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France : Quand les media de gauche fustigent les victimes de l’islamisme

jeudi 28 novembre 2019, par siawi3

Source : email 25.11.19 ; aussi sur twitter et facebook

Réponse de Waleed Al Husseini à un article bien pensant de l’Obs :

" Pour l’Obs, si vous êtes un exmuslim qui critique l’islam, combat le voile et toute forme d’islamisme, alors vous êtes d’extrême droite !

Ex-musulmans, nous avons tous souffert quand nous avons quitté l’islam et beaucoup d’entre nous sont toujours en prison ou recherchés ! On pourrait se dire qu’un journal de gauche va nous soutenir, mais non ! Ces journalistes ’de gauche’ continuent d’accuser quiconque n’est pas sur leur ligne d’être d’extrême droite, c’est de pire en pire. Avant même notre rencontre, ce journaliste de L’Obs avait déjç ses conclusions en tête, et tout ce que je lui ai dit pendant l’entretien n’y a rien changé.

A chaque fois que j’ai l’espoir que cette gauche ouvre les yeux, je suis déçu encore un peu plus ! Si les discours de défense des libertés et de la laïcité des ex-musulmans sonne ’d’extrême droite’ aux oreilles de l’Obs, ce n’est pas parce qu’on a été ’récupérés par la fachosphère’, mais parce qu’ on a été abandonnés par la gauchosphère.

Et aussi, je m’excuse platement auprès de ce journaliste pour mon discours qui comporte ’une forme d’agressivité’. Après avoir été arrêté, emprisonné, torturé au nom de l’islam en Palestine, je suis traqué par les islamistes en France et conspué par le Nouvel Obs, donc désolé d’être un peu agressif. Et merci du soutien !

Waleed Al Husseini "

°°°

Source : Le Nouvel Observateur 24.11.19

#ExMuslims, ces anciens musulmans qui fustigent l’islam

Photo : Une des figures du mouvement des #ExMuslims, l’ancienne journaliste de « Charlie Hebdo » Zineb El Rhazoui (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Venu d’Allemagne et du Royaume-Uni, le mouvement #ExMuslim » se développe en France. Ces anciens musulmans défendent leur droit à l’apostasie et à la critique de l’islam. Jusqu’à flirter avec l’extrême droite ?

Par Célia Mebroukine et Timothée de Rauglaudre

Publié le 24 novembre 2019 à 18h00

Ici, c’est une femme qui a quitté l’islam pour « Jésus » et subit depuis d’incessantes « agressions physiques et verbales ». Là, une autre qui s’est détachée de la religion mais continue de porter le voile en présence de son mari. Ou une jeune lesbienne de 16 ans qui ne se sent plus musulmane et dont le père lui a « juré [qu’elle irait] en enfer » après son coming out. Ces témoignages d’anciens musulmans, « apostats de l’islam », foisonnent sur les réseaux sociaux, souvent accompagnés du mot-clé #ExMuslim.

Déjà structuré à l’étranger, le mouvement émerge en France mais reste méconnu, même si des figures, comme l’ex-journaliste de « Charlie Hebdo » Zineb El Rhazoui, s’en revendiquent. Le but de ces « ex-musulmans » ? Défendre la liberté de conscience et le droit à critiquer non pas seulement l’islamisme mais l’islam tout court. Même si cela leur vaut souvent, en France, d’être récupérés par l’extrême droite…

Liberté de critiquer la religion

Les premiers de ces « repentis » se manifestent en Allemagne et au Royaume-Uni en 2007, à l’initiative des Iraniennes Mina Ahadi et Maryam Namazie. Depuis, ces deux branches pionnières sont restées au centre du réseau international. En l’espace de douze ans, au moins 25 « conseils des ex-musulmans » ou équivalents ont émergé dans le monde. Si chaque antenne est « autonome », précise Maryam Namazie, les nouveaux « affiliés » doivent adhérer à un manifeste commun. Ce texte affirme vouloir « briser le tabou de l’abandon de l’islam mais également prendre position pour la raison, les droits et valeurs universels et la laïcité » et revendique la « liberté de critiquer la religion », celle d’être aussi bien religieux qu’athée ou encore la « séparation de la religion et de l’Etat ». Des rencontres internationales ont eu lieu à plusieurs reprises et une coalition a formellement vu le jour en 2017.

