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Snowden àCopenhague

mercredi 19 février 2014, par siawi

FYI : Snowden revelations of NSA spying on Copenhagen climate talks spark anger (Guardian) ; For the NSA, espionage was a means to strengthen the US position in climate negotiations (Information.dk) Les révélations de Snowden sur l’espionnage des discussions climatiques àCopenhague provoque la colère (Guardian) ; Pour la NSA, l’espionnage était un moyen de renforcer la position US dans les négociations sur le climat (Information.dk)

Source : http://www.theguardian.com/environment/2014/jan/30/snowden-nsa-spying-copenhagen-climate-talks

Les révélations de Snowden sur l’espionnage des discussions climatiques àCopenhague provoque la colère

Les documents révélés par Snowden montrent que la NSA tenait les négociateurs US au courant des positions de leurs rivaux au Sommet du 2009

John Vidal et Suzanne Goldenberg
theguardian.com, Jeudi, 30 Janvier 2014 12.54 EST

Les pays en voie de développement ont réagi avec colère aux révélations que les Etats-Unis espionnaient d’autres gouvernements au Sommet de Copenhague sur le climat en 2009.

Les documents révélés par Snowden montrent comment l’Agence de Sécurité nationale US (NSA) suivait la communication entre pays-clés avant et durant la conférence pour donner d’avance l’information àleurs négociateurs sur d’autres positions àla rencontre très en vue où des leaders du monde, y compris Barack Obama, Gordon Brown et Angela Merkel n’ont pas adhéré àun accord fort sur le changement climatique.

http://www.information.dk/databloggen/486321

http://www.theguardian.com/environment/2009/dec/18/copenhagen-deal

Jairam Ramesh, ministre indien de l’environnement àce moment-làet un acteur clé dans les discussions qui impliquaient 192 pays et 110 chefs d’état, a dit : “ Mais, bon dieu, pourquoi ont-ils fait cela et àla fin de la conférence, qu’ont-ils retiré de Copenhague ? Ils ont eu un résultat, mais certainement pas celui qu’ils voulaient. C’était absolument stupide de leur part. Surtout, ils n’ont pas obtenu ce qu’ils voulaient. Avec tous leurs gadgets high-tech et en fourrant leur nez dans les affaires des autres, finalement les pays de Base (Brésil, Afrique du Sud, Inde, et Chine) ont sorti Obama d’affaire. Qu’ont-ils obtenu en fourrant leur nez partout ?

Martin Khor, un conseiller pour les pays en voie de développement au sommet et directeur du groupe d’experts Centre Sud a dit : Joueriez-vous au poker avec quelqu’un qui peut voir vos cartes ? Espionner l’un l’autre comme ceci n’est absolument pas admissible. Quand quelqu’un prend l’avantage, c’est très déconcertant. Il devrait y avoir une assurance dans des négociations comme celles-ci que des joueurs puissants ne vont pas obtenir des avantages indus avec une technologie de surveillance. « Pour des négociations aussi complexes, on a besoin d’un maximum de bonne volonté et de confiance. C’est absolument crucial. S’il y a quelque chose qui empêche un jeu de négociations au même niveau, cela stoppe les négociations d’être tenues sur des bases égales. Cela perturbe les discussions,  » a-t-il dit.

La NSA tiendrait les négociateurs US au courant des positions de leurs rivaux, dit le document. « Les dirigeants et les équipes de négociations du monde s’engageront sans aucun doute dans la formulation intense de la politique de dernière minute ; en même temps ils tiendront des discussions àpart ( ??? sidebar) avec leurs équivalents, de détails qui sont d’un grand intérêt pour nos décideurs politiques… Des transmissions de renseignements joueront sans aucun doute un rôle significatif pour tenir nos négociateurs aussi bien informés que possible dans toutes les négociations,  » peut-on y lire. Le document montre que la NSA avait fourni d’avance des détails sur le plan danois de « sauver  » les discussions si elles s’embourbaient, et avait aussi appris les efforts de la Chine pour coordonner sa position avec celle de l’Inde avant la conférence.

Les discussions – qui se sont terminé dans la confusion après que les US, travaillant avec un petit groupe de 25 pays, ait essayé de faire passer un accord que d’autres pays en voie de développement rejetaient généralement – ont été marquées par le subterfuge, la passion et le chaos.

