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France : À Rome, Castex refuse la séparation de l’Église et de la loi

samedi 23 octobre 2021, par siawi3

Source : https://www.lefigaro.fr/actualite-france/jean-castex-a-rencontre-le-pape-francois-en-pleine-tempete-pour-l-eglise-de-france-20211018

À Rome, Castex refuse la séparation de l’Église et de la loi

Par Guillaume Tabard

Publié hier à 15:23, Mis à jour il y a 5 heures

Jean Castex : « La séparation de l’Église et de l’État n’est en aucun cas la séparation de l’Église et de la loi »

Video : 1:42

Le premier ministre et le pape ont affiché leurs convergences sur les leçons de la commission Sauvé.

Être un élu catalan peut être d’une aide précieuse dans les relations diplomatiques. Ce lundi, à 10 heures, au moment d’entrer dans la bibliothèque privée du chef de l’Église catholique, Jean Castex s’adresse au pape François en espagnol. Une habileté pour briser la glace, un moyen surtout pour se passer d’un interprète et, ainsi, gagner du temps d’échange durant la demi-heure d’entretien prévue, qui sera dépassée de plusieurs minutes.

Les sujets ne manquent pas en effet entre le pape argentin et le premier ministre français, surtout au lendemain de la présentation du rapport Sauvé sur les abus sexuels au sein de l’Église en France. C’est Jean Castex qui a abordé la question. François lui a redit la conscience de l’Église de la gravité des faits, la promesse de venir en aide aux victimes et son soutien à la Conférence des évêques de France (CEF), dont il a souligné le « courage » d’avoir voulu et accepté le travail de la commission Sauvé. « Je fais confiance à l’Église de France », a insisté le pape François, alors que le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, présent à Rome, ainsi que celui des Affaires Étrangères, Jean-Yves Le Drian, avait demandé à Mgr Éric de Moulins-Beaufort, président de la CEF, de clarifier un propos insuffisamment calibré sur l’articulation entre le secret de la confession et la supériorité de la loi.

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De la confession, Castex et François ont justement parlé. « L’Église ne changera pas son dogme, a compris le chef du gouvernement, mais le pape s’est montré soucieux de réfléchir et de travailler à la manière de le concilier avec le respect des lois spécifiques des États et la prise en compte de la protection des victimes », a-t-il confié à l’issue de leur rencontre.

Cette articulation à trouver, le premier ministre y est revenu dans le discours qu’il a prononcé à la villa Bonaparte, où il venait marquer le centenaire du rétablissement des relations diplomatiques entre la France et le Saint-Siège. « L’émotion légitime de notre opinion publique après la publication des conclusions de la commission dit combien les Français attendent, de cette institution séculaire, protection, bienveillance et exemplarité. (…) Il appartient à l’Église de trouver les réponses nécessaires. Mais la séparation de l’Église et de l’État ne signifie en aucun cas la séparation de l’Église et de la loi. »

C’est l’Église de France qui a commandé ce rapport et permis à cette commission de travailler en totale indépendance en lui en donnant les moyens matériels
Jean Castex

Un rappel à l’ordre de la hiérarchie catholique ? Jean Castex s’en défend. Dans son discours, il a tenu à rappeler que « c’est l’Église de France qui a commandé ce rapport et permis à cette commission de travailler en totale indépendance en lui en donnant les moyens matériels ». En privé, le premier ministre se montre admiratif de la détermination de Mgr de Moulins-Beaufort, par-delà une maladresse verbale qui a mis le feu aux poudres.

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Prévu de longue date, et une première fois reporté en raison de l’agenda pontifical, ce déplacement n’était en rien lié aux révélations de la commission Sauvé. Pour cet anniversaire historique, Jean Castex entendait défendre une conception ouverte de la laïcité, dans l’esprit des discours d’Emmanuel Macron de 2018, aux Bernardins, à Paris, puis au Latran, à Rome. « Entre la France et le Saint-Siège, 1921 - le rétablissement des relations diplomatiques - ne marque pas le retour du Concordat, mais à l’esprit de concorde », a-t-il dit, en se félicitant que cet esprit de concorde continue de l’emporter aujourd’hui sur « la tentation de la rupture ».

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À rebours du discours ambiant de déni des racines chrétiennes de la France, le premier ministre a été plus loin que bien des dirigeants français de ces dernières années en rappelant que « l’histoire de la France, en tant que nation, naît à Reims dans la cuve d’un baptistère », celui de Clovis.

Se reconnaissant « ému » par sa première rencontre personnelle avec un pape, « touché » par le contact « direct et chaleureux » de François, Castex lui a renouvelé l’invitation à venir en France. Sans la moindre illusion cependant. Sur le plan diplomatique, ce déplacement a confirmé les convergences entre la France et le Saint-Siège sur le climat, à la veille de la COP de Glasgow, et sur la situation au Liban. Convergences sans risque et sans surprise.

Le Premier ministre français Jean Castex remet à François, amateur de football, un maillot au nom de son compatriote, l’attaquant argentin Lionel Messi, dernière recrue du PSG, au cours d’une audience avec le Saint-Père, lundi.

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