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France : Sexualité et pouvoir masculin

samedi 11 janvier 2020, par siawi3

Source : http://nadiageerts.over-blog.com/2020/01/metzneff-le-cratophile.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

Matzneff, le cratophile

Publié le 11 janvier 2020

par Nadia Geerts

L’affaire Matzneff, réactivée par la publication du livre « Le Consentement » de Vanessa Springora, a fort logiquement suscité d’innombrables réactions, sur les réseaux sociaux et ailleurs. Je ne reviendrai pas ici sur l’abjection du personnage, véritable prédateur sexuel trouvant son plaisir dans l’abus et la domination de (très) jeunes, garçons et filles.

Ce qui me frappe en revanche, c’est l’usage du terme « pédophile » et son caractère clivant. Nier le caractère pédophile de la relation imposée par Matzneff à Vanessa Springora, c’est courir le risque de se voir accusé immédiatement de minimiser les faits, voire d’excuser Matzneff.

Or, comme je le répète souvent, les mots ont un sens. Et être pédophile, c’est éprouver une attirance sexuelle pour des enfants, c’est-à-dire des individus impubères. L’attirance pour des adolescents, elle, porte un autre nom : il s’agit de l’éphébophilie.

Qu’est-ce que ça change, me direz-vous ?

Dans le cas de Matzneff, pas grand chose, puisque manifestement ce monsieur cumule, ses préférences sexuelles le conduisant tantôt vers des gamines de huit ans, tantôt chez des adolescentes de quatorze. Il n’empêche que, plus généralement, il me semble dangereux de mettre dans le même panier tout abus sexuel commis sur un mineur. Car s’il ne me semble pas fondamentalement anormal de trouver sexuellement attirant un(e) adolescent(e), il en va tout autrement des enfants, qui ne sont pas censés susciter le désir sexuel de qui que ce soit, n’étant pas encore nanti des attributs sexuels secondaires qui, précisément, remplissent cette fonction.

Dire cela, ce n’est pas trouver normal l’abus sexuels sur des adolescents, évidemment. Car l’attirance est une chose, et le passage à l’acte en est une autre, tout adulte étant censé maîtriser ses pulsions.

. Et c’est bien ce dernier que la loi condamne, en se fondant sur la notion de consentement, dont elle considère à juste titre qu’il ne peut être éclairé, et n’est donc pas valable, tant que l’individu n’a pas atteint l’âge de la majorité sexuelle – âge lui-même fixé par la loi.

Pédophile et éphébophile, Matzneff est, sous cet angle, avant tout atteint d’une pathologie du pouvoir. Plus que l’âge de ses victimes, c’est le pouvoir qu’il exerce sur elles qui active son désir et son plaisir. Alors, cratophile, Matzneff ?