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Sénégal: Droits reproductifs

Thursday 14 August 2014, by siawi3

Source: http://www.awid.org/fre/Actualites-et-Analyses/Annonces/Lettre-du-WiLDAF-sur-le-droit-a-l-avortement-au-Senegal

Lettre Du WiLDAF Sur Le Droit À L’avortement Au Sénégal

Source: WiLDAF/FeDDAF 08/08/2014

Le réseau WiLDAF (Women in Law and Development in Africa) exhorte le gouvernement Sénégalais àse conformer àces engagements internationaux en harmonisant sa législation en matière des droits reconnus aux femmes y compris le droit àl’avortement conformément au Protocole de Maputo auquel il est librement partie. En tant que pays qui a àcœur la question des droits des femmes, il est du devoir du gouvernement de prendre des mesures idoines pour leur concrétisation et leur mise en application.

A
M. Sidiki Kaba
Ministre de la Justice,
Garde des Sceaux
République du Sénégal
Fax : 00 221 33 823 27 27

Monsieur le Ministre,

Le Protocole àla Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples relatifs aux Droits de la Femme en Afrique dispose en son article 14 portant sur le « Droit àla Santé et au Contrôle des Fonctions de Reproduction » que les Etats prennent toutes mesures appropriées pour « protéger les droits reproductifs des femmes particulièrement en autorisant l’avortement médicalisé en cas d’agression sexuelle, de viol, d’inceste et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou la vie de la mère ou du fœtus »

Le droit àl’avortement, un moyen pour toute femme de décider de sa maternité, est par conséquent acquis dans les conditions posées par le Protocole de Maputo auquel le Sénégal est partie.

Or, en vertu de la loi sénégalaise relative àla santé de la reproduction, l’interruption volontaire de grossesse est interdite. Cette interdiction ne peut être levée que lorsque 3 médecins différents déclarent que la vie de la femme est en danger et après autorisation du procureur…

La négation de ce droit àla femme, est une menace pouvant porter atteinte àla vie de celle –ci ou causer des effets psychologiques néfastes surtout si cette femme a subi une violence sexuelle qui en elle-même est un acte déjàtraumatisant. C’est le cas de cette petite fille de 11 ans de Ziguinchor.
L’Etat sénégalais avait-il mesuré àsa juste valeur tous les risques de perte de vie qu’elle a encouru jusqu’au jour de la délivrance et les conséquences futures y compris le traumatisme du viol ?

En tant que défenseur des droits humains très engagé que le WiLDAF vous connaît, nous espérons que vous feriez prendre dans les meilleurs délais des dispositions pour protéger efficacement ces citoyennes.

Le réseau WiLDAF exhorte par conséquent le gouvernement Sénégalais àse conformer àces engagements internationaux en harmonisant sa législation en matière des droits reconnus aux femmes y compris le droit àl’avortement conformément au Protocole de Maputo auquel il est librement partie. En tant que pays qui a àcœur la question des droits des femmes, il est du devoir du gouvernement de prendre des mesures idoines pour leur concrétisation et leur mise en application.

Nous vous prions de bien vouloir agréer Monsieur le Ministre de la justice, l’expression de notre considération distinguée.

WiLDAF/FeDDAF
WASRO/BSRAO