Des membres de l’équipe de négociation danoise ont dit au journal danois Information qu’àla fois les délégations US et chinoises étaient « particulièrement bien informées  » sur des discussions àporte fermée. Ils se sont simplement installés confortablement, juste comme nous avions craint qu’ils le feraient s’ils étaient au courant de notre document,  »a raconté une source àInformation. http://www.information.dk/486360

Les négociateurs britanniques au Sommet ont décliné de dire si leurs positions de négociation avaient été informées par le renseignement US. « C’est une politique de longue date de ne pas commenter des matières de renseignement,  » a dit le porte-parole du Département de l’Energie et du Changement de climat, le département du gouvernement britannique qui a dirigé les négociations àCopenhague.

Ed Miliband, qui comme Secrétaire de l’énergie a dirigé les négociations politiques pour la Grande Bretagne, a décliné tout commentaire. A ce moment là, il était cependant furieux que le texte danois au sujet duquel les US avaient d’avance des informations ait connu une fuite dans le Guardian.

http://www.theguardian.com/environment/2009/dec/08/copenhagen-climate-summit-disarray-danish-text

Mais un négociateur clé du groupe G77 de 132 pays en voie de développement, qui a demandé àne pas être nommé, avait dit qu’àl’époque il croyait très fort que les US espionnaient ses réunions et qu’il ne voulait parler que dans une chambre arrière sà»re qu’il croyait sans appareils d’écoute. « J’étais bien conscient qu’ils semblaient connaître notre position avant nous,  » a-t-il dit au Guardian

Mais Ramesh a dit qu’il n’avait pas idée que les US l’espionnaient. « Je n’ai pas eu le sentiment d’être suivi. Je n’ai pas eu le sentiment que mes téléphones étaient sous écoute,  » a-t-il dit.

Des groupes de la société civile du monde entier ont condamné les US. « Les discussions climatiques de l’ONU sont supposées destinées àconstruire la confiance – ceci a été menacé pendant des années àcause de la position rétrograde des US sur l’action climatique – ces révélations ne vont que fissurer la confiance davantage,  » a dit Meena Raman, spécialiste des négociations du Réseau du Tiers-monde situé en Malaisie. « Combattre le changement climatique est une lutte globale, et ces révélations montrent clairement que le gouvernement US est plus intéressé àprotéger lourdement quelques intérêts,  » a dit Brandon Wu, un analyste politique éminent dans l’organisation de développement ActionAid aux Etats-Unis.

Le militant US du climat et fondateur de 350.org, Bill McKibben, a qualifié les révélations d’espionnage de « démentielles et dégoà»tantes  ».

https://twitter.com/billmckibben/status/428720779673346048

Des télégrammes diplomatiques US rendus public par WikiLeak en 2010 ont montré que la CIA avait cherché des renseignements en avance sur les négociations du Sommet auprès de diplomates UN et Snowden a publié l’an dernier des documents qui ont révélé que les US avaient espionné le Sommet du climat àBali en Indonésie en 2007.

http://www.theguardian.com/environment/2010/dec/03/wikileaks-us-manipulated-climate-accord

http://www.theguardian.com/world/2013/nov/02/nsa-australia-bali-conference-spy-indonesia

http://www.information.dk/486360

Pour la NSA, l’espionnage était un moyen de renforcer la position US dans les négociations climatiques

Au Sommet sur le climat àCopenhague en 2009, les pays du monde étaient supposés atteindre un accord qui protègerait les générations futures contre un changement de climat catastrophique. Mais tout le monde ne jouait pas d’après les règles. La fuite d’un document révèle maintenant que les US ont employé la NSA, son agence de transmission de renseignements, pour intercepter l’information sur les positions d’autres pays sur les négociations sur le climat avant et pendant le Sommet. D’après des observateurs, l’espionnage peut avoir contribué àce que les Américains obtiennent ce qu’ils voulaient dans les négociations.

