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France : Rokhaya Diallo dans les pas de Jean-Marie Le Pen ?

La gauche décoloniale colonise le monde

vendredi 13 septembre 2019, par siawi3

Source : https://www.causeur.fr/rokhaya-diallo-jean-marie-le-pen-genocide-polemique-165735

Rokhaya Diallo dans les pas de Jean-Marie Le Pen ?

Elle projette un éclairage surprenant sur la plus grande tragédie du siècle dernier

par Benoît Rayski

13 septembre 2019

Rokhaya Diallo a une façon très novatrice de raconter Auschwitz

En son temps, Jean-Marie Le Pen déclara que le génocide juif était « un point de détail » dans l’histoire du XXe siècle. C’était passablement infâme. On en parla beaucoup. Rokhaya Diallo a contourné cet écueil. Et a trouvé un « détail » auquel personne, avant elle, n’avait pensé. Selon la militante, il n’y a pas eu de génocide juif, parce que les Juifs n’ont pas été exterminés « en tant que groupe ». Elle précise, répondant à ses détracteurs, que les Juifs n’ont pas été anéantis, en « raison de la couleur de leur peau ». En effet, les Juifs étaient bêtement blancs ! Que n’ont-ils eu l’idée d’être verts, bleus ou rouge ? Dans ce cas, la charmante Rokhaya Diallo aurait reconnu leur génocide…

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Rokhaya Diallo nous ressort presque le point de détail

Alors suivons, ou plutôt essayons de suivre, son raisonnement. S’ils n’ont pas été exterminés en tant que « groupe » c’est qu’il y avait d’autres excellentes raisons pour les massacrer. Certains d’entre eux ont vraisemblablement été tués parce qu’ils descendaient des assassins du Christ. D’autres, parce qu’ils avaient des ancêtres usuriers. Citons pour mémoire ceux qui étaient banquiers, communistes, sionistes. Les tailleurs incompétents et escrocs. Les barbus qui contre-venaient à l’hygiéniste hitlérien. Et tous les autres dont il fallait bien se débarrasser car ils obstruaient méchamment le chemin qui menait vers les chambres à gaz.


Zineb El Rhazoui
‏Compte certifié @ZinebElRhazoui

Nier l’extermination des juifs « en tant que groupe », c’est nier la qualification même de génocide. Les propos négationnistes de @RokhayaDiallo doivent alerter sur les dérives idéologiques graves qui animent la mouvance #racialiste dont elle est la porte-parole. #genocidedenial

Pour Rokhaya Diallo, quand les blancs assassinent des blancs, il ne peut y avoir génocide. Il ne peut y avoir génocide que quand des blancs tuent des noirs. On ne connaît pas son point de vue sur le génocide arménien. Peut-être pense-t-elle qu’il s’agissait d’une lamentable querelle entre des blancs turcs et des blancs arméniens ? Là où son cheminement de pensée va rencontrer une énorme difficulté, c’est à propos du génocide Rwandais. 500 000 morts, ce n’est pas rien. Des noirs massacrés par des noirs. Comment pourrait-on en parler ? Une tuerie tribale ? Non, ce serait stigmatiser l’Afrique qu’elle aime tant.

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Alors, il lui reste la possibilité de rejeter la faute du crime sur l’ex-colonisateur belge qui aurait chauffé à blanc la haine des Hutus contre les Tutsis. Les noirs sont, comme nul ne peut l’ignorer, de grands enfants que les blancs, sournois et retords, manipulent à souhait. Mais tout ça est beaucoup trop compliqué. Il y a plus simple : les Tutsis n’ont pas été exterminés en raison de la couleur de leur peau, donc il n’y a pas eu génocide. Génial, non ?

P.S : Vous vous demandez sans doute pourquoi on parle si peu du détail Rokhaya Diallo alors qu’on a fait tant de bruit autour du point de « détail » de Jean-Marie Le Pen ? C’est tout simplement parce qu’elle est noire et qu’elle ne peut en aucune manière être raciste.

°°°

Source : https://www.causeur.fr/la-gauche-decoloniale-colonisatrice-du-monde-164151

La gauche décoloniale colonise le monde

Ces idées d’une gauche délirante convertissent les pays un à un

par Jérôme Blanchet-Gravel

12 août 2019

Photo : Statue de Cecil Rhodes, figure majeure de l’Empire britannique en Afrique au XIXème siècle, démontée à l’université du Cap (Afrique du Sud), le 9 avril 2015

L’hégémonie de la gauche décoloniale, héritée de la pensée anglo-américaine, est en train de s’imposer dans le monde. En s’appropriant le monopole du bien, elle veut créer de nouveaux rapports de force au détriment des « hommes blancs ».

Il n’est rien de plus paradoxal que de voir le mouvement décolonialiste coloniser mentalement la planète. Les réflexes n’ont pas changé : il s’agit de réévangéliser les sociétés en prêchant le multiculturalisme. En effet, la gauche indigéniste veut détrôner « l’homme blanc » pour régner sur le monde de demain. Les décoloniaux sont des conquistadores du progrès : ils ne veulent pas ajuster la mémoire, mais la déconstruire de toutes pièces. Au lieu d’ajouter des nuances au tableau, ils veulent les effacer comme les meilleurs propagandistes de l’URSS.

