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Algérie : Déclarations et Actions de solidarité avec les détenus d’opinion du hirak

samedi 21 septembre 2019, par siawi3

Source : https://www.elwatan.com/edition/actualite/refusez-toute-injonction-et-nobeissez-qua-la-loi-et-a-votre-conscience-21-09-2019

Le président du syndicat des magistrats Issaâd Mabrouk aux juges : « Refusez toute injonction et n’obéissez qu’à la loi et à votre conscience »

Salima Tlemcani

21 septembre 2019 à 9 h 00 min

Le président du SNM (Syndicat national des magistrats), Issaad Mabrouk, a appelé hier les juges à « refuser toute injonction de qui que ce soit » et à n’obéir qu’à « la loi et à votre conscience », soulignant que « vos décisions sont rendues au nom du peuple qui est la source de tous les pouvoirs ». Intervenant devant un parterre de magistrats, il a estimé que la lutte contre la corruption ne doit pas être « juste une campagne » et a mis en garde contre « les risques de glissement vers les luttes d’intérêts, la vengeance et les règlements de comptes », en précisant que pour « réussir » cette lutte, « il faut s’attaquer à ses origines ».

Cinq mois après son élection à la tête du SNM (Syndicat national des magistrats), Issaad Mabrouk a présidé, hier, les travaux de la réunion du conseil national de l’organisation qui s’achèvent aujourd’hui, à l’Ecole de la magistrature de Koléa. Lors de son intervention d’ouverture, M. Mabrouk est revenu sur « la conjoncture que traverse le pays et le contexte dans lequel les magistrats sont appelés à exercer leur mission loin de toute pression ou injonction ».

A ce titre, il leur rappelle le principe de « légitimité et de légalité » qu’impose la Constitution à leurs décisions en soulignant : « Vous avez l’obligation professionnelle de rendre des décisions empreintes de la légitimité constitutionnelle et légale, parce que vous les prononcez au nom du peuple, seule source de tous les pouvoirs. Vous devez refuser toute injonction de qui que ce soit et n’obéir qu’à la loi et à votre conscience. » Le président du SNM est revenu sur les élections en disant que « la légitimité de celles-ci a besoin de préalables et les magistrats ne doivent pas exercer sous la pression. Ils doivent assumer leur mission dans le cadre de la loi et leur conscience ».

L’intervenant fait un retour vers le passé récent : « Je regrette de dire qu’avant, il n’y a jamais eu une volonté de séparer le politique du pouvoir judiciaire. La justice a été instrumentalisée et politisée. Nous avons vécu la justice de la nuit et du téléphone (..) La lutte contre la corruption ne doit pas être menée dans le cadre d’une campagne, d’une lutte d’intérêts. Il faut être vigilant et ne pas tomber dans les règlements de comptes et la vengeance. La lutte contre la corruption atteindra ses objectifs, lorsque nous nous attaquerons aux origines de ce fléau en impliquant tout le monde, la famille, l’école, la société, les médias, etc.

La justice n’est que le dernier maillon de la chaîne. » Le premier responsable du SNM met en avant la situation socioprofessionnelle des magistrats en déclarant : « Il faut reconnaître que pendant que toute le monde profitait de la rente, les magistrats n’ont eu que du vent. » Isaad Mabrouk est revenu aussi sur la situation de l’organisation syndicale, en affirmant que lorsqu’il a été élu le 26 avril 2019, elle ne comptait que 320 adhérents alors qu’aujourd’hui, souligne-t-il, « nous avons enregistré 1668 encartés ».

Il met en exergue la « difficulté » à convaincre les magistrats de la « nécessité de préserver cet espace de réflexion et de revendication qui permet d’améliorer les conditions de travail des magistrats et de prendre en charge leurs problèmes ». Lors d’un point de presse, Issaad Mabrouk s’est refusé à tout commentaire sur les affaires en justice, arguant que celles-ci sont en « cours de traitement ».

