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Prostitution : LETTRE OUVERTE adressée aux hommes de gauche

La prise de position d’AI en faveur des droits des prostitueurs

samedi 20 juillet 2019, par siawi3

Toutes les versions de cet article : [English] [français]

Source : https://tradfem.wordpress.com/2019/07/19/lettre-ouverte-adressee-aux-hommes-de-gauche/

LETTRE OUVERTE adressée aux hommes de gauche

par le groupe NORDIC MODEL NOW

19.07.19
Traduction Tradfem

Il y a environ un an, notre organisation, Nordic Model Now a été invitée à proposer une conférencière pour une réunion de circonscription du Parti travailliste qui se proposait de débattre de leur politique en matière de prostitution. Rebecca Mott, militante survivante, a accepté d’y prendre la parole et j’y ai été pour la soutenir. Son discours s’est avéré puissant et a clairement fait en sorte que certaines personnes voient la prostitution différemment. Voici un très court extrait de ce qu’elle a dit :

« Je ne faisais que de la prostitution à l’intérieur — la façon sécuritaire d’être prostituée, selon un mythe répandu. J’ai découvert à mes dépens que ce n’était jamais sûr, seulement un peu moins pénible de temps à autre. Parce qu’être en prostitution pratiquée derrière des portes closes, c’est être placée dans une pièce avec une série d’étrangers autorisés. La liberté de choix, ce sont les prostitueurs qui l’ont. Chacun peut choisir d’être aussi violent qu’il le désire ou faire semblant d’être le chic type. Il sait en effet que sa violence n’aura aucune conséquence, et qu’il n’y aura aucune ingérence extérieure. »

Après le débat, les membres de cette circonscription ont été invité-e-s à voter sur une motion demandant d’appuyer le modèle nordique. Le vote s’est fait à main levée. J’étais assise à l’avant, je me suis retourné et j’ai été confronté à une succession de rangées d’hommes, chacun d’entre eux la main levée, votant contre la motion. J’ai ressenti une sorte de rage. Comment pouvaient-ils ne pas tenir compte de ce que Rebecca venait de dire au sujet des terribles répercussions de la prostitution sur sa vie ? Et de la sagesse des autres femmes qui avaient parlé en faveur de la motion ?

Et comment pouvaient-ils tomber dans le panneau des réponses simplistes et de la désinformation promulguée par les opposants de la motion, qui réclamaient tous une décriminalisation intégrale de tout le commerce du sexe, y compris les proxénètes, les tenanciers de bordels et les prostitueurs ? Les hommes aux mains levées croyaient-ils réellement que la dépénalisation des proxénètes conférerait plus de sécurité aux femmes ? Avaient-ils pris le temps de se demander comment cela rendrait les femmes plus en sécurité ? Personne n’a expliqué cela. Ils ne le font jamais. Parce que de réelles études menées dans les pays qui ont suivi cette voie n’ont pas révélé que les femmes étaient soudainement et miraculeusement en sécurité.

Depuis ce soir-là, je parle à ces hommes dans ma tête. Récemment, j’ai pensé qu’il était temps de me sortir ça de la tête et de le mettre sur papier. Ou plutôt sur Internet.

Voici donc mon message à ces hommes. Et à tous les autres hommes de gauche - que vous soyez du Parti travailliste, des Verts ou des Libéraux démocrates, ou que vous fassiez partie du mouvement Extinction Rebellion, de la Campagne pour le désarmement nucléaire, ou d’autres partis. Quelle que soit votre affiliation, j’imagine que c’est parce que vous êtes soucieux du genre de monde dans lequel nous vivons. Vous en avez assez des guerres et du commerce des armes. Vous êtes peut-être socialiste. Vous voulez que les choses soient organisées plus équitablement. Vous voulez que l’environnement et le monde naturel soient protégés et préservés pour les générations futures.

Je veux que vous réfléchissiez à la place de la prostitution dans ce monde.

Dans l’Angleterre victorienne, le système était tellement biaisé à l’égard des femmes que pour beaucoup d’entre elles et surtout pour celles qui n’étaient pas mariées ou employées comme domestiques, il n’y avait pas d’autre solution réaliste que la prostitution pour garder un toit au-dessus de leur tête et de la nourriture sur la table. Pensez-vous que ces femmes auraient choisi cette condition autrement ? Vraiment ? Veuillez ne pas vous faire d’illusions, s’il vous plaît.