En France, où d’après l’Institut Montaigne, 15 % des enfants de musulmans français seraient sortis de l’islam, ce réseau n’a essaimé qu’en 2013. Waleed Al-Husseini en a été l’un des pionniers. En Palestine, sa terre natale, le trentenaire, chemise blanche et longs cheveux noirs gominés, a fait de la prison pour ses opinions athées. Arrivé à Paris en tant que réfugié en 2012, il trouve en la personne de Bernard Schalscha, proche du philosophe Bernard-Henri Lévy, un « ange gardien ». Celui-ci l’héberge, l’aide dans ses démarches et l’introduit à la « vie politico-amicale parisienne ». Il est vite approché par Maryam Namazie qui voit en lui la bonne personne pour incarner le mouvement ex-musulman de ce côté-ci de la Manche. Le 6 juillet 2013, soutenu entre autres par l’essayiste Caroline Fourest, il annonce le lancement du Conseil des ex-musulmans de France (CEMF). « Nous voulions montrer que nous existions », explique Waleed Al-Husseini.

Six ans plus tard, le CEMF a tout l’air d’une coquille vide : pas de structure légale, de site internet ni de locaux. D’après le militant, le collectif comptait 22 personnes à sa création pour une centaine aujourd’hui. « On a du mal à être actifs, concède Atika Samrah, présente depuis le début. Des membres fondateurs se sont retirés à cause des menaces. Sur les réseaux sociaux, on est nombreux, mais on n’est pas fédérés autour d’un vrai projet ». Bernard Schalscha a une autre explication :
« « Le CEMF ne fait rien en tant que tel. Waleed n’a pas été fichu de faire tourner cette structure. Il se présente comme le seul à mener un combat héroïque contre l’islamisme. » »

Récupération par la « fachosphère »

Si sa structure végète, le discours de ce leader ex-musulman rencontre pourtant un véritable écho. Plus de 40 000 abonnés sur Twitter, une page de « fan-club et soutien » sur Facebook : l’assise de Waleed Al-Husseini est telle qu’en 2015, il est invité à deux reprises à l’Assemblée nationale pour parler d’islamisme et de liberté d’expression. Ses sorties sont volontiers provocatrices. Face à nous, attablé dans un café parisien, le visage tendu, il martèle que « le hijab est un esclavage » et qu’« il n’y a que des musulmans à Saint-Denis ». « Il dérive, soupire Bernard Schalscha. Il peut être affilié à des gens d’extrême droite et instrumentalisé par eux voire carrément reprendre des conneries du genre : la France capitule devant les islamistes ». Parmi ses nombreuses interviews, certaines ont été accordées à des médias estampillés « fachosphère ». Sur le site Riposte laïque par exemple, il prophétise : « L’Europe verra une partie de ses territoires se transformer en quartiers qui rivalisent avec bien des pays arriérés du monde musulman. »

En 2015, le site proche de la droite dure israélienne Europe Israël republie un billet de son blog intitulé « Pourquoi j’ai renié l’Islam ». Un correspondant français du site affirme l’avoir rencontré à plusieurs reprises, ce que nie le Palestinien. En 2017, pour son deuxième ouvrage, « Une trahison française : les collaborationnistes de l’islam radical dévoilés », Waleed Al-Husseini choisit la maison d’édition Ring, qui a notamment publié l’essayiste anti-immigration Laurent Obertone. À la suite de la sortie du livre, l’ex-policier proche du Rassemblement national Sébastien Jallamion poste sur Twitter une photo avec lui après une « rencontre » et des « échanges ». Le trentenaire assure de son côté, ne pas le connaître.
« « Je ne me mets pas dans une case politique, se défend-il. Je n’accepte pas l’extrême gauche qui veut nous faire taire ni l’extrême droite qui veut nous utiliser. En tant qu’ex-musulmans, on devrait s’intéresser à l’idéologie et non à la politique ». »

