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France : Charlie Hebdo : « On se donne le droit de critiquer les religions et je pense que c’est quelque chose de normal »

samedi 2 novembre 2019, par siawi3

Source : https://www.francetvinfo.fr/economie/medias/charlie-hebdo/charlie-hebdo-on-se-donne-le-droit-de-critiquer-les-religions-et-je-pense-que-cest-quelque-chose-de-normal_3685467.html

Charlie Hebdo : « On se donne le droit de critiquer les religions et je pense que c’est quelque chose de normal »

La dessinatrice Coco est à Strasbourg samedi avec une partie de l’équipe de Charlie Hebdo au Forum mondial de la démocratie. Aller « de nouveau » à la rencontre du public et défendre la satire est pour elle, « un marqueur fort ».

Photo : La dessinatrice Coco au salon du dessin de presse et d’humour à Saint-Just-Le-Martel (Haute-Vienne), le 1er octobre 2016. (THOMAS JOUHANNAUD / MAXPPP)
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Mis à jour le 02/11/2019 | 09:20
publié le 02/11/2019 | 08:14

Une partie de l’équipe de l’hebdomadaire Charlie Hebdo est à Strasbourg samedi 2 novembre dans le cadre du Forum mondial de la démocratie. Il s’agit de la première intervention collective de Charlie Hebdo depuis l’attentat de janvier 2015. « Un marqueur fort », estime la dessinatrice Coco sur franceinfo, qui revendique le droit « de pouvoir critiquer les religions » comme le journal « l’a toujours fait ».

franceinfo : Pourquoi cette envie de prendre la parole collectivement à Strasbourg ?

Coco : Depuis l’attentat, c’est important pour nous d’aller de nouveau à la rencontre du public. [Le dessin de presse] est menacé, vous avez tous entendu parler du New York Times qui a pris la décision d’arrêter le dessin de presse dans ses colonnes.

Le dessin de presse, la liberté d’opinion, c’est un des piliers de nos démocraties, on aide à informer, à faire rire, à déranger, c’est très important.Coco, dessinatrice à Charlie Hebdo à franceinfo

On donne un peu les moyens de comprendre la caricature à travers des thématiques fortes : les politiques, les religions, les femmes, les minorités… Comment ça s’inscrit aujourd’hui dans un monde où par exemple tout le monde se prend en photo sur Instagram, sur Snapchat, et passe par des filtres déformant son image. Sitôt que les gens sont confrontés à une caricature d’eux, ça ne leur plaît pas. On entend souvent « de toute façon, on ne peut plus rien dire ». Vous avez les réseaux sociaux qui deviennent parfois des déversoirs à haine et insultes, vous avez Éric Zemmour qui a une émission d’une heure chaque soir sur la TNT. On a plutôt l’impression qu’on peut tout dire ! Zemmour a les propos qu’il tient, qui sont absolument abjects selon moi. Mais nous serions mal placés à Charlie Hebdo d’empêcher de parler qui que ce soit. La liberté d’expression c’est pour tout le monde. Après, chacun se fait son avis, son opinion sur ce qui est dit, raconté, défendu, partagé ou pas. Dans mon travail, j’essaie de ne pas trop penser à ça. Je ne pense pas à celui qui va recevoir. Personne n’est intouchable au dessin de presse ou à la caricature. Dans ce cas-là, on ne ferait absolument plus rien. Le rire c’est quelque chose de social. Il faut que les gens puissent avoir du recul sur eux-mêmes.

Le rire c’est une affaire de confiance. Et dès lors qu’on a confiance dans une relation on peut rire de soi. Et le rire de soi ça manque maintenant.Coco

La dernière Une de Charlie Hebdo, où on voit des femmes voilées avec Emmanuel Macron au premier plan et comme titre « République islamique en marche », a suscité pas mal de passions. Est-ce qu’il y a eu un débat au sein de la rédaction ? Ou une unanimité de dire « on la fait et on s’en fout » ?