Pour lui, les magistrats en charge de ces dossiers « sont souverains et personne n’a le droit d’interférer dans leur décision ». Il affirme, néanmoins, qu’une délégation du SNM, qu’il a présidée, a été reçue mercredi par le ministre de la Justice, Belkacem Zeghmati. La discussion a tourné autour des nombreux problèmes soulevés par les magistrats, notamment ceux engendrés lors du dernier mouvement. « Nous avons évoqué les cas de magistrats qui n’ont pas été promus, qui sont loin de leurs familles, ou encore les cas de ceux qui se sont sentis brimés par des décisions de mutation. Il nous a indiqué qu’il n’était pas là lorsque le mouvement a été préparé et qu’il n’a fait que prendre le train en marche. Mais il a promis un autre mouvement dès la fin de la révision électorale, qui se fera avec l’aide du syndicat pour corriger les erreurs. »

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Source : https://www.elwatan.com/edition/actualite/poursuite-des-arrestations-et-solidarite-avec-les-detenus-21-09-2019

Des manifestants se sont vu retirer leur emblème national : Poursuite des arrestations et solidarité avec les détenus

Iddir Nadir

21 septembre 2019 à 10 h 00 min1103

Vérification d’identité, saisie du drapeau national, interpellations… Les arrestations se sont multipliées, hier dans la capitale, avec la saisie de l’objet du délit : le drapeau national. Au centre-ville, les premiers manifestants qui s’étaient regroupés dans les rues et les places fortes (Audin, Grande-Poste, etc.) ont été interpellés et conduits dans les commissariats de la capitale.

L’engagement des marcheurs a empêché que des policiers gardent les personnes interpellées. Au commissariat de Cavaignac (rue Asselah, Alger-Centre), des jeunes ont été libérés après la forte mobilisation de la foule venue des quartiers de l’ouest d’Alger. En fin de journée, des informations diffusées par le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) et des avocats ont confirmé l’arrestation à Alger-Centre de Abdelhak Mellah, avocat du barreau de Boumerdès. Engagé dans le mouvement populaire, maître Mellah est l’un des partisans du boycott de l’organisation de l’élection présidentielle par le barreau de sa wilaya.

Les arrestations de ces derniers jours ont touché des militants en vue : après Karim Tabbou et Samir Belarbi, la police a arrêté Fodil Boumala, qui a été placé en détention préventive par le juge d’instruction près letribunal de Dar El Beïda (Alger). Il est poursuivi pour les chefs d’inculpation d’« atteinte à l’intégrité du territoire national » et « atteinte à l’unité nationale ». Très actif sur le terrain de la contestation, Boumala a rejoint l’ancien commandant de la Wilaya IV, Lakhdar Bouregaâ, et les détenus d’opinion à la maison d’arrêt d’El Harrach. Le fils de Bouregaâ, Hani, participant à la marche à Audin, nous a confié que son père a le moral malgré son état de santé fragile : « Il est devenu plus maigre, mais il garde le moral. »

Marche des familles des détenus

Une vaste campagne a été lancée, la semaine dernière, sur les réseaux sociaux pour retrouver Garidi Hamidi, âgé de 77 ans, un moudjahid devenu une des « icones » du hirak. Arrêté lors de la marche des étudiants, le frère de Mohamed Garidi, mort au maquis de la Wilaya IV, a été incarcéré à la prison d’El Harrach, précise un post sur Facebook de son fils Hassan. « Garidi Hamidou se trouve actuellement à la prison d’El Harach. Il a été placé en détention provisoire par le juge d’instruction du tribunal de Hussein Dey et non pas celui de Sidi M’hamed. La famille Garidi a eu le permis de visite et a confirmé sa détention avec Rasselema Kader », précise un post du CNLD. Hier, les familles organisées au sein du CNLD se sont regroupées pour la marche à laquelle a appelé le collectif. Des slogans appelant à la libération des détenus et hostile aux tenants du pouvoir sont lancés par le carré qui s’est regroupé à la rue Didouche Mourad.