Les syndicats et le mouvement syndical se sont battus pour obtenir de meilleures conditions. Pour une journée de travail plus courte, des vacances, des normes de sécurité, un salaire familial. Et, en fin de compte, de meilleurs salaires et de meilleures occasions de travail pour les femmes aussi. Voilà l’héritage, la victoire du mouvement syndical au Royaume-Uni.

Mais si nous dépénalisons l’industrie du sexe, les conditions de l’Angleterre victorienne seront recréées comme point d’aboutissement des femmes. Parce que dépénaliser l’industrie du sexe, c’est dire que la prostitution n’est qu’un métier comme un autre. Et si ce n’est qu’un métier comme un autre, les femmes pauvres n’auront d’autre choix que de l’accepter. C’est comme ça que ça marche et si vous pensez le contraire, vous vous faites des illusions.

Alors à quoi sert la prostitution ?

Ils disent que le « travail du sexe » n’est qu’un emploi. Qu’il n’est pas différent de tous les autres boulots merdiques que les pauvres ont à faire. Mais pensez-y bien. Ces emplois apportent `la société quelque chose d’utile, quelque chose dont celle-ci a réellement besoin, même si ce n’est qu’un café ou la livraison d’un colis. Et ces emplois n’obligent pas les femmes à se déshabiller pour que les hommes puissent les tâtonner et leur enfoncer la bite dans le corps.

Mais la prostitution — qu’est-ce qu’elle crée pour la société ? À quel besoin social répond-elle ?

Je pense que vous savez tous qu’il ne s’agit pas d’orgasmes pour les hommes — parce que vous savez que vous pouvez vous en occuper vous-mêmes. Non, c’est une question d’ego et de flatterie pour les hommes, un problème d’hommes autorisés à faire ce qu’ils veulent, parfois de façon très brutale. En d’autres termes, il s’agit du droit des hommes, de nourrir ce droit des hommes à faire comme bon leur pense.

Et à quoi est associé ce droit des hommes ?

Ce droit est associé à la violence masculine, à la surévaluation de la contribution des hommes et à la sous-évaluation de celle des femmes, aux guerres, à l’extraction capitaliste extrême des ressources naturelles, etc. À peu près tout ce dont vous décrivez probablement comme préoccupant.

Alors, est-ce vraiment ce que vous voulez encourager ? Est-ce que le fait de consigner les femmes à des conditions d’exploitation et de violence sexuelle, tout en flattant les hommes qui les utilisent va aider à créer un monde meilleur ? Vraiment ?

Pensez-y bien.

La dépénalisation complète de l’industrie du sexe équivaut à capituler devant tout ce qu’il y a de pire dans l’humanité. Cela ne protège aucunement les femmes.

Si nous voulons vraiment un monde meilleur, vous, les hommes, devez affronter la vérité. Les droits des hommes, les droits sexuels des hommes, la domination masculine ne sont pas compatibles avec un monde humain, équitable et sécuritaire sur le plan de l’environnement.

Si nous voulons un monde plus égalitaire et plus juste, nous devons changer le droit pour qu’il ne consacre plus le « droit » des hommes d’acheter un accès sexuel aux femmes et aux filles.

Nous devons établir clairement que l’achat d’un accès sexuel est hors de question. Et nous devons offrir de bien meilleures options aux femmes et aux filles.

C’est la raison d’être du Modèle nordique. Ne laissez personne vous convaincre du contraire.

°°°

Source : https://tradfem.wordpress.com/2019/06/26/huschke-mau-du-reseau-ella-commente-une-manifestation-damnesty-allemagne-contre-des-survivantes-de-la-prostitution/

Huschke Mau, du Réseau ELLA, commente une intervention d’Amnesty contre des survivantes de la prostitution

Abolissimo / 26/06/2019

L’événement tenu au Leipziger Museum der Bildenden Künste, auquel nous, du Réseau Ella, sommes venues parler de prostitution, a fait l’objet d’une manifestation de protestation avant notre arrivée. Parce qu’il est apparemment IMPOSSIBLE et INSUPPORTABLE que des femmes prostituées parlent de la prostitution. Inacceptable, en effet ! L’un des groupes parmi les manifestants réunis par la Berufsverband erotische und sexuelle Dienstleistleistungen (Association professionnelle des services érotiques et sexuels, etc.) était AMNESTY ! Amnesty ne veut apparemment pas de prise de parole par les personnes réellement affectées par cet enjeu.

