handicapés », la jeune capitaine aux longues dreadlocks est en passe de devenir un symbole. De courage pour les uns, de délinquance pour les autres. En tout cas du drame qui se joue toujours en Méditerranée centrale, où plus de 15 000 personnes ont péri depuis 2014.

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Source: MEDIAPART BLOG : LE BLOG DE CENTRE DE RECHERCHE ET D’INFORMATION POUR LE DÉVELOPPEMENT. 1 JUIL. 2019

Après l’arrestation en Italie de la Capitaine Carola Rackete :

Contre la criminalisation des exilé.e.s et de leurs soutiens !
Manifestation le 3 juillet à Paris

mardi 1 juillet 2019

160 associations, syndicats, collectifs citoyens, appellent à se rassembler le mercredi 3 juillet à 18h, place de la bataille de Stalingrad à Paris, pour dénoncer une atteinte inqualifiable aux droits humains les plus fondamentaux et soutenir l’ensemble des personnes exilées et leurs soutiens

La nuit du samedi 29 juin, Carola Rackete a été arrêtée par la police italienne après avoir accosté avec son navire dans le port de Lampedusa. A son bord, 42 personnes secourues dans les eaux internationales au large de la Libye.Après 17 jours d’errance en Méditerranée, la capitaine du Sea Watch 3 a pris la décision d’entrer sans autorisation dans le port, bravant ainsi les interdits du gouvernement italien et le silence de l’Union Européenne.

Elle l’a fait parce qu’il y a quelque chose au-dessus des lois immorales promulguées par le ministère de l’intérieur italien et de la lâcheté meurtrière de l’Union Européenne. Au-dessus, il y a l’humanité et le respect des droits fondamentaux. Carola Rackete a fait le choix de l’humanité. Elle et son équipage ont choisi de sauver 42 femmes et hommes exilé·e·s, condamné·e·s à se noyer au milieu de la méditerranée, ou à être torturé·e·s, violé·e·s, enfermé·e·s.

En niant le droit de ces personnes d’être secourues, l’Italie se rend complice de l’enfer qu’est devenue la Libye aujourd’hui pour les personnes exilées. En fermant les yeux et en se déresponsabilisant, la France se rend tout autant complice. En militarisant ses frontières et en déléguant l’accueil des personnes à des pays tiers, l’Union Européenne est responsable du délitement de leurs droits. En refusant d’intervenir, la Cour Européenne des Droits de l’Homme devient complice de cette atteinte aux principes les plus fondamentaux de notre humanité.

Exigeons que les personnes sauvées et que tou·te·s les exilé·e·s soient protégé·e·s et que leurs droits soient respectés. Exigeons que tous bateaux avec à leur bord des enfants, des femmes et des hommes en danger soient accueillis dans tous les ports de l’Union Européenne.

Exigeons la libération immédiate et la levée des sanctions contre Carola Rackete, Pia Klemp et tout l’équipage du Sea Watch 3, symboles d’une humanité qui nous donne à toutes et tous, chaque jour, l’espoir et la détermination.

Nous appelons toutes les organisations, citoyen.ne.s, personnalités engagées, à se rassembler le mercredi 3 juillet à 18h, place de la bataille de Stalingrad à Paris, pour dénoncer une atteinte inqualifiable aux droits humains les plus fondamentaux et soutenir l’ensemble des personnes exilées et leurs soutiens.

Plus d’infos sur le rassemblement disponibles ici :
https://www.facebook.com/events/636992196820348/