La couverture, c’est de la satire, c’est dans l’exagération. « La République islamique en marche » c’est pour grossir le trait. Je suis féministe, pour l’égalité entre les hommes et les femmes et je ne me vois pas défendre ce vêtement. Je suis aussi mère de famille. J’ai déjà accompagné des enfants à l’école en sortie scolaire et je me suis rendue compte que les maitresses étaient débordées et faisaient appel à des mamans pour donner un coup de main. Je trouve qu’il y a déjà un problème au niveau de l’Éducation nationale qui ne devrait pas avoir à demander aux mères d’aider. Mais il n’empêche que je n’ai pas envie de soutenir ce vêtement que je trouve absolument réac.

Sur le voile, certaines Françaises disent « on parle tout le temps à notre place », notamment dans un article du Monde. Est-ce que la liberté de le porter pour certaines correspond à la liberté que vous pouvez défendre aussi à Charlie Hebdo ?

On n’empêche personne de porter quoi que ce soit, on se donne le droit de pouvoir critiquer les religions comme on l’a toujours fait. On a critiqué la religion catholique, on critique la religion musulmane, on critique les bouddhistes qui frappent sur des Rohingyas. On se donne le droit de critiquer les religions et je pense que c’est quelque chose de normal.

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Source : https://actu.orange.fr/france/strasbourg-la-redaction-de-charlie-hebdo-face-au-public-pour-la-premiere-fois-depuis-2015-CNT000001kFZYU.html

Strasbourg : la rédaction de Charlie Hebdo face au public pour la première fois depuis 2015

Photo : Le directeur de publication de Charlie Hebdo Laurent Sourisseau, dit Riss s’adresse à des lecteurs lors d’une rencontre publique à Strasbourg, le 2 novembre 2019
©PATRICK HERTZOG, AFP

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AFP,

publié le samedi 02 novembre 2019 à 17h45

La rédaction de Charlie Hebdo est venue à la rencontre de ses lecteurs et du public samedi à Strasbourg, pour une première apparition publique collective, sous très haute surveillance, depuis l’attentat qui l’avait décimée en janvier 2015.

Tables-rondes suivies d’échanges avec le public, dessins en direct, séance de dédicaces : le temps d’un après-midi, la rédaction de l’hebdomadaire satirique presque au complet, menée par son directeur Riss, s’est délocalisée à Strasbourg, en amont du Forum mondial de la démocratie.

L’équipe du journal a été accueillie sous des applaudissements nourris et des « bravos », avec une partie du public de l’Opéra national du Rhin debout, a constaté une journaliste de l’AFP.

La rencontre a tout de suite été placée sous le signe de l’humour grinçant, avec un dessin représentant un Monsieur loyal lançant : « Et pour la première fois en un seul morceau, la rédaction de Charlie Hebdo à Strasbourg ! » de Philippe Vuillemin.

Le patron de la rédaction, Riss, prié de répondre à la première question (« Comment ça va ? »), a dit : « Comme vous pouvez le voir, Charlie est vivant, avec une équipe jeune et renouvelée ».

« C’est un journal qui a retrouvé sa vivacité et son dynamisme », a-t-il ajouté.

Les trois tables-rondes prévues samedi après-midi portent sur les thèmes « faire un journal d’opinion en 2019 », « censures et menaces : faire vivre l’esprit critique à l’heure du politiquement correct » et « bientôt 50 ans de Charlie Hebdo : pourquoi écrire et dessiner dans Charlie Hebdo aujourd’hui ? ».

Près de 5 ans après l’attentat qui avait coûté la vie à 12 personnes le 7 janvier 2015 au siège parisien du journal, cet événement a donné lieu au déploiement d’un très important dispositif de sécurité.

Les portes de l’Opéra, où il était organisé, ont ouvert deux heures avant la début de la rencontre, les spectateurs devant se soumettre à des contrôles renforcés, palpations et fouilles des sacs approfondies.

« Cela a été un choc absolu, ces attentats. Donc il fallait venir, tout simplement par sympathie, par empathie », a expliqué à l’entrée Danielle, l’une des spectatrices.

La préfecture avait également interdit de manifester autour de l’Opéra, tandis que les journalistes et dessinateurs de « Charlie » bénéficiaient d’une protection par des agents de la sécurité publique et de la police municipale tout au long de leur passage à Strasbourg.

La venue de Charlie Hebdo lance le programme « off » du Forum mondial de la démocratie, organisé dans la capitale alsacienne par le Conseil de l’Europe du 6 au 8 novembre, sur le thème : « Information : démocratie en péril ? ».

Video ici