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Incident militaire France-Turquie : Macron accuse Erdogan de mener un « jeu dangereux » en Libye

L’Egypte menace d’intervenir « directement » en Libye

mardi 23 juin 2020, par siawi3

Source : https://www.sudouest.fr/2020/06/22/incident-militaire-france-turquie-une-preuve-de-la-mort-cerebrale-de-l-otan-selon-emmanuel-macron-7588224-710.php


Incident militaire France-Turquie : Macron accuse Erdogan de mener un « jeu dangereux » en Libye

Fin 2019, Emmanuel Macron avait jugée l’OTAN en état de « mort cérébrale » après l’offensive lancée par Recep Tayyip Erdogan dans le nord-est de la Syrie. © Crédit photo  : MaxPPP

Par SudOuest.fr avec AFP

Publié le 22/06/2020
Mis à jour à 22h59

Le président français Emmanuel Macron est monté d’un cran lundi dans l’escalade des tensions avec la Turquie, dénonçant le « jeu dangereux » d’Ankara en Libye dans lequel il voit une nouvelle démonstration de la « mort cérébrale » de l’Otan.

Le ton ne cesse de monter entre Paris et Ankara. La France affirme que la Turquie fournit massivement des armes au GNA en violation d’un embargo des Nations unies. La Turquie accuse de son côté Paris de soutenir le maréchal Haftar, et d’être le « sous-traitant de certains pays de la région » dans la crise libyenne, une allusion aux Emirats et à l’Egypte.

Au passage, Emmanuel Macron a réitéré sa crainte d’une « mort cérébrale » de l’Otan – comme fin 2019 – en raison des tensions récurrente avec la Turquie, également membre de l’Alliance, et du manque de coordination entre ses membres.

« Inquiétude légitime » du Caire

La Turquie est devenue le principal soutien international du gouvernement d’union nationale (GNA) de Tripoli, qui a repris début juin le contrôle de l’ensemble du nord-ouest de la Libye en faisant reculer les forces du maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’est du pays.

Macron a pointé toutefois « l’inquiétude légitime du président (égyptien) Sissi lorsqu’il voit des troupes arriver à sa frontière ». Les forces du GNA visent désormais la ville côtière de Syrte (450 km à l’est de Tripoli), verrou stratégique vers l’Est contrôlé par le maréchal Haftar.

La France avait déjà reproché à la Turquie à l’automne dernier d’avoir lancé une offensive contre des milices kurdes syriennes engagées au côté des Américains et des Européens dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI). Paris accuse cette fois la marine turque d’avoir eu un comportement « extrêmement agressif » à l’encontre d’une de ses frégates en Méditerranée début juin.

Les récents incidents navals qui ont opposé la France et la Turquie en Méditerranée, objets d’une enquête à l’OTAN, constituent « l’une des plus belles démonstrations qui soient » de « la mort cérébrale » de l’alliance, a estimé lundi le président Emmanuel Macron.

« Je vous renvoie à mes déclarations de la fin de l’année dernière sur la mort cérébrale de l’Otan », a déclaré le chef de l’État à l’issue d’un entretien avec son homologue tunisien Kais Saied à la présidence française. « Je considère que c’est une des plus belles démonstrations qui soient », a-t-il ajouté, jugeant « intolérable » qu’une telle confrontation entre deux membres de l’Otan ait donné lieu à « si peu de dénonciation ».

« Jeu dangereux » de la Turquie

« Je considère aujourd’hui que la Turquie joue en Libye un jeu dangereux et contrevient à tous ses engagements (de non ingérence, ndlr) pris lors de la conférence de Berlin » en janvier, a-t-il lancé à l’issue d’un entretien avec son homologue tunisien Kais Saied à la présidence française. « Il en va de l’intérêt de la Libye, de ses voisins, de toute la région mais également de l’Europe », a-t-il insisté, précisant avoir tenu « le même discours » au président américain Donald Trump lors d’un entretien téléphonique lundi après-midi.

Il a appelé à ce « que cessent les ingérences étrangères et les actes unilatéraux de ceux qui prétendent gagner de nouvelles positions à la faveur de la guerre » en Libye. « Les choses ne peuvent se poursuivre ainsi. La Tunisie est l’un des pays qui en souffrent le plus », a renchéri pour sa part le président tunisien, en référence aux risques de déstabilisation aux portes de son pays. Kais Saied, dont c’était le deuxième voyage à l’étranger, après l’Algérie, depuis son élection en décembre, a mis en garde contre une « partition de la Libye », qui serait « un danger pour toute la région ».

