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France : Violences policières croissantes

dimanche 12 janvier 2020, par siawi3

Source : Mediapart

La lettre hebdomadaire
Chaque vendredi | 10 janvier 2020

Le ressort néolibéral des violences policières

Par la rédaction de Mediapart

Jusqu’à quand allons-nous tolérer un tel niveau de violences policières ? La manifestation organisée jeudi 9 janvier à l’appel des organisations syndicales contre la réforme des retraites a été le théâtre d’un déferlement inouï de haine de la part des forces de l’ordre. Sur le terrain, aux avant-postes des cortèges, sur la ligne de front devrait-on dire désormais, de nombreux photographes ont témoigné d’une brutalité rarement atteinte. À la fin de la journée, les vidéos circulant sur Internet ont confirmé une absence totale de retenue dans le maintien de l’ordre. Cette violence désinhibée, se matérialisant par une débauche de coups de matraque sur des personnes à terre, est d’autant plus ahurissante qu’elle arrive quelques jours seulement après le décès d’un homme, père de famille, à la suite d’une interpellation au cours de laquelle il a été plaqué au sol, selon une technique d’immobilisation interdite sous d’autres cieux.

Jusqu’à quand allons-nous accepter que le droit de grève soit si ouvertement bafoué, alors que le lieu d’exercice d’une de nos libertés fondamentales est devenu un champ de bataille ? Pendant ce temps, le pouvoir assume un discours d’impunité. Pire, de dénégation.

L’effet voulu d’intimidation n’entame pourtant pas la détermination des manifestants. Après un an de répression du mouvement des « gilets jaunes », les rues continuent d’être noires de monde. Que cherche alors l’exécutif ? Sa stratégie du chaos s’inscrit dans une logique néolibérale, immortalisée par Margaret Thatcher, associant marché sauvage, État policier et démocratie faible. Chaque semaine, en France, se rejoue la bataille d’Orgreave, explique Romaric Godin, en référence à cette journée du 18 juin 1984 dans le Yorkshire au cours de laquelle la répression s’est abattue sur les mineurs. Pourtant victimes des charges policières, les grévistes ont été désignés, dans un renversement narratif, comme les fauteurs de troubles, « ennemis de l’intérieur ».

En donnant carte blanche aux forces de l’ordre, le gouvernement espère faire dégénérer les manifestations et, enfin, décrédibiliser le mouvement. Dans son livre La Société ingouvernable, une généalogie du libéralisme autoritaire, le philosophe Grégoire Chamayou explique comment le monde des affaires, pour rendre irréversible sa domination, entend « se rendre soi-même ingouvernable pour mieux gouverner les autres ». Pour défendre les intérêts minoritaires des puissances de l’argent, Emmanuel Macron n’hésite pas à brutaliser les droits sociaux les plus élémentaires, comme le constate Edwy Plenel. Ce faisant, il ouvre la voie à toutes les régressions, y compris politiques, au risque de renforcer l’extrême droite à l’horizon 2022. On le comprend, la victoire de la mobilisation actuelle dépasse largement l’enjeu des retraites. Elle est l’occasion – ultime ? – pour la société de reprendre ses droits face à une présidence hypertrophiée.

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Source : https://www.bfmtv.com/police-justice/policier-filme-en-train-de-tirer-au-lbd-a-bout-portant-une-enquete-ouverte-pour-violences-volontaires-1838427.html

BFMTV Police Justice Police

Policier filmé en train de tirer au LBD à bout portant : une enquête ouverte pour « violences volontaires »

10/01/2020 à 15h39 Mis à jour le 10/01/2020 à 18h49

Justine Chevalier

Un policier d’une compagnie d’intervention parisienne a été filmé en train de tirer, à bout portant, un LBD, un lanceur de balle de défense, lors de la manifestation parisienne contre le projet de réforme des retraites jeudi. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ». L’auteur de la vidéo raconte la scène.

Il est aux alentours de 16 heures, jeudi, à Paris. La tête du cortège de la manifestation syndicale contre le projet de réforme des retraites vient de passer la gare Saint-Lazare et arrive à proximité de la place Saint-Augustin, terme du parcours défini par la préfecture de police pour ce rassemblement. Face aux manifestants, des policiers d’une compagnie d’intervention parisienne.

« Les policiers sont intervenus pour isoler la tête du cortège du reste du cortège, ils ont empêché le cortège d’avancer et puis ils ont demandé à la tête de cortège d’avancer plus vite vers la place Saint-Augustin de manière assez brutale et c’est là, comme des gens n’avançaient peut-être pas assez vite à leur goût, ils se sont mis à matraquer », raconte Laurent Bigot, qui se présente comme un citoyen engagé et qui était présent.