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Il ne s’agit pas de créer un monde libéré des rapports de pouvoir, mais une société dont le sommet serait réservé à de nouvelles élites. Les indigénistes ne rêvent pas d’une société réellement horizontale, mais de reconstruire une pyramide dans laquelle les différents paliers refléteraient les politiques de discrimination positive. Il ne s’agit pas seulement de renverser le pouvoir, mais d’inverser le pouvoir. La gauche indigéniste veut abolir ce qu’elle appelle les « privilèges blancs » pour instaurer une sorte de régime de compensation raciale.

Remplacer une hégémonie par une autre

Rien n’illustre mieux le moteur colonisateur du décolonialisme que l’hégémonie de la gauche universitaire dans le monde intellectuel, à laquelle contribuent beaucoup les démocrates américains, déjà bien radicalisés. Avec des figures comme Alexandria Ocasio-Cortez et Ilham Omar, le Parti démocrate est devenu l’avant-garde mondiale de ce nouveau courant politique. Aux côtés de ces figures de la nouvelle gauche, même Berny Sanders pourrait passer pour le reflet inversé de Trump. Quant à Hilary Clinton, elle passe déjà pour une aristocrate paternaliste. La « blanchitude » ne ment pas : être WASP en 2019, c’est être complètement dépassé dans le pays de l’Oncle Sam.

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Comme les théoriciens de leur propre mouvance, de nombreux démocrates voient maintenant du colonialisme partout. Puisque le racisme serait un système et que ce système serait englobant, rien n’échappe plus aux inquisiteurs : la société entière est visée. « Mais quand on y pense vraiment, quand quelqu’un dit qu’il est trop difficile de créer un espace vert où l’on cultiverait du yucca, par exemple, au lieu du chou-fleur – ou quelque chose du genre – c’est qu’il a une approche coloniale de l’écologisme », déclarait en mai dernier Alexandria Ocasio-Cortez, égérie de la gauche américaine. Refuser de cultiver certains légumes serait aussi devenu la marque du colonialisme. Rien de moins.

Le colonialisme en tout lieu

Depuis déjà plusieurs années, la France subit les assauts de cette gauche américaine qui a complètement court-circuité son universalisme. D’ailleurs, des intellectuels comme Foucault, auteur rattaché à la French Theory, avaient bien préparé le terrain de cette pensée repentante. À tel point que la laïcité, une politique étant censée favoriser le métissage, incarne maintenant le racisme aux yeux mêmes de certains Français. Il ne s’agit plus seulement d’importer le puritanisme néo-féministe, mais de convertir l’Hexagone à une vision proprement anglo-américaine de la diversité, c’est-à-dire une vision qui amalgame la culture et la nature dans un esprit qui frise le racisme ! Nous n’en sommes plus à un paradoxe près…

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La gauche américaine est si puissante qu’elle est parvenue à convertir une partie de la gauche latino-américaine à son multiculturalisme radical. Il faut notamment lire El País pour constater à quel point cette réalité est plus que jamais véridique. D’héritage marxiste et surtout réfractaire à tout impérialisme américain, la gauche latina se laisse pourtant conquérir, et il est à déplorer qu’une grande institution comme El País se laisse aussi facilement séduire par ces gringos faisant pénitence.

Par ailleurs, en Amérique latine, l’influence de la gauche américaine se traduit par des séances inédites d’autoflagellation. Récemment, une intellectuelle nous invitait dans les pages d’un journal mexicain à redécouvrir l’héritage africain du Mexique. Les intentions sont bonnes et les faits avérés, mais il n’y a presque plus aucun noir au pays de Benito Juárez, les afro-mexicains s’étant complètement fondus dans la masse. À quelle problématique, donc, vient répondre ce point de vue ? Pourquoi dépoussiérer cette histoire ? Le Mexique n’a rien d’un Cuba ni d’un Brésil. Serait-ce pour refaire le procès de l’Espagne ? Le Mexique doit-il alors se découvrir des origines africaines pour avoir droit à une plus grande part du gâteau décolonial ? Enfin, doit-il s’excuser d’être un pays métissé ?

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Quand l’impérialisme se veut décolonial

La gauche américaine a fait traduire dans plusieurs langues les concepts qui lui servent d’armes idéologiques. Les notions de « racisme systémique », de « privilège blanc » et de « blanchitude » sont devenues monnaie courante dans des régions du monde où elles sont souvent inapplicables. Quoi de mieux que d’imposer son pouvoir tout en prenant le parti des faibles ? La gauche académique fait fi de la diversité mondiale pour appliquer de manière uniforme des concepts supposés valoriser les différences. Partout dans le monde, ou presque, cette gauche impose sa vision sans se soucier des réalités locales. Elle applique universellement une grille de lecture américaine qui est parfois défaillante sur son propre terrain. Son succès est si grand qu’elle pourrait réussir à recréer des tensions raciales dans des pays où elles étaient en train de s’atténuer. Un renversement renversant !

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