Poster : amnesty except if a john pays

Cela n’est pas surprenant, car Amnesty nous a sacrifiées depuis plusieurs années, nous les femmes qui sommes dans la prostitution, quand ils ont exigé une dépénalisation complète du « travail du sexe » et ont EXPLICITEMENT INCLUS DANS CETTE CATÉGORIE LES ACHETEURS, LES TRAFIQUANTS ET LES PROXÉNÈTES. Leur justification était que tout être humain est censé avoir droit à du sexe et que ce serait un acte de DISCRIMINATION que d’interdire aux hommes d’en acheter. Ce qui est clair pour nous, c’est qu’il existe un droit à la sexualité de chacun-e, mais qu’il n’existe aucun droit à ce que quelqu’un d’autre soit mis à disposition pour cela.

De plus : Quiconque soutient l’impunité des acheteurs, des proxénètes et des trafiquants n’est pas AVEC nous, prostituées, mais CONTRE NOUS. Nous avons également une vision critique des propos exprimés par des spectateurs aujourd’hui. Une femme se disant « chercheuse » nous a catégorisées comme étant « beaucoup trop émotives ». Son message implicite était, « Vous n’êtes que des perdantes, des victimes mentales, qui ne pouvez que pleurer et renifler, alors que moi, en bien moi, je peux réfléchir. » Or, surprise !, nous pouvons réfléchir nous aussi. (Et certaines d’entre nous, en passant, sont également des chercheuses.) Accuser les femmes d’être « trop émotives » est le cliché le plus rebattu du patriarcat. Vous vous plaignez que nous « jouons les victimes ici », mais c’est vous qui nous réduisez à notre statut de victime, c’est vous qui dites que nous ne sommes que des putes, incapables de réflexion ou d’analyse politique. Par contre, ce mépris infini à l’égard des femmes ne nous surprend pas du tout.

Poster : amnesty penis

Et puis, enfin, se faire dire que nous sommes racistes, parce que nous attirons votre attention sur les CONDITIONS CONCRÈTES dans lesquelles les femmes des pays européens les plus pauvres doivent être prostituées ici !… Ces CONDITIONS CONCRÈTES sont racistes et nous les dénonçons, alors que de votre part, pas une syllabe à ce sujet. C’est seulement le fait que nous formulons ces critiques À VOIX HAUTE qui vous embête. Ce qui se passe ici en Allemagne est la pire forme de colonialisme. Des femmes du sud-est de l’Europe doivent sucer des bites d’hommes allemands pour survivre, et PAS UNE PAROLE de votre part à ce sujet. Mais énoncer clairement ce fait est raciste ? Je ne sais pas ce que vous sniffez, mais je vous suggère d’arrêter.

Clients aux portes du Paradise
Prostitueurs aux portes d’un « Paradise Club ». Lire à ce sujet l’issue d’un procès intenté au propriétaire de ce bordel : https://tradfem.wordpress.com/2019/06/22/trouble-in-paradise-lascension-et-la-chute-du-roi-des-bordels-allemands/

Vous ne nous surprenez pas. Mais nous sommes surprises que vous vous appeliez encore une organisation de défense des droits de la personne. Soyez honnêtes et qualifiez-vous d’ORGANISATION DE PROSTITUEURS ET DE MACS.

Celles dont vous avez protesté contre la présence ici étaient des prostituées parlant de la prostitution.

Pour nous, Amnesty a perdu toute crédibilité.

Amnesty, va te faire foutre !

Huschke MAU, du Réseau ELLA

Version originale allemande et traduction en diverses langues : https://huschkemau.de/

et

Rzeau ELLA : https://netzwerk-ella.de/

Traduction : TRADFEM. Tous droits réservés à Huschke MAU.

°°°

Source : https://tradfem.wordpress.com/2019/07/20/les-femmes-vous-avaient-prevenus-la-cause-de-droits-de-la-personne-intentee-par-j-yaniv-est-le-resultat-inevitable-de-lideologie-entourant-la-notion-didentite-de-genre/

Les femmes vous avaient prévenus : la cause de droits de la personne intentée par J. Yaniv est le résultat inévitable de l’idéologie entourant la notion d’identité de genre.

Meghan Murphy

20.07.19 Il y a 9 heures

Les femmes avaient mis en garde les médias, les politiciens, les activistes et le public contre les répercussions de l’idéologie et de la législation entourant l’identité de genre. Et maintenant que ces répercussions se réalisent en temps réel, tous ceux qui ont été mis en garde demeurent silencieux.

Dans ce texte publié sur Feminist Current le 18 juillet 2019, l’éditrice Meghan Murphy lève le silence.