30 janvier 2014

Udland

Sebastian Gjerding, Anton Geist, Henrik Moltke og Laura Poitras

Le 7 décembre 2009, un document a été posté sur le site interne de la NSA. Le document de la division S17 de l’agence pour les questions économiques et globales explique dans les grandes lignes les efforts de la NSA pour collecter des renseignements sur COP15, le Sommet de l’ONU sur le climat àCopenhague. Ces paragraphes centraux sont classés « top secret  »

The document, qu’Information a obtenu via le whistleblower de NSA Edward Snowden, décrit comment « des analystes, ici àla NSA, ainsi que nos partenaires de seconde main, continueront àfournir aux décideurs politiques des visions uniques, opportunes et précieuses dans les préparations et les objectifs des pays clés pour la conférence, ainsi que les délibérations àl’intérieur des pays sur la politique de changement climatique et les stratégies de négociations  ».

http://www.information.dk/databloggen/486321
download : https://s3.amazonaws.com/s3.documentcloud.org/documents/1010488/un-climate-change-conference-in-copenhagen-will.pdf

La NSA s’occupe d’activités de transmission de renseignement, et les partisans des méthodes de l’agence insistent habituellement sur son rôle dans la guerre contre la terreur. Cependant, le document qui a fui illustre que la NSA et ses partenaires de seconde main, c-à-d. les agences de renseignement de Grande Bretagne, du Canada, d’Australie et de Nouvelle-Zélande, ont aussi joué un rôle central en favorisant les intérêts stratégiques américains.

Le document est daté du jour de l’ouverture du Sommet climatique au Centre Bella àCopenhague. Certains ont qualifié le Sommet comme le plus important en son genre depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Plus de 100 dirigeants de gouvernements y ont participé. Jamais avant, autant de chefs d’état n’avaient été rassemblés hors des quartiers généraux de l’ONU àNew York.

NSA spying on COP15 (p. 1)

Une campagne ONU avait donné àCopenhague un nouveau nom : Hopenhagen. L’objectif était pour les pays du monde d’écrire un accord global sur la réduction des émissions de CO2 dans la capitale danoise. Un accord destiné àralentir le réchauffement global, qui d’après la plupart des scientifiques aurait des conséquences désastreuses pour la vie sur terre. Comme le premier ministre britannique d’alors, Gordon Brown, l’avait dit dans un discours avant COP15 : « Si nous n’atteignons pas un accord maintenant, qu’il ne subsiste aucun doute : une fois que les dommages dus àla croissance d’émissions non contrôlées ont eu lieu, aucun accord rétrospectif global dans une période future, ne pourra réparer ce choix. A ce moment-làil sera irrémédiablement trop tard.  »

La pression sur les Etats-Unis

Des intérêts économiques énormes étaient en jeu dans la négociation de réduction de CO2 des pays. Les gouvernements étaient inquiets que des engagements les ralentiraient dans la course globale pour augmenter la compétitivité ou maximaliser la croissance. Pour s’assurer la meilleure position possible dans les négociations, les Américains ont employé les capacités technologiques des espions de la NSA.

D’après un autre document top secret, la NSA était déjàimpliquée dans des activités de renseignement liées au climat, plusieurs années avant le COP15. Le document de la division S17 a été posté sur le site internet internet de la NSA le 14 mai 2007. Le Sous-secrétaire US de la Défense pour le renseignement d’alors, James R. Clapper, qui supervise maintenant la NSA comme directeur du Renseignement national, est cité dans une conférence interne du NSA : « De plus en plus, l’environnement devient un adversaire pour nous. Et je crois que les capacités et les atouts de la Communauté du Renseignement seront amenés àadopter de plus en plus l’estimation de l’environnement comme un adversaire.  »

Le thème général du document est une série d’estimations sur les divers effets du changement climatique sur lesquelles travaillait la communauté de renseignement toute entière. Cependant, le document suggère que l’attention réelle de la NSA en relation avec le changement de climat était d’espionner d’autres pays pour collecter les renseignements qui soutiendraient les intérêts américains, plutôt que de prévenir des catastrophes climatiques futures. Il décrit les US comme étant sous pression àcause de son rôle comme le plus grand émetteur historique de carbone. Une pression àlaquelle les espions de la NSA réagissaient déjà : « SIGINT (Renseignements insignes) a déjàalerté les décideurs politiques d’anticiper une pression étrangère spécifique sur les Etats-Unis et a fourni les idées d’actions planifiées sur cette question par des pays clé et leurs dirigeants.

Le « plan de sauvetage  » danois

Le 15 décembre 2007, approximativement six mois après que la NSA mentionne son avertissement àdes décideurs politiques américains au sujet de la pression croissante sur les US pour qu’ils réduisent les émissions de CO2 du pays, les pays ont adopté le dit le Plan de réussite de Bali. Le plan établissait le but pour atteindre un accord contraignant sur la réduction d’émissions de CO2 au COP15 de Copenhague en décembre 2009.