Signataires : 350.org ; ACAT-France ; Accueil de merde ; ACDA (Agir pour le changement et la démocratie en Algérie) ; ActionAid France - Peuples Solidaires ; AHSETI LE HAVRE ; AID (Association Initiatives Dionysiennes) ; Aitec, Alternative Espaces Citoyens (Niger) ; AMDH Maroc ; amorces ; Anafé ; APICED ; ASBL Na’oura Bruxelles ; ASOCIACION ELIN ; Association d’Acceuil des Demandeurs d’Asile de Mulhouse ; Association Encrages ; Association Européenne pour la Défense des Droits de l’Homme ; ASSOCIATION HENRI PEZERAT ; Association La Boussole ; Association Survie ; Attac France ; ATTAC local Reims ; Attac Savoie ; Autres Brésils ; Bagaérue ; Bani Street ; CADTM International ; Carre Geo & Environnement France ; CCFD-Terre Solidaire ; Centre Primo Levi ; Cercle du Silence ; CGT ; Chemins Pluriels ; CIBELE ; Colectivo Editorial Crisis - Argentine ; Collectif « Changer de Cap » ; Collectif « Les Voisins Solidaires »MEZY-sur-SEINE) ; Collectif « Migrants : changeons notre regard ! » (Antony) ; Collectif amiènois des sans-papiers ; Collectif Argentin pour la Mémoirecollectif ; CGT migrants 31 ; Collectif de Défense des Droits et Libertés des Etrangers (Besançon) ; Collectif de Défense des Jeunes du Mantois ; Collectif de soutien de l’EHESS aux sans papiers et aux migrant-es ; Collectif Exilés 51 ; Collectif Justice & Libertés 67 ; Collectif Loire « Pour que personne ne dorme à la rue » ; Collectif Migrants Var Est ; Collectif pour une Nation Refuge ; Collectif Vigilance pour les droits des étrangers (Paris 12e) ; Comité de Vigilance pour la Démocratie en Tunisie ; Comité de Vigilance pour la Démocratie en Tunisie (Belgique) ; Comité des Sans Papiers 59 ; Comité local ATTAC Rennes ; Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie - CRLDHT ; Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT) ; Comité sud 54 du Mouvement de la Paix ; Confédération Paysanne ; Coopérative EELV ; Coordination SUD ; CRID ; CSP75/CISPM ; DIEL ; Droit Au Logement - DAL ; Du Collectif Malgré Tout ; Earth Strike ; FranceEmmaüs ; EuropeEmmaüs ; FranceEmmaüs InternationalEncuentro de Profesionales contra la Tortura ; Enercoop ; Etudiants et Développement ; ENSEMBLE ; Ensemble & Solidaires ; Union Nationale des Retraités et des Personnes Âgées - Fédération de Paris ; Etats Généraux des Migrations ; Etats Généraux des Migrations-Paris (EGM Paris) ; Etats Généraux des Migrations 33 ; Europe solidaire sans frontières (ESSF) ; FASTI - Fédération des Associations de Solidarité avec Tou-te-s les Immigré-e-s ; Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR) ; Féministes contre le cyberharcèlement ; FIDH ; Fondation Copernic ; Fondation un monde par tous ; FORIM ; France Amérique Latine ; France Libertés- Fondation Danielle Mitterrand ; FTCR ;Ganges Solidarités ; GAS (Groupe Accueil et Solidarité) ; GISTI (groupe d’information et de soutien des immigré.es) ; Grdr - Migration citoyenneté Développement ; Groupe Non-Violent LOUIS LECOIN ICARE 05 ; Immigration Développement Démocratie ; IRD ; La Cimade ; La Cimade 43 ; La Divagante ; La Ville en Commun ; L’Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie - L’ACORT ; L’Auberge des Migrants ; Les Amis de la Terre France ; Les midis du mie Paris ; Ligue des droits de l’Homme (Landes) ; Ligue des droits de l’Homme (National) ; Ligue des Droits de l’Homme (Mulhouse) ; Montagne Accueil Solidarité ; Montreuil Ecologie ; Mouvement de la Paix ; Mouvement des Progressistes ; Médecins du Monde France ; Mouvement pour l’Economie Solidaire ; MRAPNO ; Vox International ; Nouvelle Jungle - Lille ; Oxfam France ; OSIRIS ; Paris d’Exil ; PDS : petits déjeuners solidaire ; PEPS et Sociale (Pour une Ecologie populaire et sociale) ; Red Acoge ; Rencontres avec le Tiers Monde (RTM) ; Rencontres et Débats Autrement ; Réseau Chrétien - Immigrés ; Réseau Euro-Maghrébin Citoyenneté et Culture (REMCC) ; Réseau Féministe « Ruptures » ; Réseau Roosevelt Paris - IdF ; RESF ; RESF 33 ; RESF 5-13 ; RESF 54 ; RESF Paris ; RESF 43 ; RESOME ; RITIMO ; RUSF Paris 8 ; SANG POUR DANS ; Secours Catholique - Caritas France ; Sherpa ; Solidarite Migrants Oise ; Solidarite Migrants Wilson ; SOS Racisme ; Syndicat ASSO - Solidaires ; Syndicat des Avocats de France ( SAF) ; THOT (Ecole diplômante de français pour les réfugiés et demandeurs d’asile) ; Tous migrants ; UFSE-CGT ; UJFP Union Juive Française pour la Paix ; UL CGT Brétigny sur Orge ; Union des Tunisiens pour l’Action Citoyenne (UTAC) ; United Migrants ; Urgence Welcome ; Utopia 56 ; Voisins Solidaires ; Welcome-Franois-Serre ; Zone de Solidarité Populaire Paris 18e.