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Algérie : Clôture du 1er festival national de la production théâtrale féminine à Annaba

jeudi 2 février 2012, par siawi3

Source : http://www.elwatan.com/culture/prix-pour-la-maturite-et-la-fraicheur-02-02-2012-157404_113.php

Le jury du premier Festival national de la production théâtrale féminine a décidé de ne pas attribuer quatre prix.

Annaba

De notre envoyé spécial

Rym Takoucht a été consacrée, mardi soir, au théâtre régional Azzeddine Medjoubi de Annaba, meilleure interprète féminine du premier Festival culturel national de la production théâtrale féminine. Elle a été primée pour son monologue, Al saouad fi al amel (La noirceur dans l’espoir). « Nous avons encore besoin de nos aînés sur scène. Nous avons beaucoup à apprendre d’eux. Keltoum nous a dit : ‘‘aimez vous’’. Les artistes doivent s’aimer entre eux. Nous avons les moyens d’entrer dans les compétitions internationales de théâtre. Mon âme est sur scène. C’est là que je respire. Mon prix est celui de sentir que mon message a été compris par le public », a déclaré Rym Takoucht. Souad Sebki a décroché le deuxième prix pour sa pièce, Souk Al Redjal (Le marché des hommes).

« J’ai eu ma récompense le jour où j’ai donné mon spectacle. J’ai été ravie par l’accueil du public. Les gens me saluent dans la rue et me demandent de rejouer la pièce », nous a-t-elle confié. Souad Sebki prépare un spectacle en duo avec un comédien qui porte le titre provisoire de « Mabrouka » et qui devrait être prêt à la fin de l’année. Dans la même catégorie, Samia Saâdi de Skikda a eu le troisième prix pour son monodrame Ahlam Zaman (Les rêves d’antan). « J’ai l’impression d’être entrée dans l’histoire hier (lundi, le jour du spectacle, ndlr). Cela fait presque trente ans que je suis sur scène, mais nous avons été oubliées. Je n’ai jamais cessé de travailler », a-t-elle soutenu.

Elle a tenu à remercier Sonia, commissaire du Festival, et son assistante Lynda Sellam, de ne pas l’avoir mis de côté. Samia Saâdi travaille déjà un autre monologue, Lilt ma tefhet warda (La nuit de l’éclosion d’une rose). Il sera suivi par un autre spectacle, Youm lik ou ghadoua alik (Un jour pour toi, le lendemain contre toi). Samia Saâdi, qui préside l’association Noudjoum El Fen de Skikda, envisage de se consacrer aux monologues. Le prix de la meilleure interprétation masculine a été attribué à Abderrahamne Djemoui pour son rôle du policier dans la pièce Qif… Houdoud (Halte… frontières) avec Fatiha Soltane de la coopérative Founoun de Annaba. Il était concurrencé par Yazid Sahraoui (Souk El Redjal) et Aboubakr Essdik Benaïssa de la pièce Les larmes de la lune de Fadéla Assous.

Fadéla Assous, justement, a eu le prix de la meilleure mise en scène. Construite à partir des textes de Kateb Yacine, Les larmes de la lune a été montée avec des étudiants de l’université de Sidi Bel Abbès. « C’est la rencontre de la maturité et de la fraîcheur. C’est mon premier prix. Par le passé, j’ai été honorée en Tunisie, en Egypte, en France, en Italie… », nous a dit Fadéla Assous qui a commencé sa carrière en 1970 avec Abdelkader Alloula. Le jury, présidé par la poétesse Zeineb Laouadj, a eu un coup de cœur pour la pièce Malamih (Traits) de l’association « L’espace bleu » de la cité universitaire Hamla de Batna. Il a donné le prix du jury à cette pièce montée par Lahcen Chiba.

« C’est une juste récompense pour des filles qui se sont fatiguées, qui ont donné de leur temps pour faire les répétitions », nous a déclaré Lahcen Chiba. Ce jeune metteur en scène prépare une autre pièce avec les étudiantes de Batna, Jazirat Al nisaa (L’île des femmes), pour participer au prochain Festival du théâtre universitaire. Encore étudiante, Assia Boulahraf, qui a conçu la scénographie de la pièce Malamih, a obtenu le prix de la meilleure scénographie. « Je ne m’attendais franchement pas à ce résultat. Nous ne sommes pas des professionnelles. Le festival nous a donné l’occasion d’être visibles et vues par le public. Nous souhaitons monter un autre spectacle. Pour moi, faire du théâtre après la fin de mes études est une aspiration », a souligné Assia Boulahraf. Le prix du meilleur espoir féminin a été attribué à Nadia Kadri pour son rôle dans Souk El Redjal.

« C’est ma première distinction au théâtre. Avec les quatre comédiennes du film Essaha de Dahmane Ouzid, j’ai obtenu le prix de la meilleure interprétation féminine lors du Festival du film arabe d’Oran en 2010. Cela m’encourage à continuer et à améliorer mes capacités », a expliqué cette comédienne du Théâtre régional de Béjaïa. Elle a joué dernièrement dans la pièce Mejdeli de Omar Fetmouche. Le jury a décidé de ne pas attribuer les prix du spectacle complet, du texte original ou adapté, de la composition musicale féminine et de la conception chorégraphique féminine. En plus de Zeineb Laouadj, le jury était composé de l’universitaire Djamila Mustapha Zegaï, la comédienne Fadéla Hachmaoui, les metteurs en scène Ali Abdoun, Djamel Marir et Abdelhamid Gouri ainsi que le poète Youcef Chegra.

Fayçal Métao