Tir à bout portant

Une vidéo de ce manifestant circule largement sur les réseaux sociaux depuis jeudi soir. Les images montrent les policiers charger des manifestants, qui reculent et qui crient « arrêtez ». « On sait que les individus violents sont souvent dans la tête de cortège, mais là il n’y avait pas de black bloc, détaille l’auteur de la vidéo. Il n’y avait pas de jets de projectiles non plus, les policiers sont intervenus de leur propre initiative. Ils ont tabassé les manifestants gratuitement. »

Lors de cette scène, où les coups de matraque sont distribués, un des policiers, reconnaissable à son casque noir, fait usage de son lanceur de balles de défense, LBD, à bout portant face à des manifestants à seulement quelques centimètres. « C’était plus qu’à bout portant, c’était à bout touchant, poursuit-il. Je ne sais pas s’il a touché quelqu’un avec son tir, je ne sais pas ce qu’il voulait faire avec son tir mais ce jour-là, en plus des coups de matraque, il aurait pu tuer quelqu’un. »

Une enquête confiée à l’IGPN

Présent dans les manifestations depuis un an, Laurent Bigot estime que « le niveau de violence jeudi était inouï ». Sur la vidéo, on peut voir plusieurs personnes au sol après la détonation du tir de LBD. On ne sait pas si une personne a été blessée par ce tir. Pour l’heure, aucune plainte n’a été déposée, mais d’après nos informations, de sources concordantes, le parquet de Paris a ouvert une enquête à la suite de la diffusion de la vidéo. Les investigations ont été confiées à l’IGPN, la police des polices.

Sollicitée, la préfecture de police de Paris précise que cette vidéo est « parcellaire et sortie de son contexte », rappelant que de « violents heurts » se sont produits dans le quartier de la gare Saint-Lazare et que 16 policiers ont été blessés jeudi lors de la manifestation. L’enquête va devoir déterminer les conditions de l’intervention et du tir et déterminer si le tir mis en cause est réglementaire ou encore s’il est volontaire. Des préconisations sont données en école de police pour l’usage du LBD : le lanceur doit être utilisé en tir tendu, a une distance de tir entre 3 et 35 mètres.

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Source : https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2020/01/10/une-enquete-ouverte-apres-un-tir-de-lbd-a-bout-portant-par-un-policier_6025451_1653578.html

Une enquête ouverte après un tir de LBD à bout portant par un policier durant la manifestation à Paris

Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, dont « Le Monde » a pu vérifier les données, montre un fonctionnaire faisant feu à moins de deux mètres d’un manifestant jeudi. Le parquet a ouvert vendredi une enquête pour « violences volontaires ».

Par Nicolas Chapuis , Asia Balluffier et Arthur Carpentier

Publié aujourd’hui à 15h54, mis à jour à 19h45

Capture d’écran de la vidéo du policier tirant avec son LBD lors de la manifestation du jeudi 9 janvier. LAURENT BIGOT

Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, dont Le Monde a pu vérifier les données et la géolocalisation, montre un policier tirant à bout portant sur un manifestant avec son lanceur de balle de défense lors de la manifestation parisienne contre la réforme des retraites, jeudi 9 janvier. Le déclenchement de ce type d’arme, à moins de deux mètres de la cible, est pourtant proscrit hors cas extrême de légitime défense. Le parquet de Paris a ouvert, vendredi 10 janvier, une enquête du chef de violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique.

La vidéo, très confuse, qui dure trente-sept secondes, montre un cordon de policiers face à une rangée de participants au cortège. La scène se situe rue Saint-Lazare, à Paris dans le 9e arrondissement. L’ambiance est très tendue. Un premier fonctionnaire donne un grand coup de matraque à la personne face à lui, tandis qu’un autre procède à un balayage avec son bâton de défense de gauche à droite. Un individu, de dos, avec une casquette, pousse le bouclier d’un des agents.

On distingue alors nettement un policier s’avancer, braquer une première fois son LBD, reculer, s’avancer à nouveau et tirer. La petite fumée qui sort du canon ne laisse aucun doute sur son geste. Face à lui, l’homme à capuche s’effondre, sans que l’on sache s’il est directement touché par le projectile.

Video ici

Le policier qui effectue le tir a le visage en grande partie masqué. Son numéro de matricule est, en revanche, visible sur son uniforme. A cet endroit de la manifestation, les rangs des forces de l’ordre sont composés de membres des brigades de répression de l’action violente motorisées, les fameuses Brav-M, et d’effectifs de la Préfecture de police en tenue de maintien de l’ordre.

A cette distance-là, un tir de LBD, une arme conçue pour viser une cible située entre 10 et 50 mètres plus loin, peut être potentiellement mortel, s’il atteint un organe vital.

Contactée par Le Monde, la Préfecture de police de Paris a réagi :

« Une vidéo circulant sur les réseaux sociaux, parcellaire et sortie de son contexte, montre une intervention des forces de l’ordre pendant la manifestation du 9 Janvier 2020. De violents heurts ont éclaté dans le secteur de la gare Saint-Lazare. Les policiers et gendarmes ont été pris à partie par des personnes violentes et ont riposté avec des moyens de défense intermédiaire, lacrymogène et LBD. Au cours de cette manœuvre, seize d’entre eux ont été blessés. Aucune plainte pour une personne blessée par tir de LBD lors de la manifestation intersyndicale du 9 janvier n’a, à ce jour, été portée à la connaissance de la police. »