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Inde : Celle qui s’en est tirée - Cette adolescente courageuse s’est battue contre sa propre famille pour empêcher son mariage forcé.

lundi 13 janvier 2014, par siawi3

Ceci est la traduction en français, par l’auteur, de son article en anglais, paru sur The Hindu, le 10 janvier 2014

Source : http://www.thehindubusinessline.com/features/weekend-life/the-one-who-got-away/article5554263.ece

ADITI BHADURI

Cette adolescente courageuse s’est battue contre sa propre famille pour empêcher son mariage forcé.

Elle ressemble àtoute autre adolescente dans un des nombreux villages du district de Dharmapuri, Tamil Nadu. De grands yeux, les cheveux huilés en nattes soignées et habillée simplement dans un salwar kameez. Docile, même effrayée, son apparence, cependant donne une fausse impression de son esprit. Parce que ce cœur intrépide, s’est, attaquée toute seule àsa mère et sa grand-mère, les envoyant en prison pour avoir essayé de la marier de force àla veille de son 15e anniversaire.

Abandonnée par son père, il y a quelques années, Akila avait déménagé avec sa mère dans la maison de sa grand-mère maternelle.

Le mariage infantile, d’habitude sans le consentement de la fille, est foisonnant en Inde rurale. D’après Unicef, 47% des filles sont mariées à18 ans, et 18% sont mariées à15 ans. En plus d’exiger 18 ans pour les filles comme âge pour se marier, le gouvernement a aussi introduit le projet de l’éducation libre Sarva Shiksha Abhiyan pour décourager le mariage d’enfants.

La mère d’Akila travaillait comme femme àjournée et était impatiente de marier tôt la jeune fille pour la « protéger  » contre des hommes prédateurs. Elle trouva un beau-fils éventuel et arrangea la chose. Prise tout-à-fait au dépourvu, Akila a été horrifiée par ce qui se passait et n’a pas pu supporter un seul moment la pensée de quitter sa maison, son village, son école et ses amies pour aller vivre avec un étranger dans un lieu nouveau (un village voisin). A l’école, elle avait appris que les instituteurs n’avaient pas une bonne opinion des filles qui quittaient pour se marier. Elle était tourmentée àla pensée de connaître ce destin.

Heureusement pour elle, elle possédait le numéro de contact de l’agent de développement du quartier du district, qui avait une fois visité son école. Par désespoir, la fille pleine de cran l’a appelé d’un téléphone public et lui a raconté son épreuve. L’agent consciencieux a eu une conversation ferme avec sa mère et l’a prévenue qu’elle pouvait être punie pour un mariage forcé, qui était un délit.

La mère tout-à-fait prise au dépourvu et fâchée du tour que prenaient les événements, a puni Akila en la privant de nourriture pendant deux jours. Mais heureusement, elle annula le mariage. Affrontant le châtiment, Akila poussa un soupir de soulagement et était impatiente de continuer ses études.

Quand j’ai rencontré Akila, il y a quelques mois, pendant un jour doux d’aoà»t, elle ne vivait plus dans la maison avec sa mère. Le directeur du Collège Don Bosco àDharmapuri l’avait enrôlée dans le collège pour un diplôme de licence, et avec l’unité d’Unicef de Dharmapuri, elle avait trouvé un logement dans un foyer pour filles. Les yeux d’Akila montraient un regard tourmenté et avec une voix hésitante, elle avait expliqué pourquoi elle habitait maintenant dans un foyer et pas àla maison.

Sa joie de la rupture du mariage avait été de courte durée. Quelques mois plus tard, sa mère surmonta sa peur des autorités et se mit une nouvelle fois àchercher un mariage pour sa fille jeune. Cette fois-ci, les femmes plus âgées ne lui laissèrent aucune chance. Elles empêchèrent Akila de fréquenter l’école. Avec un caractère poignant d’ironie, la mère d’Akila oublia sa propre infortune maritale et mettait sa confiance dans le mariage pour le bien-être futur de sa fille. Confinée dans la maison, Akila était sous surveillance permanente.

Hannah Stephen, la conseillère des enfants àUnicef àDharmapuri, est pleine d’admiration pour la ténacité remarquable de la fille. « On pouvait s’attendre àce que n’importe quelle fille, àla place d’Akila, sous la pression aurait cédé. Mais pas Akila. Son seul objectif maintenant était en quelque sorte d’échapper de l’emprise de sa mère et de sa grand-mère et de continuer ses études, a-t-elle expliqué. L’école manquait àAkila, les instituteurs lui manquaient, ses amies, ses livres et l’enseignement lui manquaient. Et un beau jour, l’univers a conspiré pour lui venir en aiide..

Parlant avec hésitation, Akila m’a raconté comment elle a trouvé une chance, un jour que sa mère était àson travail et que sa grand-mère s’était endormie. Elle se faufila hors de la maison, alla vers un téléphone public et appela le même agent qu’avant. En tremblant et en pleurant, elle le supplia de la sauver de sa mère, répétant constamment qu’elle voulait juste terminer son école. L’agent généreux vint une nouvelle fois àson secours.

Cette fois-ci l’administration du district traita la mère beaucoup plus sévèrement. La mère et la grand-mère ont été condamnées àla prison et aussi àune amende. Akila, aussi, avait préféré rester éloignée de sa mère. L’Unicef est intervenu et son Projet intégré de protection de l’enfant a aidé Akila àtrouver une place dans le foyer pour filles. Après avoir terminé l’école, elle était entrée au Collège Don Bosco, de nouveau avec l’aide d’Unicef.

Aux milliers de filles jeunes dans le pays qui sont confrontées systématiquement àla menace d’une éducation interrompue, d’un mariage forcé entraînant des rêves avortés et un long assujettissement, Akila prouve qu’elle est un modèle de rôle inspirant, les encourageant às’accrocher àleurs rêves. Comme le dit Hannah, « Akila est une histoire impressionnante, et les gens, ici àDharmapuri, la célèbrent comme une héroïne. Elle a posé un précédent important contre le mariage d’enfants. Et sur l’importance de l’éducation.  »

La jeune femme veut maintenant devenir une enseignante. Et on peut espérer qu’elle inspirera ses futures étudiantes par sa propre vie améliorée.

(Cet article a été publié le 9 janvier 2014.)


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