Ill women warned you

Bizarrement tout le mouvement queer, la gauche et tous les médias grand public ont discrètement fermé les yeux sur le spectacle absolument scandaleux qui s’est déroulé au Tribunal des droits de la personne de la Colombie-Britannique ce mois-ci. (Une simple citoyenne, @goinglikeelsie, a été seule à en rendre compte sur son fil Twitter.)

Bizarrement, les journalistes qui couvrent l’actualité du monde queer ont préféré ne pas faire leur travail, malgré le fait que ces audiences n’ont lieu qu’en raison des progrès réalisés par le mouvement queer dans sa lutte pour ns nos lois l’idéologie de l’identité sexuelle.

Je trouve également bizarre que des gens qui se disent incroyablement préoccupés par les femmes « méprisables » qui osent soulever les incidences de permettre à des hommes de s’identifier comme femmes n’aient pas réussi à trouver le temps de commenter le cas d’une personne qui a porté plainte pour offense aux droits de la personne contre 16 femmes pour avoir refusé d’épiler ses organes génitaux, en affirmant que cela constitue de la discrimination fondée sur l’identité sexuelle.

Bizarrement, des médias qui disposent des moyens financiers et du personnel nécessaires pour couvrir cette affaire en ont laissé le soin à des journalistes indépendants, qui sont beaucoup plus vulnérables et beaucoup plus pauvres qu’eux en termes de ressources.

Curieusement, une femme très en vue qui avait tweeté activement au sujet de la plaignante, Jessica (anciennement Jonathan) Yaniv, a récemment été bannie définitivement de Twitter. Bizarrement, une autre femme très en vue (coucou !) qui a identifié sur Twitter Yaniv comme l’auteur de ces démarches a également été interdite d’accès à ce réseau social.

Bizarrement, c’est précisément le genre d’abus dont les femmes ont essayé d’avertir les décideurs, les médias, les activistes et le public comme conséquences inévitables de l’idéologie de l’identité de genre et de son inscription dans la loi ; mais ce fait est entièrement passé sous silence par ceux qui ont ainsi été avertis.

Bizarrement, il s’avère que l’idéologie de l’identité de genre nuit bel et bien aux femmes, après tout.

Hier, le bulletin The Post Millennial a signalé que plus d’une des femmes traînées par Yaniv devant le Tribunal des droits de la personne pour refus de lui accorder une épilation du maillot a été forcée de fermer son commerce à cause de cela. Plusieurs des femmes contre qui Yaniv a intenté des plaintes sont des immigrantes pour qui l’anglais est une langue seconde. Jay Cameron, avocat au Justice Centre for Constitutional Freedoms (JCCF), qui représente trois des femmes contre qui JY a déposé des plaintes pour violation des droits de la personne, dont Maria Da Silva, une immigrante brésilienne qui travaillait à son domicile (où des enfants sont présents), a déclaré au juge du tribunal que Yaniv visait spécifiquement les femmes de minorités ethniques et religieuses.

Bizarrement, les journalistes attentifs au thème de la « diversité » et les militants qui se targuent de défendre spécifiquement les minorités ne disent pas un mot de cette affaire.

La plainte de J. Yaniv ne tient pas la route, et ce pour différentes raisons. L’une est, simplement, que l’épilation à la cire des organes génitaux masculins diffère de celle des organes génitaux féminins. John Carpay, président du FCCC, explique qu’un témoin expert (« AB ») ayant 29 ans d’expérience en épilation à la cire, qui exploite un salon d’épilation pour hommes seulement et enseigne également dans une école d’esthétique réputée, a déclaré lors de sa comparution que « la cire idéale utilisée pour les organes génitaux masculins est différente parce que la peau est très mince et que l’épilation peut causer des blessures si elle est mal faite ».

Au-delà de cela, il y a des problèmes de sécurité pour les esthéticiennes — en particulier pour les femmes qui travaillent seules et à domicile. Carpay écrit :

« AB a commencé par fournir des services chez elle et a discuté des risques associés à cette situation. Pour épiler un client masculin, AB doit manipuler son scrotum et la tige de sa verge. Beaucoup d’hommes ont alors une érection. Certains hommes réclament un rapport sexuel et, quand on le leur refuse, certains se fâchent. AB elle-même a été traitée de “chienne”, de “salope” et pire encore. »

Il existe de très bonnes raisons pour lesquelles les femmes ne veulent pas se trouver seules avec des inconnus dénudés. Et la plupart des gens sains d’esprit comprennent qu’une femme ne devrait pas être forcée de toucher contre son gré aux parties génitales d’un homme. Mais lorsqu’on en vient à parler, comme le prétend le mouvement transactiviste, d’un « pénis féminin », certains principes très simples et évidents deviennent soudain indéfendables. Soudain, le droit des femmes à dire « non », à imposer leurs limites, à se protéger et à protéger leurs espaces, à comprendre qu’un pénis appartient à un homme et non à une femme, cesse de pouvoir être défendu.

