Subscribe to Secularism is a Womens Issue

Secularism is a Women’s Issue

Accueil > impact on women / resistance > France : Suffit-il de s’autoproclamer femme pour pouvoir exiger d’être (...)

France : Suffit-il de s’autoproclamer femme pour pouvoir exiger d’être considérée comme telle ?

mardi 18 février 2020, par siawi3

Source : https://headtopics.com/fr/blog-question-trans-les-colleuses-contre-les-feminicides-se-divisent-et-toutes-les-femmes-sont-11248303

BLOG - ’Question trans’ : les colleuses contre les féminicides se divisent et toutes les femmes sont menacées

Suffit-il de s’autoproclamer femme pour pouvoir exiger d’être considérée comme telle ?

La source Le HuffPost
12.2.2020

Suffit-il de s’autoproclamer femme pour pouvoir exiger d’être considérée comme telle ?

Quel sens auraient les listes paritaires en politique, les programmes ciblés pour créatrices d’entreprises et femmes scientifiques, les compétitions sportives féminines… si des hommes peuvent s’y imposer d’une simple déclaration d’identité ? (image d’illustration)

Le collectif de colleuses d’affiches contre les féminicides se divise autour de la “question trans”. Il s’agit bien plus que d’une querelle de chapelles : au-delà du groupe des colleuses , c’est l’avenir du féminisme et des politiques d’égalité qui est en jeu.

La polémique a débuté lorsque des activistes ont profité de la visibilité de la méthode des collages pour imposer leurs propres slogans. Leur propos était de condamner –en l’occurrence au “bûcher”- les dénommées “TERFs”, acronyme signifiant : Trans Exclusionary Radical Feminist.

De nombreuses féministes en effet considèrent que les personnes trans ne devraient pas être incluses dans les espaces réservés aux femmes et ne devraient pas être au centre de l’agenda féministe . Les “femmes trans” sont-elles des femmes ? Autrement dit, suffit-il de s’autoproclamer femme pour pouvoir exiger d’être considérée comme telle ? Comment une société peut-elle défendre les droits des femmes et œuvrer à l’égalité si le mot “femme” change de définition ?

Selon les féministes radicales et matérialistes, les femmes sont tout d’abord des êtres humains femelles. Elles ont un double chromosome X et, sauf malformation ou anomalie, elles ont un appareil génital qui permet la gestation et l’accouchement d’un enfant. Les caractéristiques physiques liées à la procréation correspondent au sexe biologique, notion distincte de celle de “genre”, qui désigne une construction sociale, et plus exactement un système d’oppression qui organise l’humanité en deux groupes, l’un dominant et exploitant l’autre.

Cette exploitation des femmes est intrinsèquement liée à leur biologie. Dans nos sociétés, les petites filles sont éduquées différemment des petits garçons ; en raison de leur sexe de fille. Les femmes sont collectivement et individuellement dévalorisées et réduites à un statut d’objet sexuel et de pourvoyeuse de soins ; en raison de leur sexe de femme.

Or les transactivistes, ennemis des “TERFs”, ont une tout autre définition de ces termes. Pour eux, le genre est certes une construction sociale, mais il n’est pas lié au sexe. Une personne peut avoir un corps ou un autre, elle sera homme ou femme (ou autre…) en fonction de son ressenti. Si une personne déclare se sentir femme, elle est une femme. Si elle déclare se sentir homme, c’est le même principe qui s’applique. Le genre est une identité qui ne repose sur aucune base matérielle.

Il est des contextes où, en effet, le ressenti ne peut pas être contesté. Si je ressens une douleur physique ou morale, je suis la seule à pouvoir l’affirmer, et personne ne devrait le nier. Être une femme n’est pas un ressenti Être une femme n’est pas un ressenti. Cela correspond à une réalité physiologique très spécifique et à un vécu social tout aussi spécifique. Tout cela est réel.

Dans nos sociétés, être une femme, c’est souffrir et être épuisé tous les mois, mais devoir travailler comme si de rien n’était. C’est être considéré comme une proie potentielle dans l’espace public et comme une travailleuse bénévole dans l’espace privé. Ce statut repose sur la réalité de notre corps. Si je suis, entre autres, discriminée à l’emploi et sous-payée, ce n’est pas parce que je “me sens une femme” ni parce que j’ai une “identité” de femme, mais bien parce que chacun saura, en me voyant, que j’ai un corps de femme. Aucun “ressenti” ne pourra être équivalent à cette réalité.