Le moment précis auquel la NSA a commencé àviser le Sommet spécifiquement demeure peu clair. Néanmoins, le document NSA sur les efforts de l’agence concernant COP15, révèle, qu’avant le sommet, l’agence collectait déjàdes informations sur la préparation d’autres pays pour les négociations de Copenhague. Le document se réfère àun rapport de la fin de novembre dans lequel l’agence de renseignement « avait détaillé les efforts de la Chine pour coordonner sa position avec l’Inde et assurer que les deux dirigeants des pays en voie de développement travaillaient pour la même issue  ».

Le document continue alors : « Un autre rapport a fourni d’avance des détails sur la proposition danoise et leurs efforts pour lancer un « plan de sauvetage  » pour sauver le COP15.  » En d’autres mots, il apparaît que la présidence danoise était une des cibles de la NSA avant le Sommet sur le climat.

Information a parlé avec des fonctionnaires du gouvernement du bureau danois de COP15 chargé de planifier le Sommet. Ils ont reconnu que la « proposition danoise  » et le « plan de sauvetage  » mentionnés dans le document se réfèrent àun avant-projet d’accord écrit par les Danois et chaque fois ajusté pendant les mois qui ont mené àl’événement.

La proposition était controversée parce qu’elle suggérait d’abandonner le protocole de Kyoto, qui engage légalement les pays les plus riches du monde àdes réductions spécifiques de CO2. Avant le Sommet, les Américains avaient refusé de s’engager pour le protocole, alors que les pays en voie de développement avaient réclamé que les pays les plus riches du monde continuent àmener la bataille contre le réchauffement global.

Malgré le fait que le Danemark était président du Sommet et pour cette raison devait faciliter les discussions entre les parties de manière neutre, les Danois avait produit un avant-projet d’accord avant le COP15 qui favorisait les intérêts américains. L’avant-projet avait été écrit sur l’initiative le département du Premier ministre où le Sous-secrétaire d’état permanent, Bo Lidegaard, était chargé des préparations du Sommet.

Le plan était de présenter la proposition pendant les négociations au Centre Bella àCopenhague. Mais elle devait rester strictement confidentielle dans les mois précédant le Sommet. C’était très important pour la Ministre danoise du Climat et de l’Energie, Connie Hedegaard. Aujourd’hui, comme Commissaire de l’UE pour l’Action du climat, elle ne veut pas commenter la proposition danoise.

Pourtant, dans un livre publié en 2010 par le journaliste Per Meilstrup, maintenant décédé, qui est l’examen le plus minutieux du Sommet àce jour, Connie Hedegaard est citée de manière répétée comme insistant sur l’importance de s’assurer que les Américains ne voient pas le texte danois favorable aux US. S’ils le voyaient, avait dit la ministre, il y aurait un grand risque « qu’ils s’assiéraient confortablement et feindraient seulement leur participation aux négociations ONU parce qu’ils attendraient que le Danemark présente la proposition.  »

Ne montrez pas aux Américains l’avant-projet danois

Avant une visite en octobre 2009 du chef négociateur US Todd Stern au département du Premier ministre danois, Connie Hedegaard et le Premier ministre Lars Løkke Rasmussen s’étaient mis d’accord pour ne pas donner àTodd Stern l’avant-projet danois. D’après Per Meilstrup, ils ne voulaient pas qu’il “retourne chez lui pensant que le Danemark allait sauver les US†.

Le Ministre du Climat et son équipe ont spécialement fait attention àconserver la trace de chaque copie de l’avant-projet danois. Quand il était transmis, il était de nouveau récupéré àla fin des réunions. Mais aucune précaution de sécurité n’avait été prise pour protéger le document sous forme électronique.

D’après les sources de l’Information dans le bureau du COP15, différentes versions du document non-crypté ont été envoyées et renvoyées entre les employés dans les ministères impliqués dans la planification de Sommet sur le climat. Ceci allait rendre l’interception du document une tâche relativement facile pour la NSA.