Il est à préciser que le juge d’instruction du tribunal de Batna a acquitté trois manifestants arrêtés lors des marches du vendredi pour port du drapeau amazigh. Il s’agit de Hamza Ayachi, Rachid Mebarki et Azzedine Maache. Les deux derniers sont sous contrôle judiciaire pour une semaine, précise le CNLD, qui rappelle que le même tribunal a acquitté Massyl Djahara qui a été auditionne début septembre pour la même cause.

Un autre activiste, Fodil Rahmoune, est convoqué à nouveau par le procureur du tribunal de Kherrata (Béjaïa) pour le mardi 24 septembre, précise le collectif. Rahmoune « a été convoqué le 25 juin passé et suite à la demande de la défense, la date a été reportée au 24 septembre. Fodil Rahmoune est accusé d’‘atteinte à l’unité nationale’ et ‘incitation à attroupement’ en utilisant les réseaux sociaux », précise le CNLD, ajoutant qu’un sit-in devant le tribunal de Kherrata est prévu le même jour, mardi 24 septembre à partir de 9h30.

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Source : https://www.elwatan.com/edition/actualite/le-rcd-denonce-une-atteinte-grave-aux-libertes-21-09-2019

Il réitère son engagement pour une transition démocratique
Le RCD dénonce une « atteinte grave aux libertés »

Mokrane Ait Ouarabi

21 septembre 2019 à 10 h 01 min

Le RCD condamne « les atteintes aux libertés » et « l’instrumentalisation des peurs et de la haine par le biais d’institutions et de médias publics ». Dans son intervention à l’ouverture des travaux du secrétariat national, le président du RCD, Mohcine Belabbas, a dénoncé « l’interdiction d’accès à la capitale pour tous les véhicules qui ne portent pas une plaque d’immatriculation de la wilaya d’Alger ». Le président du RCD poursuit son intervention en affirmant que « ceux qui s’accommodent d’une telle voie au motif qu’elle serait la ‘moins pire’ porteront une responsabilité devant l’histoire, au même titre que tous ceux qui ont déjà vendu leur âme et tourné le dos aux cris de liberté du peuple ».

Le RCD a réaffirmé son plein engagement « au côté du peuple algérien pour le recouvrement et l’exercice de sa souveraineté pleine et entière ». M. Belabbas estime dans ce sillage que « le regroupement des forces politiques et des organisations, pour réussir une transition démocratique, est la seule voie qui mettra fin à la dictature ». Le RCD, a-t-il précisé, demeure « résolument pour la construction d’un processus constituant, loin des surenchères et des règlements de comptes ».

« Le tournant opéré depuis l’injonction, à partir d’une caserne, de convoquer le corps électoral contre l’avis de nombreux segments et centres pourtant acquis au sauvetage du système renseignent sur l’indigence de la stratégie et sur la profondeur du chaos qui règne dans les arcanes du système politique, qui a ligué son sort à un personnage plus enclin à l’invective et à la stigmatisation qu’au rassemblement et à la raison », a souligné Mohcine Belabbas, pour qui « il apparaît clairement que la décision de jeter en prison des manifestants pacifiques et des personnalités politiques qui tentent de donner du sens à la révolte populaire contre un système inique ne peut provenir que des ennemis de l’intérêt général et de la souveraineté nationale ». Pour ce chef de parti, « les entraves à l’exercice de la souveraineté du peuple à se doter d’institutions de son choix et donc d’une justice indépendante, au-dessus de tous, n’expliquent pas tout.