Menace de tirs

Les Européens ont obtenu jeudi l’ouverture d’une enquête par l’Otan sur l’« agressivité » de la Turquie. Ankara est accusé de s’opposer aux contrôles par des bateaux de l’alliance atlantique de navires soupçonnés de violer l’embargo des Nations unies sur les armes en Libye. Deux incidents au cours de tentatives de contrôle d’un cargo suspect en Méditerranée le 10 juin sont à l’origine de la plainte. L’incident le plus sérieux s’est produit avec un navire français engagé dans une mission de l’Otan. Les bâtiments turcs auraient, selon Paris, menacé d’ouvrir le feu.

« Tant que nous continuerons, membres de l’Otan, Européens, parties prenantes de ce sujet, à être faibles dans nos propos ou à manquer de clarté, nous laisserons le jeu des puissances non coopératives se faire », a estimé Emmanuel Macron. « Je ne veux pas dans six mois, un an, deux ans, avoir à constater que la Libye est dans la situation de la Syrie d’aujourd’hui ».

Tensions entre les membres

Florence Parly, la ministre française des Armées, avait porté les incidents devant le conseil des ministres de la Défense de l’Otan la semaine dernière. Huit pays européens avaient soutenu sa requête. Le secrétaire général de l’Otan, le Norvégien Jens Stoltenberg, avait évoqué un simple « désaccord entre alliés » avant d’annoncer l’ouverture d’une enquête pour « faire toute la lumière sur ce qui s’est passé ».

L’Otan est de fait confrontée à une crise provoquée par de très fortes dissensions entre ses membres. Fin 2019, Emmanuel Macron l’avait jugée en état de « mort cérébrale » après l’offensive lancée par le président turc Recep Tayyip Erdogan dans le nord-est de la Syrie, sans aucune concertation avec les alliés mais avec l’assentiment du président américain Donald Trump.

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Source : https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/libye/legypte-menace-dintervenir-directement-en-libye_4016759.html

L’Egypte menace d’intervenir « directement » en Libye

Le Caire réagit à l’avancée des troupes du GNA, le gouvernement de Tripoli, qui progressent grâce à l’appui militaire de la Turquie.

Photo : Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi (au centre), en compagnie du maréchal libyen Khalifa Haftar (à droite) et du président du Parlement libyen Aguila Saleh, en marge d’une conférence de presse au Caire le 6 juin 2020. (AFP-Présidence égyptienne)

franceinfo Afrique avec agencesRédaction AfriqueFrance Télévisions

Mis à jour le 22/06/2020 | 12:33
publié le 22/06/2020 | 12:27

image il y a 35 minutes

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a déclaré, le 20 juin 2020, que son pays avait un droit légitime d’intervenir en Libye. Il a ordonné à son armée d’être prête à effectuer toute mission en dehors du pays, si nécessaire.

« Une situation différente »

L’Egypte change de ton et parle pour la première fois d’une intervention « directe » chez son voisin libyen. En cause notamment : la situation sur le terrain. Depuis début juin, les forces loyales au GNA (Gouvernement d’union nationale), basé à Tripoli et reconnu par l’ONU, ont engrangé d’importantes victoires militaires grâce l’appui de la Turquie. L’allié du président Sissi, le maréchal Khalifa Haftar, est donc le premier perdant. L’homme fort de l’Est a, semble-t-il, perdu la bataille de Tripoli qu’il tentait de prendre d’assaut depuis avril 2019.

Carte de la Libye. Le point rouge représente la ville de Syrte (Capture d’écran de Google Maps)

Syrte, la « ligne rouge »

Les compteurs semblent être à zéro entre les deux pouvoirs rivaux libyens, celui du GNA et celui du maréchal Haftar. Et pour éviter une avancée vers l’Est, l’Egypte lance une mise en garde implicite à la Turquie.

Le président Sissi rappelle que la ville côtière de Syrte, verrou stratégique vers l’Est, est une « ligne rouge ». Si elle est franchie, l’Egypte, qui partage une frontière poreuse avec la Libye, se sentira directement menacée et aura le droit légitime d’intervenir pour se défendre, souligne Sissi. Il s’agit d’un message clair à Ankara qu’il soupçonne depuis des mois de vouloir contrôler la Libye voisine.

Deux pouvoirs et des soutiens divers

Renforcé grâce au soutien de la Turquie, le GNA de Tripoli critique sévèrement la nouvelle déclaration de l’Egypte et y voit une « ingérence » dans les affaires internes de la Libye et « une menace » grave pour la sécurité nationale du pays et la « paix internationale ». Ankara a, de son côté, exigé le retrait des troupes du maréchal Haftar de la ville de Syrte comme condition préalable à toute trêve. Pour le GNA comme pour la Turquie, l’initiative égyptienne est une manière de faire gagner du temps au maréchal Haftar, qui est aussi soutenu par les Emirats arabes unis et la Russie.

Pendant ce temps, la Turquie discute avec Moscou afin de parvenir à un nouveau cessez-le-feu en Libye. Un pays plongé dans le chaos et une guerre multiforme depuis la chute du régime Kadhafi en 2011.

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