La décision au Secrétariat du COP15 était de retarder de remettre l’avant-projet danois aux autres pays le plus longtemps possible. Mais on sait qu’àcertains moments pendant les semaines qui ont précédé le Sommet, le département du Premier ministre, le Ministre du Climat et de l’Energie et le Ministre des Affaires étrangères ont été d’accord de remettre l’avant-projet aux Etats-Unis, la Chine et d’autres pays majeurs. La raison en était que les Danois voulaient être capables de négocier avec chaque pays individuel sur la base de l’avant-projet pendant les jours qui restaient avant le Sommet lui-même.

Plusieurs sources du Secrétariat du COP15 sont d’avis que le Sous-secrétaire d’état permanent Bo Lidegaard avait déjàdonné l’avant-projet aux Américains malgré la décision de ne pas le divulguer. Lidegaard, aujourd’hui éditeur en chef du quotidien danois Politiken, le nie.

Il raconte àInformation que d’après ses souvenirs, on peut avoir donné ou montré aux Américains un avant-projet àce qu’on a appelé le Pré-COP àCopenhague au milieu de novembre. Il est certain que lors du week-end qui a précédé la conférence, la Présidence danoise avait invité un grand groupe de pays majeurs pour une rencontre informelle àCopenhague, au cours de laquelle on a donné l’avant-projet danois aux US, la Chine et d’autres pays.

L’Amérique s’est installée confortablement

La question qui se pose est si les Américains connaissaient déjàl’avant-projet danois avant de le recevoir quelques semaines avant le COP15. Puisque le rôle de la NSA dans la communauté du renseignement est de transmettre des renseignements, l’agence elle-même a très probablement intercepté le renseignement concernant l’avant-projet danois en espionnant la communication électronique des autorités majeures danoises sur l’accord confidentiel de l’avant-projet. Le paragraphe sur le « Plan de sauvetage  » danois est marqué « SI  » (Renseignement spécial), le terme de la NSA pour des renseignements interceptés en surveillant la communication électronique.

Le document de la NSA qui a fui, et est daté au jour de l’ouverture du COP15, ne spécifie pas àquel moment l’agence a intercepté l’information. La formulation du document sur des « détails d’avance  », suggère cependant que l’agence avait réussi àintercepter l’information avant que les Danois ne donnent l’avant-projet sur le climat aux négociateurs américains peu avant le Sommet de Copenhague. Cela vaut aussi la peine de noter que la NSA considérait le renseignement sur le « Plan de sauvetage  » comme un exemple des efforts de l’agence pour fournir une information qui est « unique, opportune et précieuse  ».

Plusieurs fonctionnaires du bureau du COP15 ont raconté àInformation qu’ils croyaient que la connaissance d’avance de la proposition danoise pouvait contribuer àexpliquer le positionnement US dans les mois précédant le Sommet. Alors que beaucoup de pays avaient formulé des promesses qui étaient de plus en plus ambitieuses, l’Administration d’Obama n’a jamais modéré sa position qu’elle n’accepterait aucun accord ressemblant au protocole de Kyoto. Egalement, les Américains ont seulement offert une diminution de 4 à6% des émissions de CO2 comparées aux niveaux de 1990, malgré le fait que les recommandations de l’ONU pour les pays développés étaient de 25-40%.

Comme l’un des fonctionnaires du gouvernement le dit : « Ils se sont simplement assis confortablement, comme nous l’avions craint s’ils connaissaient notre document. Ils n’ont pas fait de déclarations constructives. De toute évidence, s’ils connaissaient nos plans depuis l’automne de 2009, il était de leur intérêt d’attendre simplement que notre proposition d’avant-projet soit mis sur la table au Sommet ;  »

Le renseignement pour Obama

Si les hôtes danois n’ont pas fait attention au risque d’espionnage électronique avant le Sommet sur le climat, la sécurité était une beaucoup plus grande priorité au Centre Bella àCopenhague une fois que le Sommet avait ouvert ses portes en décembre 2009.

Mais les Danois n’étaient pas conscients, que le jour de l’ouverture du Sommet du climat, l’agence de renseignement la plus avancée du monde, la NSA, avait écrit qu’il allait de soi que l’agence récolterait les transmissions de renseignements pendant le Sommet.

Le document qui a fui déclare que « les dirigeants et les équipes de négociation du monde seront engagés sans aucun doute dans d’intenses formulations de politique de dernière minute ; au même moment, ils tiendront des discussions àpart avec leurs homologues – des détails qui sont de grand intérêt pour nos décideurs politiques  ».

