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« Pour la liberté de pensée, de conscience, de croyance et de non-croyance au Maroc ! »

dimanche 28 avril 2013, par siawi3

« Pour la liberté de pensée, de conscience, de croyance et de non-croyance au Maroc ! »

Ce texte a été rédigé collectivement par des militant(e)s regroupé(e)s au sein du FALDI (Forum des associations de luttes démocratiques de l’immigration), àla suite d’une fetwa-avis émise par le Conseil supérieur des oulémas du Maroccriminalisant la liberté de conscience, et rendant l’apostasie passible de la peine de mort.

27.04.2013

Pour signer cet appel, adressez votre mail à :
Abdallah Zniber : abdallah.zniber wanadoo.fr
ou Driss Elkorchi : driss.elkorchi skynet.be
Merci de préciser :
- pour les associations, l’appellation, le sigle et le pays,
- pour les personnes, les nom, prénom, qualité et pays.

L’apostat = délit passible de la mort au Maroc  ?

Le Conseil des oulémas du Maroc (المجلس العلمي الأعلى) – institution officielle qui est sous la présidence du roi du Maroc – a édicté un avis religieux qui stipule que « tout Marocain coupable d’apostat envers l’islam mérite la mort  »[1]. Ceci s’appliquerait àtout citoyen marocain né de père musulman et qui décide de suivre une autre voie religieuse ou philosophique.

Par cette affirmation est tout d’abord nié un point central de la Déclaration universelle des droits de l’homme : la liberté de conscience, par laquelle « toute personne a droit àla liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites  »[2]. Elle est également en contradiction avec certains points de la Constitution marocaine (droit àla vie, la liberté du culte, la liberté de pensée) et aux engagements internationaux du Maroc concernant les droits de l’homme. Enfin, ce sont aussi les longues luttes du peuple marocain pour acquérir les libertés démocratiques qui se voient bafouées.

Le Makhzen marocain, qui se targue via ses propres canaux et par le biais de la presse officielle, d’avoir fait « le choix d’un islam serein, équilibré et pondéré  », cache derrière ce discours une réalité bien sombre. Au lieu d’œuvrer au développement d’une pensée islamique ouverte sur notre temps et tenant compte des évolutions des sociétés, il distille, sous couvert de sauvegarder l’« identité marocaine  », une idéologie des plus conservatrices, fermée àla modernité àtravers une instance rétrograde avec rang d’institution constitutionnelle.

Cette lecture religieuse est dénoncée avec vigueur par les associations de la société civile marocaine et les défenseurs des droits humains, qui y voient la preuve du caractère rétrograde et moyenâgeux de ces organismes qui l’ont émise ou qui la soutiennent. Les forces salafistes ont d’ailleurs applaudi en y reconnaissant un de leurs objectifs.

Par ailleurs, nous prenons acte de la déclaration du délégué interministériel aux droits humains (DDIDH) estimant que son administration n’est pas concernée et obligée par la fatwa-avis du Conseil des oulémas. Nous attendons que le Conseil national des droits humains (CNDH) prenne ses responsabilités et affirme clairement son attachement aux valeurs universelles des droits de l’homme, en particulier le droit àla liberté de conscience des citoyens marocains.

Nous, citoyens d’origine marocaine et/ou maghrébine et/ou du monde qui luttons pour revendiquer le respect des musulmans résidant dans les pays où ils forment une minorité – exigence qui découle de la liberté de conscience –, ne pouvons nous taire àpropos des pratiques liberticides, non seulement au Maroc, mais dans l’ensemble des pays du Maghreb. Nous qui combattons, de longue date, les exactions àl’encontre des opposants politiques, nous devons aussi briser cette chape de plomb qui étouffe la liberté de conscience.

Nos réclamons donc la séparation du religieux et de l’Etat. Cette revendication est la seule garantie que les citoyens puissent jouir de la liberté de pensée et de conscience, et elle est une des conditions nécessaires àla construction d’une véritable démocratie.

