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Algérie - France : Les conscrits de la guerre d’Algérie libèrent enfin, dans « La Guerre des appelés », une parole toujours à vif

VIDEO

dimanche 3 novembre 2019, par siawi3

Source : https://www.lemonde.fr/culture/article/2019/11/03/les-conscrits-de-la-guerre-d-algerie-liberent-enfin-dans-la-guerre-des-appeles-une-parole-toujours-a-vif_6017844_3246.html

Les conscrits de la guerre d’Algérie libèrent enfin, dans « La Guerre des appelés », une parole toujours à vif

Thierry de Lestrade et Sylvie Gilman ont recueilli les témoignages de « bleus » envoyés outre Méditerranée.

Par Alain Constant

Publié aujourd’hui à 05h23

Photo : « La Guerre des appelés » est riche d’images tournées par les soldats français en caméra super-8. WHAT’S UP FILMS

FRANCE 5 - DIMANCHE 3 NOVEMBRE À 20 H 50 - DOCUMENTAIRE

Lorsque la vie passe, que les années qui restent sont comptées, il arrive que le besoin de parler pour la première fois de souvenirs douloureux se fasse sentir. Les silences se transforment alors en témoignages parfois si éprouvants que les gorges se serrent et les yeux se voilent. C’est le cas dans ce documentaire en deux parties signé Thierry de Lestrade et Sylvie Gilman. En 2002, Patrick Rotman avait marqué les esprits avec L’Ennemi intime, remarquable documentaire donnant la parole à d’anciens soldats ayant servi en Algérie. Cette Guerre des appelés aboutit à un résultat aussi magistral.

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Face caméra, dans un décor unique, de vieux messieurs, pour la plupart alertes octogénaires, se rappellent ces quelques mois passés en Algérie, à la fin des années 1950 et au tout début des années 1960. Point commun de ces témoins aux origines sociales diverses : ils n’étaient pas soldats de métier mais de simples appelés, envoyés dans cette France d’outre-Méditerranée pour, selon le discours officiel, une « opération de police » qui se transformerait vite en « opération de maintien de l’ordre », avant que tout le monde appelle un chat un chat et un conflit armé une guerre.
Images prises sur le vif

Si ce documentaire est si réussi, c’est aussi parce qu’à la richesse de ces témoignages s’ajoutent des archives filmées inédites, la plupart tournées par ces jeunes appelés eux-mêmes avec de petites caméras super-8, objets très en vogue à l’époque. Au plus près des combats ou dans les rues animées des villes, dans des salles de classe comme devant un bordel, en patrouille ou dans un fortin de fortune en montagne, ces images prises sur le vif témoignent d’un conflit d’une violence inouïe. Mais aussi, mais surtout, de l’ennui, de la peur, de l’addiction à l’alcool, de la misère sexuelle.

A partir de février 1956, alors que les « événements » durent depuis novembre 1954, le gouvernement décide d’envoyer des appelés du contingent en Algérie. Le service militaire passe de dix-huit à vingt-sept mois. Les départs sont douloureux, personne ne veut perdre sa jeunesse sous l’uniforme. « Arrivé là-bas, je vois tout de suite la misère. On n’est plus tout à fait en France… » Et lorsque les premières missions débutent, c’est l’horreur : « Lors des gardes de nuit, le moindre bruit est angoissant. En patrouille, sur la route, dans les grottes, on avait la trouille… » En mai 1956, on compte 200 000 appelés sur le terrain. En octobre 1957, ils seront 450 000. Ils dorment mal, mangent mal et sont témoins d’atrocités qui expliquent souvent le silence dans lequel ils se sont murés durant des décennies.

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Le père de Thierry de Lestrade a fait la guerre d’Algérie et n’en a jamais parlé. Après sa disparition, son fils, coauteur de ce documentaire, a retrouvé dans le hangar paternel un fusil, canon replié, empaqueté dans du papier cartonné. « M’est alors revenue en mémoire une phrase qu’il avait maintes fois répétée, que je n’avais sûrement pas su comprendre : “Vous donnez un fusil à un homme, et ce n’est plus le même homme.” Son fusil maintenant entre les mains, j’ai compris qu’il parlait de la guerre d’Algérie. Mon père est mort sans en avoir dit plus sur sa guerre. Il est parti avec ses silences, comme tant d’autres. Mais ce silence ne doit pas nous abuser : cette guerre a marqué toute une génération. » Une génération qui vit mourir sur le sol algérien 30 000 soldats français, militaires de carrière ou simples appelés.

VIDEO ici : Algérie, la guerre des appelés, de Thierry de Lestrade et Sylvie Gilman (Fr., 2019, en deux parties, 70 min et 60 min).

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Source : https://www.francetvinfo.fr/culture/cinema/documentaires/video-regardez-en-avant-premiere-le-1er-episode-du-documentaire-algerie-la-guerre-des-appeles_3681629.html

VIDEO. ici Regardez en avant-première le 1er épisode du documentaire « Algérie, la guerre des appelés »

La guerre d’Algérie commence le 1er novembre 1954 après des attentats et des escarmouches. A partir de 1956, des dizaines de milliers de jeunes Français, appelés du contingent, sont envoyés sur place.
France 5
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Mis à jour le 03/11/2019 | 11:57
publié le 03/11/2019 | 07:08

A l’occasion du 65e anniversaire du début de la guerre d’Algérie, France 5 diffuse Algérie, la guerre des appelés, un documentaire en deux parties réalisé par Thierry Lestrade et Sylvie Gilman. Le premier épisode, intitulé Le bourbier, est à voir en avant-première sur notre site franceinfo.fr.

Printemps 1956, après un an et demi de guérilla, l’Algérie s’embrase. Le gouvernement français décide d’envoyer en masse des appelés du contingent pour une simple « opération de maintien de l’ordre », qui devient la guerre d’Algérie. Pour la plupart des appelés, des jeunes hommes d’à peine 20 ans, c’est un premier voyage, une aventure. Mais sur place, ils sont précipités dans un conflit d’une rare violence, et confrontés à des dilemmes moraux. Leur insouciance va se consumer dans une entreprise dont personne ne connaissait le but.

Après plusieurs décennies de silence, à l’heure du bilan de leur vie, des témoins parmi lesquels l’écrivain Jean-Claude Carrière ou le chirurgien Gérard Zwang libèrent leur parole et leur conscience. Ils racontent l’épreuve qu’ils ont traversée, en commençant par leur arrivée à Alger.

Le documentaire Algérie : la guerre des appelés (1 et 2/2) est diffusé dimanche 3 novembre sur France 5, à partir de 20h50.