Seul l’avenir nous dira quelle est la nature du complot orchestré contre notre pays ». Mohcine Belabbas a salué « la poursuite de la mobilisation, par millions, dans les marches depuis bientôt sept mois et qui perpétuent cette mobilisation par des débats fructueux sur les lieux de travail, dans les quartiers et les villages de toute l’Algérie. Leur sacrifice, leur courage et leur détermination pour vivre libres, dans la dignité, honorent le pays et réconcilient la nation algérienne avec son histoire et son identité ».

La rue et les militants de la souveraineté du peuple algérien tonnent, depuis février, les mêmes slogans : « Silmiya, silmiya », « Daoula Madania machi 3askariya » et « Djazaïr Houra Dimocratia », a rappelé M. Belabbas, assurant que le RCD reste « fidèle à ses luttes et à ses engagements pour la liberté, la démocratie, l’égalité en droits entre tous les citoyens et à la souveraineté du peuple ». Aussi, Mohcine Belabbès a appelé les Algériens à « défendre leur droit de vivre libres et dignes dans leur pays, à poursuivre la mobilisation et à rejoindre les collectifs, comités et organisations qui refusent le diktat des résidus d’un système politique qui a fait la honte du pays ».

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Source : Le Réseau Algérien contre la Répression pour la libération des détenus d’opinion et les libertés démocratiques (section Paris) 19 09 19

Communiqué de presse

le 19 Septembre 2019

HALTE à LA RÉPRESSION

Le Réseau Algérien contre la Répression pour la libération des détenus d’opinion et les libertés démocratiques (section Paris) tient à alerter l’opinion publique sur le durcissement de la répression qui frappe les manifestants en Algérie ainsi que sur le climat de tension qui sévit.

Les tenants du pouvoir multiplient les arrestations des manifestants dans leurs marches pacifiques.

Pour la seule région d’Alger :

Une quarantaine de manifestants arrêtés mi juin pour le port du drapeau amazigh sont poursuivis pour « atteinte à l’unité nationale » alors que l’amazighité est reconnue dans l’art.4 de la constitution ; parmi ces manifestants figure la militante Samira Messouci.

Des arrestations de leaders de manifestations ont eu lieu sous forme de kidnapping :

Karim Tabbou porte parole de l’Union Démocratique et Social, kidnappé le 11/09 par deux hommes en civil avant d’être placé en détention pour « atteinte au moral de l’armée »

Samir Belarbi , kidnappé le 14/09 par deux hommes en civil dans son quartier de la banlieue d’Alger.placé sous mandat de dépôt pour « atteinte à l’intégrité du territoire »

Foudil Boumala, universitaire et journaliste, kidnappé devant son domicile , dans la,nuit du 18 au 19 /09, et mis sous mandat de dépôt pour « atteinte à l’unité nationale » et « atteinte à l’intégrité du territoire national »

Nous comptons, pour la prison d’El harrach,(Alger) une centaine de détenus du « hirak » parmi lesquels figurent le général Bouregaa, agé de 86 ans, ancien combattant de la libération, le général en retraite , Benhadid, qui se trouve dans un état grave ayant subi deux interventions chirurgicales.

Nous attirons l’attention sur le cas du jeune manifestant , Bilal Ziane, atteint d’un cancer ,qui est mis sous mandat de dépôt le dimanche 15/09 alors qu’une séance de chimiothérapie est prévue pour le 23/09.

Nous signalons également l’escalade dans la « nature de l’accusation » qui porte pour la première fois depuis sept mois de mobilisation pacifique sur des chefs d’inculpations du chapitre « crimes contre la sûreté de l’État »

Le pouvoir actuel tient à instaurer un climat de terreur alors que la résistance populaire continue dans son caractère pacifique.

Nous demandons l’arrêt de toute forme de répression et la libération de tous les détenus d’opinion .

Nous demandons le respect du Pacte International relatif aux droits civils et politiques de l’ONU,ratifié par l’Algérie en 1989.

Nous appelons les défenseurs des Droits Humains à exprimer leur désaccord auprès de l’état algérien.