PREMIERS SIGNATAIRES

Associations :

Na’oura GSBM
FCSME (Forum Citoyenneté Solidarité des Marocains en Europe)
EMCEMO (Centre Euromed Migration et Devolopement)
Forsem
ASDHOM (Association de défense des droits de l’homme au Maroc)
Manifeste des libertés
Association femmes plurielles
CRLDHT (Comité pour le respect des libertés et droits de l’homme en Tunisie)
FTCR (Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives)
Global Social Justice (Bruxelles, Belgique)
Femmes en Luth, citoyennes àpart entière" de Valence (France)
Conseil des Migrants au Maroc
Réseau féministe « Ruptures  » (France)
Collectif des communautés sub-sahariennes au Maghreb
Sortir du colonialisme (SDC)
ACDR (Arts et cultures des Deux Rives)
Association Filigrane
Association Khamsa
ATMF (Association des travailleurs maghrébins de France)
AMF (Association des Marocains en France)
Collectif algérien en France ACDA (Agir pour le changement et la démocratie en Algérie)

Personnes :

Driss El Korchi, militant associatif
Abdallah Zniber, militant associatif
Aziz Mkichri, acteur associatif et militant des droits de l’homme
Abdou Menebhi, militant associatif
Mehdi Attar Semlali, militant associatif
Tarek Ben Hiba, militant tuniso-français de l’immigration et des droits de l’homme
Fouad Lahssani, militant associatif
Mohamed Jaïte, militant de l’AMDH (Paris/IDF)
Messaoud Romdhani, militant associatif (Tunisie)
Marie Dufaux, militante associative (Belgique)
Tewfik Allal, militant associatif
Kamel Ghali, écrivain poète (Paris)
Odile Schwertz-Favrat, porte-parole de « Femmes en luth » et présidente de la FASTI
Monique Dental, fondatrice du réseau féministe « Ruptures  » (France)
Farouk Mansouri, militant associatif
Fabien Didier Yene, consultant
Mohamed Lakhdar Ellala, membre du bureau politique de la Voie démocratique et sociale ex-Ettajdid ;
Fatma Houas (Engagement citoyen)
Marguerite Rollinde, chercheure université Paris-VIII
Ramzi Oueslati, miltant associatif
Gadhoumi Mrad, miltant associatif
Hafedh Affès, SG de la FTCR ;
Abdellatif Mortajine, universitaire et militant associatif
Gilles Manceron, historien
Gilles Lemaire, ancien secrétaire national des Verts
Gilbert Meynier, historien
Driss El Kherchi, militant associatif
Aziz Hmoudane, militant syndicaliste
Ali Ben Ameur, militant associatif (Paris)
Samia Ammour féministe algérienne et internationaliste
Sarah Klingeberg, militante associative (Bruxelles)
Yves Quintal, militant altermondialiste
Mohamed Ben Saïd, médecin
Agustin Gómez, sindicalista CGT (Espagne)
Moktar Elgourari, enseignant
Ali Bakir, professeur de médecine (Tunisie)
Remaoun Malika, militante associative (France)
Zakia Khattabi, sénatrice (Belgique)
Nacer Benjraaeb, libre penseur
Mohamed Mansar militant associatif
Herman De Ley
Hélène Dupont, militante associative
Mustapha Bentaleb, employé (Bruxelles)
Bessis Sophie, historienne (France)
Oudra Mohamed, acteur associatif et militant Amazigh
Brigitte Allal-Bardet, professeur de lettres classiques

[1] Page 290-291 du livre « Les fatwas de l’organe scientifique chargé de fatwas 2004 -2010  » ;
« Ø§Ù„كتاب الذي يحمل عنوان »Ù تاوى الهيئة العلمية المكل٠ة بالإ٠تاء 2004 - 2012
[2] Article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948