NSA collects intelligence (p. 2)

Et il ajoute :
« Bien que l’issue de la Conférence sur le changement de climat de Copenhague reste incertaine, la transmission de renseignements jouera sans aucun doute un rôle significatif pour tenir nos négociateurs aussi bien informés que possible pendant l’événement de deux semaines.  »

Les « discussions àpart  » se réfèrent àdes discussions informelles et continues entre délégations de différents pays qui se tenaient dans des chambres de la conférence réservées d’avance, dans des vestibules et des zones communes dans le centre de la conférence. D’après le document, l’information collectée par la NSA servirait àmettre au courant les politiciens américains, incluant notablement le Président Barack Obama et la Secrétaire d’état d’alors, Hillary Clinton, qui ont tous deux participé au Sommet de 2009.

Téléphones diplomatiques

La logistique au Sommet a été traitée par le Ministre danois des Affaires étrangères en collaboration avec l’ONU et le Service de sécurité et de Renseignement danois (PET). Ensemble avec les compagnies de technologie de l’information, ATEA et CSC, le ministère avait désigné une toute nouvelle infrastructure pour les plus de 25.000 participants enregistrés, qui se centrait sur la sécurité àla fois physique et digitale en rapport avec les installations techniques.

Le document de la NSA qui a fui ne spécifie pas comment l’agence et ses alliés partenaires avaient l’intention d’espionner les communications électroniques pendant le COP15, mais des révélations subséquentes basées sur les documents d’Edward Snowden fournissent une idée des méthodes disponibles pour les agences d’espionnage.

Les alliés proches de la NSA dans l’agence de renseignement britannique, GCHQ, par exemple, avait exécuté des opérations pendant deux sommets du G20 àLondres pendant les six mois qui ont précédé le Sommet de Copenhague. Une présentation interne du GCHQ, qui est aussi classifiée « top secret,  » déclare : « Des cibles diplomatiques de toutes les nations ont un modus operandi d’utiliser des smartphones.  »

GCHQ exploits smartphones (p. 2)

· Viser le Ministre des Finances turc et si possible 15 autres dans son parti ;

· Recevoir des rapports d’une tentative de la NSA d’espionner le dirigeant russe, Dmitry Medvedev, alors que son téléphone passe par des liens satellites àMoscou.

Les documents suggèrent que l’opération avait le consentement de principe au niveau supérieur du gouvernement du Premier ministre d’alors, Gordon Brown, et que des renseignements, y compris des instructions pour des délégués en visite, étaient passées au ministres britanniques.

Un papier d’instructions daté du 20 janvier 2009 enregistre l’avis donné par les fonctionnaires du GCHQ àleur directeur, Sir Iain Lobban, qui envisageait de rencontrer leur Secrétaire aux Affaires étrangères d’alors, David Miliband. Les fonctionnaires ont résumé les intentions de Brown pour la rencontre du G20 des chefs d’état qui devait commencer le 2 avril, qui devait tenter de s’occuper des suites de la crise banquière de 2008. Le papier d’instruction ajoutait : « L’intention du GCHQ est d’assurer que des renseignements utiles pour les issues désirées par le gouvernement pour sa présidence du G20 atteignent les utilisateurs au bon moment et sous une forme qui leur permette la pleine utilisation.  » Deux documents se réfèrent explicitement aux renseignements passés aux « ministres  ». D’après le matériel vu par le Guardian, le GCHQ a généré ce produit en attaquant àla fois les ordinateurs et les téléphones…

La présentation continue en décrivant comment l’agence est entrée par effraction dans les Blackberries ( ???) des délégués afin de pouvoir lire leurs emails et écouter leurs conversations téléphoniques ; comment l’agence a installé un logiciel sur des ordinateurs dans les cafés internet du sommet afin d’avoir accès aux codes secrets et aux emails ; et comment elle a fourni à45 analystes des données leur permettant d’enregistrer en temps réel, qui faisait des appels téléphoniques àqui pendant le sommet.

Une faible protection

Au Sommet du climat dans le Centre Bella, un fouillis de communication électronique était destiné àce que les délégués puissent rester en contact l’un avec l’autre ainsi qu’avec des politiciens et des autorités de leur pays d’origine. Des téléphones IP, des téléphones mobiles, de laptops et des ordinateurs fixes ainsi que des vidéos de conférences spéciales. En d’autres mots, une grande série de surfaces d’attaque pour les pirates et les analystes spécialisés du service de renseignement américain.

