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Israel : De la marche pour Gaza

samedi 23 août 2014, par siawi3

Gaza nous remet en mémoire le péché originel du sionisme

vendredi 22 aoà»t 2014 - 06h:29 -

Miko Peled

Source : http://www.info-palestine.eu/spip.php?article14885

J’ai passé cette nuit particulière avec des amis de la ville de Ramallah, en Cisjordanie occupée après avoir participé àla marche #48K pour Gaza.

La marche a commencé àRamallah et s’est dirigée vers le poste de contrôle de Qalandiya. Elle avait démarré paisiblement, avec des familles accompagnées de leurs enfants et même de bébés en poussettes. Elle s’est achevée avec de jeunes Palestiniens blessés par balles et emmenés d’urgence àl’hôpital local.

Le poste de Qalandiya était fortifié et inattaquable et les soldats israéliens stationnés au sommet tiraient àballes réelles sur la foule. Comme l’ambulance fonçait dans la foule, je n’ai pu m’empêcher de me demander pourquoi il n’y a pas d’hôpital entre Qalandiya et Ramallah, une bonne distance qui inclut les municipalités de Jérusalem, al-Bireh et Ramallah.

La nuit suivante j’étais programmé pour quitter la Palestine et retourner aux États-Unis. Mais les forces israéliennes avaient bouclé toutes les routes de Ramallah àJérusalem pour la nuit et elles seraient probablement encore bouclées le lendemain. A la pointe de l’aube, quand les choses se furent calmées, mon ami Samir m’emmena en voiture àun poste de contrôle qu’il pensait être ouvert. Il était bien ouvert, mais pour les Israéliens uniquement, et de làje retournai àJérusalem.

Le soir, comme je m’apprêtais àquitter l’aéroport Ben Gourion près de Tel Aviv, les gens autour de moi essayaient de me calmer. « Ne les agace pas, coopère, et ils seront sympa  » disaient-ils. « Pourquoi te créer tous ces ennuis inutiles ?  »
Ils parlaient de « la gestapo souriante  », les agents israéliens de la sécurité àl’aéroport de Tel Aviv qui portent le nom grinçant de « Division Sécurité Aéroport  ».

Non-coopération et résistance

En les écoutant, je me suis rappelé les communautés juives sous le régime nazi qui croyaient que si elles coopéraient et se montraient de bons citoyens, tout irait bien pour eux. Mais la route de la coopération jusqu’aux camps de concentration puis aux chambres àgaz était une route directe.

La politique de discrimination et d’humiliation àl’aéroport Ben Gourion et la politique de nettoyage ethnique et d’assassinats de Palestiniens àGaza, sont issues de la même idéologie.

Comme nous le voyons depuis 7 décennies, coopérer et courber l’échine n’améliorent pas les choses.

La coopération avec les autorité israéliennes apporte peut-être une aide àcourt terme, mais elle valide par ailleurs le « droit  » d’Israë l de terroriser et d’humilier les Palestiniens avec notre consentement, à« nous  », tous les gens qui ont une conscience. Que nous soyons palestiniens ou non, l’heure est àla non-coopération et àla résistance contre l’injustice.

Aujourd’hui, Israë l et ses partisans rejettent le blâme de la violence àGaza sur le Hamas. Mais Israë l n’a pas attendu la création du Hamas, fin des années ’80, pour commencer àlancer ses attaques contre Gaza. Israë l s’est mis àattaquer Gaza quand l’enclave était peuplée de la première génération de réfugiés, au début des années ’50.

Les Palestiniens, et ceux de Gaza en particulier, ne sont pas devant une option : résister et être tué ou vivre en paix. On leur offre l’option d’être tués debout ou tués dans leur lit en plein sommeil.

« Une mer de haine  »

Gaza est en train de se faire punir parce que Gaza rappelle constamment àIsraë l et au monde le péché originel du nettoyage ethnique de la Palestine pour la création de soi-disant état juif. Alors que la résistance palestinienne n’a jamais représenté une menace militaire pour Israë l, elle a toujours été décrite comme une menace existentielle pour l’état.

Moshe Dayan, le fameux général borgne, a décrit cela dans un discours prononcé en avril 1956. Il parlait dans le kibboutz Nahal Oz, une colonie israélienne sur la frontière de la bande de Gaza où les chars israéliens prennent position chaque fois qu’il y a une incursion terrestre dans Gaza.

« Derrière la bande de terre de cette frontière, il y a une mer de haine et de vengeance  », leur a dit Dayan. Ironiquement, six mois plus tard, quand Israë l eut occupé Gaza et que mon père fut nommé son gouverneur militaire, il dit ne voir « ni haine ni désir de vengeance, mais un peuple avide de vivre et de travailler ensemble pour un avenir meilleur  ».

Aujourd’hui encore, les commandants et politiciens israéliens disent toujours la même chose : Israë l est destiné àvivre par l’épée et il doit frapper Gaza chaque fois que possible. Peu importe si les Palestiniens n’ont jamais posé un défi militaire, et encore moins une menace pour Israë l. Après tout, les Palestiniens n’ont jamais possédé le moindre tank, ni de navire de guerre ni de jet de combat, voire pas même une armée régulière.

Alors, pourquoi cette peur ? Pourquoi cette campagne permanente, depuis déjàsix décennies, contre Gaza ? Parce que les Palestiniens, plus que partout ailleurs, sont une menace pour la légitimité d’Israë l.

Israë l est une création illégitime forgée par une union entre le racisme et le colonialisme. Les réfugiés qui constituent la majorité de la population de la bande de Gaza nous le remettent sans cesse en mémoire.

Ils sont le rappel du crime de nettoyage ethnique sur lequel Israë l a été établi. La pauvreté, le manque de ressources et le manque de liberté contrastent fortement avec l’abondance, la liberté et la puissance qui existent en Israë l et qui appartiennent légitimement aux Palestiniens.

Une offre généreuse

De retour àl’aéroport Ben Gourion on m’a dit que si je coopère et implore le superviseur de l’équipe, les contrôles de sécurité iront plus vite. Quand j’ai décliné cette offre généreuse, ils m’ont dit « qu’ils n’aimaient pas mon attitude  ».

Ils ont alors apposé sur mes bagages un autocollant avec le même code-barres que les Palestiniens et m’ont infligé le même traitement qu’eux reçoivent.

Au moment où j’écris ces mots, le nombre de Palestiniens tués par Israë l àGaza a dépassé les 2000.

L’appel de notre temps, c’est de mettre fin àce régime intolérable, brutal et raciste qui a été créé par les sionistes en Palestine.

Critiquer la résistance palestinienne est impensable. Israë l doit être soumis au boycott, au désinvestissement et aux sanctions. Les diplomates israéliens doivent être renvoyés chez eux avec la honte. Les dirigeants israéliens et les commandants israéliens voyageant àl’étranger doivent craindre d’être poursuivis en justice.

Et ces mesures sont àcombiner avec la désobéissance, la non-coopération et la résistance sans compromis. Ceci et rien d’autre montrera aux mères, aux pères et aux enfants de Gaza que le monde se soucie d’eux et que le cri « plus jamais ça !  » vaut plus qu’une promesse vide.

Miko Peled est un écrivain israélien militant pour la paix, habitant San Diego. Son livre, Le fils du Général, évoque son père, le défunt général et militant pour la paix Matti Peled, et son implication dans le processus de paix israélo-palestinien.
Son blog : http://mikopeled.com/