***
J’ai été invitée en mai à prendre la parole au Parlement écossais, aux côtés de la militante féministe et fondatrice de la Vancouver Women’s Library, Bec Wonders, et de Joan McAlpine, députée du Scottish National Party, afin de discuter de la situation juridique de ce qu’on appelle l’identité de genre au Canada et d’avertir les politiciens des répercussions qui en résultaient pour les femmes. J’ai alors dit :

« Rien de tout cela n’a rapport à de la transphobie. Il s’agit d’hommes et il s’agit de femmes qui ont le droit de dire non aux hommes. Le droit de ne pas se laisser intimider et tyranniser pour avoir osé penser d’abord à leur sécurité, leurs droits et leurs sentiments.

“Nous nous trouvons dans une situation où non seulement nous permettons aux hommes de dicter ce qu’est une femme, mais nous leur permettons aussi de détruire très rapidement, sans aucun débat public, les droits que les féministes ont obtenus de haute lutte. Nous mettons des femmes et des filles en danger de peur d’offenser les sentiments d’une infime minorité de gens. Et ce encore une fois sans débat public. Nous permettons que des femmes soient congédiées, menacées, harcelées, diffamées, réduites au silence, intimidées, ostracisées et même battues au nom de sentiments masculins. Et je refuse d’accepter ou de répéter sous la menace certains mensonges — surtout quand ces mensonges sont clairement nuisibles. Nous pouvons soutenir les droits et la dignité des personnes et leur fournir les services dont elles ont besoin sans sacrifier pour cela les droits des femmes.”

J’ai été menacée d’innombrables fois, insultée d’innombrables fois et calomniée d’innombrables fois. Ce site web a fait l’objet de cyberattaques massives, presque ininterrompues, depuis janvier dernier (nous avions connu des attaques similaires auparavant, mais aucune n’avait été aussi massive et implacable). J’ai reçu un appel du poste de Gendarmerie royale de Langley, également en janvier, pour m’informer que “quelqu’un” avait dénoncé Feminist Current pour propos haineux. J’ai reçu des appels téléphoniques inquiétants et sexualisés.

Mes causeries font régulièrement l’objet de manifestations hostiles (à Vancouver, 250 protestataires ont entouré le deuxième événement, “Gender Identity & Women’s Rights” #GIDYVR, où nous abordions l’identité sexuelle et les besoins des enfants. Nous avons dû embaucher notre propre équipe de sécurité, tout comme l’endroit qui nous accueillait, et la police a dû y assister afin de protéger les conférencières et l’auditoire.)

Il est peu probable que je puisse un jour trouver un emploi, au sens normal du terme, certainement pas dans les médias canadiens. J’ai perdu des amis. Je crains pour ma sécurité. Je ne suis pas la seule femme à avoir vécu ces choses, du simple fait de comprendre qu’il n’existe pas de “pénis féminin” et que permettre à des hommes de s’identifier comme “femme” met en danger les femmes et annule les droits des femmes fondés sur leur sexe. Je ne suis pas la seule personne qui voit que ce mouvement, soutenu par des politiciens “progressistes”, encouragé par les médias, et poussé dans nos gorges sous la menace par des activistes qui se prétendent de gauche, défait le travail accompli par des féministes depuis des décennies pour protéger les femmes.

Bizarrement, tout ce que nous avons dit était vrai. Et bizarrement, les responsables n’en disent rien.

°
photo Meghan C-16Meghan Murphy

Version originale : https://www.feministcurrent.com/2019/07/18/women-warned-you-yanivs-human-rights-tribunal-case-is-natural-result-of-gender-identity-ideology/

Traduction : TRADFEM

NOTE DES TRADUCTEURS : La décision du Tribunal des droits de la personne de Colombie-Britannique est censée n’être rendue que dans quelques semaines, mais deux textes vigoureux publiés le 19 juillet dans The National Post viennent tout juste de briser la loi du silence : https://bit.ly/2XV23fJ et https://bit.ly/32FDjXy