Les renseignements spécifiques sur les mesures de sécurité au Centre Bella restent confidentielles mais d’après des informations obtenues par ce journal, des chaînes pare-feu de différents fabricants étaient installés pour protéger le réseau interne, et un dit « pirate éthique  » a testé la configuration pour les trous de sécurité. Le Service de sécurité et de Renseignement danois a aussi scruté le centre de la conférence pour des micros cachés.

Les révélations récentes d’Edward Snowden montrent, cependant, que de telles mesures n’offrent que peu de protection contre la NSA. Tenant compte des mesures danoises, par exemple, l’agence a développé des portes arrière dans un nombre de pare-feux. Elle a aussi la capacité d’utiliser les téléphones cellulaires des gens comme microphones. Et elle a accès àun nombre de technologies sophistiquées qui sont presque impossibles àdétecter. L’une d’elles est le microphone passif, qui est capable de saisir un discours àun niveau normal àgrande distance, et qui transmet des données en réfléchissant un signal d’un radar placé àune distance appropriée.

Rumeurs d’espionnage

La question du captage de messages est brièvement mentionnée dans le livre de Meilstrup sur le Sommet. Il écrit que « des rumeurs abondent au Centre Bella sur un équipement de captage, des microphones directionnels, des fuites et des diplomates qui photographient des documents secrets avec leur téléphone cellulaire  ». Mais en plus de la surveillance du lieu même de la conférence et l’espionnage via le réseau interne, la NSA a aussi été capable de capter la communication des délégués en dehors du réseau interne quand des délégués accédaient aux réseaux locaux d’internet et de téléphonie. Et via d’autres programmes de surveillance de la NSA révélés par Snowden, la NSA était capable d’intercepter des emails, des appels téléphoniques et les messages de textes.

Au moment du Sommet, rien de cela n’était une préoccupation connue d’aucune autorité avec laquelle Information a parlé. « Cela peut sembler naïf, mais nous n’y avons pas réfléchi, et je ne me souviens pas non plus avoir reçu le moindre avertissement àce sujet  » dit une source du bureau du COP15. Plusieurs délégués danois ont dit àInformation que les Danois envoyaient des emails non-cryptés l’un àl’autre via leurs laptops et téléphones cellulaires sur les stratégies de négociation qu’ils ne voulaient pas que des négociateurs d’autres pays sachent. Un fonctionnaire rapporte avoir été prudent en ne mentionnant pas des questions particulièrement sensibles dans des conversations téléphoniques. « Mais je n’étais pas conscient de la nécessité d’encrypter mes emails,  » dit-il. Le document NSA qui a fui ne spécifie pas si la NSA interceptait spécifiquement des informations confidentielles en espionnant la correspondance email des délégués. Cependant, tout indique de suggérer que les Américains avait effectivement obtenu d’une manière ou d’une autre l’accès àune information qui ne leur était pas destinée. D’après Per Meilstrup, “plusieurs membres de la délégation danoise sentent souvent que d’autres parties sont bien informés de manière surprenante sur des questions qui avaient uniquement été discutées derrière des portes fermées.  » Et plusieurs sources de la délégation danoise ont dit àInformation qu’il était difficile de maintenir la confidentialité pendant les négociations. « A la fois les Américains et les Chinois étaient particulièrement bien informés. Surtout les Américains, j’étais parfois complètement interloqué par ce qu’ils savaient  » dit un fonctionnaire du bureau du COP15.

Pas d’accord

A la fin, les pays du monde n’ont pas réussi àréaliser un accord contraignant sur la réduction des émissions de CO2. Les différences entre les parties étaient trop grandes. Un fossé en particulier s’est avéré insurmontable : celui entre les plus grands émetteurs de CO2 du monde, la Chine et les Etats-Unis.

Les Chinois s’étaient engagés àdes réductions significatives de CO2 mais ils insistaient aussi sur un accord qui ne serait légalement contraignant que pour les pays développés. Les Etats-Unis, de leur côté, ont maintenu qu’un tel accord, qui aurait été similaire au protocole de Kyoto, était inacceptable. Et alors que l’UE essayait de se conformer aux recommandations du Panel sur le climat de l’ONU en offrant une réduction de 20% pour l’année 2020 par rapport à1990, et acceptait d’augmenter ce chiffre à30% si un accord global était atteint, les Américains ont continué àrejeter une réduction supérieure à4-6%.