Les “femmes trans” quant à elles, sont des personnes nées garçons, qui ont le plus souvent conservé un corps d’homme (dans 75% à 80% des cas en France, elles n’ont subi aucune intervention chirurgicale), mais qui affirment avoir une “identité de genre” de femme, et ainsi être des femmes au même titre que les êtres humains femelles qui ont un utérus et qui depuis leur naissance subissent la misogynie de notre société.

Si les “femmes trans” sont considérées comme des femmes, quel que soit leur corps ou leur apparence physique, alors le mot “femme” s’applique à qui le souhaite, même à des personnes ayant un corps et une apparence d’homme. Or, dans une société encore patriarcale, les mots “femme” et “homme” doivent garder leur signification.

Nous avons besoin de pouvoir mesurer les inégalités entre les sexes pour les dénoncer et surtout les corriger. Il nous faut pouvoir mettre en œuvre des politiques publiques et des mesures correctives qui s’adressent spécifiquement aux femmes. Quel sens auraient les listes paritaires en politique, les programmes ciblés pour créatrices d’entreprises et femmes scientifiques, les compétitions sportives féminines… si des hommes peuvent s’y imposer d’une simple déclaration d’identité ?

Considérer les “femmes trans” comme des femmes pose des problèmes encore plus concrets. Quel que soit le ressenti de ces personnes, quelle que soit leur sincérité, les femmes n’ont pas le loisir de prendre le risque d’accepter des hommes dans les espaces non mixtes : vestiaires de sport, toilettes publiques ou dortoirs d’auberges de jeunesse, mais aussi prisons et centres d’hébergement d’urgence pour femmes victimes de violences masculines.

Aucune féministe ne met en cause la souffrance des personnes qui ne se sentent pas “nées dans le bon corps”. Cela dit, nous devons veiller à préserver nos espaces et à ce que nos stratégies restent centrées sur les filles et les femmes. C’est la survie de notre mouvement qui est en jeu, et donc la survie de nos droits et de notre intégrité.

Ont également signé cette tribune :
Christine Delphy, chercheuse et universitaire spécialiste du genre
Florence Montreynaud, historienne, co-fondatrice des Chiennes de garde, d’Encore féministes et de Zéromacho, Chevalière de la Légion d’honneur Annie Sugier, physicienne, ex-MLF, co-fondatrice de la Ligue du droit des femmes, ex-présidente de la Ligue du Droit international des femmes, Commandeur de l’Ordre national du mérite
Marguerite Stern, ex-Femen, activiste à l’origine des collages contre les féminicides
Dora Moutot, journaliste et activiste
Marie-Noëlle Bas, présidente des Chiennes de garde
Diane Guibault, présidente de Pour les droits des femmes, Québec
Fatiha Boudjalat, enseignante et autrice féministe universaliste
Francine Sporenda, universitaire et journaliste
Florence Humbert, enseignante
Claire Fougerol, kinésithérapeute et activiste
Rhéa Jean, philosophe
Lise Bouvet, philosophe et traductrice de textes féministes
Ibtissame Betty Lachgar, psychologue clinicienne et militante féministe Françoise Morvan, féministe universaliste
Joana Vrillaud, fondatrice et coordinatrice du Collectif Abolition Porno Prostitution
Richard Poulin, éditeur
Dominique Nouet, Secrétaire national aux droits des femmes, Les Radicaux de gauche
Judith Tanné-Gariépy, docteure en neurosciences
Catherine Moreau, experte RSE
Anne-Emmanuelle Lejeune, enseignante et militante féministe universaliste Marie Josèphe Devillers, co-présidente de CQFD Lesbiennes féministes
M.P., psychologue clinicienne
Yaël Mellul, coordinatrice juridique du pôle d’aide aux victimes de violences au centre Monceau
Martin Dufresne, traducteur et blogueur pro-féministe
Flo Marandet, enseignante et militante féministe
Vincent Menauge, dessinateur de presse, membre de « Cartooning for Peace » Marilou Clerc, bibliothécaire
Martine Arrighi, militante pour la laïcité
Frédérique Ghroum, formatrice FLE et militante féministe
Isabelle Moisse, militante féministe
Martine Llanes, féministe et lesbienne radicale
Sofia Recham, militante féministe laïque
Karine Bertrand, enseignante, référente égalité à l’Education nationale Françoise Mariotti, docteure en psychologie
Corinne Leriche, enseignante et militante féministe
Léna Trouvé, étudiante en sciences politiques et membre du collectif les Veilleuses
Céline Omer, créatrice et militante féministe
Stéphanie Fourrier, artiste plasticienne
Corinne Roche-Goy, traductrice de presse
Sylviane Francesconi, militante féministe
Lire la suite : Le HuffPost