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Algérie-Mali : Qui est Abdelmalek Droukdel, le chef d’Al Qaïda au Maghreb islamique tué par l’armée française ??

mercredi 10 juin 2020, par siawi3

Source : https://www.ouest-france.fr/terrorisme/qui-est-abdelmalek-droukdel-le-chef-d-al-qaida-au-maghreb-islamique-tue-par-l-armee-francaise-6859575

Qui est Abdelmalek Droukdel, le chef d’Al Qaïda au Maghreb islamique tué par l’armée française ??

Le chef d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), Abdelmalek Droukdel, a été tué mercredi par l’armée française lors d’une opération dans le nord du Mali. Avec la mort de Droukdal, disparaît un pan entier de l’histoire du jihad africain.

Photo : Le chef d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), Abdelmalek Droukdel, le 19 novembre 2010. | THOMAS COEX / AFP

Ouest-France avec AFP. Publié le 06/06/2020 à 00h46

Il avait été l’ennemi public numéro un en Algérie puis avait fondé la branche d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), rêvant de devenir une figure du jihad global. L’Algérien Abdelmalek Droukdel est finalement mort en « ?martyr ? », dans une opération de l’armée française au Mali.

Avec la mort de Droukdel (parfois appelé aussi Droukdal), et également connu sous le nom d’Abou Moussaab Abdelouadoud, disparaît un pan entier de l’histoire du jihad africain. « ?Il avait l’aura de celui qui avait réussi à durer et qui était en lien avec Al-Qaida centrale ? », souligne un expert de l’antiterrorisme sous couvert d’anonymat. « ?Mais comme tous les chefs dans ce milieu, il était contesté ? ».

« ?Il était toujours l’émir des émirs. Mais son isolement en Algérie lui était de plus en plus reproché ? » car il paralysait ses liens opérationnels avec le terrain, confirme à l’AFP une source proche du dossier. Selon elle, les combattants lui reprochaient de ne pas être à leurs côtés.

Né en 1971 à Zayane, un quartier pauvre de Meftah, une localité déshéritée de la grande banlieue d’Alger, Abdelmalek Droukdel fait des études scientifiques à Blida et rejoint en 1993 les Groupes islamiques armés (GIA), où il joue les experts en explosifs.

Son mentor politique et militaire est le Jordanien Abou Moussaab Al-Zarkaoui, qui avait multiplié les attentat-suicides en Irak avant d’être tué par l’armée américaine en 2006. L’homme au visage rond dévoré par une barbe abondante et d’épais sourcils lui a même emprunté son nom de guerre, Abou Moussaab, en hommage à un compagnon du prophète Mohammed.

Mais il n’en était pas moins ancré dans son pays d’origine, souligne le site Counter Extremism Project (CEP), décrivant « ?un mélange d’islam politique et de nationalisme arabe ? » chez un de ces rares leaders d’Al-Qaida à ne pas avoir été formé dans des camps au Yemen ou en Afghanistan.

« ?Réseau inestimable ? »

« ?Droukdal a été décrit comme dur, doté d’une forte personnalité ? », précise le CEP. Un homme « ?charismatique avec d’excellentes capacités oratoires ? ». Un ambitieux prêt à éliminer « ?des membres d’AQMI qui se détournaient de ses instructions ou de ses positions idéologiques ? ».

À la fin des années 90, il participe à la fondation du GSPC algérien (Groupement salafiste pour la prédication et le combat), sous la direction de l’émir Hassan Hattab.

Mais ce dernier est jugé insuffisamment actif par Droukdel et un autre de ses lieutenants, Nabil Sahraoui. « ?Peu après l’invasion américaine en Irak, ils déposent Hattab au nom d’un engagement nettement plus internationaliste ? », écrit Jean-Pierre Filiu dans son ouvrage « ?Les neufs vies d’Al-Qaida ? ». Quand Sahraoui est tué, Droukdel devient l’émir du GSPC.

Le GSPC forme alors des jihadistes pour les envoyer en Irak. La direction d’Al-Qaida s’intéresse à celui qui mobilise à partir du sud algérien dans les pays voisins - Mauritanie, Mali, Niger, Tunisie, Libye. « ?Un tel réseau est inestimable pour le jihad global ? », relève Jean-Pierre Filiu.

Le nombre d’attaques double de 2006 à 2007, ce qui lui vaut d’être fiché comme un terroriste lié à Al-Qaida par les États-Unis et l’ONU.

« ?Droukdal a fabriqué des engins explosifs qui ont tué des centaines de civils lors d’attentats perpétrés dans des lieux publics ? », estime l’ONU dans sa fiche, avant d’énumérer une liste impressionnante d’attentats, enlèvements et assassinats.

Autorité effritée

Droukdel a encouragé AQMI « ?à enlever des nationaux algériens et étrangers comme moyen de financer ses activités terroristes ? », affirme encore la fiche de l’ONU. Il est condamné par contumace à la réclusion à perpétuité par le tribunal de Tizi-Ouzou (Algérie) en 2007.

À la fin des années 2000, il domine le nord-est algérien, « ?rançonne les populations environnantes et harcèle les forces de sécurité ? ».

« ?L’organisation de Droukdal reste construite sur deux pôles du GSPC, le maquis prédateur en Kabylie, sous le contrôle de l’émir, d’une part, le réseau largement indépendant et itinérant au Sahara d’autre part ? », explique Jean-Pierre Filiu. Mais l’émir échoue à fédérer les groupes actifs au Maroc, en Tunisie ou en Libye.

En 2011, Ben Laden est tué au Pakistan. Droukdel refuse de prêter allégeance à Zawahiri et reprend son autonomie.Son emprise locale est plus évanescente, son autorité s’effrite. Il se fait plus rare, voire totalement silencieux, entre 2012 et 2015. En 2016, des journaux algériens affirment qu’il s’est enfui en Tunisie.

Depuis, il se cachait. « ?C’est un beau résultat ? », estime l’expert en terrorisme, mais « ?ça ne règle pas le problème du Sahel ? ».

°°°

Source : https://lematin.ma/express/2020/chef-dal-qaida-maghreb-islamique-e-mali/338582.html

Le chef d’Al Qaïda au Maghreb islamique tué au Mali

Avec Agences, 05 juin 2020 à 21:56

Ph : AFP

Le leader d’Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), l’Algérien Abdelmalek Droukdal, a été tué par les forces françaises dans le nord du Mali, près de la frontière algérienne, a affirmé vendredi sur Twitter la ministre des Armées, Florence Parly.

Ce chef historique du djihad au Maghreb, commandant de plusieurs groupes djihadistes sahéliens, a été tué au nord-ouest de la ville malienne de Tessalit, a appris l’AFP.

Membre du comité directeur d’Al-Qaida, Droukdal commandait l’ensemble des groupes qaïdistes d’Afrique du Nord et de la bande sahélienne, dont le JNIM, l’un des principaux groupes terroristes actifs au Sahel.

La ministre a également souligné que les opérations contre l’État islamique au Grand Sahara (EIGS), l’autre grande menace terroriste dans la région, se poursuivent également. Le 19 mai dernier, les forces armées françaises ont capturé Mohamed el Mrabat, vétéran du djihad au Sahel et cadre important de l’EIGS.

« Je félicite et remercie tous ceux qui ont permis et mené ces opérations audacieuses, qui portent des coups sévères à ces groupes terroristes. Nos forces, en coopération avec leurs partenaires du G5 Sahel, continueront à les traquer sans relâche », a-t-elle indiqué.