58 000 abonnés sur YouTube

Comme lui, Majid Oukacha, « apostat de l’islam » trentenaire au crâne rasé et à la barbe de trois jours, balaie d’un revers de main une quelconque affiliation idéologique avec l’extrême droite. « La diabolisation de l’étiquetage “extrême droite” ne m’atteint pas, explique-t-il. Ce n’est qu’un moyen de pression du système politico-médiatique. » Il est devenu en quelques années une figure reconnue des ex-musulmans en France, même s’il n’est pas membre du CEMF. Sa chaîne YouTube est suivie par plus de 58 000 abonnés et ses vidéos parfois vues plus de 300 000 fois. Sa spécialité : décrypter le message du Coran, qu’il n’hésite pas à définir comme « esclavagiste, guerrier et misogyne ».

Fils d’immigrés algériens, Majid Oukacha fréquente la mosquée dès l’âge de 8 ans. Il y apprend, dit-il, que les femmes sont inférieures aux hommes et que ses amis non musulmans iront en enfer. À sa majorité, il quitte l’islam, après plusieurs mois d’étude approfondie du Coran. « J’ai été horrifié par ce que j’ai découvert » raconte-t-il, citant par exemple des versets prônant les violences contre les femmes désobéissantes.

Même s’il assure faire une différence entre l’islam, ses textes et les musulmans, « victimes d’un endoctrinement dès l’enfance », certains titres de ses vidéos instillent la méfiance : « Ces questions bizarres que seuls les musulmans se posent », « Ce que les musulmans occidentalisés ne vous diront pas sur l’Islam » ou encore « 10 questions à poser à un musulman pour connaître son vrai visage ». Dans cette dernière, Majid Oukacha affirme que « la majorité des musulmans adultes dans le monde occidental sont hypocrites ». Et ajoute : « La plupart d’entre eux mentent aux non-musulmans qu’ils côtoient quotidiennement et beaucoup font semblant de ne pas être des extrémistes. » « Mon expérience personnelle m’a prouvé que les musulmans se sentent plus proches des islamistes que des non-musulmans », persiste-t-il en interview.

Pas étonnant dès lors que ses vidéos lui aient attiré les faveurs de plusieurs publications d’extrême droite. En 2018, Majid Oukacha a régulièrement écrit pour le site de « Valeurs actuelles », où il ne traite pas uniquement de son sujet de prédilection, le décryptage du Coran, mais aussi d’autres thématiques chères à l’hebdomadaire comme la mauvaise intégration des immigrés, l’interdiction du voile ou la nécessité de la fermeture des frontières. « Dans ce que j’avais lu d’eux, rien ne me semblait contraire à mes idéaux, explique-t-il. Je défends les frontières, je suis contre l’accueil des migrants en France, ce n’est ni de gauche ni de droite, c’est du bon sens ! ».

Ce travail de décryptage du Coran, il en a fait un livre, « Il était une foi l’islam », paru pour la première fois en 2015 aux éditions Tatamis qui publient également, entre autres, les ouvrages du suprémaciste blanc et tueur norvégien Anders Breivik ou de l’essayiste français Joachim Véliocas, tous deux obsédés par « l’islamisation » de l’Europe.

« Dans le discours de ces militants, il y a une forme d’agressivité, analyse l’essayiste et consultant Hakim El Karoui, auteur d’un rapport sur l’islam français pour l’Institut Montaigne. C’est comme ça qu’ils sont récupérés par la fachosphère. Ils ont tendance à caricaturer et donc à avoir un discours hostile à l’islam. Ils ont le droit de le dire, mais ils participent à l’antagonisation du débat avec les islamistes d’un côté, les islamophobes de l’autre ».

