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France : Attentat de Conflans : neuf personnes en garde à vue, dont des parents d’élèves et des proches du meurtrier

samedi 17 octobre 2020, par siawi3

Source : https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/10/16/un-homme-decapite-dans-les-yvelines-le-parquet-antiterroriste-saisi-de-l-enquete_6056350_3224.html

Attentat de Conflans : neuf personnes en garde à vue, dont des parents d’élèves et des proches du meurtrier

Selon les informations du « Monde », l’homme de 18 ans, qui a assassiné le professeur d’histoire-géographie, était de nationalité russe. Il a été tué par balle par la police dans la ville voisine d’Eragny.

Par Elise Vincent et Nicolas Chapuis

Publié hier à 18h48, mis à jour à 09h29

Photo : Aux abords du collège où enseignait le professeur d’histoire assassiné, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), le 16 octobre. LAURENCE GEAI POUR « LE MONDE »

Un enseignant a été décapité en fin d’après-midi, vendredi 16 octobre, à Conflans-Saint-Honorine (Yvelines), et son agresseur présumé a été tué par balle par la police dans la ville voisine d’Eragny (Val-d’Oise) quelques instants plus tard.

Le Parquet national antiterroriste (PNAT) a annoncé être saisi de l’enquête, ouverte pour « assassinat en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste criminelle ». La sous-direction antiterroriste de la police judiciaire et la direction générale de la sécurité intérieure ont été saisies.

Cinq nouvelles personnes ont été interpellées dans la nuit, portant à neuf le nombre total de personnes en garde à vue, selon une source judiciaire samedi matin. Parmi les cinq nouvelles personnes figurent deux parents d’élève du collège où travaillait la victime, ainsi que des personnes de l’entourage non familial de l’assaillant. Les quatre premières personnes, dont un mineur, placées en garde à vue sont issues de l’entourage familial de l’assaillant, avait précisé une source judiciaire.

L’assaillant a par ailleurs bien été identifié comme un jeune homme de 18 ans d’origine tchétchène, né à Moscou, selon la source judiciaire. Selon les informations du Monde vendredi soir, un document d’identité avait été retrouvé sur l’homme abattu par la police, indiquant bien une nationalité russe et un âge de 18 ans.

Lire le reportage : L’effroi des habitants de Conflans-Sainte-Honorine après le meurtre d’un enseignant décapité « par un monstre »

Infographie Le Monde

La victime, un enseignant d’histoire-géographie

Les faits se sont déroulés vers 17 heures, près d’un établissement scolaire. La police des Yvelines a prévenu à 17 h 30, dans un message publié sur Twitter, qu’une intervention était en cours place René-Picard, dans le quartier des Hautes-Roches, où se trouve le collège du Bois-d’Aulne.

Des policiers de la brigade anticriminalité ont été appelés car un homme suspect rôdait sur les lieux. Sur place, ils ont découvert la victime, un professeur d’histoire-géographie de l’établissement scolaire. Les policiers ont alors tenté d’interpeller un homme qui les menaçait avec une arme blanche dans la commune d’Eragny, toute proche, et ont fait feu sur lui. Il aurait crié « Allahou akbar ! » avant d’être abattu. Un périmètre de sécurité a été installé et le service de déminage appelé, en raison d’une suspicion de gilet explosif.

Lire aussi Après l’attentat de Conflans, le choc des professeurs d’histoire-géographie : « Enseigner la liberté d’expression, on le fait tous »

Un message de revendication

Un message revendiquant l’attaque a été publié, vendredi soir, sur un compte Twitter quelques minutes après le drame. Ce compte avait, selon une source judiciaire au Monde, une kunya (surnom musulman) de quelqu’un se revendiquant comme tchétchène.

A ce stade, les enquêteurs ne sont toutefois pas encore en mesure de dire s’il a bien été envoyé par le jeune homme tué par les forces de l’ordre. Le message publié s’adressait à « Macron, le dirigeant des infidèles », avant de poursuivre : « J’ai exécuté un de tes chiens de l’enfer, qui a osé rabaisser Mohammad. »

La victime avait mené, en classe, une intervention sur la liberté d’expression en lien avec les caricatures du prophète Mahomet, ce qui a participé, selon les informations du Monde, à la décision du PNAT de se saisir de l’enquête. Après cet épisode, une plainte avait été déposée par un ou des parents d’élèves, le 5 octobre. L’affaire avait été signalée et portée à la connaissance du renseignement territorial, selon les informations du Monde.

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Emmanuel Macron : « Ils ne nous diviseront pas » VIDEO ici

Le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, en déplacement au Maroc, a décidé de rentrer immédiatement à Paris. Depuis Rabat, il s’est entretenu avec le premier ministre, Jean Castex, et le président, Emmanuel Macron, a-t-on précisé dans son entourage.

Le chef de l’Etat s’est ensuite exprimé sur les lieux de l’attaque :

« Un de nos concitoyens a été assassiné parce qu’il enseignait, apprenait à ses élèves la liberté d’expression, de croire ou ne pas croire. Notre compatriote a été la victime d’un attentat terroriste islamiste caractérisé. (…) Je veux dire ce soir à tous les enseignants de France que nous sommes avec eux, que la nation tout entière sera là, à leurs côtés aujourd’hui et demain, pour les protéger, les défendre, leur permettre de faire leur métier, qui est le plus beau qui soit : faire des citoyens libres. »

« Je veux dire ce soir, de manière très claire : ils ne passeront pas nos policiers, nos gendarmes, l’ensemble de nos forces de sécurité intérieure, de renseignement, a-t-il poursuivi. Mais au-delà de cela, toutes celles et ceux qui tiennent la République et à leurs côtés magistrats, élus, enseignants, tous et toutes, nous ferons bloc. Ils ne passeront pas. L’obscurantisme et la violence qui l’accompagne ne gagneront pas. Ils ne nous diviseront pas. C’est ce qu’ils cherchent et nous devons nous tenir tous ensemble. »
L’Assemblée debout pour dénoncer un « abominable attentat »

Dans une ambiance empreinte d’émotion, les députés se sont levés à l’Assemblée nationale pour « saluer la mémoire » de l’enseignant décapité et dénoncer un « abominable attentat ». Très affecté, le président de séance Hugues Renson (La République en marche) a pris la parole juste avant l’interruption des débats à 20 heures : « Nous avons appris avec effroi l’abominable attentat qui s’est produit. Au nom de la représentation nationale, en notre nom à tous, je tiens à saluer la mémoire de la victime. » VIDEOici

Il a adressé « l’expression de toute notre solidarité » à la « famille » de la victime, « à ses proches comme à ses collègues et à l’ensemble du corps enseignant ». Le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, « rendra naturellement un hommage » à la victime « lors de la séance de questions au gouvernement » mardi, a ajouté M. Renson.

Le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a déclaré sur Twitter : « C’est la République qui est attaquée » avec « l’assassinat ignoble de l’un de ses serviteurs ». « Notre unité et notre fermeté sont les seules réponses face à la monstruosité du terrorisme islamiste. Nous ferons face », a-t-il ajouté.

Elise Vincent et Nicolas Chapuis