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France : Idéologie et université : déni ou droit à la recherche ?

Audio

lundi 16 novembre 2020, par siawi3

Source : https://www.franceculture.fr/emissions/signes-des-temps/islamisme-et-universite-deni-ou-droit-a-la-recherche

Le 15/11/2020

idéologie et université : déni ou droit à la recherche ?

À retrouver dans l’émission
Signes des temps

par Marc Weitzmann

Depuis les déclarations de Jean-Michel Blanquer, le monde universitaire se déchire. Les idéologies racialistes, décoloniales ou intersectionnelles représentent-elles un véritable danger pour la laïcité ?

Photo : Des enseignants manifestent à Conflans-Sainte-Honorine après le meurtre de Samuel Paty, en octobre 2020.• Crédits : Bertrand GUAY - AFP

Pour aller plus loin :
Une centaine d’universitaires alertent : « Sur l’islamisme, ce qui nous menace, c’est la persistance du déni », Le Monde, 31 octobre 2020
Université : « Les libertés sont précisément foulées aux pieds lorsqu’on en appelle à la dénonciation d’études et de pensée », Le Monde, 4 novembre 2020

Les tensions au sein de l’université autour des thèses dites « décoloniales » ne sont pas neuves. On les a vues à l’œuvre lors de la tentative d’interdiction de la pièce d’Eschyle les suppliantes à la Sorbonne en mars 2019 dont cette émission s’était d’ailleurs fait l’écho. Mais le débat est devenu brûlant depuis l’assassinat de Samuel Paty le 16 octobre dernier, et surtout depuis les déclarations du ministre de l’enseignement Jean-Michel Blanquer qui ont suivi. Quelques jours après le meurtre en effet, le ministre a fustigé sur Europe 1, dans le JDD au Sénat « l’islamo-gauchisme », « les thèses inter-sectionnelles » et certains secteurs des sciences sociales très présents au sein de l’université et qui, selon lui, y feraient des ravages, et dont la vision du monde convergerait avec celle des islamistes.

Ces déclarations ont tout de suite suscité une réaction indignée de la Conférence des présidents d’université (CPU), selon laquelle« la recherche n’est pas responsable des maux de la société, elle les analyse ». Depuis, du texte du philosophe Edouard Mehl dans le monde du 4 dénonçant la volonté du gouvernement de placer la recherche « sous une tutelle politico-administrative » au collectif Vigilances Université dénonçant au contraire la passivité des administrations face à la prégnance de la propagande, pétitions, contre-pétition et réactions indignées se suivent dans la presse à un rythme il faut bien le dire assez rare, même pour un milieu de gauche habitué à réagir. Deux pétitions en particulier ont lancé le débat, le manifeste des 100, publié dans Le Monde le 28 octobre, écrit en soutien à Blanquer, et, dans le même journal quelques jours plus tard, un texte écrit en réponse intitulé « pour un savoir critique et émancipateur dans la recherche », signé par près de 2000 universitaires. Maintenant que le sang coule, le débat universitaire atteint-il son point de rupture ?


Bibliographie

La fabrique du musulman : essai sur la radicalisation et la confessionnalisation de la question sociale
Nedjib Sidi Moussa
Libertalia, 2017

Ecoutez ici 43:13

Intervenants

Ludivine Bantigny
Maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Rouen, chercheuse au Centre d’histoire de Sciences Po, membre de la rédaction de Vingtième Siècle

Jean-François Braunstein
philosophe et historien des sciences, professeur de philosophie contemporaine à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Nedjib Sidi Moussa
docteur en science politique (Panthéon-Sorbonne)