« Phobique de l’islam »

Majid Oukacha vit son combat comme une « vocation ». Lui qui se définit comme « patriote utile et bienveillant » et « militant laïque » est victime de menaces sur les réseaux sociaux et d’agressions dans la rue. À tel point qu’il vit désormais en semi-clandestinité. Pas de lieu public pour une interview ni de séance photo en extérieur. Et si possible, pas de photographe « qui fréquente la mosquée ».

En 2019, il dénonce l’apparition du mot « islamophobie » dans le projet de loi contre les contenus haineux sur internet, dite loi Avia. « Je suis phobique de l’islam parce que le Coran est dangereux en plus d’être absurde. Détester cette religion, ça va devenir illégal ? » s’indigne-t-il dans un tweet… relayé par une autre figure du mouvement, Zineb El Rhazoui.

L’ex journaliste franco-marocaine de « Charlie Hebdo » affiche elle aussi le hashtag #Ex muslim sur son compte Twitter (elle n’a pas souhaité répondre à nos questions). Elle est devenue le fer de lance médiatique du combat contre l’islamisme, ce qui lui vaut des menaces de mort et de vivre sous protection policière. Régulièrement, ses propos font polémique : elle avait ainsi déclaré que « le seul point commun entre tous les terroristes, c’est l’islam » ou encore que « le voile fait partie du package idéologique qui mène au terrorisme ». Des déclarations qui lui ont value d’être sifflée dans les rues de Paris le 10 novembre lors de la Marche « contre l’islamophobie ». Sur les réseaux sociaux, des photos d’elle datant de 2018 où elle s’affichait aux côtés de l’auteur de BD d’extrême droite Papacito, publié comme elle aux éditions Ring, ont été exhumées.

Ses sorties médiatiques résument cependant mal une pensée plus complexe. « Les textes islamiques sont des textes misogynes. Ils autorisent explicitement la polygamie et l’esclavage, incitent à la barbarie », explique-t-elle dans une longue interview au « Point » en avril 2019. Mais en précisant plus loin :
« « Ce qui ne veut pas dire que l’essentiel des musulmans ne sont pas des gens pacifiques, mais ils le sont parce que leur humanité prévaut sur l’application à la lettre de leurs textes sacrés. » »

Une différence majeure avec les positions de Majid Oukacha et Waleed Al-Husseini. Et contrairement à eux, elle n’hésite pas à mettre sur un pied d’égalité islamisme et extrême droite. « Les deux pensent que la société française est composée de communautés qui ne devraient pas avoir les mêmes droits, analyse-t-elle, toujours dans « le Point ». Les deux sont hostiles à l’altérité, aux valeurs républicaines, à l’universalisme ».

« Le CCIF a une approche très antirépublicaine et très communautariste »

Si Waleed Al-Husseini et Majid Oukacha cultivent une ambiguïté avec l’extrême droite, dans d’autres pays le mouvement des « ex-muslims » a pris le soin de s’en distinguer clairement. « En France, l’extrême droite est plus forte et plus fréquentable et le discours antimusulmans est plus généralisé dans le débat public », avance Hakim El Karoui pour expliquer ce décalage. En Allemagne, en 2016, Mina Ahadi a rejeté l’invitation du parti anti-immigration AfD à une conférence commune. « Je recommande à tous les ex-musulmans de faire très attention à l’extrême droite, développe-t-elle. Il est important de prendre une position claire aujourd’hui ».

De son côté, Maryam Namazie a publié un rapport intitulé « Enemies not Allies : The Far Right » (Des ennemis, pas des alliés : l’extrême droite), où elle mentionne Riposte laïque. Elle confie avoir été approchée par le parti souverainiste UKIP, qu’elle a renvoyé dans ses cordes, tout comme le néofasciste British National Party qui souhaitait faire un don. « L’islamisme est notre extrême droite, affirme-t-elle. Ça n’aurait aucun sens de s’opposer à un type d’extrême droite et d’en soutenir un autre ».

Célia Mebroukine et Timothée de Rauglaudre

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