Subscribe to Secularism is a Womens Issue

Secularism is a Women’s Issue

Accueil > impact on women / resistance > Algérie : Indemnisation des femmes violées par les terroristes : les critiques (...)

Algérie : Indemnisation des femmes violées par les terroristes : les critiques de Cherifa Kheddar, présidente de Djazaïrona

lundi 10 février 2014, par siawi3

Samedi 8 février 2014

Source : http://forumdesdemocrates.over-blog.com/article-indemnisation-des-femmes-violees-par-les-terroristes-les-critiques-de-cherifa-kheddar-presidente-122462876.html

Propos recueillis par Hadjer Guenanfa

Cherifa Kheddar est la présidente de l’association de défense des droits des victimes du terrorisme, Djazaïrona. Dans cet entretien, elle revient sur le décret exécutif reconnaissant les femmes violées par des terroristes durant la Décennie noire comme victimes du terrorisme.

Vous êtes très critique sur le décret reconnaissant les femmes violées par les terroristes comme victimes du terrorisme. Pourquoi ?

Les victimes du terrorisme ont besoin d’une réparation juste du préjudice subi. Et cette réparation passe par la condamnation du violeur et l’indemnisation de la victime. On ne peut pas régler des problèmes avec de l’argent seulement. Il faut une volonté politique pour faire clairement la différence entre la victime et son bourreau.

Aujourd’hui, on met les deux au même pied d’égalité. Par exemple, la pension versée aux victimes (du terrorisme) est moins importante que celle versée au terroriste repenti. Cela dit, l’utilisation du mot « viol  » dans ce texte est une révolution. Pas seulement en Algérie où on parlait plutôt « d’agression sexuelle  », mais dans tout le monde arabe où on ne retrouve pas le mot « viol  » dans les textes juridiques.

Pourquoi ignore-t-on toujours le nombre exact des femmes violées par les groupes terroristes ?

À l’époque, on parlait de 3 000 femmes enlevées et violées par les terroristes qui ne sont jamais revenues chez elles. Au niveau de Djazaïrona, nous avons reçu 23 femmes violées par les terroristes. Chacune d’elles parlait de plusieurs autres femmes assassinées (dans les maquis). En fait, les autorités ont toujours fait dans la négation de cette violence subie par les femmes. Le prétexte avancé était la préservation de la dignité des femmes. Ce sujet constituait un tabou.

Que deviennent-elles aujourd’hui ?

Nous n’avons plus de nouvelles de ces femmes. Elles venaient pour s’informer et être aidées sur les démarches administratives. Une fois la procédure lancée, elles ne reviennent plus car elles ne veulent plus parler de ce viol.