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France : Kamel Daoud : « Il faut démanteler l’islamisme »

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samedi 17 octobre 2020, par siawi3

Source : https://www.franceculture.fr/emissions/linvitee-actu/kamel-daoud

Le 17/10/2020

Kamel Daoud : « Il faut démanteler l’islamisme »

Ecouter ici 29 minutes

L’Invité(e) actu par Caroline Broué

L’écrivain et intellectuel Kamel Daoud, invité des Journées de l’Histoire de l’Institut du Monde arabe, qui se tiendront les 18 et 25 octobre, analyse la manière de lutter contre l’islamisme, au lendemain de la décapitation d’un enseignant d’histoire-géographie.

Photo : L’essayiste et écrivain Kamel Daoud. • Crédits : Joël Saget - AFP

L’écrivain et chroniqueur Kamel Daoud est l’invité demain dimanche des Journées de l’Histoire de l’Institut du Monde arabe. Il y évoquera le rôle de la religion dans les révoltes et révolutions des pays arabes. Ce samedi, au lendemain de la décapitation d’un enseignant à Conflans-Sainte-Honorine, il analyse la manière de lutter contre l’islamisme, les différences entre islam et islamisme et rappelle la mémoire des années 90 en Algérie.

Ce dont je rêve, c’est que l’islam soit accepté comme un fait français, qu’il soit séparé du pays d’origine. Si vous continuez de subir le poids lobbyiste d’ un Etat tiers, si vous continuez de parler de l’Islam, comme un fait exogène, que se passera-t-il ? Si vous ne mettez pas en oeuvre ce « séparatisme » là, vous acceptez qu’une partie de la population soit sous tutorat d’un pays tiers, et c’est ce qui se passe en ce moment.

Est-ce que, en Algérie, on a le droit de marcher ? Oui. Est-ce qu’on a le droit d’emprisonner les manifestants ? Non. Mais il ne s’agit pas d’écrire des tweets et des posts : il faut aller vers la rue, le réel. La politique, pour moi, c’est négocier. Je ne suis pas pour les ruptures violentes : la vérité a besoin de radicalité, mais jusqu’à un certain point. Au-delà, ce sont des postures. La révolution n’est pas une parade numérique. Le plus important n’est pas de convaincre les médias étrangers mais le père ou la mère du fond du pays.

Quand on manque de libertés, il faut s’employer à la définir. Il faut garder l’usage, la propriété des mots. Les fascismes commencent pas l’appropriation des mots. En Algérie, ce sont les islamistes qui définissent ceux de « laïcité » ou de « féminisme ». Si nous perdons l’usage, le sens, la valeur des mots, nous avons déjà perdu.