La fuite d’une version de la proposition d’avant-projet danois dans le journal britannique The Guardian, le second jour des négociations n’a pas amélioré le climat de négociation. Les pays en voie de développement ont critiqué la présidence danoise de ne pas être restée neutre et d’avoir pris parti dans le conflit du protocole de Kyoto. Ils ont refusé comme base de négociation ce qu’ils considéraient comme une proposition élaborée en fonction d’intérêts américains.

A la fin, cependant, les US ont réussi àarriver àun résultat qui soutenait les intérêts américains. La nuit finale du Sommet, le 18 décembre, le Président Obama a dirigé des négociations intenses entre chefs d’état et des représentants d’un petit groupe de 36 pays, y compris la Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud, le Brésil et un nombre de pays de l’UE. Ces négociations ont abouti àl’Accord de Copenhague. L’Accord de Copenhague n’était pas un véritable accord mais une déclaration, que des participants au Sommet n’ont même pas approuvé collectivement mais simplement accepté avec les mots de l’ONU, « prendre note de  ».

Brokenhague

La déclaration n’obligeait pas légalement les pays d’opérer des réductions spécifiques de CO2 ; elle ne préparait pas le terrain pour une continuation du protocole de Kyoto ; et elle permettait aux pays de définir des objectifs individuels pour leur propre réduction en CO2. Dans le cas des Etats-Unis, les mêmes 4-6% que les Américains avaient proposé avant les négociations.

Andreas Carlgren, le Ministre de l’Environnement suédois et représentant pour la présidence suédoise de l’UE, a qualifié le Sommet du climat àCopenhague, un « désastre  » et un « grand échec  ». Et l’animatrice de CNN, Becky Anderson a commenté : “Ce qui avait été annoncé comme « Hopenhagen  » (Copenhague d’espoir) alors que les délégués et militants arrivaient ici il y a juste deux semaines, laissera peut-être àbeaucoup un souvenir de « Brokenhagen†. (Copenhague brisé).

Le Président Obama, son côté, s’est référé àl’Accord de Copenhague comme « une étape importante  » et « une percée significative et sans précédent.  »

« Un énorme avantage  »

Aujourd’hui, quatre ans après le Sommet du climat àCopenhague, il semble clair que beaucoup de facteurs différents ont contribué àl’échec pour arriver àun accord global ambitieux sur le climat. C’est la position de John Nordbo, le président du programme climat du WWF danois, qui avait suivi le Sommet de près. Il lui semble, cependant, évident que l’espionnage avait pu donner aux Américains un coup de pouce dans leurs efforts pour influencer les négociations en leur faveur. « Cela leur donne d’incroyables opportunités. Dans beaucoup de contextes, ils connaîtront les accords internes d’autres pays sur jusqu’où ils sont prêts àaller. Et ils sauront où appliquer une pression, et quand s’aligner eux-mêmes avec les Danois, les Brésiliens, ou avec un autre pays ayant des intérêts partagés. Cela leur donne une position unique pour manipuler les choses àleur avantage.  » dit-il.

D’après John Nordbo, les Américains semblaient « très sà»rs d’eux  » dans la période menant au Sommet du climat àCopenhague. « Ils avaient une ambiance de « nous venons et nous obtiendrons ce que nous voulons  ». J’ai habituellement supposé que c’était parce qu’ils avaient senti qu’ils avaient la Présidence danoise dans la paume de la main, mais l’espionnage peut aussi y avoir contribué,  » a-t-il dit et il ajoute avec la référence àla proposition d’avant-projet danois et sa tendance aux intérêts américains : « L’espionnage peut bien avoir aidé àconvaincre les Américains qu’ils pouvaient faire confiance aux Danois pour produire ce que voulaient les US.  ».

Aucun des délégués danois auxquels Information a parlé n’a souhaité ajouter aux spéculations sur les informations spécifiques que les Américains auraient pu intercepter en espionnant des délégations d’autres pays pendant le Sommet du climat. Mais avec les mots d’un fonctionnaire important : « Il est évident, que si vous connaissez les stratégies des autres pays, leurs pensées sur les négociations et leur point limite en terme de jusqu’où ils iront, vous avez un avantage énorme.  »

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